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bougie, une lampe à essence minérale, à alcool, à huile, il gaz, elc.
L'appareil se charge et se maintient constanmieDt en charge, en l'appuyant contre deux lamelles métalliques fixées contre les parois d'une boite contenant une pile de trois couples de Daniell ou de Callaud (fig. 32) ('). Celte pile peut être placée aussi à une assez grande distance, et ses p61e8 sont mis alors en relation avec une petite plan- [^chette à resi ^^ sorts, servant l^^^^^p de communicateiu-(fig.33), contre laquelle
on fait appuyer les bornes métalliques du briquet pour le charger.
(!) Les couples de Léclanché, dont l'emploi est si commode dans
une foule de cas, ne peuvenl élre employés ici avec avantage. Ils s'useraient trop rapidement, le circuit restant presque toujours fermé pour maintenir le briquet en charge. De plus, leur force électro -motrice diminuant beaucoup par la fermeture prolongée du circuit, les couples secondaires se chargent moins fortement avec trois de ces éléments qu'avec trois éléments de Daniell ou de Callaud.
Nous donnons la préférence aux éléments Callaud; car le sulfate de cuivre dissous, se maintenant en couche dense au fond des vases, est réduit moins rapidement par le zinc que dans les éléments de Daniell, k vase poreux, dans lesquels le sulfate de cuivre, filtrant de ce vase.
Cette disposition offre Tavantage de pouvoir charger l'appareil et de le retirer tout chargé, sans attacher ni détacher aucun fil de communication. Elle permet aussi d'éviter toute erreur dans le sens à donner au courant primaire. Le pôle positif du couple secondaire correspondant à la borne C (fig. 31) vient s'appuyer toujours, quand on retourne l'appareil, contre le même ressort qui communique avec le pôle positif de la pile (fig. 32) par la borne également désignée par la lettre C.
Quand le couple a été chargé par l'action prolongée de cette pilé à courant faible, il suffit, pour le mettre en fonction, de presser, avec lé doigt^ la touche métallique destinée à fermer le circuit secondaire. °
Le fil de platine est porté alors à une température assez élevée pour enflammer immédiatement le corps combustible (*) (fig. 29).
se trouve plus directement exposé à l'action réductrice du zinc sans profit pour le courant.
On peut passer trois semaines sans rajouter de sulfate de cuivre dans la pile de Callaud, destinée à l'entretien du briquet, alors qu'il faut en rajouter environ tous les huit jours dans une pile de Daniell.
La pile Gallaud exige seulement plus de temps pour se mettre en fonction et acquérir toute sa force, la première fois qu'on la monte.
(1) Il est essentiel que la mèche de la petite bougie ou du rat de cave soit traversée par le fil de platine ; car si cette mèche se trouvait trop au-dessous, elle ne pourrait s'enflammer aussi facilement, et, dans le cas où l'inflammation aurait lieu, le fil de platine, étant à la fois
Avec la provision d'électricité que renferme le petit couple secondaire chargé au maximum par le passage longtemps prolongé du courant de la pile, on peut produire jusqu'à une centaine d'incandescences ou d'inflammations consécutives. Il en résulte qu'il n'est pas nécessaire de maintenir le couple secondaire constamment en charge sous l'action de la pile, et le communicateur a pour objet de ménager le courant de cette pile, lorsqu'on juge que le couple secondaire, n'ayant point été épuisé par un certain nombre de décharges successives, peut produire encore une série d'inflammations sans être rechargé.
L'inflammation d'une bougie sous l'influence du platine rougi] au blanc se produit sans bruit ni crépitation, plus instantanément que par tout autre moyen. L'incandescence du fil de platine ne modifiant, en aucune manière, la composition de l'air, il n'y a point de développement de fumée^ d'odeur, de gaz délétère ou suffocant, comme cela a lieu avec le soufre ou les chlorates. On n'a point à redouter les dangers d'incendie ou d'empoisonnement que présente le phosphore. On peut enfin considérer ce moyen d'inflammation comme très économique : car, d'une part, le couple secondaire n'exige par lui-même aucune dépense ou entretien, le plomb et le liquide étant mis une fois pour toutes, sans devoir jamais être renouvelés; et, d'autre part, il suffit, pour entretenir le faible courant de la pile destinée à charger le couple secondaire, d'ajouter,
plongé dans la partie la plus chaude de la flamme et rougi au blanc par le passage du courant, pourrait fondre.
de temps en temps, quelques cristaux de sul&te de cuivre, dont Ea consommation est très minime vis-à^vis du grand nombre d'inflammations qu'on peut obtenir.
Le briquet peut être déplacé une fois chargé, et par suite de la propriété des couples secondaires de conserver leur charge, il permet d'obtenir encore un assez grand nombre d'inflammations, sans être remis en communication avec la source servant à le charger.
116. — La figure 34 représente une autre disposition assez curieuse que l'on peut donner au même appareil et qui en fait une sorte de bougeoir électrique. Les pincesdestinées à serrer ""'e- 3*-
le fil de platine et la petite bougie sont fixées sur une planchette séparée et en communication avec des lamelles métalliques verticales.
Il suffit de faire appuyer ces lamelles contre les bornes correspondant aux pôles du couple secondaire simplement renfermé dans une botte, pour produire l'incandescence du fil de platine et l'inflammation de la bougie qui se trouve ainsi indépendante du briquet, et peut être transportée facilement comme celle d'un bougeoir ordinaire.
117. — Le briquet de Saturne peut être aussi associé aux sonneries électriques, de manière à fonctionner avec
rure 34 représente une autre disposition as-
une seule et même pile, sans entraver nullement Taction des sonneries, en le plaçant en communication directe avec les deux pôles de la pile, et formant ainsi un circuit dérivé dans le circuit principal (fig. 35).
Il semblerait que, pendant la charge du couple secondaire sous Faction d'une pile, dans le circuit de laquelle se trouvent une ou plusieurs sonneries, cet appareil doit absorber tout le courant et empêcher celles-ci de fonctionner; mais, comme le couple secondaire à lames de
Fig. 35.
plomb acquiert, sous l'influence du courant, une grande intensité temporaire, il en résulte qu'il n'agit pas comme un circuit dérivé inerte, et qu'il contribue lui-même à mettre en action les sonneries. Bien plus, si la pile ellemême se trouve trop affaiblie pour faire marcher les sonneries, le couple secondaire devient capable, par la force qu'il a emmagasinée, de les mettre en fonction. Il agit, dans ce cas, comme un récepteur de travail, une sorte de volant électrique ( * ) .
D'ailleurs les sonneries ne fonctionnent que d'une manière intermittente qui laisse, de temps en temps, des
(1) Comptes rendus^ t. LXXVII, p. 466. i873,
intervalles suffisants pour que le couple secondaire puisse se charger ; la charge du couple ne s'épuiserait pas rapidement, alors même que les sonneries fonctionneraient d'une manière continue ; car, par suite de la provision d'électricité accumulée, un couple secondaire bien chargé peut faire fonctionner seul, d'une manière continue, une ou plusieurs sonneries électriques pendant plus d'une heure.
Les deux genres d'appareils peuvent enfin fonctionner simultanément et au même instant sans se nuire réciproquement. Ainsi on peut à la fois enflammer la bougie et faire fonctionner la sonnerie. Cela vient de ce que le couple secondaire étant interposé en circuit dérivé, et le fil de platine ayant une certaine résistance, une portion du courant peut traverser le circuit des sonneries.
118. — Le même appareil peut être appliqué à l'allumage du gaz avec d'autant plus de facilité que l'inflammation du gaz n'exige pas l'incandescence d'un fil de platine aussi gros que l'inflammation d'une bougie de cire ou d'acide stéarique. Par suite, on peut l'effectuer à une certaine distance, et s'il s'agit d'allumer simultanément un grand nombre de becs, on peut recourir aux batteries composées d'un grand nombre de couples secondaires, de même que pour l'inflammation des mines.
119. — Application aux jEreins électriques pour chemins de fer. — Nous avons conseillé l'emploi des couples secondaires décrits ci-dessus, toutes les fois qu'on aurait besoin d'un courant temporaire de grande intensité pour
produire de puissants effets calorifiques ou magnétiques, à l'aide d'une faible source d'électricité (*).
M. Achard les a employés, dans ces derniers temps, avec succès, pour mettre en action ses freins électriques, qui exigent, à un moment donné, le passage d'un courant énergique dans une série d'électro-aimants à fils de gros diamètre.
Les couples secondaires sont entretenus en charge par une pile primaire de trois éléments de Daniell dont ils emmagasinent la force (89), comme 'dans les applications précédentes (109 à 117). La force électrique accumulée est dépensée ensuite, en un instant très court, sous forme d'effet magnétique. La pile primaire reste en conmiunication constante avec les couples secondaires. Ainsi que nous Tavons expliqué plus haut (46), elle joint sa faible action à celle des couples secondaires pendant la décharge et agit de nouveau sur les couples secondaires pour les recharger, aussitôt que le circuit de décharge est interrompu.
120. — Application à l'analyse eudiométrique de l'air des mines. — Dans tous les cas où on a besoin d'un effet calorifique de courte durée, ces couples peuvent être employés avantageusement. C'est ainsi que M. Coquillion en a tiré parti pour faire rougir un fil de palladium, et déterminer la combinaison de l'air et de l'hydrogène protocarboné dans son grisoumètre (^).
(1) Recherches sur les courants secondaires et leurs applications. Annales de Chimie et de Physique, 4« série, t. XV, p. 20. 1868.
(2) Comptes rendus, t. LXXXV, p. H06. 1877.
121. — Application à la production de signaux lumineux. — Les batteries secondaires que nous avons décrites (96) pouvant produire, après quelques minutes de charge, avec deux éléments de Bunsen, un arc voltmque d'une durée de quelques secondes et d'une très grande intensité en employant un nombre suffisant de couples secondaires, nous avons signalé l'application qu'on pourrait en faire, dans certaines circonstances, pour produire des signaux lumineux (*).
Bien que cette application n'ait pas encore été mise en pratique, nous sommes persuadé qu'elle pourrait rendre de grands services en mer ou sur les côtes ; car, les inconvénients et les frais qui résultent de l'emploi des piles se trouvent considérablement réduits, quand il ne s'agit que de monter deux éléments de Bunsen pour obtenir, à un moment donné, une lumière électrique équivalente à celle que donneraient 80 ou 100 de ces éléments.
M. A. Niaudet (*) s'est particulièrement intéressé à cette application et a recommandé l'emploi de la machine Gramme (') pour charger, à l'aide de la force mécanique qu'on possède à bord des navires, les batteries secondaires destinées à la production de signaux lumineux, qui pourraient prévenir les collisions en mer (*).
(1) Brevet du 29 février 1868.
(2) V. La Nature, 27 juin 1874.
(3) La machine Gramme est employée, du reste, depuis plusieurs années, dans les ateliers de M. Breguet, pour foi*mer et mettre en fonction les batteries secondaires.
(4) On sait que M. le commandant Trêve a étudié d'une manière
M. J. Morin (*) a fait des essais dans le même biit^ à l'aide d'une batterie secondaire de cinquante couples de grande dimension, mise en action par une petite machine magnéto-électrique n'ayant que huit bobines. La batterie pouvait fondre, lors de sa décharge, un fil de fer de 2"'20 de longueur et de 0"*001 de diamètre. M. Morin s'est occupé de la construction d'une lampe électrique spéciale pour la production de l'arc voltaïque dans ces conditions.
122. — Application à là production de la lumière électrique dans quelques cas particuliers. — Dans certaines circonstances où Ton a besoin d'une lumière assez vive, prolongée seulement pendant quelques minutes, soit pour des expériences de projection, soit pour toute autre étude, la batterie de six grands couples, décrite plus haut (100), peut répondre au but que l'on se propose. La lampe électrique de M. Reynier permet d'obtenir, même avec cette faible tension, de bons résultats. Comme cette lampe présente une assez grande résistance, si on emploie des charbons de faible diamètre, la dépense de l'électricité emmagasinée, pendant deux heures, dans la batterie secondaire, est assez lente, et, par suite, la production de la lumière peut durer jusqu'à un quart d'heure.
En faisant usage d'un plus grand nombre de ces couples de grande dimension réunis en deux ou trois batteries, on
toute particulière, et par d'autres moyens, la solution de cette importante question.
(1) Comptes rendus, 1. LXXXI, p. 43o. 187o»
obtiendrait une lumière très vive et d'assez longue durée pour rendre des services en certains cas.
123. — Application à la division de la lumière électrique. — La batterie secondaire à lames de plomb^ de quarante petits éléments, destinée à la production d'effets continus, dont nous avons parlé précédemment (401), pourrait fournir, en donnant une vitesse suffisante au commutateur, un arc volteuque continu, dune intensité éclairante proportionnellement réduite, il est vrai, mais obtenu, en somme, à Taide de deux éléments ordinaires de Bunsen. Deux éléments de grande dimension fourniraient plusieurs arcs semblables, en agissant sur un certain nombre de petites batteries identiques, et on obtiendrait ainsi, par l'intermédiaire des courants secondaires, une solution du problème de la division de la lumière électrique.
Cette solution que nous avons indiquée, il y a déjà une dizaine d'années (^), est assez compliquée en apparence. Cependant, elle n'est pas irréalisable ; car les commutateurs construits comme ceux que nous décrirons plus loin (V® partie) n'exigent pas une grande force motrice pour être entretenus en mouvement ; ils pourraient être disposés de manière à tourner simultanément comme les bobines des bancs à broches des filatures ; et d'autre part, les batteries secondaires employées pour cette transformation, n'ayant qu'une surface très réduite, pourraient tenir dans un faible espace.
(1) Brevet du 27 avril 1868.
M. W. Lennantoff (*) s'est livré à des expériences en vue de cette application.
124. — Application des effets phsrsiologiques produits par les batteries secondaires. — La force électro-motrice de chaque élément secondaire à lames de plomb étant, comme on Fa vu (80), assez énergique, des batteries secondaires de vingt ou de quarante éléments suffisent pour donner des effets physiologiques très marqués. Ces effets pourraient être utilisés dans la thérapeutique, en employant des éléments secondaires de très petite surface pour éviter la production d'effets thermiques; la batterie secondaire à effets continus, dont il a été question (101), conviendrait pour cette application, et on pourrait même faire usage des batteries à effets temporaires dont la décharge durerait encore assez de temps pour produire une action efficace, par suite de la grande résistance à la conductibilité du corps humain.
125. — Applications diverses. — En général, les couples et batteries secondaires dont nous avons donné ci-dessus la description peuvent être appliqués toutes les fois qu'il s'agit de produire, à un moment donné, un puissant effet électrique temporaire de quantité ou de tension.
Tel est le cas, par exemple, où il s'agirait de distribuer, dans un grand nombre de fils, un courant destiné à transmettre l'heure simultanément à plusieiu's points différents.
Ces appareils peuvent être d'une grande utilité pour
(1) Journal de Physique, t. V, p. 258. 1876.
les recherches scientifiques, comme on le verra ci-après (IIP partie).
M. Thore, de Pau, a employé, en 1875, la lumière fournie par une petite batterie de vingt éléments pour des expériences spectroscopiques.
M. Guérin, en 187S, a utilisé ces couples secondaires pour l'industrie de la dorure et de Targenturc électrochimiques, dans certains cas où Ton a besoin d'un courant énergique de quantité pendant peu de temps.
126. — Nous avons conseillé d'autres applications basées sur les résultats de nos recherches sur les voltamètres :
1** En 1860, la substitution d'électrodes en plomb aux électrodes de platine employées par Jacobi, pour produire des contre-courants de polarisation destinés à remédier aux retards dans la perception des signaux sur certaines lignes télégraphiques imparfaitement isolées ;
2° En 1865, l'emploi d'anodes en plomb, au lieu d anodes en platine pour la galvanoplastie en ronde-bosse.
127. — Un fait sur lequel nous avions appelé l'attention, dans notre étude particulière sur les voltamètres à fils de cuivre (*), à savoir la formation d'une pointe très effilée à l'extrémité de l'électrode positive, a été l'objet d'un commencement d'application par l'ingénieur Cauderay de Lausanne, pour l'appointissage des épingles par voie électro-chimique. Un appareil basé sur ce principe était présenté à l'Exposition universelle de 1867, et s il
[i) Bibl. univ. do Genève, l. VII, p. 332. 20 avril 1860.
n'a pas été donné suite à cette application, après la mort de cet ingénieur, elle n'en mérite pas moins d'être signalée et reprise un jour, à cause de l'insalubrité qui résulte de Tappointissage mécanique des matières métalliques.
128. — Le phénomène que nous avons signalé en 1859 ( * ) et mentionné plus haut (23) de Tarrét presque complet du courant qui traverse un voltamètre à électrodes d'aluminium, par suite de l'insolubilité de l'alumine formée autour du pôle positif, a fourni récemment à M. Ducretet Tobjet d'ingénieuses applications à la télégraphie (*).
(1) V. Comptes rendus, t. LIX, p. 010. i859.
(2) V. Bulletin des séances de ta Honété française de Physique, p. i 7 et 40. Janvior-avril 187">.