INTRODUCTION
L'étude de l’avortement epizootique a donné naissance, tant en France qu’à l’Etranger, à de nombreux travaux. Les auteurs se sont attachés à déchiffrer les différents problèmes que cette affection pouvait susciter; ils ont cherché à pénétrer plus avant le mécanisme de l’infection, son étiologie, sa pathogénie, sa prophylaxie et tout ce qui pouvait être de quelque utilité dans la lutte contre les ravages et les funestes conséquences économiques qu'elle entraîne.
Un point particulier a également attiré l’attention des expérimentateurs : les vaches infectées peuvent-elles éliminer avec leur lait le bacille de Bang, agent du processus infectieux ? Le passage possible de ce bacille dans le lait a été l’objet de recherches faites d’abord au point de vue purement scientifique et bactériologique; puis, des considérations pratiques et hygiéniques sont venues se greffer sur ces points de vue primitifs et ont donné au problème une ampleur considérable. La nocuité du lait, les dangers qu’il pourrait présenter à la consommation courante, les symptômes que ferait naître dans l’organisme de l’homme et des animaux, l’existence de Brucella abortus ont été autant de points d’interrogation qui se sont dressés devant l’esprit des chercheurs.
Des faits troublants, des cas singuliers observés dans différents pays presque en même temps, et surtout ces dernières années, ont retenu l’attention des savants. La
UN
fièvre ondulante, d’origine bovine, est une question à l’ordre du jour, ainsi que la part qui revient au Bacille de Bang dans certaines affections mal définies.
Faut-il voir dans le lait un véhicule du bacille ? Telle est la notion que nous nous sommes proposés d’éclaircir, à la lumière des travaux déjà parus, et avec les moyens d’expérimentation qui ont été si obligeamment mis à notre disposition par le Laboratoire National des Recherches, son distingué Directeur, le Professeur Vallée et son aimable Chef de Service M. P. Rinjard I: nous faut également remercier Monsieur le Professeur J. Verge qui nous a inspiré le sujet de ce travai et nous à toujours guidé de ses précieux conseils.
Il nous a paru intéressant de porter nos recherches sur une question d’un gros intérêt pratique et écono. mique, à savoir si le fait de traiter les vaches infectées avec le vaccin vivant pouvait amener une recrudescence dans l'élimination du bacille de Bang par le lait. Nous avons été aidés dans cette tâche par M. Lucas, ingénieur agronome, qui a bien voulu mettre ses vastes étables à no-
tre disposition en nous offrant ainsi un précieux concours.
Avant d'apporter ici notre petite contribution à l’étude de ces problèmes, nous avons voulu mentionner rapidement quelques notions indispensables sur l’historique et la bactériologie qui s’y rattachent, et, à ce propos, nous avons cru utile de faire un court parallèle entre les deux bacilles si proches qu’ils intriguent fort les chercheurs, le micrococcus melitensis et le bacille de Bang.
Nous avons ensuite envisagé différentes modalités différents cas qui peuvent se présenter en ce qui concerne l'élimination par le lait du bacille de Bang, et nous