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MORPHOLOGIE ET PROPRIÉTES PHYSIOLOGIQUES

Le bacille de Bang est un petit microbe, très polymorphe en culture et chez l’animal infecté, se rencontrant le plus souvent associé à des coli ou à des paracoli.

Il peut se présenter sous une forme bacillaire avec une ou deux granulations plus fortement colorées en son centre, sous une forme légèrement ovalaire ou rigoureusement arrondie, quelques uns de ces éléments s’associant en petites chaînettes. Suivant la souche examinée on notera une prédominance de la forme en bâtonnet allongé et étroit, ressemblant au bacille de Koch, ou de celle en bâtonnet très court à protoplasma formé d’un ou de plusieurs espaces clairs, se parant de granulations plus foncées, où même on pourra ne constater que des formes micrococciques. Le même polymorphisme se rencontre dans l’organisme infecté.

Ce microbe est très rigoureusement immobile; il ne prend ni le Gram ni le weigert, il se colore à la safranime ou à la fuchsine phénique diluée.

Bang, le premier, réussit à l’isoler en culture. Il ensemença un milieu agar-gelatine-serum, encore à l’état liquide et laissa ensuite le tube se refroidir dans la position verticale. Ce tube restait 4 ou 5 jours à l’étuve à 38/39° et les colonies apparaissaient dans une zone située entre 1 à 2 centimètres au-dessous de la surface, zone correspondant aux exigences particulières du microbe au point de vue gazeux. Le plus souvent, les produits organiques dont on veut l’isoler sont impurs et il faut alors avoir recours à des ensemencements en surface: la culture se fait dans une cloche renfermant une atmosphère favorable. Concurremment à cette méthode, on incorpore au milieu une solution aqueuse de violet de gentiane, telle que la dilution finale de la matière

colorante soit de 1/10.000.

Deux facteurs interviennent dans la culture de Brucella abortus : la tension en oxygène, défavorable au microbe, la tension en Co2, favorable au contraire. C’est pourquoi la plupart des méthodes diminuent la tension en oxygène du milieu. Elles y arrivent en utilisant des procédés chimiques, physiques et bactériologiques : la potasse associée à l’acide pyrogallique, dans le premier cas, le vide partiel ou la culture dans des tubes simplements scellés à la lampe en fermant avec ou sans remplissage préalable d'oxygène, dans le second cas, la méthode de Nowak dans le troisième cas. Cette méthode de Nowak consiste à mettre en présence dans un récipient clos les cultures du Bacille de Bang et des tubes ensemencés avec un microbe à développement rapide, le Ba- @illus subtilis du foin. Les colonies sont visibles vers le

quatrième jour; elles continuent à se développer et présentent bientôt la coloration caractéristique de Bacillus abortus.

La tension en Co intervient favorablement pour la culture du Bacille de Bang. Les milieux ensemencés, mis dans un récipient clos, ou 10 % d’air ont été remplacés par du Co2, donnent en vingt quatre ou quarante huit heure à 37°, un développement considérable de Brucellas. Celles-ci, lorsque les colonies sont jeunes, se présentent sous une forme arrondie avec des bords crênelés.

Après 3 ou 4 repiquages dans des conditions voisines de celles de l’air atmosphérique, les cultures deviennent aptes à se développer dans des tubes bouchés au co- ‘ton.

Dans le premier isolement en surface, les colonies présentent une véritable transparence, mais ne tardent pas à brunir en leur centre. Lorsqu’elles poussent vigoureusement en repiquage, les brucellas forment tout d'abord une couche légèrement bleuâtre qui s’épaissit et devient grise ; dans les vieilles cultures l’enduit prend une consistance visqueuse et une teinte brun chocolat,

On observe de grandes différences dans la difficulté d'isolement des souches, comme dans le mode de culture et la facilité d’émulsion dans l’eau physiologique.

Le milieu idome à l’isolement et l’entretien est la gelose mixte glycérinée à 5 %.

En bouillon, le développement est discret. Dans le lait, Brucella abortus, pousse sans le coaguler. Sur pomme de terre les cultures de passage forment un et.duit visqueux, de couleur chocolat, ressemblant à celui de la morve.

Les jeunes cultures sont assez fragiles; après 315 jours à l’étuve, ou à la température du laboratoire, le repiquage peut devenir impossible, Même remarque pour les couches anciennement isolées, si le délai dépasse 6 semaines où deux mois.

À, Evans 4 réussi à isoler le Bacille de Bang sur de la gelose ou lactose additionnée de 10 % de sérum.

PROPPIÉTÉS PATHOGENES

Le Bacille de Bang, très pathogène pour les bovidés, prend, pour chaque espèce animale, une forme différente, transmissible de l’une à l’autre,

Mac Fadyean et Stockman pensent même que les chiennes et les femelles du renard, en état de gestation peuvent s’infecter en ingérant des matières virulentes et, après avortement, constituer de nouveaux agents de conservation et de dissémination des matières virulentes.

BR. Van Saceghem observe dans une ferme une série d’avortement chez des vaches et des chiennes, sou- 14 le serum d’une chienne à l’épreuve de sero-agglutination en présence d’une culture de Bacillus abortus et obtient un résultat positif.

Le bacille de Bang est fragile, vit peu de temps dans le milieu extérieur, La chaleur à 50° le détruit en trois minutes, l’eau phéniquée à 1 %, en une minute, une s0lution de sublimé à 1/2000 en quinze secondes, il résiste également fort mal aux autres antiseptiques. Cependant, des expériences assez récentes semblent prouver que ce bacille résisterait beaucoup plus qu’on ne l’admet généralement, En tout cas, on est fort mal renseigné sur la persistance de sa virulence dans le milieu extérieur, Mac Fadyean et Stockman obtiennent des cultures à par-

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