‹ Recherches sur l'électricité de 1859 à 1879Chapitre 9 sur 40 · APPLICATIONS · texte numérisé non relu

APPLICATIONS

Applications à la galvanocaustie et à la thérapeutique en général; — à rinflammation des mines; — aux usages domestiques; — aux freins électriques; — à la production de signaux lumineux, etc.

1U9. — Application à la galvanocaustie. — Lues effets calorifiques des couples secondaires que nous venons de décrire peuvent être utilisés, dans la galvanocaustie ^ pour les opérations qui n'exigent point une action de longue durée et dont le cas se présente souvent dans la thérapeutique. Nous avons indiqué cette application en 1868 (') et nous Tavons réalisée en 1872, après avoir reconnu qu'il était possible de prolonger la décharge des couples secondaires par la formation et de leur communiquer aussi la

(1) Recherches sur les courants secondaires et leurs applications. — Annales de Chimie et de Physique, 4« série, t. XV, p. 21.

propriété de conserver leur charge un certain temps, sans trop grande perte.

La figure 25 représente la disposition que nous avons donnée au couple secondaire pour cette application. Le couple est renfermé daas une b lite, munie à sa parle supérieure de fiches métalliques en communication avec ses deux pôles et auxquelles s'adaptent les conducteurs aboutissant aux appareils cautérisateurs dont la partie essentielle est un fil de platine recourbé en pointe ou façonné en spirale, suivant l'opération qu'il s'agit d'effectuer.

Les couples secondaires disposés sous cette forme peuvent être facilement trans- = dortés nue fois chargés et ; fournir, sans aucune manipulation auprès du malade, la chaleur nécessaire à l'opération.

Si les opérations sont de courte durée, la provision d'électricité emmagasinée dans le couple secondaire suffit même pour en exécuter plusieurs successivement sans avoir à le recharger.

Des cautérisations de la glande lacrymale ont pu être effectuées, en 1873, par M. le D' Ominus, sur sept ou Imil

Fig.T25.

sujets succesHivement, sans qu'il fût nécessaire de recharger l'appareil.

Quand un de ces couples, dont les dimensions sont celles

des couples décrits précédemment (45), a été bien formé,

il peut rougir pendant huit à dix minutes un fil de platine

de 1 millimëlre de diamètre sur 7 ou 8 centimètres

^^^^ do longueur, et pendant plus

de vingt minutes un fil de même

longueur et d'un demi-milli-

mMre de diamètre.

110. — Pour de petites opérations telles que celles de la chirurgie dentaire, on peut employer un couple secondaire de plus faible dimension, encore plus portatif, tel que celui '■ '^'- ~^- qui est représenté figure 26.

Ces couples ont la dimension de ceux qui composent la batteHe représentée ligure 17 (9C et 97). Ils peuvent être complètement bouchés à l'aide d'un petit bouchon en caoutchouc s'adaptant au tube de verre qui traverse le bouchon principal du couple, renfermés dans un étui et transportés facilement dans la poche.

Ces couples bien formés peuvent rougir un fil de platine d'un demi-iniUimètre pendant deux à trois minutes et un fil de ^ pendant cinq ou six minutes.

M. le D' Moret a employé ces petits couples, avec succès, pour le traitement des névralgies par voie de cautérisation

dite transcurrente^ et pour arrêter instantanément des hémorrhagies artérielles (»).

111. — Ce dernier modèle de couple secondaire (fig. 26), n'ayant qu'une surface relativement faible, peut être assez bien entretenu en charge à laide de trois éléments de Daniell. Pour les couples de plus grande dimension (fig. 25), cette source serait un peu trop faible ; nous conseillons d'employer deux éléments de Bunsen, montés avec de Teau pure autour du zinc, au lieu d'eau acidulée, et de Tacide nitrique autour du charbon dans les vases poreux. Des éléments ainsi mA'ftVèî WtA kàti% 'fiHtiik ^lus faibles que les éléments montès II m tiiâh\èt% ^otaitiftire ; le zinc n'est attaqué que leîiteftieïit 'éî fàîbîeniéftlt |par l'acide qui suinte des vases pôïl^ttit* thais ôû évît(è r opération de l'amalgamation, et ceSmétiiebispèuvënl â'éHikintenir, pendant une semaine en^Jrbii^ eh ëtàt dé chaïii:?îb les couples secondaires, sans qu1l soil nécessaire aé les démonter et remonter tous leà j^ttrâ. ïl fâiit séuleHient plus de temps (quatre ou cinq heures environ) pour charger ces couples qu'avec des éléments de Bunsen à zinc amalgamé et à eau acidulée.

Il est essentiel de charger les couples secondaires toujours dans le même sens, ainsi que nous l'avons déjà dit.

(1) Revue de Thérapeutique, 44° année, p. 172. Avril 1877.

Parmi les médecins qui se sont intéressés les premiers à cette application et qui se sont servis de ces couples secondaires pour leurs opérations, nous sommes heureux de citer encore les noms de MM. les D" de Bonnéfoux, Lailler, Lubinoff, Morétin, Constantin Paul, do Tavel, etc., etc.

c'est-à-dire de &iTe communiquer le pâle positif de la pile primaire avec la lame de plomb perosydée et le p&le négatif avec la lame de plomb maintenue à l'état métallique ou couverte de plomb réduit pulvérulent.

Il importe aussi de tenir les couples secondaires débouchés pendant qu'on les charge, et de ne les boucher que pour le transport ; car les gaz qui se dégagent pendant l'électrolyse exerceraient peu k peu une certaine pression sur le liquide, si le couple était bouché, ot tendraient à le faire monter le long des lamelles de plomb terminales ou sortir par les moindres tissures du bouchon et altérer ainsi les points de jonction avec les fiches en cuivre auxquelles s'adaptent les conducteurs des cautères.

L'omission de cette précaution est une cause frérommunications des couples

Fig. 27.

quente d'altération secondaires

112. — Application à l'éclairage des c&vitéB obsonres da corps humain et des cavités obscures en général. — Si on fait passer la décharge d'un couple secondaire à travers un fil fin de platine recourbé sur lui-même en pointe, comme le montre la figure 27, le fil, étant moins refroidi sous celte forme par l'air environnant, arrive k un degré voisin du point de fusion du métal, et il émet par

son incandescence une lumière très vive qui peut être utilisée.

Dans diverses conférences sur les effets de nos couples secondaires, faites en 1872 et pendant les années suivantes, nous avons eu Toccasion de nous éclairer dans l'obscurité pendant une demi-heure à une heure avec deux couples secondaires ainsi disposés, et dont chacun d'eux émettait, avec un fil de platine de ^ de millimètre de diamètre, une lumière à peu près équivalente à celle d'une bougie et d'une intensité très constante (71).

M. Trouvé a appliqué récemment ces couples secondaires à la laryngoscopie, à l'éclairage des cavités obscures du corps humain et des cavités obscures en général (*). Il a disposé des fils de platine de diverses formes au foyer de petits réflecteurs sphériques - concaves ou paraboliques combinés d'une manière ingénieuse, suivant la nature de la cavité à éclairer.

Afin de prévenir la fusion des fils de platine par une trop vive incandescence sous Faction du courant de décharge du couple secondaire, M. Trouvé a ajouté à l'appareil que nous avons décrit plus haut, figure 25 (109), un rhéostat à fil de platine destiné à graduer l'intensité du courant, suivant le diamètre et la longueur du fil de platine employé comme appareil éclairant ou comme cautère dans la galvanocaustie.

Il a ajouté également un galvanomètre à deux circuits.

(1) Bulletin des séances de la Société française de Fhysiqm, p. 2. 4 janvier 1878. — La Nature, 6« année, p. 107. 13 juillet 1878.

poar suhTe la charge du coaple secondaire, et reconnaître l'état dans lequel se trouve la pile destinée à le charger.

La régularité de Técoulement du courant est telle, dans ces conditions, que les fils de platine des réflecteurs sont maintenus dans un état de vive incandescence, sans aller jusqu'à fusion, malgré leur extrême ténuité.

L'appareil ainsi disposé a pu rendre de nombreux services dans la pratique chirurgicale.

113. — Application à Tinllammation des minas, etc. — Parmi les applications qu'on peut faire des couples et des batteries secondaires, l'une de celles auxquelles ces appareils se prêtent le plus naturellement est l'inflammation des mines; car elle n'exige qu'un effet calorifique de courte durée, répété à certains intervalles.

Nous avons décrit, en 1868 (*), une batterie secondaire de petite surface qu'on pouvait employer pour cette application, quand le circuit présente une certaine résistance. La batterie représentée figure 20 (98) peut convenir mieux encore dans ce but. Il importe seulement, quand on fait usage de ces batteries, de les entretenir en charge et de ne pas les laisser trop longtemps sans fonctionner; car elles sont ensuite plus difficiles à charger.

Une amorce formée par un fil de platine de ^ de millimètre plongé dans de la poudre ou du fulmi-coton peut être enflammée par le courant de décharge d'une batterie de vingt couples, avec une résistance dans le circuit équivalente à 6 kilomètres environ de fil télégraphique.

(1) Annales de Chimie et de Physique, 4® série, t. XV, p. 26.

Si le circuit a une plus faible résistance, soit 300 mètres de ce même conducteur, un seul couple secondaire peut suffire pour enflammer successivement, avec une seule décharge, un certain nombre d'amorces. Il n'est pas nécessaire de donner à ces couples une grande surface. Des couples tels que ceux représentés figure 26 (110) ou même plus petits encore, tels que ceux de la figure 31 (115) { peuvent être employés constituent des appareils très porlatife.

114. — La figure 28 représente une batterie portative renfermant deux petits 4

couples secondaires qu'on

Fia 2** associe facilement en surface

pendant la charge et en tension pour la décharge, fi l'aidi» d'une combintiison de trois boutons CDC qui sert de commutateur simplifié pour ce cas particulier.

Les communications des couples secondaires sont disposées, en effet, de telle sorte que les pôles de la pile primaire étant mis en relation avec les deux bornes de la boite, si on serre les deux boutons C C, les deux couples se chargent à la fois comme un seul couple de surface double, et si on serre le bouton D après avoir desserré le» boutons C C et enlevé les communications avec la pile primaire, les deux couples secondaires se trouvent associés en tension pour la décharge. Ces boutons sont dispn-

ses d'ailleurs comme celui qui a été représenté dans la figure 12 (45).

Si l'on veut charger chaque couple à part, indépendamment Tun de Tautre, on ne serre qu'un seul bouton sur les trois, soit le bouton de gauche pour charger le couple qui est à droite, soit le bouton de droite pour charger le couple qui est derrière le bouton de gauche.

Les trois boutons ne doivent jamais être serrés tous à la fois; car, dans ce cas, l'appareil se déchargerait.

Ces petites batteries de deux couples peuvent être utilisées dans le cas où, le circuit étant un peu trop résistant, rinflammation ne serait pas assez instantanée avec un seul couple secondaire.

Dans le cas où Ton veut obtenir Tinflammation simultanée d'un grand nombre d'amorces, il suffit de multiplier le nombre des couples ou des batteries secondaires sans augmenter, pour cela, la force de la pile primaire servant à les charger et qui est toujours composée, soit de deux éléments de Bunsen montés à la manière ordinaire, soit, comme nous l'avons indiqué précédemment, de trois éléments de Daniell.

Les appareils d'induction servent déjà, il est vrai, dans le même but, mais ils exigent un circuit d'un isolement plus parfait et des amorces à circuit interrompu qui ne permettent pas l'exploration de l'ensemble du circuit au galvanomètre.

115. — Application aux usages domestionies; briquet de Saturne. — Les figures 29, 30 et 31 représentent une disposition particulière que nous avons donnée aux couples

secondaires précédemment décrits, et qui permet d'obtenir facilement du feu dans les laboratoires et peur les usages domestiques (').

Cet appareil, que nous avons désigné, pour suivre les traditions des anciens chimistes , sous le nom de briquet de Saturne, se compose d'un petit couple secondaire à lames de plomb bien formé, contenu dans une botte dont la base et les parois portent un sys- ''"""^^ -^-\ -i-

tème de communications *^'S' ^^•

disposées de manière à rougir un iil de platine et à

enflammer, par la simple pression du doigt sur une touche métallique T, un corps combustible, tel qu'une

(l) Comptes rendus, t. LXXVII, p. 466. 1873. — Les Mondes, t. XXXI, p. 747. 1873.

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