Nous avons obtenu, du reste, des étincelles
(1) Les condilions sont prises à dessein de telle sorte que cet effet ne puisse avoir lieu; car deux étincelles suffisent quelquefois pour qu'une bouteille de petite surface, formée par un tube de verre épais, se trouve percée. Il serait possible néanmoins qu'il se produisît également une fêlure très fine ou un trou invisible.
colorées aussi en rouge en chargeant, toujours à l'aide de la machine rhéostatique, des condensateurs à lame isolante mince en caoutchouc durci. Une ou deux étincelles suffisent pour les percer; et les étincelles résultant d'une charge incomplète, qu'on obtient ensuite, se présentent sous la forme d'une petite flamme rouge cylindrique sortant à la fois des deux côtés du trou du condensateur, et le dépassant d'un demi-centimètre environ.
La couleur rouge est encore due ici, suivant nous, à l'hydrogène du caoutchouc durci, [partiellement décomposé par le passage de la décharge dans ces conditions toutes particulières, t- 'extrême ténuité du trou formé permet une certaine accumulation d'électricité sur les armatures, et en même temps sa sortie en flux d'une quantité assez grande pour produire une action électrochimique.
298. — Auréole de lumière rouge dans le vide. — L'étincelle de la machine rhéostatique illumine facilement les tubes de Geissler, ainsi que nous l'avons déjà mentionné (270), sans y produire de stratifications, à moins que le courant qui actionne la machine ne soit réduit à une tension relativement très faible.
La lumière enveloppe les deux électrodes et remplit plus complètement le tube que la lumière fournie directement par les huit cents couples secondaires. Son apparence aux deux pôles n'offre pas de différence bien marquée.
Mais, si on fait traverser le tube à air raréfié par l'étincelle condensée dont nous venons de parler (293), en le disposant entre les branches de l'excitateur dans le circuit
duquel est placée une bouteille de Leyde, on remarque que la lumière produite au pôle positif est entourée d'une auréole ou d'une frange d'un rouge vif.
299. — Nous pensons qu'on peut expliquer encore cette coloration de la lumière dans le yide par l'incandescence de l'hydrogène provenant de la faible quantité de vapeur d'eau dont le tube en verre contient toujours quelques traces.
Quand l'étincelle de tension de la machine traverse le tube, la dissociation n'a pas lieu d'une manière sensible, parce que In. quantité d'électricité manque. Mais, dès qu'il y a condensation, l'action électro-chimique se produit et la coloration propre à l'hydrogène incandescent apparaît.
300. — Moyen d'évaluer de très petites quantités de matière ou de très courts intervalles de temps à l'aide de la machine rhéostatique. — Nous avons décrit (274) une expérience destinée à montrer qu'on pouvait, à l'aide de la machine rhéostatique, épuiser complètement, sous forme d'effets statiques, une quantité limitée d'électricité dynamique. On chargeait une batterie secondaire pendant quinze secondes seulement, on la faisait agir ensuite sur la machine, et cette faible charge transformée pouvait illuminer, d'une manière continue, un tube à air raréfié pendant plus d'un quart d'heure.
D'après le nombre de tours faits par la machine et Je nombre d'étincelles obtenues à chaque tour du commutateur, on trouve ainsi que l'action de la pile primaire sur la batterie secondaire pendant quinze secondes correspond à la production d'environ 10,800 étincelles dans le vide.
Il en résulte que l'action de la pile pendant une seconde se trouve représentée, dans cette expérience, par 720 étincelles de la machine rhéostatique, ou, en d'autres termes, que la production d'une étincelle correspond à une durée d'action de la pile primaire de ij^^ de seconde.
D'autre part, en introduisant un voltamètre dans le circuit de la pile primaire, nous avons reconnu que la charge prise par la batterie et rendue par la machine rhéostatique, sous forme de ces 10,800 étincelles, correspondait à une consommation de 18 milligrammes de zinc dans la pile primaire.
Il s'ensuit que la dissolution ou le dépôt de 1 milligramme de métal peut être ainsi accusé par la production de 600 étincelles environ de la machine rhéostatique, ou, en d'autres termes, que la production d'une étincelle correspond à la consommation de ^^ environ de milligramme de métal dans la pile primaire.
On aurait donc là un moyen inattendu, en prenant pour unités des étincelles électriques, d'évaluer soit de très petites quantités de matière métallique dissoute ou déposée par voie électro-chimique, soit de très courts intervalles de temps.
Le nombre d'étincelles produites dans l'air ou dans le vide par la machine rhéostatique est d'ailleurs facile à déterminer; car on connaît le nombre exact d'étincelles correspondant à chaque tour de la machine. On peut, en outre, la faire tourner aussi lentement qu'on veut et dépenser, en un temps quelconque, sous forme statique,
l'effet produit en un temps très court par l'électricité dynamique.
301. — Il est permis de conclure également de ces expériences que les faibles effets statiques de tension, manifestés directement par les pôles d'une pile d'un grand nombre d'éléments, ne doivent pas être considérés, ainsi qu'on l'avait cru d'abord (^), comme indépendants de l'action électro-chimique produite dans la pile; qu'ils correspondent, au contraire, à une dépense électro-chimique l'éelle, très minime sans doute, mais qui n'est pas absolument nulle, alors même que le circuit semble ouvert et qu'il s'agit d'une seule étincelle donnée avec l'électroscope condensateur ou bien d'une simple attraction ou répulsion (2).
(1) V. Gassiot, Philosophical Transactions, 1844.
(2) On conçoit difficilement, au premier abord, la production d'un effet électro-chimique dans une pile dont le circuit n'est pas complètement fermé, mais il faut considérer que lorsqu'on met les deux pôles d'une pile en communication avec les armatures d'un électroscope condensateur, il s'exerce, au travers du corps isolant, une action spéciale équivalant à un passage imparfait et qui entraîne nécessairement une dépense chimique dans la pile. Nous avons vu, en effet, que si la pile est à haute tension, on aperçoit des étincelles de charge au moment où l'on met en relation la pile avec un système de condensateurs, et que l'on constate même une décomposition de l'eau d'un voltamètre placé dans le même circuit que les condensateurs (278). Ces effets montrent qu'il y a passage à un certain degré du courant de la pile, par suite, qu'il doit se produire, à son intérieur, une action chimique correspondante. 11 en est de même, à un moindre degré, si un seul des pôles de la pile est mis en communication avec un électroscope condensateur, l'autre pôle étant en relation avec le sol, ou même si l'on ne fait
302. — Machine rhéostatique de quantité. — La machine rhéostatique peut donner aussi des effets statiques de quantité, qui diffèrent notablement de ceux de tennon, en maintenant tous les condensateurs associés en surface et en y adjoignant un autre petit commutateur spécial, destiné à recueillir les décharges, sans mélange avec les effets de la batterie secondaire.
Ce commutateur est formé par un petit cylindre en caoutcliouc durci portant quatre bandelettes de cuivre, telles que mn et op opposées deux à deux, contre lesquelles A'iennent frotter six ressorts BCE, BX'E' également opposés deux à deux {^^. 85 et 86).
La paire de ressorts BB' communique avec la batterie secondaire ; la paire CC, avec les deux pôles de charge de la machine rhéostatique précédemment décrite (§260, fig. 74), tournée préalablement dans une position telle que les condensateurs se trouvent associés en quantité. La paire de ressorts EE' communique avec un excitateur ou tout autre appareil dans lequel on veut faire passer les décharges.
Dans la position du commutateur représentée par la figure 85, les deux pôles de la batterie BB' sont en relation par les languettes, telles que mn, avec les deux pôles de la machine rhéostatique GC, et les condensateurs se chargent alors simultanément en quantité.
Dans la position du commutateur représentée par la
qu'approcher de l'un des pôles un corps touchant le sol ; car il y a toujours, entre les deux pôles de la pile, un intervalle rempli par l'air ambiant qui joue le rôle du milieu diélectrique d'un condensateur.