‹ Recherches sur l'embryogénie des crustacésChapitre 52 sur 89 · DELPHINUS · texte numérisé non relu

DELPHINUS

Ascaris dussumierii.

Ces vers ont été trouvés par Dussumier dans un dauphin, à l’ouest des îles Maldives en 1830; ils se trouvent

(1) Anga’s Savage Life and Scenes in Australia. (ANN. NAT. HIST. Sér. 1, vol. XIX, 1847, p. 280.

(2) Diesing, Syst. helminth., vol. IT, p. 210.

(5) 1bid., vol. I, p. 601.

(4) Ibid., vol. F, p. 354.

( 565 ) dans la collection du Muséum de Paris. C’est évidemment

à tort que Du Jardin les considère comme identiques avec l’Ascaris simplex du marsouin (1).

LAGENORHYNCHUS ESCHRICHTIT.

Nonostoma.

M. le professeur Poelman a trouvé ces parasites dans les chairs, mais ils n’étaient pas assez bien conservés pour être étudiés avec quelque soin (2).

PHOCOENA COMMUNIS.

Astaris simplex , Rud.

Ce ver est signalé dans l’estomac du marsouin par Rudolphi (3).

Strongylius inflexus, Rud.

Ce ver a été étudié par un grand nombre de naturalistes qui le placent dans le genre Strongle; Du-Jardin le désigne sous le nom de Pseudalius filum, et Diesing le met dans son genre Prosthecosacter. FE

La femelle est longue de 173 millimètres, le mâle de 75 millimètres.

Ce ver habite les bronches et les diverses cavités qui sont en communication avec les bronches, c’est-à-dire la trachée artère, les fosses nasales et même la trompe d'Eustache.

(1) Du Jardin, Hist. nat. des Helminthes, p. 221.

(2) Poelman, Bulletin de l’Académie royale de Belgique, 2e série, t. XVII, p. 604.

(3) Synopsis, 54 et 296.

( 564 ) C’est de tous les parasites des cétacés le plus commun et le plus souvent observé.

Voyez, pour la bibliographie, Diesing, Syst. helm., vol. I}, p. 923.

Strongylus minor, Kuhn.

Du Jardin désigne ce ver sous le nom de Stenurus in- [lexus.

Il habite le plexus veineux et s'étend jusque dans la cavité tympanique.

Le mâle est long de 17 millimètres, la femelle de 25 millimètres.

Klein parle de ce ver dans son Histoire naturelle des poissons; 1l à été observé aussi par Camper, Kuhn et, en dernier lieu, par Rosenthal.

Voyez, pour la synonymie, Diesing, Syst. helminth., vol. IT, p. 323.

Strongylus convolutus ., Kuhn.

Ce ver a été distingué en premier lieu par Kuhn comme le Minor.

Il habite également les bronches et pénètre dans les vaisseaux.

La femelle est vivipare et long de 20 millimètres; le mâle n’a qu’un peu plus de la moitié de la femelle.

Voyez également Diesing, Syst. helminth, vol. Il, p. 324.

Filaria Iinflexicaudata, v. Sieb.

Ce ver est logé dans des kystes du poumon. On a pensé que c’étaient de jeunes Strongles, mais M. von Siebold en a observé en vie et il s’est assuré qu’ils sont sexués, que la femelle est vivipare et que, si l'utérus ressemble à celui

( 565 ) des Filaires, la bourse caudale, qui est propre aux Stron-

gles, manque dans le mâle. Le pénis est court el double (1).

PHOCOEËENA COMPRESSICAUDATA.

Cysticercus..….

En débarrassant la tête des chairs, dit Garnot, chirurgienmajor, à propos du dauphin qui fut pris par l'équipage de la corvette la Coquille, commandée par M. Duperrey, le 27 septembre 1822, à quatre degrés au sud de l'équateur et à vingt-six degrés de longitude occidentale, nous avons trouvé dans les fosses nasales une énorme quantité de vers hydatides (2). Nous ne pensons pas que ces parasites aient élé conservés.

GLOBICEPS MELAS.

Cirolana globicipites.

M. Gervais m'a envoyé plusieurs individus qui étaient logés dans les narines d’un individu pris dans la Méditerranée.

Xenohbalanus globicipitis.

C’est le professeur Steenstrup qui a observé le premier ces Cirripèdes (3).

€cnchoderma (Otion) Cuvierii ?

Habite la surface du corps.

(1) Wiegmann's Archiv, Jahresbericht, 1842, p. 547.

(2) Fréd. Cuvier, p. 188.

(5) Ces Cirripèdes ainsi que les Cyames ont été observés par M. Steenstrup sur des individus provenant des îles Ferd. Steenstrup, Vidensk. meddelels, 1849, 1850 et 1852, p. 62.

€Cyamus globicipitis, Lutk.

Comme les autres Cyames, on l’a trouvé à la surface de la peau.

BELUGA LEUCAS.

Strongylus Pallasii.

Pallas a trouvé des Nématodes rougeîtres, longs d’un pouce et demi, grêles comme une soie, dans la cavité de la conque de l'oreille. N'ayant point de renseignements sur leur conformation, nous croyons devoir les placer, à eause de leur genre de vie, avec les Strongles qui vivent dans les bronches des marsouins.

MONODON MONOCEROS.

Cyamus monodontis et €. nodosus, Lutk.

Ces Cyames sont signalés sur ce cétacé par M. Lutken.

Strongylus (Pharurus) alatus, Leuck.

De la cavité crânienne, probablement du sinus veineux dit Leuckart. Ce ver a été rapporté par le chirurgien de marine M. Matt et se trouve au musée de Gôttingue (1). Diesing le place dans son genre Prosthecosacter (2).

En faisant le relevé des animaux hébergés par les cétacés, ce qui frappe d’abord, c’est l’abondance des crus- {acés qui vivent sur eux en COMMEnNnsaux.

Les cétacés donnent asile à trois sortes d'habitants erustacés : les commensaux fixes qui sont les plus nombreux,

(1) Wiegmann's Archiv, 1848, p. 26.

(2) Syst. helm., vol. IT, p. 324.

( 367 ) les commensaux libres comme les Cyames et les vrais parasites qui se colloquent dans la peau et renoncent complétement à leur indépendance.

Les commensaux fixes sont les Cirripèdes qui sont communs sur les baleines des régions tempérées; la baleime du Groënland qui ne quitte guère les régions glacées est la seule qui n’en porte point.

Parmi les commensaux libres se trouvent les Cyames qui se cramponnent à la peau des Mysticètes et sur plusieurs Cétodontes. C’est le seul commensal de la baleine du Groënland. On a trouvé deux fois des Isopodes commensaux libres.

Les seuls crustacés parasites trouvés sur des cétacés sont trois ou quatre Penella et un Lerneonema, qui sont incrustacés assez profondément dans la peau.

Les vers parasites ne sont pas, à beaucoup près, aussi communs dans les cétacés que dans les poissons ou les mammifères.

Nous ferons remarquer d’abord qu’on n’a pas trouvé jusqu’à présent un ver cestode dans les intestins , si ce n’est dans un dauphin de la côte du Portugal. Mais comme on n’a donné aucun détail sur son organisation, il est bon d'attendre que l’on ait constaté de nouveau sa présence. Dans deux genres différents Hyperoodon et Delphinus, on a observé des Cestodes enkystés qui vont, sans doute, se développer dans quelque grand squale. Le genre de Cestode que mon fils a découvert dans le dauphin à l’état de scolex n’a été observé, jusqu’à présent à l’état sexué, que dans le Squatina ét les Mustelus.

Parmi les Trématodes nous trouvons deux Distomes, dont l’un, en rapport de taille avec l’animal qui l’héberge, habite le foie et les canaux biliaires, l’autre le canal intestinal.

Les vers les plus propres aux cétacés semblent être les Échinorhynques; on en a trouvé sur six cétacés différents, et chaque fois ces vers abondaient dans l'intestin. Les Échinorhynques sont des parasites Nostosites des poissons. | |

Les Strongles des bronches sont tout aussi communs dans quelques espèces de Cétodontes.

On a reconnu des Ascaris dans l’estomac de quatre Cétodontes différents et deux fois des Filaires.

En somme, ce qui caractérise les cétacés , c’est l’abondance des Cirripèdes et l'absence de Cestodes dans lintestin, et on peut ajouter que les cétacés forment une classe à part par leurs parasites comme par leurs commen- Saux.

Sur la viscosité superficielle des lames de solution de saponine; par M. G. Van der Mensbrugghe, répétiteur à l’université de Gand.

On se rappelle les belles expériences par lesquelles M. Plateau (1) a démontré que la couche superficielle des liquides a une viscosilé propre, indépendante de la viscosilé de l’intérieur; d’après les recherches de ce savant, dans l’eau , dans la glycérine, et surtout dans une solution de saponine, la viscosité de la couche superficielle est beaucoup plus forte que la viscosité intérieure; dans

(1) Recherches expérim. et théor. sur les figures d'équilibre des liquides sans pesanteur; 8me série (Mém. de l'Académie royale de Belgique, t. XXX VII).

| ( 369 ) d’autres liquides, tels que l'alcool et l’essence de térébenthine, la viscosité de l’intérieur l'emporte, au contraire, sur celle de la couche superficielle. Comme ces résultats ne s'accordent guère avec les idées qui ont généralement cours à ce sujet, je pense qu'on ne peut assez multiplier les preuves expérimentales de l'existence de la viscosité superficielle propre des liquides; c’est pourquoi Je vais décrire quelques faits que j'ai observés incidemment et où cette propriété se manifeste d’une manière frappante.

Au moyen d’une solution de saponine (une partie en poids de saponine pure et quarante parties d’eau distillée), je réalise une lame plane dans un anneau en fil de fer ayant 50"" de diamètre et porté par trois pieds; je place le système sur le plateau d’un électrophore chargé, puis, ayant gonflé une bulle de 60"" à 70"" de diamètre, je la dépose avec précaution sur la lame plane qui se confond bientôt avec elle, de sorte que la bulle s’appuie sur le contour solide de l’anneau; après avoir enlevé lPélectricité négative du plateau, je soulève lentement celui-ci ; à mesure qu'il s’écarte du gâteau, l'électricité positive se distribue en quantité croissante sur la lame liquide; aussi cette dernière s’allonge dans le sens vertical et devient de plus en plus convexe au sommet, repoussée qu’elle est par le fluide positif du plateau. J’approche alors graduellement le doigt du sommet de la lame, afin d’y accumuler l'électricité posive; bientôt la répulsion électrique du. plateau, jointe à l’attraction exercée par le fluide développé dans le doigt, détermine la rupture de la surface laminaire. Quand l’expérience réussit bien, une calotte plus ou moins grande de la bulle est seule emportée et se déchire en plusieurs fragments qui s'élèvent dans l’air à 30 ou 40 centimètres de hauteur en présentant l'aspect de brillantes lamelles à

parlies fortement saillantes; quand Flair n'est pas trop chargé d'humidité, ces fragments redescendent ensuite en se balançant comme des morceaux de papier et laissent toujours des traces liquides aux points où ils tombent. Si l'air est humide, ces lamelles se contractent en gouttelettes avant de toucher le sol. |

Quant à la portion laminaire qui demeure attachée à l'anneau, la calotte inférieure au plan de celui-ci devient une lame plane, tandis que le reste de la figure montre le spectacle étrange d’une lame liquide qui s'appuie, d'un côté, sur un Contour solide et qui offre partout ailleurs un bord libre et découpé de la.

façon la plus irrégulière (voir la figure cicontre); la forme des dentelures varie sans cesse, et de temps en temps, on voit s’en détacher des fragments plus ou moins grands qui s'élèvent rapidement;en outre, comme la surface laminaire restante n’est pas fermée , elle ne peut plus être convexe en tous sés points, puisqu'elle n’exerce plus de pression; c’est ce que l'expérience confirme malgré l’influence perturbatrice des forces électriques: la lame représente une portion irrégulière d’une sorte de caténoïde qui aboutit inférieurement au fil métallique, présente un cerele de gorge à 12°" ou 15"" de distance du plan de l’anneau et se termine supérieurement par un bord libre.

Cette singulière figure persiste pendant 20’? à 30/’ suivant l’intensité de la charge électrique et l’état hygrométrique de Pair ambiant; elle s’affaisse peu à peu, et les échancrures finissent par atteindre en un ou plusieurs points le contour en fil de fer. Assez fréquemment la surface laminaire courbe quisurvit à la rupture de la bulle ne demeure pas attachée à la circonférence entière du fil solide; elle s'appuie, dans ce cas , en partie sur la lame plane qui occupe l’anneau, ou bien encore, elle ne représente plus qu’une portion de l’espèce de caténoïde décrite plus haut.

Dès que les échancrures ont atteint en plusieurs points le contour de l'anneau, il ne reste plus que des fragments pareils à des feuilles très-minces de verre ou de mica; ce qui augmente la ressemblance de ces fragments avec des lamelles solides, c’est qu’en approchant le doigt à 3 ou 4 centimètres de distance de l’un d’eux, et faisant tourner lentement la main dans un plan normal au fil de fer, on voit la lamelle suivre constamment les mouvements du doigt, grâce à l'attraction de lélectricité développée par influence dans ce dernier; on peut ainsi faire décrire au fragment un angle considérable autour du fil métallique.

Lorsqu'une lamelle adhérente au contour solide offre une portion beaucoup moins large près de ce contour qu’ailleurs, cette portion se rétrécit de plus en plus, jusqu’à ce - que la partie supérieure se détache violemment par l'effet de la répulsion électrique.

Il peut arriver que la bulle déposée sur lanneau crève avant qu'on ait pu faire l’expérience; alors il se produit parfois un fait analogue à ceux qu'a déjà décrits M. Plateau à l'égard de la viscosité superficielle des solutions de saponine: les deux portions de la lame qui se trouvent au-

dessus et au-dessous du plan de l’anneau se rapprochent vivement et emprisonnent entre elles une ou plusieurs couches d’air très-visibles dans la lame plane qui reste; si des bulles d’air se trouvaient ainsi engagées dans une lame d’eau de savon ou de liquide glycérique, aussitôt elles prendraient la forme de lenulles divisées en deux parties égales par le plan de la lame; mais quand on opère avec une solution de saponine, les couches d'air emprisonnées conservent longtemps la figure irrégulière qu'elles offraient au moment de la Jonction des deux portions laminaires, et c'est à peine si celte figure se modifie avant que la lame plane se brise.

J'ai obtenu les meilleurs résultats quand la température était de 15° à 20° et que le temps était sec. Dans ces conditions , il fallait souvent 2 à 3 minutes avant que les derniers fragments laminaires se fussent évanouis.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, ies portions laminaires qui s'élèvent dans l'air, comme celles qui demeurent attachées à l’anneau, ressemblent parfaitement à des lamelles solides; faut-il attribuer ect effet à une pellicule réellement solide constituant les deux faces de ces fragments? Pour résoudre cette question, j'ai reçu quelques lamelles détachées de la bulle sur un morceau de drap, et j'ai toujours constaté que, presque au même instant, elles se translormaient en gouttelettes liquides. Quant à la figure eaténoïdale ou aux portions laminaires plus petites qui demeuraient adhérentes à l'anneau, je n'avais qu'à toucher du doigt le plateau et à enlever ainsi l'électricnté libre, pour voir aussitôt cette figure ou ces portions retomber sur la lame plane occupant l’anneau, ou bien, lorsque celle-ci était brisée, descendre en tournant autour du fil solide auquel elles demeuraient suspendues ; dans ce dernier cas,

j'ai pu suivre la contraction des fragments laminaires jusqu’à leur transformation en gouttelettes le long du fil métallique. Ces expériences prouvent évidemment que j'avais affaire alors à de véritables lames liquides. Je dois ajouter, il est vrai, que, lorsque la température était de 16° au moins et que l’air était sec, j'ai obtenu plusieurs fois des fragments laminaires qui, au bout de deux minutes, sont arrivés à une ténuité telle qu'ils présentaient des couleurs; peu à peu ces couleurs disparaissaient le long d’une bande voisine du bord., bande qui devenait ensuite noïrâtre et se détachait nettement des teintes inférieures; ayant reçu une portion de cette bande sur un morceau de drap, je l’ai vue se maintenir sous forme laminaire pendant plusieurs jours, d’où J'ai conelu que cette portion était véritablement passée à l’état solide. Mais on se rend parfaitement compte de ce fait par la circonstance que la lame liquide primitive ayant une surface très-grande, par rapport à son volume, lévaporation de l’eau doit y être très-active, etconséquemment la saponine solide doit bientôt demeurer seule sous forme d’une pellicule; je ferai remarquer d’ailleurs que la solution dont j'ai fait usage était assez concentrée.

Si l’on ne peut invoquer, en général, l'existence d’une pellicule solide à la surface des lames de solution de saponine, comment, dès lors, expliquer les phénomènes bizarres que J'ai décrits plus haut? Voici, je pense, la théorie de ces faits : Puisque toute lame liquide est soumise à uné tension égale en tous les points de chacune de ses faces (1), il s'ensuit que, si cette lame vient à se rompre en un point quelconque, elle doit obéir aussitôt à la force contractile qui la sollicite de toutes parts et s’annuler avec

(4) Voir le mémoire déjà cité, & 4.

( 374 ) une vitesse d'autant plus considérable que les molécules liquides peuvent se déplacer plus facilement les unes par rapport aux autres. Dupré de Rennes a même calculé la vitesse des particules liquides dans une lame qui se contracte ainsi après qu’on l’a crevée; malheureusement, comme l’a déjà remarqué M. Plateau (1), il ne pouvait être tenu compte, dans ce calcul, de la viscosité superficielle des liquides ; or, cette propriété exerce une influence trèsnotable et parfois prépondérante sur le phénomène dont il s’agit; par exemple, tandis que, dans une lame de liquide glycérique qui a pour tension 6, la vitesse de retrait est tellement grande que l’œil ne peut suivre les phases de la contraction, les lames d’une solution de saponine, dont la tension est environ 8 ,se contractent assez lentement pour qu'il soit possible de les voir diminuer graduellement en surface jusqu’à leur annulation complète. Cela étant, si une bulle de solution de saponine est déposée sur un anneau porté lui-même par un conducteur électrisé, elle est nécessairement soumise à la répulsion du fluide composant la charge; quand on approche le doigt, il se développe, en outre, une forte attraction qui ne tarde pas, on le comprend sans peine, à rompre la lame; les portions qui s’en détachent emportent chacune une certaine quantité de fluide électrique, en vertu de laquelle elles s’éparpillent autour de l’appareil, et qui se perd d'autant moins vite dans l'air que celui-ci est plus sec; si, pendant leur mouvement de descente, ces portions continuent à conserver la forme laminaire, c’est que l’extrême difficulté avec laquelle les molécules superficielles se déplacent les unes par rapport aux autres, augmentée de la petite tension électrique des

(1) Voir le mémoire déjà cité, (\ 12 et 52.

( 375 ) lamelles, neutralise la tension des deux faces et la grande pression capillaire qui règne le long de leurs bords.

Quant à la figure caténoïdale ou aux lamelles qui demeurent attachées à l’anneau, elles continuent à subir l’action répulsive du fluide du conducteur, et cette action, jointe à la viscosité superficielle du liquide, peut être assez énergique, non-seulement pour empêcher le mouvement de contraction des lamelles, mais encore pour en détacher de petits fragments qui montent rapidement et redescendent ensuite comme les portions dont je viens de parler. Si l'explication précédente est exacte, 1l est évident que les fragments doivent se contracter davantage, à mesure que la tension électrique du conducteur diminue; c’est ce que l'expérience vérifie pleinement; la figure caténoïdale s’affaisse d'autant plus vite que l’état hygrométrique de l'air est plus élevé. Enfin, on comprend immédiatement que si l’on enlève l’électricité du plateau , la figure laminaire unique ou les lamelles partielles tombent et s’évanouissent comme Je l’ai décrit.

Il est à peine nécessaire d'ajouter que, au lieu de placer l'anneau à trépied sur le plateau d’un électrophore, on pourrait le déposer sur le conducteur d’une machine électrique ordinaire; ce procédé a même l’avantage de fournir une tension électrique à peu près constante et permet d’obtenir des surfaces liquides également inclinées le long du contour de l’anneau. Dans la figure représentée plus haut, j'ai supposé les répulsions électriques partout également intenses autour du système de l’anneau et de la bulle; si ces répulsions ne sont pas égales, et c’est ce qui arrive le pius souvent, la lame caténoïdale est plus inclinée d’un côté que de lautre.

Sur une pluie de substance jaunâtre à Gênes, dans la matinée du 14 février 1870; extrait d’une lettre de M. G. Boccardo, directeur de l’Institut technique de cette ville, à M. Ad. Quetelet.

« … Dans la matinée du 14 de ce mois les terrasses de l’Institut technique de Gênes, que j'habite, furent couvertes, en plusieurs endroits, d’une substance jaunâtre; j'en recueillis une certaine quantité, et avec mon collègue, M. le docteur Castellani, professeur de chimie, jai pensé qu'il pouvait être utile d’en faire une étude scientifique.

» Notre premier objet a été de rechercher si l'analyse qualitative nous révélerait dans ces substances terreuses la présence d'organismes. En les faisant bouillir , à cet effet, dans l’eau distillée, laissant reposer et puis décantant , nous avons maintenu le liquide, dérivant du traitement, en ébullition avec le réactif de Dupasquier, c’est-à-dire avec le chlorure d’or, dans un petit creuset de porcelaine, dont les bords ne tardèrent pas à se revêtir d’un voile léger d’or métallique réduit, ce qui dénote l'existence de matières organiques.

» En traitant une portion des substances par la méthode Berthier, c’est-à-dire en les calcinant fortement avec la litharge, nous avons obtenu un bouton de plomb d’un poids: assez notable, ce qui acheva de nous prouver la présence de matières organiques, dans des proportions lrès-considérables.

» Une autre portion du résidu a été calcinée avee de la chaux sodiée, et l’ammoniaque s’est immédiatement annoncée avec ses propriétés caractéristiques.

| (: 3148) » L'analyse quantitative nous a donné les résultats suivant(s :

TR ent ste 0,400 Matières organiques azotées . . . . +. . 6,611

Sable siliceux et argile, cette dernière en HEMIPFQUANLILE. 0.1, he... 693,018 RE OR Sn UN eee an 143002 BARDOMAIE OC CHAUX. "5 ME 8,589 100,000

» Observées très-soigneusement au microscope, les poussières nous ont révélé la présence de :

Nombreux globules sphériques où irrégulièrement ovoides, de couleur bleu de cobalt;

Corpuseules semblables à des spores de Pezize ou de Permospore ;

Une spore de Demaziacée ou de Sphériacée;

Un fragment de Forulacée (? );

Corpuscules d’une couleur perle, zonés concentriquement, vraisemblablement de petits grains de féeule ;

Gonidiens de Lichens ;

Fragments lrès-rares de melosire, Diatomacée;

Spores d’une couleur brune olive ;

Fragments de Diatomacée;

Fragments très-rares de filaments d’Oscillaria;

— — — d'Ulothrix; — — — de Melosira varians;

Un fragment de Synedra ;

Un poil elypéiforme de feuille d’olivier.

» Si, au lieu de recueillir la terre dans la matinée du 12, lorsqu'elle avait déjà subi l’action de la pluie tombée pendant plusieurs heures, javais pu observer le phéno-

( 378 ) mène pendant la nuit au moment même où il se produisait, il est très-probable que le microscope aurait mis en évidence plusieurs espèces d’infusoires, comme cela est arrivé en un grand nombre de £as semblables.

» Je ne possède pas de données exactes sur les conditions anémométriques , thermométriques et barométriques au moment où le phénomène a eu lieu. Tout ce que je puis dire, c’est que le vent à Gênes, dans la nuit du 13 au 14 (sans être justement un ouragan et de rhombes différents, comme il l'avait été pendant les jours précédents), soufflait très-fortement du sud-est. La température exceptionnellement basse des jours précédents s'était élevée, et je ne crois pas qu’elle soit descendue dans cette nuit au-dessous de + 4°R. Les journaux nous ont appris que les 15 et 14 une tempête a dévasté les côtes de la Sicile.

» Ayant publié, le jour même de ma première observation, le 14 février, une note dans un journal génois (le Movimento), j'ai vu dernièrement avec plaisir que plusieurs autres physiciens (entre autres MM. Molfino, de Rapallo et M. Denza, de Moncalieri) ont fait des observations analogues.

» Je crois devoir m’abstenir pour le moment de toute hypothèse sur les causes du phénomène. L'idée que les poussières dont il s’agit peuvent nous être venues des côtes de l’Afrique , idée que le P. Denza admet sans discussion, je l’ai eue d'autant plus spontanément que je conservais dans mes souvenirs les plus récents l’image de la couleur caractéristique des plaines du Nil que je venais de visiter pour la deuxième fois et qui ne diffère pas de celle des terreaux que je viens de cueillir à Gênes.

» Nous ne devons pas oublier cependant que, selon la théorie de la circulation atmosphérique de Maury, ces

poussières peuvent très-bien avoir fait un bien plus long voyage avant d’avoir touché le sol d'Italie, en venant d’au delà de l’Atlantique, comme celles qui, en 1846, se sont répandues depuis la Guyane jusqu'aux Açores, sur la France méridionale et l'Italie tout entière. »

Note sur le Byrsax (BOLETOPHAGUS) GIBBIFER Wesmael, et sur la place qu’il doit occuper dans la classification actuelle de la tribu des Bolitophagides , par M. A. Preudhomme de Borre, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles.

En 1836, le vénérable doyen de lentomologie belge, M. C. Wesmael, publia la description et la figure d’une espèce de coléoptère hétéromère, de l’île de Java, d'après deux exemplaires faisant partie de la collection de M. le vicomte Du Bus de Gisignies (1).

Cette espèce n’est certainement pas commune, car M. Lacordaire, lorsqu'il énumérait les espèces à lui connues du genre Bolitophagus (2), la passa sous silence; et ce fut seulement dans les additions qui terminent le 9" volume de son grand ouvrage (3), qu'il en fit mention, en signalant son rapprochement probable du B. cornutus Fabricius, espèce de l’Amérique boréale, dont il avait annoncé l’opportunité de faire un genre nouveau.

(1) Bulletins de l’Académie royale des sciences et belles-lettres de Belgique , t. I, p. 112.

(2) Genera des coléoptères , t. V, p. 295.

(3) 1bid., p. 727.

( 580 ) Effectivement , ni l’une ni l’autre des deux espèces, ainsi que Je vais le dire, ne peuvent rester dans l’ancien genre Bolitophagus; mais, contrairement à ce que pensait mon savant maitre, elles ne peuvent pas non plus rester dans un même genre. |

Les divisions à établir dans le genre Bolitophagus, indiquées aux entomologistes par M. Lacordaire, ne pouvaient manquer d'être promptement réalisées, aujourd’hui que l’on établit tant de genres, et souvent sur de bien autrement faibles différences de structure.

Mon excellent ami, M. le D' Candèze (1) créa en 1861 le genre Bolilotherus, auquel il donna pour type le Bolitophagus cornutus Fabr., en y joignant une autre espèce de plus petite taille, de l’île de Ceylan, le B. quadridentatus Candèze. Les principaux caractères de ce genre sont d’avoir les antennes de dix articles, les yeux non complétement divisés, les élytres parallèles, très-déclives sur les côtés, sans marge foliacée. En 1862 (2), M. J. Le Conte, dans son ouvrage intitulé : Classification of the Coleoptera of North America, prepared for the Smithsonian Instilution, March 1862, p. 256, prit aussi le B. cornutus pour type de son genre Phellidius.

Un peu auparavant, M. Pascoe (3) avait établi, sur une

(1) Histoire des métamorphoses de quelques coléoptères etotiques ; Liége, 1861, p. 41, pl. [II (MÉM. DE LA SOC. ROY. DES SCIENCES DE LIÉGE , t. XVI).

(2) Le travail de M. Candèze a paru en 1861. C'est done bien à tort ; me paraît-il, que M. Pascoe (On new Genera and Species of Tenebrionidae from Australia and Tasmania, p. 3, note) attribue la priorité au nom de M. Le Conte.

(5) On some new or lillle known Genera and Species of Coleoptera, dans : Journal of Entomology for April 1860.

PE

espèce de Singapore ( Byrsax coenosus ) un nouveau genre Byrsax, qu’il rapportait à la famille des Colydiens. Postérieurement, M. Pascoe, comprenant mieux les analogies de ce genre, à la suite de la découverte de deux autres espèces australiennes (B. Macleayi et B. egenus ), reconnut qu'il devait aussi prendre place parmi les Bolitophagides (1).

À cetle occasion, M. Pascoe fit la remarque que ce genre Byrsax devait encore comprendre d’autres espèces, notamment le Diaperis horrida Oliv. (2), espèce de l'ile de Ceylan, dont la ressemblance avec le Byrsax coenosus ne lui avait déjà pas échappé, lorsque, croyant les tarses des Byrsax tétramères (5), il en faisait encore des Colydiens. Enfin M. Pascoe émettait encore l’opinion que le Boletophagus gibbifer Wesmael, de Java, pouvait fort bien être identique avec le Byrsax coenosus Pascoe, de Singapore. Il suffit pourtant de comparer les descriptions pour s'assurer que ces deux espèces sont différentes , ainsi que je l’établirai à l'instant. Je ne parle pas des figures ; celle que M. Wesmael a donnée est assez bonne, mais celle de M. Pascoe (4) doit être très-défectueuse et ne répond aucunèément à sa description.

Pour achever, en passant, l’histoire des genres établis dans la tribu des Bolitophagides, par démembrement de l’ancien genre Bolitophagus ou Boletophagus (5), je ci-

(1) On some new or lillle known Genera and Species of Coleoptera, dans : Journal of Entomology, n° XIV, 1866, p. 459.

(2) Entomologie, 1. HT, n° 55, p. 5; pl. F, fig. 5.

(5) Le premier article des tarses antérieurs et intermédiaires est extrèmement pelit et blotti dans la cavité cotyloïde du tibia. M. Wesmael en faisait déjà la remarque ( Bull. Acad. de Belg., t. IN, p. 115).

(4) Journal of Entomology, 18690, pl. HT, fig. 7.

(>) On a écrit des deux manières. J'ai donné la préférence à l’orthographe adoptée dans le Genera des Coiéoptères.

terai le genre Boletoxenus, établi par M. de Motschoulski sur une espèce du pays des Birmans, à peine caractérisé, comme le sont malheureusement le plus souvent les genres de cet auteur, puis les genres Ozolais, [lyxerus et Orcopagia, successivement publiés par M. Pascoe (1), qui en annonçait la publication d’autres; peut-être ceux-ci ont déjà vu le jour au moment où j'écris (2).

Parmi ces genres, trois, ainsi que M. Pascoe en fait la remarque (5), ont les antennes de dix articles (Bolitotherus Candèze, de l'Amérique du Nord et de Cevlan; Ozolaïs Pase., de l’Amazone, et Grcopagia Pase., de 'Australie). Les autres ont des antennes de onze articles, comme les Bolitophagus génuins.

Pendant ce lemps, qu'étaient devenus les deux LVpes de la description de M. Wesmael? La collection de M. le vicomte Du Bus ayant été acquise par le Musée royal de Bruxelles en 1847, 1ls devaient apparemment faire partie des collections de cet établissement. Mais, perdus aussi complétement de vue, on pouvait craindre qu'ils n'eussent péri. Je fus donc très-heureux d’en retrouver un, au mi-

(1) Journal of Entomology, 1866, et Annals and Magazine of Natural History, janvier 1869.

(2) Au moment de mettre sous presse, j'ai recu de M. Pascoe un nouveau travail, publié par lui dans les Annals and Magazine of Natural History for February 1870. 11 y établit, sur une espèce du Queensland, un nouveau genre de Bolitophagides à antennes de dix articles, le genre Mychestes, remarquable par la brièveté du métasternum.

M. Pascoe décrit également une nouvelle espèce australienne du genre Byrsax, le B.saccharatus. Les élytres de cette espèce sont remarquables par le grand nombre de leurs gibbosités, savoir : deux tubercules coniques à la base, de chaque côté, puis, le long de la suture, une ligne de quatre ou cinq grands tubercules triangulaires , dont le dernier est le plus grand, et enfin une rangée de six tubercules plus petits sur le versant latéral de chaque élytre. Cette espèce est aussi du Queensland.

(5) On net Genera and Species of Tenebrionidae from Australia, p. 5.

( 585 ) lieu de boîtes contenant un mélange de coléopières non classés. Une étiquette, écrite de la main de M. Wesmael, ne pouvait laisser aucun doute. L’exemplaire a souffert ; il n’a plus ni abdomen, ni pattes postérieures; mais, à cela près , 1l en reste encore beaucoup plus qu'il n’est nécessaire pour établir la place que lui.assignent les nouvelles découvertes dont j'ai esquissé ci-dessus la succession. Comme le présumait M. Pascoe, c’est bien un Byrsax. Il en a la forme subhémisphérique, les élytres fortement tuberculeuses, avec un rebord aplati et crénelé, les antennes de onze articles (1), les yeux simplement entamés par les joues, enfin tous les caractères que j'ai pu suivre sans aller jusqu’à la dissection des parties de la bouche. Mais ce n'est point le Byrsax coenosus, qui à trois tubercules ou bosses de chaque côté de la suture sur chaque élytre, tandis que le gibbifer n’en présente que deux (2). Chez le B. Macleayt, d'Australie, les cornes du mâie, suivant M. Pascoe, se recroisent l’une sur l’autre à leur sommet, qui est aminei. Chez l'espèce de M. Wesmael, elles restent séparées par un notable intervalle à leur sommet, qui forme un élargissement aplati ou empaumure. Quant à la seconde espèce australienne, le B. egenus Pascoe, il n’y à pas même pour ainsi dire de comparaison à établir. Chez celui-ci, en effet, les protubérances que présentent les élytres chez les autres espèces sont rem-

(1) Par une erreur du graveur sans doute, la figure donnée par M. Wesmael présente dix articles à une antenne et onze à l’autre. |

(2) La figure publiée par M. Wesmael indique en arrière et au point où commence la déclivité postérieure de l’élytre, une troisième paire de protubérances très-peu marquées. Ce doit être encore une erreur de Î4 gravure, Car l’exemplaire que j'ai sous les yeux ne présente rien de semblable, et M. Wesmael, dans sa description, ne compte que quatre bosses.

( 584 ) | placées par des tubercules en petit nombre, disposés en séries, et dont le plus fort est situé vers l’épaule.

D’après un exemplaire femelle que je possède, et qui provient des chasses de M. Nietner dans l’île de Ceylap, le Byrsax (Diaperis) horridus Oliv., auquel je crois pouvoir rapporter cet exemplaire , aurait six protubérances dorsales aux élytres comme le B. coenosus.

Le coléoptère décrit en 1836 par notre savant compatriote semble donc bien distinct de toutes les autres espèces décrites depuis. Sa place est dans le genre Byrsax, où il est plus voisin des espèces de Ceylan et de Singapore que des deux espèces australiennes.

Je ne puis, en terminant, m'empêcher de regretter que M. Pascoe, qui, par son infatigable persévéranec à déerire les formes inédites qui abondent dans les collections anglaises, rend tant de services à la science, publie des descriptions si brèves, qu'elles laissent bien souvent son lecteur dans une grande perplexité. Celle du Byrsax coenosus notamment est beaucoup trop concise, et J'aurais été fort excusable de rapporter à cette espèce la femelle de Ceylan que j'ai sous les yeux, et qui, cependant, ne lui appartient certainement pas. Si cette confusion est possible dans un genre où les espèces ont des formes aussi bizarres et partant aussi spéciales à chacune d'elles, que doit-il arriver pour ceux où les espèces ne se différencient que par des nuances très-délicates ? |

— M. d'Omalius a fait une communication verbale sur les théories physiologiques nouvelles. Des considérations ont été émises sur ce sujet par différents membres de la Compagnie.

CLASSE DES LETTRES

Séance du 4 avril 1870.

M. E. Deracoz, directeur.

M. An. QUETELET, secrétaire perpétuel.

Sont présents : MM. Ch. Steur, J. Grandgagnage, J. Roulez, P. Gachard, Ad. Borgnet, Paul Devaux, P. De Decker, F.-A. Snellaert, J.-J. Haus, M.-N.-J. Leclercq, M.-L. Polain, Ch. Faider, le baron Kervyn de Lettenhove,. R. Chalon, Ad. Mathieu, Th. Juste, le général Guillaume, Félix Nève, Alph. Wauters, H. Conscience, membres; Nolet de Brauwere Van Steeland et Auguste Scheler, associés.

MM. L. Alvin et F. Stappacrts, de la classe des beauxarts, et M. Ed. Mailly, de la classe des sciences, assistent à la séance.

CORRESPONDANCE

La classe apprend avec regret la mort de deux de ses associés, M. le comte Ch. de Montalembert, décédé à Paris le 13 mars dernier , et M. C.-H. Rau, décédé à Heidelberg le 18 du même mois.

— M. le Ministre de l’intéricur adresse, tant au nom

( 586 ) de son département qu’en celui de M. l'abbé Van Drival, d'Arras, différents ouvrages qui seront annoncés au Bulletin.

M. Th. Juste offre les deux ouvrages suivants : 1° La Belgique indépendante (1830-1865), 1 vol. gr. in-8° illustré formant suite à la 5° édition de son Histoire de Belgique; 2 Les élections dans l'antiquité, À broch. in-8°.

M. A. Schelcr présente un exemplaire de ses Études sur la transformalion française des mots latins, in-8°.

Une pièce de vers, par M. Ad. Mathieu, portant pour litre : Sur la tombe d’un enfant, est également offerte par l’auteur.

— L'Institut royal grand-ducal de Luxembourg transmet le tome XXIV de ses publications.

Des remerciments sont votés pour ces dons.

ÉLECTIONS

La classe arrête définitivement, dans sa teneur actuelle, la liste de présentation aux places vacantes pour les élections du mois de mai prochain.

RAPPORTS

Quelques mots à propos de la juridiction disciplinaire des corporalions communales au XV° siècle, par M. Edmond Poullet.

Bapport de V., G'honissen.

« L'existence du droit de juridiction disciplinaire, au sein des corporalions communales du moyen âge, est connue depuis longtemps. M. Ed. Poullet lui-même, dans ses savantes études sur le droit pénal de l’ancien duché de >rabant, deux fois couronnées par la classe des lettres, a eu soin de rappeler que les doyens et les jurés des Serments, de même que ceux des corporations d'arts et métiers, exerçaient ce droit à l'égard de tous les membres de leurs associations. Mais quelles étaient la nature et les limites de cette juridiction exceptionnelle? Comment s'exerçait-elle? En quoi consistaient les actes qu'elle avait à réprimer? Quelles pénalités servaient de sanction à ses sentences ? Nous ne croyons pas que ces demandes, si intéressantes pour l'histoire de nos fières et libres communes flamandes, aient jamais fait l'objet d'une étude spéciale et vraiment juridique.

La notice que la classe a bien voulu soumettre à notre examen vient en partie combler cette lacune. |

Il existe aux archives de Malines un manuscrit contcnant ie libellé de toutes les condamnations disciplinaires prononcées, pendant plus d’un siècle, contre les membres

du Grand-Serment de larbalète. La première remonte à 1455, la dernière date de 45492, et toutes nous fournissent des renseignements d’autant plus complets que, pour chaque cas particulier, le dispositif du jugement est précédé d’une narration détaillée des faits de la cause. Il est probable que des registres analogues existent dans les archives de la plupart de nos villes ; mais, à coup sûr, aucun d'eux ne sera ni plus complet ni plus intéressant; aucun d'eux, grâce aux faits sans nombre consignés dans les qualités qui précèdent les condamnations, ne pourra mieux servir de base à une investigation scientifique.

C'est la quintescence de ce précieux manuscrit que M. Edm. Poullet nous présente dans la notice intitulée : Quelques mots à propos de la juridiction disciplinaire des corporalions communales au XV° siècle.

Après avoir consacré quelques pages à l'histoire du Grand-Serment de Farbalète de Malines, l’auteur recherche et expose l’organisation du tribunal disciplinaire de cette influente corporation. I! passe ensuite successivement en revue les principes qui réglaient la compétence du tribunal, la procédure qu'on y suivait, l’importance de son action au point de vue de l’état moral de l'époque, les principaux délits qu’il était chargé de réprimer, les peines qu’il avait à sa disposition et le mode d'exécution de ces peines. La notice se termine par une série d’exemples destinés à faire ressortir les rapports existant entre les infractions et les châtiments.

La classe connaît la persévérance et la sagacité que M. Edm. Poullet a déployées dans létude des annales de notre ancien droit pénal. Il en fournit une preuve de plus dans ces nouvelles recherches qui, malgré leur caractère en quelque sorte local, peuvent servir de complément à ses

craie -

travaux antérieurs. Un tableau lucide et complet, où nous voyons la juridiction disciplinaire des vieilles corporations flamandes se mouvoir pendant plus d’un siècle, est une page d'histoire que tous les amis de nos institutions na- - tionales sauront apprécier.

Nous croyons qu’il y a lieu d'adresser des remerciments à l’auteur et d'insérer la notice dans le Bulletin de l’Académie. »

Conformément aux conclusions de ce rapport, la classe vote l’impression du travail de M. Edmond Poullet dans les Bulletins.

COMMUNICATIONS ET LECTURES

Les derniers moments de Jeanne la Folle (4); notice par M. Gachard, membre de l’Académie.

La nature, qui avait doué Jeanne d'Aragon d’un caractère viril, lui avait donné aussi une constitution robuste. Ni les tourments qu’une jalousie poussée à l’extrême lui avait fait endurer pendant son mariage, ni la douleur que lui avait causée la mort de son époux, ni l'étrange manière de vivre dont elle s'était fait une habitude et le peu de soin qu’elle prenait de sa santé depuis que sa raison s'était obscurcie, ni les ennuis de son long séjour à Tordesillas, n'avaient altéré d’une manière sensible la force deson tem-

(1) Fragment d’une histoire inédite de Jeanne d’Aragon.

( 290 ) pérament. Elle avait atteint ainsi sa soixante-seizième année. |

Des symptômes significatifs annoncaient cependant que sa fin ne devait plus être éloignée. Il y avait deux années déjà qu'elle souffrait d’une enflure des jambes qui l'avait rendue percluse au point qu’elle ne quittait plus les coussins sur lesquels elle reposait (1). Des bains locaux étaient le seul remède dont elle usât contre ce mal; on avait vaineinent essayé de lui en faire employer d’autres.

Vers le milieu du mois de février 1555, après un bain plus chaud que de coutume, il lui vint , à une épaule et au bas des reins, des plaies qui lui causèrent des douleurs cuisantes: c'était une suite de la corruption des humeurs engendrée par l’état d’immobilité où elle se tenait depuis si longtemps. Elle avait pour médecin le docteur Santa Cara, navarrais; elle savait, par une longue expérience, combien il lui était dévoué : maïs elle n’écoutait ses conseils ni

(1) Le marquis de Denia écrivait à Charles-Quint, Le 8 avril 1552 : « Su Alte tiene salud, aunque algo estä enpedida de las rodillas » (Arch. de Simancas, Estado, leg. 89); Le 4 mai de la même année: « Le ha (à Su Alt?) cargado un umor en las ; piernas de que no se puede menear » (Zbid ); Le 18 mars 1553 : « Su Alteza està de la manera que 4 V. M tengo scripto. El humor que le ha cargado en las piernas la tiene tan impedida que no se mueve de sobre sus almohadas, y à esta causa siempre crece la dificultad en el servicio y tratamiento de su real persona, porque no hay hôrden con Su Alleza que tome algo de mas alivio, teniendo mayor necesidad » (Jbid., leg. 109); Le 15 mai 1554: « Lo que al presente ay que decir es lo que otras vezes, que Su Alteza e:tà tan tullida que no se mueve de sobre unas almobha- » das » (/bid.).

Voir aussi, dans les Appendices, n° V, la lettre du docteur Santa Cara

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