‹ Recherches sur l'embryogénie des crustacésChapitre 38 sur 89 · I. IE JEL. JE · texte numérisé non relu

I. IE JEL. JE

SR

Ces chiffres se rapportent très-exactement à la formule CEI6N20/, laquelle exige :

GENRES PE ee MS MO 72180 HR RE be Linik set TO DR tn nm ee ect 1110.00 DR does po 10000

Les dosages d’azote ont été faits suivant la méthode de M. Dumas; un essai de dosage suivant MM. Will et Varrentrapp nous a démontré que la méthode de ces chimistes n'était pas applicable ici: une partie de la Bryonicine se

( 220 ) volatilise sans décomposition et se dépose à l’extrémité froide du tube.

La stabilité de la Bryonicine, rendant une formule aussi compliquée que celle que nous avons indiquée ci-dessus peu probable, nous avons supposé que le produit sur lequel nous avions opéré était encore souillé de quelque impureté; pour l’en débarrasser, nous l’avons dissous dans de l'acide sulfurique concentré à froid, puis nous l’avons précipité de cette dissolution par l’eau et fait cristalliser dans l’alcoo!. Une nouvelle combustion nous a fourni les résultats suivants : |

0:,2599 de substance nous ont donné 0£",6576 d'acide carbonique et 0*,0966 d’eau.

Cela correspond à :

Ge see 22 00 JON |: Re de PUR ©

La formule CI0H7NO? exige :

CLS DU NT SRE EEE He es SE IR CRIS NE 2 et ocre COPA RON DES le MAN SAC OREE

Une nouvelle détermination de l’azote ne nous a pas paru nécessaire. : |

La présence de 8 0/0 d’azote dans la substance qui fait l'objet de ce travail nous a fait d’abord supposer que nous avions affaire à un alcaloïde, mais tous les essais que nous avons faits pour en obtenir un sel sont restés sans succès : la Bryonicine est, comme nous l’avons déjà dit, insoluble dans les acides minéraux étendus, et même dans l'acide chlorhydrique concentré; craignant que l’eau n’eüt une

influence sur la réaction, nous avons fait une dissolution dans l'alcool absolu, nous l’avons saturée de gaz acide chlorhydrique sec, puis nous y avons ajouté une solution également alcoolique de chlorure de platine; 1l ne s'est pas formé de précipité, même par addition d’éther, et la dissolution soumise à l’évaporation spontanée nous à fourni la matière première complétement exempte d’acide chlorhydrique.

Ne pouvant obtenir de combinaison saline de la Bryonicine, nous avons dû avoir recours pour en fixer la molécule aux produits de substitution; l’analyse d’un dérivé bromé à confirmé l'exactitude de la formule que nous avons donnée en dernier lieu.

Nous avons fait agir le brôme de deux manières différentes sur la Bryonicine : à l’état liquide et à l’état de vapeurs entraînées par un Courant d'air; nous avons obtenu dans les deux cas le même produit. Le brôme liquide dissout la Bryonicine; en laissant l'excès s’évaporer spontanément, on obtient une matière qui paraît être le produit de l'addition d’une molécule de brôme et qui, déjà à la température ordinaire, et surtout à 100 degrés laisse dégager de l’acide bromhydrique. Le produit final, purifié par cristallisation dans l'alcool, ressemble complétement à la matière première et résulte de la substitution d'un atome de brôme à un atome d'hydrogène, ainsi que le démontre l'analyse (1) :

IL. 0:,3030 de substance ont donné 0:",5300 d’acide carbonique et 0£,0754 d'eau.

(1) Les dosages N° I et III ont été faits sur le produit de l’action du brôme liquide ; les dosages Nes II et IV sur le produit de l’action des vapeurs de brôme sur la Bryonicine.

29e SÉRIE, TOME XXIX. 15

( 222 ) Il. 0%,5056 de substance ont donné 0:",5306 d'acide carbonique et 05,0742 d’eau.

HIT. 44,0717 id. id. 0:,7715 de bromure d'argent. IV. 0:,8458 id. id. O0:,6339 id. id.

Calculés en centièmes ces résultats deviennent :

LE ul [IL IV C 47.72 47.35 == = BE 77 2.70 — — BR RUES — — 30.65 51.99

A la formule CI0H6Br NO? correspondent les nombres suivants :

Crus os AT SR NUE RE H 25 B? 30.75

Le point de fusion de la Bryonicine monobromée a été trouvé à 120 C.

L’acide nitrique fumant dissout la Bryonicine ; en chauffant légèrement, puis en précipitant par l’eau, on obtient une matière jaunâtre, soluble dans lalcool, qui paraît être un mélange de plusieurs produits nitrés.

Par l’action du perchlorure de phosphore, nous avons obtenu une matière huileuse très-dense, distiilant entre 260 et 290 degrés, et restant liquide à — 10°C.

L’acide sulfurique fumant parait former avec la Bryonicine un sulfacide.

La faible quantité de substance que nous avions à notre disposition ne nous à pas permis d'entreprendre l'étude détaillée de ces derniers composés.

Nous sommes occupés à travailler une certaine quantité de racines de Bryone dans le double but de nous procurer une nouvelle quantité de matière première et de

déterminer la méthode d’extraction à suivre. La manière dont le produit sur lequel nous avons opéré a été obtenu, ne nous est pas connue assez exactement pour la publier. Nous nous proposons d'étudier, par la même occasion, les autres composés qui l’accompagnent, notamment la Bryonine et la Bryonitine, dont les formules mêmes ne sont pas déterminées convenablement.

Nous espérons avoir sous peu l'honneur de communiquer à l’Académie la suite de nos recherches sur la Bryonicine et arriver à des résultats au moyen desquels nous puissions formuler une hypothèse sur la constitution de ce composé intéressant.

Ce travail a été fait à l’Institut chimique de l’Université de Bonn, et nous ne faisons que remplir un devoir en remerciant le savant éminent qui le dirige, pour l'intérêt avec lequel il a suivi nos recherches et l'appui que nous avons toujours trouvé en lui.

£RECHERCHES SUR L’EMBRYOGÉNIE DES CRUSTACÉS. — [V. Dé-

Ÿ veloppement des genres Anchorella, Lerneopoda, Brachiella et Hessiaÿpar M. Edouard Van Beneden , docteur en sciences naturelles.

La quatrième partie de mes recherches sur l’embryogénie des Crustacés a pour objet le développement des Lernéopodes, des Anchorelles, des Brachielles et d’un genre nouveau de Crustacés Lernéens extrêmement intéressant, parce que, d’un côté, il constitue une forme voisine de celle des Anchorelles, dont il se rapproche beaucoup par tous les phénomènes du développement, et que,

d’un autre côté , il rappelle certains Chondracanthes par tous ses caractères extérieurs. Il vit en parasite dans la cavité branchiale du Trigla lineata, tès-commun sur les côtes de la Bretagne, et je propose de le désigner sous le nom de Hessia colorata : je le dédie à M. Hesse qui, depuis de longues années, s'occupe avec une infatigable activité de l’étude des animaux inférieurs qui habitent ces côtes.

Les Lernéopodes qui ont servi à ces recherches sont d'abord le Lerneopoda Dahmanni, assez commun dans les narines de la Raia batis et le Lerneopoda Galei, qui n'est pas rare sur le Galeus canis et le Mustelus œulgaris. J’ai pu suivre les différentes phases du développement d'une espèce de Brachielle qui est peut-être identique à la Brachiella Thynni Cuv. et que j'ai trouvée fixée sur l’opercule et dans la cavité branchiale de la Sciæna umbra.

J’ai observé le développement d’un assez grand nombre d'Anchorelles, parmi lesquelles je citerai particulièrement : l’'Anchorella uncinata du Gadus merlangus, l'Anchorella brevicollis du Gadus morrhua et l’Anchorella ovalis du Trigla hirundo.

Pendant un séjour de plusieurs mois à Concarneau (Bretagne), je me suis tout spécialement occupé de l’embryogénie des Crustacés; c’est là que j'ai fait la plus grande partie de mes recherches sur les Anchorelles, les Brachielles et les Lernéopodes, et depuis cette époque j'ai pu compléter à Ostende ces études commencées en Bretagne en 1868. C’est également à Concarneau que J'ai fait les observations que je compte publier prochainement sur le développement des Laemodipodes, des Nebalia et des Décapodes.

( con)

Je suis heureux de pouvoir exprimer ici à M. Coste, à qui la science est redevable de ce magnifique établissement de Concarneau, toute ma reconnaissance pour la bienveillance qu'il m'a témoignée en m'autorisant à travailler dans ce laboratoire, et en me facilitant le travail par tous les moyens en son pouvoir. Je me fais un plaisir aussi d'exprimer ici mes remerciments à M. Guillou, directeur de l'établissement, et à son fils, M. Étienne Guillou, qui n’ont pas cessé de me rendre le travail plus facile et plus productif, en m’aidant à me procurer chaque jour les matériaux nécessaires à mes recherches.

Je ferai précéder l’étude du développement embryonnaire, de l’exposé de mes observations sur le mode de formation de l’œuf chez les Anchorelles et les Lernéopodes. L'histoire de l’œuf se rattache intimement à celle de l’embryon , et il est indispensable de connaître exactement la composition et même le mode de formation de l’œuf pour pouvoir juger de la vraie valeur des premiers phénomènes embryonnaires.

On sait depuis longtemps que si tous les Copépodes libres et parasites passent, dans le cours du développement embryonnaire , par la phase de Nauplius, quelques-uns perdent, peu de temps après l’éclosion, la robe Nauplienne pour revêtir une forme bien plus complexe. C’est le cas, par exemple, pour l’Achteres percarum : von Nordmann (1) avait observé cette métamorphose, et M. Claus (2), dans un travail qui traite tout spécialement de l’histoire de cet animal, a fait savoir que quelques heures après la nais-

(1) Von Nordmann, Mikrographische Beiträge, 2e heft. Berlin , 1852. (2) Claus, Ueber den Bau und die Entiwickelung von Achteres percarumM. LEITSCHRIFT FÜR Wiss. Zo0L., Bd. XI.

( 226 ) sance la jeune larve subit une métamorphose, à la suite de laquelle elle se présente sous une forme très-voisine de celle des Cyclopides, et qui a été très-exactement décrite par le savant professeur de Marbourg. M. Kollar (1) a décrit la constitution de la même forme larvaire d’un autre Lernéen : du Basanistes huchonis.

Les Anchorelles, les Lernéopodes, les Brachielles et les Hessia ne naissent pas sous la forme de Nauplius; au moment de l’éclosion, l’embryon est revêtu d’une forme très-voisine de la forme cyclopéenne. Ii était extrêmement important, à différents points de vue, d'étudier l’embryogénie de ces Crustacés, aujourd’hui surtout que toutes les questions relatives au développement et à la morphologie générale des Arthropodes présentent un si haut intérêt.

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