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Bull.de l’Acad. 2° serie, Tome XXIX.
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RECHERCHES SUR L’EMBRYOGÉNIE DES CRUSTACÉS. — IE. Developpement de l'œuf et de l'embryon des Sacculines (SACCULINA CARCINI, Thomps.), par M. Edouard Van Beneden, docteur en sciences naturelles.
Dans une note communiquée à l’Institut de France (Académie des sciences) et insérée dans ses Comptes rendus (1), J’ai exposé les recherches que J'ai faites sur le développement de l'œuf ovarien des Sacculines (Sacculina carcini, Thomps.). Il résulte de ces observations que la grande cellule que M. Gerbe (2) à considérée comme représentant la cellule formatrice du vitellus est en réalité l’œuf tout entier; que l’œuf des Sacculines ne peut être comparé à l'œuf des oiseaux, puisqu'il est impossible d’y distinguer un jaune et une cicatricule; que la cellule polaire de l'œuf, qui a été considérée par M. Gerbe comme représentant cette cicatricule, n’est pas une partie de l'œuf, mais qu’elle représente le cordon protoplasmatique que portent, à un de leurs pôles, les œufs ovariens des Anchorelles et des Lernéopodes; enfin, que celte cellule se détache de l’œuf mür, qu’elle reste dans l’ovaire pour s’y diviser et donner naissance à de nouveaux œufs. L'importance des observations de M. Gerbe résultait de ce que l’auteur a vu, dans la double cellule et dans les deux noyaux dont se constitue à son début l’œuf ovarien des Sacculines, l'explication de la pré-
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1) Comptes rendus de l’Académie des sciences. 29 novembre 1869, 2) Comptes rendus de l’Académie des sciences. 22 février 1869.
tendue découverte, faite par M. Balbiani, de lexistence, dans l’œuf des animaux , d’une seconde vésicule, à côté de la vésicule de Purkinje. D’après M. Gerbe, l’une des deux vésicules de l’œuf (vésicule balbianienne M.-Edw.) serait le centre de formation des éléments nutritifs du vitellus; l’autre (vésicule de Purkinje) serait le point de départ de l'embryon. La prétendue vésicule de Balbiani ne présente jamais, ni chez les araignées ni chez les myriapodes, les caractères ni le mode de développement d’une vésicule (noyau de cellule), et, loin d'exister dans les divers groupes du règne animal, elle manque même chez beaucoup d’araignées et de myriapodes. De plus il n’y a aucun rapprochement à établir entre le noyau vitellin de l'œuf des araignées et des myriapodes, et l’un des deux noyaux cellulaires de l’œuf des Sacculines. — Ce que M. Gerbe prend pour l'œuf des Sacculines est en réalité un œuf double : la cellule qui reste stationnaire dans son développement, pendant que l’autre se développe pour devenir un œuf, se détache de l'œuf arrivé à maturité et reste dans l’ovaire pour se mulüiplier ultéricurement et donner naissance à de nouveaux œufs.
J'ai l'honneur de présenter à la classe l’histoire du développement embryonnaire des Sacculines.