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CHAPITRE IV

Danger de l'élimination de bacillus abortus pour l’homme

Pendant longtemps, la question de la nocivité du lait provenant des vaches atteintes d’avortement contagieux n’a pas été posée.

Malgré l’extrème fréquence de la maladie chez les bovidés on n'avait jamais observé que le lait fut nocif jusqu’à ce que Bévan eût attiré l’attention sur ce fait qu’en Rhodésie il aurait vu des troubles analogues à ceux de la fièvre de Malte chez les personnes n'ayant jamais consommé de lait de chèvré, mais vivant dans un milieu où l'avortement épizootique sévissait parmi les bêtes bovines.

C’est le premier argument qui ait été fourni en faveur de la possibilité pour les animaux atteints d’avortement épizootique, de transmettre leur infection à l’homme et de faire apparaître chez lui une maladie semblable à ‘ la fièvre ondulante.

Keefer en 1924 rapporte un cas d'infection de l’homme par le bacille de Bang en Amérique. Le malade n’a jamais bu de lait de chèvre mais il consomme habituellement du lait de vache cru, et Evans isole de son sang le bacille de Bang.

Orpen, la même année ,\mentionne un cas de fièvre de Malte en Rhodésie, due à Bacillus Abortus.

Duncan en 1925 en observe un autre chez un boucher qui buvait du lait cru.

En 1925 également, un étudiant consommant du lait d’une étable où sévissait l’avortement épizootique, est traité successivement pour fièvre typhoïde, tuberculose miliaire et malaria. On isola de son sang le bacille de Bang à l’état pur.

Le même médecin traitant observa un deuxième cas semblable au premier, et à l’hopital Bellevue on relève quatre observations du même ordre.

Nombreux également sont les cas rapportés par les auteurs, ces années dernières.

G.N. Belyea cite le cas d’une femme de 25 ans, mariée à un laitier depuis 6 ans et ayant trois enfants. Le diagnostic fut assuré avec une suspension de bacillus abortus tué qui est agglutiné à 1/80, 1/160 et 1/360. Les épreuves de contrôle sont négatives. La même agglutination positive est observée avec le sang de deux vaches de l’étable qui agglutine à 1/320.

La maladie évolua de la première semaine de décembre 1926 jusqu’au 7 Février 1927. La courbe thermique est celle de la fièvre typhoïde avec tachycardie. On note aussi un écoulement sanguin noir par le vagin avec présence d’une bactérie Gram négatif.

H. Habs en 1928 rapporte quatre cas dus à l’ingestion de lait virulent (deux agriculteurs, une fille de 13 ans et un ouvrier). Pour trois d’entre eux, le lait provenait d’étables où sévissait l’avortement épizootique.

Le premier cas fut rapporté à la fièvre typhoïde, mais l’exarrien bactériologique négatif et l’atténuation des signes cliniques fit songer à une infection d’origine animale.

Le tableau clinique est caractéristique : fièvre intermittente longtemps prolongée, pas de frisson typique pendant l’ascension thermique; faible augmentation du pouls. Pas d'état général grave, appétit conservé avec diminution de poids, légère tuméfaction de la rate sans troubles organiques.

L'aspect typique du 1° cas permit de reconnaître facilement les autres. Tous les malades guérirent. Chez l’un, la température tombe d'elle-même; chez les autres le néosalvarsan, l’acide salycilique et la quinine ont paru exercer une action favorable.

Le diagnostic a été assuré par l’aggiutination (1/1000 à 1/10.000). Les microbes isolés furent identifiés par plusieurs laboratoires et trouvés par trois, identiques à Bacillus abortus.

Des recherches fort intéressantes également furent faites par Martin Kristensen au Danemark, et il a fourni un excellent tableau clinique de la maladie.

L'auteur, chef de section à l’Institut sérothérapique de Copenhague, rapporte le résultat de ses travaux sur la fréquence au Danemark des maladies de l’homme, déterminées par le Bacille de Bang, après qu'on eut signalé en Amérique et en Europe des cas de maladie attribuables en apparence au dit bacille, bien que le diagnostic en quelques cas eût été incertain. Jusqu'à cette époque, dans son pays aucune observation du même genre n'avait été rapportée.

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À partir d'Avril 1927, l’Institut sérothérapique a reçu 1177 échantillons de sang, pour le diagnostic de la fièvre typhoïde des paratyphoïdes et des affections analogues, 89 ont fourni une agglutination très nette avec le bacille de l’avortement. Peu d’échantillons ont donné une réaction douteuse. Les 39 serums éprouvés par la méthode de déviation du complément ont également donné un résultat positif. Dans 13 cas on a isolé le bacille de Bang du sang des malades. La maladie est bien caractérisée : après une élévation de température, durant plusieurs jours, la fièvre s’établit, régulière ou irrégulière pendant deux semaines au plus. La température diminue graduellement et chez quelques malades elle revient à la normale. Le plus souvent le retour à la normale est précédé d’une nouvelle hyperthermie qui persiste pendant une à quatre semaines. De pareilles ascensions thermiques peuvent se répéter plusieurs fois et la courbe revêtir une forme ondulante. Le nom de fièvre ondulante donné à la melitococcie, convient tout aussi bien pour la maladie déterminée par le bacille de Bang. La maladie dure de deux à quatre mois, exceptionnelle. ment six mois ou même plus.

Parmi les autres symptômes, on doit signaler la congestion de la peau, les sueurs, la bradycardie, la tuméfaction de la rate et des ganglions lymphatiques. La maladie débute souvent par une angine catharrale, s’accompagnant parfois d’une stomatite vésiculeuse. Dans quelques cas, il y a une tendance aux hémorragies nasales, intestinales, avec des douleurs en différents points du corps, sans altération visible. L'état général est souvent peu troublé en dépit de la persistance du mouvement fébrile.

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Les bacilles isolés du sang des malades ont montré les caractères du Bacille de Bang; inoculés au cobaye, ils ont déterminé des altérations caractéristiques.

Les inoculations faites par O. Bang ont montré que ces bacilles pouvaient déterminer l’avortement chez les

vaches.

Le pronostic de la maladie est généralement favorable. Sur 89 malades, un seul à succombé avec des signes d’endocardite ulcéreuse. Il devait être atteint déjà de quelque affection cardiaque.

Parmi les malades, il n’y en avait pas de moins de 13 ans, les enfants semblent peu sensibles.

8h des malades avaient été en contact avec des vaches infectées, 39 avaient consommé du lait cru ou de la crême ; pour 16 autres, l’origine de l'infection n’a pas été déterminée.

Dans un journal médical danois, on signale le cas d’une malade présentant un kyste ovarien renfermant le bacille de Bang en culture pure.

Kristensen pense que l'appellation de fièvre ondulante pourrait être adoptée pour l'infection du groupe Abortus-Melitensis, en ajoutant le nom de Bruce ou de Bang, selon l’origine de la maladie.

Pour J. Van der Hoeden, la démonstration de la transmission à l'homme d’une fièvre ondulante, due au bacille de Bang, ne peut être fournie que par l’observation. Les expériences de Nicolle, Burnet et Conseil, qui ont inoculé cinq hommes avec une souche de Bacillus abortus, sans qu'il en résulte pour eux le moindre trouble et dont les hemocultures sont restées stériles avec un seul échantillon de sang agglutinant, ne sont pas probantes parce qu’elles ont été réalisées avec des cultu-

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res. L'hypothèse de Bastai, que les cas de fièvre ondulante de l’homme, d’origine bovine, sont dus à une infection exceptionnelle des vaches par bacillus melitensis, n’est pas défendable pour des pays où la fièvre de Malte n'existe pas, comme le Danemark ou la Hollande.

Depuis décembre 1927, 17 cas de fièvre ondulante de l’homme, d’origine bovine, ont été constatés au Central Laboratorium.

Dans un cas, le bacille de Bang est isolé du sang du malade, et avec les cultures on inocule une génisse pleine qui donne un veau à terme. On trouve des bacilles dans les cotylédons, notamment dans les cellules épitheliales. Les lésions placentaires de Holth sont très marquées. Le sérum de la vache agglutine le bacille de Bang à r1/25.600; le sérum du veau non agglutinant à la naissance agglutine à 1/12.800 le r0° jour. Des bacilles sont trouvés dans la mamelle de la vache dix sept jours après l’infection et dans le lait, deux et dix jours après

l’accouchement.

Sur dix sept observations recueillies, l’infection a été relevées sept mois par la consommation de lait ou de crêéme à l’état cru.

Carpenter a étudié également cette question d’infection humaine par le bacille de Bang. En 1926, l’auteur étudie dix cas de fièvre ondulante chez l’homme, due à un organisme indistinguable de brucella abortus. Le diagnostic a été fait par l’isolement du microbe du sang des malades, et la recherche de la sero-agglutination. Une injection intraveineuse de ro cc d’une suspension en solution saline de 5 de ces souches a été pratiquée sur 5 génisses qui n’avaient pas donné d’agglutination et qui provenaient d’une étable indemne. Les 5

génisses ont avorté du cinquième au vingtième jour après injection de la culture. Les microbes ont été retrouvés dans tous les cas dans le fœtus, le placenta et le colostrum. Une génisse, conservée jusqu'au 231° jour après l'avortement cultivait encore les brucellas dans sa mamelle, et les éliminait en grand nombre dans le lait.

La question s’est également posée de savoir si le bacille de Bang, ingéré avec du lait cru, pouvait expliquer certains cas d’avortement dans l’espèce humaine, et en particulier certains cas d’avortement habituel. Devoir et Thierry d’abord, Lee ensuite, ont fait des recherches à ce sujet. Leduc a indiugé que dans certains hameaux de sa région, où la proportion des bêtes avortant atteignait 77 à 84 %, l’avortement humain ne lui a pas semblé plus fréquent que dans les autres hameaux. P. F. Williams et Kolmer ont recherché, chez cinquante femmes qu'ils ont soigné pour avortement, la réaction de fixation du complément au bacille de Bang : les résultats ont toujours été négatifs. Alfred S. Giordano et Marjorie Albeson rapportent deux cas de stérilité chez les femmes agglutinant l’abortus à 1/10 et 1/320. Withridge Williams est assez opposé à l’idée que l’avortement habituel puisse être expliqué par l'intervention du bacille de Bang. ;

En somme, jusqu’à présent, aucun fait précis n'est venu apporter la preuve de l'avortement humain par le bacille de Bang.

La parenté étroite découverte entre le Micrococcus Melitensis et le bacille de Bang a été le point de départ de recherches, pour établir les analogies ou les différences pouvant exister entre le pouvoir pathogène, vis-à-vis de l’homme, du microbe de la fièvre de Malte et celui de l'avortement épizootique.

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Nous savons que la melitococcie se caractérise par une fièvre élevée dont la courbe dessine des ondes d’une ou deux semaines avec courts intervalles d'apyrexie, par des sueurs profuses, par des douleurs articulaires, par de l’asthénie, par de la constipation, par de la congestion pulmonaire, par des orchites et des douleurs ovariennes.

Cette maladie, dont Nicolle disait que c'était une « maladie d’avenir » est très répandue dans le bassin 1e la Méditerranée, et nous n’avons pas besoin de rappeler qu'elle sévit longtemps dans l’île de Malte, puis fut successivement reconnues en Algérie, Tunisie, dans les départements de l’Hérault, du Gard et voit actuellement son aire géographique s’étendre très loin de son berceau primitif, jusque dans le département de la Loire et les environs de Paris. |

Non seulement les chèvres peuvent être infectées et dangereuses pour l’homme, mais les moutons paient aussi leur tribut à la fièvre méditerranéenne. Les uns et les autres fournissent un lait et des laitages qui sont dangereux, comme tous les sous-produits, dont les fromages non fermentés, ou avant subi une fermentation de peu de durée.

Cesari nous rapporte le cas d’un enfant de dix ans et demi présentant des symptômes aiguillant successivement le diagnostic vers une arthrite, puis vers le rhumatisme articulaire aigu et l’osteomyélite. Finalement il est orienté vers l’idée d’une septicemie et une hemoculture permet d'isoler un microbe offrant les caractères du micrococcus melitensis. La maladie évolue ensuite comme une fièvre méditerranéenne classique, la courbe de la température dessinant des ondulations ca-

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ractéristiques. On pratique sur l’enfant l’intra-dermoréaction de Burnet qui fournit une réaction remarquable .Dès que le diagnostic exact fut établi, on chercha naturellement à s’enquérir des conditions dans lesquelles la fillette avait pu se contaminer, et la mère rapporta que un mois avant l'entrée à l'hopital, son enfant avait bu deux bols de lait de chèvre, au passage d’un troupeau; l'épreuve de la sero-agglutination pratiquée sur ces chèvres a donné des résultats positifs.

En dehors des caractères culturaux de Micrococcus melitensis et Brucella abortus, le pouvoir pathogène vis- B-vis de l’hpmme permettrait-il d'identifier les deux microbes ? Les opinions à ce sujet ont été et sont encore très partagées.

Pour Ficaï et Alessandrini, il existerait nettement deux formes de fièvre méditerranéenne, celle relevant du melitensis et celle relevant de l’abortus. Ils se basent, pour identifier leurs hémocultures sur les conditions d’obtention du premier isolement et sur les différences de résistance des agglutinines à la chaleur.

Pour Messieri, l’étude des nombreuses observations relatées en ces derniers temps lui suggère les conclusions suivantes :

« On peut admettre que des bovins infectés d’avor- « tement épizootique peuvent transmettre à l’homme une « infection fébrile de type septicemique, attribuable à la « fièvre melitensique ou ondulante. Les conditions les plus « favorables à cette infection semblent être représentées « par les formes d’avortement épizootique récemment « transmises aux bovins par les chèvres et les moutons, et « par la contamination directe des personnes avec le « fœtus, les enveloppes fœtales, les organes génitaux

« de la vache. Cela n'exclut pas les formes d’avorte- « ment sans relation évidente avec les chèvres et les « moutons, ni que le lait et ses produits dérivés puissent « aussi transmettre la même infection, spécialement « lors des premiers cas d’avortement dans des zones ou « des localités jusque là indemnes.

« Admettant la possibilité de la transmission de « l’infection melitensique du bovin à l’homme, considé- « rant la courte durée de la période de contagion possi- « ble au bovin lui-même, brucella abortus et brucella « melitensis arrivent à se confondre, et le tableau des « caractères communs aux deux germes se complète. En « conséquence, mais pourtant comme une hypothèse, « puisqu’une preuve expérimentale n’a pas été et ne « pourra peut être pas être donnée, nous pouvons ad- « mettre que les deux germes abortus et melitensis re- « présentent une forme bactérienne unique, susceptible « de divers degrés de virulence pour l’homme, liés à la « provenance du microbe même ».

Pour Rinjard, un microbe du groupe Brucella.

reconnu pathogène pour l’homme, sera un melitensis (Brucella Melitensis) que son origine soit bovine, ovine, caprine ou porcine; un microbe isolé de l’animal et sans virulence pour l’homme sera un abortus (Brucella abortus).

Burnet, après ses travaux distinguant le bacille de Bang, et le micrococcus melitensis par l’action pathogène pour le singe et pour l’homme, fit de nouvelles expériences et inocula aux doses de trente millions chez les macaques et de deux cent millions chez l’homme, le bacille de Bang tout récemment isolé d’avortement de bovins et n’obtint pas de fièvre ondulante.

Il conclut de la façon suivante : « Si des faits d’épi- « demiologie bien établis nous obligeaient à reconnai- « tre à Brucella Abortus ou à certaines souches de Bru- « cella Abortus quelque pouvoir pathogène pour l'hom- « me, il faudrait encore déclarer, d’après les faits d’ex- « périences, que le pouvoir pathogène est énormément « plus faible ou plus rare que celui du micrococcus me- « litensis.

« I] faut d’abord admettre des différences entre la « maladie naturelle et l'infection expérimentale. Il est « possible aussi que, dans cette espèce Brucella qui sem- « ble encore plastique ‘et adaptable, il existe des races à « caractères mixtes, abortives pour la vaches et fébri- « gènes pour l’homme.

« Il est vraisemblable enfin, avec l’intense trafic « moderne d'hommes, d’animaux et de choses, que mê- « me dans les pays du Nord de l’Europe, les vaches soient « infectées du Melitensis, qu’il vienne directement ou « indirectement par la chèvre ou par l’homme, et qui « exerce sur elles l’action pathogène abortive »,

Le professeur Panisset émet l’hypothèse qu'il n’existerait dans la nature qu'une espèce, la Brucella. Ce microbe capable d’infecter les chèvres, les brebis, les bovidés, est à l’origine un microbe pathogène pour l’homme, mais ne semble pouvoir infecter l’homme qu'après passage dans un organisme animal. La brucella du milieu extérieur peut infecter les chèvres ou les brebis et rend leur lait dangereux pour l’homme: lorsqu'elle à passé par la chèvre, la brucella conserve son pouvoir pathogène pour l’homme. La même brucella du milieu extérieur, si elle tombe dans l’organisme d’un animal de l’espèce bovine provoque l'avortement épizootique, mais il semble qu’elle perde peu à peu sa virulence

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pour l’homme. Lorsque le microbe a peu perdu de son pouvoir pathogène originel et que les individus boivent du lait de ces animaux de l’espèce bovine, ils contractent une maladie qui ressemble à celle qu’ils auraient contractée en buvant du lait de chèvre.

Toùs ces travaux augmentés des expériences de Bevan, Orpen, Manzini, A. Evans, augmentés des essais favorables chez l’homme et le singe des vaccinations croisées et de la vaccinothérapie de Burnet, aboutissent à montrer que le melitensis et l’abortus sont deux espèces extrêémerñient voisines que tout autorise à grouper dans le genre brucella. Peut être ne sont-elles que deux adaptations ayant porté sur le pouvoir pathogène P Cependant, l'affection à type fièvre ondulante, ayant pour origine le bacille de l’avortement épizootique, est à l’heure actuelle une maladie en pleine évolution, au moins dans la découverte que nous en faisons. La constatation de cette affection a été faite aux Etats-Unis, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Bavière; Carpenter, Veilchenblau, Kling, Kristensen, rapportent de nouveaux cas de fièvre méditerranéenne d’origine bovine,

Dans les Iles Britanniques, où la fièvre méditerranéenne n’a jamais été constatée, depuis que l’on sait les rapports entre ces deux infections, on signale des cas de fièvre ondulante d’origine bovine.

Le Professeur Panisset explique de la façon suivante le fait que, dans ces constatations certaines, démontrant l’existence chez les bovins d’un avortement épizootique capable de créer, chez l’homme, une maladie analogue à la fièvre ondulante, la France n’a fourni que quelques observations et encore peu probantes l'infection de l’homme existe surtout dans les pays con-

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sommant du lait cru, et en grande quantité. La contamination est rendue plus facile. Il n’en reste pas moins une contradiction flagrante, pour la France, entre la fréquence de l’avortement épizootique et la rareté relative ou absolue de l'infection humaine à bacille de Bang.

Il y a là certainement matière à de nombreux travaux, et à l’heure actuelle les expériences, les observations se poursuivent pour déterminer les dangers pour l’homme de l’élimination du bacille de Bang par le lait des vaches infectées, le pourcentage des laits infectés lcrs d’avortement épizootique ; les résultats trouvés par les auteurs sont, pour le moins, assez différents.

L’affection déterminée chez l’homme par le bacille de l’avortement épizootique peut se déclarer à la suite d’ingestion de lait infecté, mais la voie cutanée, lors d'interventions obstétricales, d'accidents de non délivrance, de contact plus ou moins direct avec les vaches infectées, en créant chez l’homme une éruption vésiculeuse et les signes d’une maladie durable, profonde, qui persiste des mois, mêmes des années, est certainement une voie plus importante pour la pénétration du bacille de Bang, ainsi que le démontrent de nombreux cas observés ces derniers temps.

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