PARTIE ATTAQUABLE. OXYGÈNE
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Sesquioxyde de chrome. . 0,012
Les faits acquis récemment dans l'étude chimique des météoriles autorisent à affirmer que la pierre de Saint- Denis-Westrem soumise à l’analyse donnerait des résultats sensiblement identiques. De même que si l’on dit d’une certaine roche terrestre que c’est un phyllade, on est fixé
( 213 ) sur sa nature sans en faire une étude spéciale; de même, en disant de la pierre de Saint-Denis qu’elle est formée de lucéïite, on donne à l'instant l’idée la plus nette sur ses caractères chimiques et minéralogiques.
Un fait sur lequel je veux appeler tout spécialement l'attention, parce qu’il a échappé à toutes les personnes qui se sont occupées de l'étude des météorites, et parce qu'il est de nature à fournir les documents les plus décisifs quant à l’origine de ces corps, c’est que la lucéïte n’existe pas seulement dans les pierres, d’ailleurs nombreuses, dont elle constitue la substance exclusive. Je lai retrouvée en fragments empâlés dans différentes météorites bréchiformes, telles que les pierres de Saint-Mesmin (Aube, 1866), de Cangas de Onis (Asturies, 1866) et d’Assam (Indes, 1846).
En examinant ces météorites on y constate aisément, ce que confirme d’ailleurs une étude plus attentive, la présence de fragments de lucéïte, empâtés dans une roche de couleur sombre. |
La conséquence de ce fait, analogue à plusieurs autres que J'ai eu l’occasion de constater, est évidemment qu’à une époque passée, la lucéïte dont la pierre de Saint-Denis- Westrem est un échantillon si caractérisé, était en relation stratigraphique avec la roche bréchiforme que représentent dans nos collections la météorite de Saint-Mesmin et les masses analogues.
D'un autre côté, J'ai observé d’autres météorites bréchiformes, telles que celles de Canellas (Espagne, 1861), de Gutersloh (Westphalie, 1857) et de la Baffe (Vosges, 1822) qui, dans la même pâte foncée que les précédentes, renferment des fragments d’une roche grisâtre , oolithique, toute différente de la précédente. Il est elair que ces deux séries de météorites bréchiformes proviennent de masses formées
dans les mêmes milieux, puisqu'elles ont un élément lithologique commun; et il résulte de là que les pierres du type de Canellas ont été en relation stratigraphique avec des masses de lucéïte, bien que cette roche n’y soit pas représentée.
Mais ce n’est pas tout : la roche oolithique des météorites de Canellas, de Gutersloh et de la Baffe constitue à elle seule certaines masses dont les plus connues sont tombées à Montréjeau (Haute-Garonne, 1859), à Pegu (Indes, 1857) et à Muddoor (Indes, 1865), et je la désigne sous le nom de montréjite.
Évidemment nous devons admettre que cette montréjite a été en relation stratigraphique avec la lucéite, car autrement nous ne pourrions comprendre la présence de ces deux roches en fragments anguleux dans une pâte foncée identique.
Voici done, en rèsumé, quatre types bien distinets de météorites représentés par les pierres de Saint- Denis-Westrem, de Saint-Mesmin, de Canellas et de Montréjeau, dont nous sommes autorisés à dire qu'ils ont été en relation stratigraphique, et tout le monde conviendra qu’un fait de ce genre est de nature à éclairer d'un nouveau jour la question si peu connue encore de l’origine des météorites.
En effet, cette communauté de gisement que nous reconnaissons à différentes masses extra-terrestres différentes, jointe à l'existence de filons météoriques que J'ai fait connaître dans un mémoire publié l’année dernière, montre que les météorites dérivent d’un ou de plusieurs astres où elles étaient en relation stratigraphique et qui ont été démolis. |
Quant à la cause de la démolition, je la vois dans le fait même du développement normal des corps sidéraux. On
pense que ceux-ci, origimairement à l’état de nébuleuses, passent successivement par des états dont le soleil, la terre et la lune marquent trois termes particulièrement caractérisés et qui sont dus aux progrès ininterrompus du refroidissement de la matière cosmique. Or, en admettant, ce qui est certain, que ce refroidissement ne soit pas arrivé à son dernier degré sur notre satellite, nous devons nous attendre à voir les astres présenter, après l’état de lune, un état tout différent. Suivant moi, c'est l’état de météorites.
En effet, les astres tendent d'eux-mêmes à se briser.
Nous en avons la preuve autour de nous dans les failles que la terre nous montre de toutes parts. Au fur età mesure de leur formation ces fractures sont ressoudées par linjection de la matière fondue interne : cette matière les remplit, et constitue suivant les cas, les dykes, les typhons, les culots, ete., si fréquents dans tant de régions.
Mais admettons que pour une raison ou pour une autre ce ciment vienne à manquer, il est clair que le travail moléculaire qui à déterminé les failles les élargira peu à peu, en formera de nouvelles et finalement divisera le globe en une infinité de fragments de nature et de grosseur variées. Or, sur un globe constitué comme la terre, le ciment manquerait à partir du moment où la masse interne serait complétement solidifiée.
La lune, sans être encorc arrivée lout à fait à ce point, y entre évidemment et le phénomène de rupture commence à s’y manifester par les rainures, crevasses gigantesques, dont sa surface est silionnée. Mais supposons que la terre ait eu autrefois un satellite beaucoup plus petit que la lune et qui pouvait d’ailleurs graviter autour de celle-ci, ce satellite serait aujourd’hut complétement brisé,
Une fois le globe réduit en fragments, ceux-ci, par suite de diverses causes agissant inégalement sur eux, ont glissé les uns contre les autres et se sont concassés suivant leurs surfaces de moindre cohésion.
Il n’appartiendrait qu'aux géomèêtres de résoudre dans sa généralité le problème de la destinée ultérieure de ces fragments. Retournant donc à l’observation du phénomène auquel ce travail est consacré, je constate que, considéré dans la totalité de ses manifestations, ce phénomène présente deux circonstances conduisant à admettre que les matériaux de l’astre, dont les météorites proviennent, se sont, après la rupture de l’astre, distribués le long de l’orbite précédemment décrite par celui-ci et que de plus ils se sont triés d’après leurs densités en couches concentriques au foyer d'attraction, dès lors entouré d’anneaux séparés les uns des autres d’une manière plus ou moins nette.
Les circonstances dont il s'agit sont 1° l'absence de périodicité dans la chute des météorites et 2 l’ordre de succession des types de roches tombés sur le globe, ordre de succession conforme à l’ordre de superposition que ces Lypes ont dù affecter dans l’astre démoli.
Il paraît certain, en effet, que les fers météoriques sont tombés anciennement en très-grand nombre, tandis que leur chute est aujourd’hui un événement extrêmement peu fréquent. |
On aura une idée de la rareté actuelle des chutes de fer quand j'aurai rappelé que depuis cent dix-huit ans on n’en a observé que quatre en Europe, qui est la partie du monde où le phénomène a le moins de chances de rester inaperçu ; or, pendant le même laps de temps, le nombre des chutes de pierres dans la même contrée, et dont plusieurs ont fourni des milliers d'échantillons, s'élève au moins à cent sorxante-quatorze.
Il est vrai qu'on pourrait inférer de là que les fers météoriques sont simplement plus rares dans l’espace céleste que ne le sont les pierres, ce qui est d’ailleurs possible. Mais non-seulement les chutes de fer ont été dans le passé beaucoup plus fréquentes qu’elles ne le sont aujourd'hui, mais elles ont été en même temps beaucoup plus fréquentes que ne l’étaient alors les chutes de pierres elles-mêmes.
Ainsi comprise, l’origine des météorites cesse de témoigner, comme on l’a dit quelquefois, d’un certain désordre dans la nature et apparaît comme l’une des phases normales de la grande évolution sidérale.
Sur la Bryonicine, substance azotée nouvelle, extraile des racines de Bryonia dioïca, par MM. Lucien de Koninck et Paul Marquart.
Les racines de Bryone ont été examinées au point de vue de leurs principes immédiats par Brandes et Firnhaber d’abord (1), puis par Schwerdtfeger (2), et en dernier lieu par Walz (3). D’après celui-ci, l'extrait alcoolique de racines sèches de Bryonia alba contiendrait, outre des matières colorantes, de la gomme et des résines, deux composés définis, la Bryonine et la Bryonitine; en traitant la Bryonine par de l’acide sulfurique étendu à chaud, 1l l'a décom-
(1) Archiv der Pharmacie, t. II}, p. 356.
(2) Jahrbuch für prakt. Pharm., t. VIT, p. 287; Pharmaceutisches Centralblatt, 1844, p. 190.
(3) Neues Jahrb. der Pharm., t. IX, pp. 66 et 217; Archiv der Pharmacie, CXLVI, p. 150; Chem. Centralblatt, 1859, p. 5.
( 218 ) posée, dit-il, en deux substances nouvelles auxquelles il a donné les noms de Bryorétine el TRS et en glucose.
La substance que nous avons découverte et pour laquelle nous proposons le nom de Bryonicine, en attendant que la connaissance de sa constitution permette de lui donner un nom rationnel, paraît avoir échappé aux recherches de Walz et de ses devanciers; elle est distincte de tous les composés décrits par eux.
La Bryonicine à été obtenue à la fabrique de produits chimiques du docteur L.-C. Marquart, à Bonn, comme produit accessoire de la préparation de la Bryonine; elle cst de couleur jaune très-pâle et cristallise par refroidissement d’une dissolution dans l’aicool étendu, en aiguilles légèrement aplaties et irrégulièrement entremêlées; elle est neutre aux papiers réactifs, insoluble dans l’eau froide, dans la potasse, dans l’ammoniaque et dans les acides minéraux étendus; l’eau et lacide chlorhydrique concentré en dissolvent une très-petite quantité à la température de l'ébullition. L'alcool, l’éther, le chloroforme, le benzol , le sulfure de carbone, l'acide acétique glacial et l'acide sulfurique concentré dissolvent la Bryonieine avec la plus grande facilité; la dissolution dans ce dermier réactif a une couleur rouge de sang. L'eau préeipite la Bryonicine de ses dissolutions dans les acides sulfurique et acétique et dans l’alcool; cette dernière n’est précipitée ni par les acétates de plomb ni par le tanin; une dissolution de perchlorure de fer n’y apporte aucun changement.
La Bryonicine fond à 56° C.; par refroidissement elle se prend en petits mamelons hérissés de pointes cristallines; à une température élevée elle distille sans se décom-
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poser. Remarquons en passant que sa manière de se comporter avec les acides et les alealis démontre qu’elle n’ap-
partient pas au groupe des composés connus sous le nom de Glucosides.
Le produit brut, tel que nous l'avons reçu de la fabrique, était fortement coloré; nous l'avons purifié par cristallisation et décoloration au moyen du noir animal, puis nous l'avons soumis à l’analyse.
[. 0#,2005 de substance nous ont donné 0:",4989 d'acide carbonique et 0:",0845 d’eau.