‹ Recherches sur l'élimination de "Brucella Abortus" par le laitChapitre 10 sur 27 · BASS · texte numérisé non relu

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tir d’un exsudat qui avail été conservé six à sepl mois, et ces cultures ont pu infecter trois génisses. Les mêmes produits, conservés à l'abri de la putréfaction pendant un an, avaient perdu tout pouvoir infectant. Quatre mois de dessication pour un exsudat le rendent impropre à transmeltre la maladie.

La réciptivité pour les bovidés varie beaucoup avec le sexe et avec l'âge. Les vaches, en milieu contaminé, sont régulièrement atteintes, Llandis que les taureaux le sont rarement et, quand ils le sont, n’agglutinent qu à un taux faible.

L'organisme des jeunes veaux el des genisses est très peu réceptif. Mac Fadyean, dans ses expériences, n'a pas toujours réussi à infecter des génisses vides; celles-ci restent généralement indemnes. Chez l'adulte, l’utérus gravide est l’organe permettant une rapide multiplication du bacille, notamment à cause de sa tension en Co2, retrouvée d’ailleurs expérimentalement. L'’utérus vide, par contre, ne lui offre pas un terrain favorable.

La rate, la moelle osseuse, et surtout la mamelle sont des lieux d’élection pour la conservation de Brucella abortus.

Le pénis du taureau peut donner asile à Brucella abortus après un coït avec une vache infectée, maïs le taureau n’est pas touché, le plus souvent, par le passage des germes, bien qu'on ait signalé quelques cas d’infection du testicule avec complications d’épididymite et d'orchite.

Nous étudierons plus loin la réceptivité de l’homme, et du singe à l’égard de Bacillus abortus, et nous examinerons maintenant les caractères d’identité ou de différenciation de Brucella abortus et de Micrococcus melitensis.

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RAPPORTS ENTRE BRUCELLA ABORTUS ET MICROCOCCUS MELITENSIS

De nombreux auteurs, en Amérique en particulier, et à l’Institut Pasteur de Tunis, ont été frappés par la ressemblance entre les caractères bactériologiques de ces deux microbes; à l’heure actuelle, la question est à l’ordre du jour, par le grand intérêt qu'elle présente au point de vue étiologie de l'avortement épizootique et prophylaxie de la fièvre méditeranéenne.

Miss Alice Evans, en 1918, après les travaux de la Commission pour l'étude de la fièvre de Malte, en 1905 de Shaw en 1906, de Horrock en 1907, de Fadyean en 1913, et de Kennedy en 1914, trouve que non seulement les deux microbes ont même morphologie et mème caractère culturaux, mais que le sérum de l’un agglutine l’autre. Elle établit que le Melitensis peut se présenter en cocci ou en courts bacilles. Les cultures d’abortus et de melitensis sont également délicates, et bien qu’il faille la plupart du temps se placer dans une atmosphère spéciale pour obtenir Brucella abortus, on peut cependant arriver à l’isoler sans cette précaution.

Au cours des repiquages, ces différences s’effacent et les modifications dues au vieillissement des cultures sont absolument les mêmes pour les deux microbes.

Mazzi, par des épreuves croisées d’agglutination de thermo précipitation, de fixation du complément d’immunisation, ne réussit pas à les différencier. Leurs propriétés biochimiques sont identiques : alcalinité, formation d’ammoniaque à partir de l’urée et de l’asparagine, même inactivité pour le glucose, le saccharose, le

maltose, la mannite. à

Ficaï et Alessandrini signalent que la température de destruction des agglutines serait différente celles de Bacillus abortus seraient détruites à + 75° et celles du Melitensis à + 65°.

Feusier et Meyer, Polettini, A. Evans, observent également des différences plus ou moins marquées en éprouvant les souches par la technique de la saturation des agglutinines. |

Une expérience intéressante en vue de la différenciation de Micrococcus Melitensis et de Brucella abortus a été faite par José Vidal et Munne.

Le sérum de go vaches sacrifiées à l’abattoir de Barcelone a été soumis aux épreuves d’agglutination, successivement avec Melitensis et Abortus et a donné les résultats suivants :

Sérums agglutinant à titre égal le Melitensis et l’Abortus kr Sérums agglutinant le Melitensis à un titre inférieur .... II Sérums agglutinant l’Abortus à titre supérieur ......... 16 Sérums agglutinant presque exclusivement le Melitensis 11 Sérums agglutinant presque exclusivement l’Abortus .…. II

Ces constatations ont suggéré l'interprétation suivante aux auteurs : on pourrait admettre un germe unique, le Brucella qui acquerrait des propriétés pathogènes spéciales par la culture, chez la chèvre ou chez la vache. Le chèvre serait l’hôte préféré du Melitensis. Pendant ses premiers passages chez la vache, celui-ci conserverait d’abord ses propriétés, puis il se convertirait progressivement en bacille de Bang.

L'expérience suivante vient à l’appui de cette conception : deux chèvres donnant une agglutination négative reçoivent une injection de bacilles de Bang vivants. Leur sérum agglutine à 1/100, 1/200, 1/400 indifférem-

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ment le Bang normal et bilié, le Melitensis normal et bilié; les réactions avec des dilutions à 1/800 et 1/1.600, sont semblables.

À noter encore que sur les sérums de 256 vaches sacrifiées à Barcelone, 35,15 % agglutinent le Melitensis à un taux supérieur à 1/200. Ces chiffres correspondent à ceux de Stuart, qui, sur 542 bovins, trouve 31,2 % de sérums anti-Bang.

Les réactions biologiques, étudiées par Meyer, Shaw, Feishner, n’apportent aucun élément de différenciation. Burnet a montré que le cobaye, infecté par Abortus ou Melitensis, réagit aussi bien à l’injection intradermique de mélitine ou d’abortine. Les deux microbes produisent chez cet animal des granulations spécifiques.

L’inoculation au lapin évolue de la même façon, s’agisse de l’Abortus de Bang ou du Melitensis.

Miss À. Evans, montre que le Melitensis peut infecter les bovidés et se comporter comme un Abortus. Elle inocule dans la veine d’une vache en gestation, un tube de culture de Melitensis : quarante cinq jours plus tard l’animal avorte après 5 moïs et demi de gestation. Le Melitensis est retrouvé dans le contenu stomacal, le liquide péritonal et le colostrum.

Bastia et Cerutti concluent que le Melitensis est pathogène pour les espèces ovine et porcine.

On arrive cependant à constater quelques différences lorsqu'on étudie le pouvoir pathogène pour le singe et surtout pour l’homme.

La virulence du Melitensis pour le singe est bien connue. Une dose de 5.000 melitensis suffit pour créer

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l'infection chez cet animal. En général on reproduit chez lui la maladie de l’homme, quelle que soit la voie d’introduction, ou tout au moins le sang renferme les agglr

tinines et les Tissus recèlent le microbe inoceulé,

Pour oblenir l'infection du singe par l’Abortus, il faut donner des doses massives, jusqu’à 16 milliards. Les symptômes cliniques sont alors peu appréciables et on ne peut établir l’existence de l’infection que par la recherche du pouvoir agglutinant du sang et l’ensemen: cement des organes.

Khaled montre qu’un singe vacciné avec des cultures tuées de Bacillus Abortus ne contracte plus la melitococcie. De même pour les chèvres (Expériences de Eyre, Naught, Kennedy, Zammit, Zwick et Krage).

Burnet rapporte que deux volontaires et deux singes ont reçu, sans dommage, une inoculation de Bacillus Abortus, et résistent à l’épreuve faite avec Melitensis; le contrôle par hémoculture a montré qu'aucun d’eux n’a été atteint de Melitococcie.

Ces auteurs sont arrivés à classer par cette méthode les souches en leur possession et ces classifications aboutissent à placer certains melitensis à côté des souches abortus et à considérer qu’il n’y a plus de différences entre certains abortus isolés chez l’animal et des melitensis isolés chez l’homime. Cette méthode n’est valable que dans le cas où le bactériologiste s’est placé avec des sérums donnés, vis-à-vis des souches qu’il possède, et il faut tenir compte de la difficulté d'obtenir chez l’animal, avec un même antigène, des sérums d’activité comparable, et remarquer que certains abortus par

. exemple ont une agglutinabilité très différente (Rinjard).

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Les différences s’accentuent à l’examen du pouvoir pathogène du Bacille de Bang pour l’homme. La classification basée sur la méthode de la saturation des agglulines, que nous avons vue plus haut, ne doit pas faire délaisser celle beaucoup plus intéressante qui retient la virulence pour l’homme et que nous envisagerons dans le chapitre spécial de notre travail consacré aux « Dangers de la transmission à l’homme du Bacillus Abortus »

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