‹ Recherches sur l'embryogénie des crustacésChapitre 66 sur 89 · NA TER SE UN · texte numérisé non relu

NA TER SE UN

se compose du nom de la coudée, Ammat, suivi du mot Gagar « cercle », qui indique la multiplication par 360, nombre des üegrés du cercle. En effet, le stade, chez les Assyro-Chaldéens, comme plus tard chez les Grecs, se composait de 560 (60 X 6) coudées , qui faisaient en même temps 600 (60 X 10) pieds et 1800 (60 x 6 x 5) palmes. Jei nous nous trouvons en pleine application du système sexagésimal. Tous les nombres se composent de 60 multiplié par un de ses diviseurs réguliers. De plus, le stade se divisait, comme toutes les autres mesures, en soixantièmes, chacun de 6 coudées, c’est-àdire de 10 pieds, de 50-palmes ou de 360 lignes. Le soixantième du stade, qui est en même temps le sextuple de la coudée, est la canne N___Ÿ 5 Ka-ni (hébreut ]1 P. ), dont il est souvent question dans les inscriptions. Les Grecs en ont fait leur ax: et les Romains leur pertica. »

— Après avoir constaté, par divers textes chaldéens,

l'existence du pied, de la canne, de la demi-canne, ainsi que d’autres mesures, M. Lenormant cherche à reconstituer les éléments essentiels d’un tableau de mesures de longueur, dans le système, d'origine chaldéenne, qu'il a tracé. « Quelques-uns de ces éléments sont encore, dit-il,

le résultat de simples conjectures, mais îes plus nombreux et les principaux nous paraissent offrir une assez grande certitude. »

Tableau des mesures assyro-chaldéennes.

A Babylone. A Ninive.

Stade = 300 coudées = 600 pieds . . . . | 189m,00 19%m,40 Plèthre = 10 cannes — 60 coudées. . . . 31,50 92,40 Grande perche — 6 demi-cannes . . cu 9,45 9,72 Canne —/Grcoudées —"10 pieds... 3,15 3,24 "ODETU-CAUNE — 9 COUNÉES TN RENE E 1,575 1,62 Pas = DiCNS-e re MARS LINE RES 0,84 0,864 Coudée = 12/5 pied'— 30 doigts — 60 lignes. 0,525 0,54 Pied "1$ /doieis = 9p ienest PCR ANS 0,315 0,324 Demi-coudée — 30 lignes . . . . . . . 0,2625 0.270 Palme —6doicts 42 lines Ce 0,105 0,108 DOS -AUIONES PR OTEPES APEREE 0,0175 | 0,018

none, PF PERRET APE CEE EUR PT 0,099

Les mesures itinéraires supérieures au stade étant définies, M. Lenormant nous montre successivement Îles mesures carrées ou agraires, les mesures de poids et de capacité dans lesquelles l'application de la méthode sexagésimale ne se montre pas moins rigoureuse que dans le système des mesures linéaires.

2 Après avoir envisagé sous toutes ses faces le système patronné par le savant M. Oppert et par son brillant disciple, M. Lenormant, il nous est impossible de ne pas contester la solidité de quelques-unes des suppositions qui viennent d’être faites, et de ne pas protester, au nom des disciples de la métrologie, contre ces systèmes fantaisistes qui tendent à prendre pied dans le domaine des sciences exactes, et qu’il faut combattre comme autant d’hérésies.

Et d’abord, partant des mesures effectuées par M. Oppert

en Chaldée, ainsi que des proportions respectives établies par ce savant entre le pied, le pas et la coudée, M. Lenormant veut que le palme soit pris pour 1, le pied pour 5, la coudée pour 5 et le pas pour 8; enfin le stade pour 360 coudées, 600 pieds. Ces rapports, loin d'obtenir l’assentiment de tous les métrologistes, comme le dit M. Lenormant (fol. 40), ont été condamnés par un métrologue de l’école allemande, M. L. Fenner von Fenneberg, qui, à cette OCCasIon, S'exprime ainsi :

« Nach Oppert’s Annahme hätte die Elle 25 Finger, der » Fuss 15 Finger gehabt, eine Eintheïilung, die unerhôrt » und schon wegen der ungeraden Factoren 3 und 5 > und der daraus folgenden Unmôglichkeit der Halbirung » sowohl der Elle als des Fusses undenkbar ist. Sie stimmt » auch weder zu Herodot’s Angabe, die Babylonische Elle » sei 3 Finger grôsser als die mässige , noch zu Bockb’s » babylonischem Zweidrittel-Fuss, ete... (in Unters über » die Längen, Feld-und wegemaasse der Vôlker des Alter- » thums, Anhang |, fol. 129 , ed. Berlin, 1859.)

Enfin M. Vazquez-Queipo, dans son Essai sur les syslèmes métriques des anciens peuples, Paris, 1859, t. f, p. 275, n° 99, n'hésite pas à considérer l’opimion isolée et personnelle de l'illustre professeur comme une brillante hypothèse. Letronne disait avec raison qu'il ne suffit pas en métrologie qu'une explication s'accorde avec les monuments, si elle ne satisfait pas aussi la vraisemblance historique, c’est-à-dire l’analogie. Or, ajoute M. Queipo, les savantes inductions de M. Oppert ne semblent pas être d'accord avec les analogies que nous présentent les systèmes métriques des anciens. Il faut donc, pour les admettre, que les étalons viennent un jour les confirmer, etc.

Maintenant peut-on arriver à se rendre compte de lori-

( 566 ) gine d’une coudée divisée, non plus en 5 mains, et de chaque main en 5 doigts, comme le faisait M. Oppert, mais, selon M. Lenormant, en 60 lignes ou 30 doigts ; ensuite d’un pied en 36, et d’un palme en 12 lignes ou 6 doigts.

On ne trouve pas d'exemple de cette division de mesures chez les peuples de l'antiquité.

Pour nous, ces mesures, d’un rapport si irrégulier (la coudée équivalait dans cette combinaison à 1° pied, le pas à 15 coudée et 22 pieds), ne pouvaient faire partie d’un système administratif el légal, admis dans la pratique journalière; tout au plus ce mode de division était-il : scientifique, propre aux prêtres ou mages de la Chaldée qui se l’étaienñt approprié pour mettre la coudée dans des rapports harmoniques avec certaines observations et découvertes, plutôt astrologiques qu’astronomiques, qui ont fait leur gloire dans les temps anciens {Caillou Michaux).

5. Cependant, par une simple rencontre de chiffres, parfaitement fortuile, tout en rejetant comme sans autorilé classique les rapports établis par les deux philologues français, je suis arrivé, dans un travail qui date de quelques années, à un résultat identique quant à la valeur des principales unités des Chaldéens, et ce par une voie toute différente que celle parcourue par M. Lenormant, mais qui me paraît d'autant plus sûre qu’elle a pour appui les métrologues qui jouissent en Europe de la plus haute autorité.

Je vais essayer d'indiquer le ehemin que j'ai suivi.

Les expériences entreprises par M. Oppert sur plus de 500 briques relevées dans l’enceinte supposée de Babylone Jui ont fourni pour longueur moyenne des côtés 0,515;

il considère cette longueur comme représentant le pied de Babylone. D’après d’autres mesures relevées par MM. Botta et Place, à Ninive, on aurait pour le pied la valeur 0",325.

Il est permis, avec M. Vazquez-Queipo, de rapprocher ces deux nombres et de prendre la moyenne qui en résulte : soit 0",320 pour valeur positive du pied assyrochaldéen (Cf. t. F, fol. 281). |

Maintenant, si nous partons de ce principe où Vitruve (de Arch. IE, c. 2) établit comme base de toute la symétrie dans la construction des édifices sacrés les proportions des membres du corps humain et affirme que le pied représeniait chez les anciens le sixième, et la coudée le quart de la hauteur de l'homme (stature métrique), nous arrivons à conclure que le pied babylonien était non pas, comme l’opinent nos deux savants, les ? de la mesure linéaire appelée coudée, mais les © de tte mesure.

Ceci admis, et par ant du pied (que nous appellerons géométrique, parce qu'il est hors de proportion avec le pied humain) — 0",320, nous obtenons pour la coudée — 1 : pied 0",480. |

C'est la coulée vulgaire des Arabes (cubitus justus et mediocris, vulgaris arabum, E. Bernard de Mens, fol. 211), : déterminée exactement par Saigey (Métrol. anc., p. 80) et V. Queipo (S. M. t. IT, p. 106).

Nous reconnaîtrons pour certain, car cette opinion est générale parmi les métrologues (Ed. Bernard, Jomard, Bôckh, Hultsch, etc.), que la coudée commune ou naturelle, en usage chez tous les peuples anciens, était divisée en 6 palmes ou 24 doigts.

Pour déterminer maintenant la valeur de la coudée royale de Babylone, un moyen de vérification existe dans un passage célèbre où Hérodote, faisant la deseription de

la ville de Babylone et de son enceinte, s'exprime ainsi :

« Au delà du fossé profond et large, rempli d’eau courante , s'élève un rempart large de 50 coudées royales, haut de 200. La coudée re a trois doigts de plus que la coudée ordinaire. »

Q'O dé Basin; Hfus roû merpiou écTi IIfyecs HÉË“Y Tpisi duxTÜau (1. L, €. 178). » Si elle avait trois doigts de plus que la coudée ordinaire (de Babylone), on peut donc en con-

clure qu’elle était égale à 27 doigts de celle-ci.

Ajoutons à la règle commune ou virile de 24 doigts — 0,480 5 doigts (le doigt chaldéen ou arabe = 0,020), on aura pour la coudée royale de Babylone . . . . . . 0m,540

C’est la longueur admise par M. Fr. Lenormant, pour le mode ninivite, d’après les dimensions du palais de Khorzabad, exhumé par M. Place.

Il en résulte pour l’Ammat-Gagar, que j'appelle Grade ou cercle, mesure de 360 coudées (pour ne pas la confondre avec le stade, mesure grecque de 400 coudées, 600 pieds), la valeur 194",4

C’est exactement la longueur de la base de la colline artificielle appelée Birs-Nimrod, où MM. Oppert et Rawlinson croient reconnaître avec grande certitude les vestiges du temple de Bélus ou tour de Babel. (Daniel Ramée, Hist. de l’archit., t. XY, p. 510). Or, selon les auteurs grecs (Herod., |. I, ec. 181), la tour de Bélus avait un stade tant en hauteur qu'en largeur...

Nous n’hésitons pas à considérer comme positive une voie métrique divisée en 360 parties. Un itinéraire composé de 360 coudées n’est pas isolé dans le champ des mesures. On sait, par la tradition hellénique, que le tombeau d’Osymandias renfermait un cercle ou anneau d'or (sans doute en cuivre doré) qui avait 560 coudées de tour,

( 569 ) et dont chaque division répondait à un des jours de l’année égyptienne. C'était un monument astronomique @t métrique.

Le Li, mesure chinoise qui remonte à une très-haute antiquité, se composait de 360 Tschi ou pieds.

Enfin le Ghaloua, mesure itinéraire des Arabes, qui représentait, dit la tradition, l’espace que parcourt uie [lèche fortement lancée, avait aussi 360 coudées de longueur.

Ces diverses mesures en différents pays sont évidemment des échos de la voie métrique et typique des Chaldéens.

4. Maintenant que nous sommes tombés d'accord sur l'évaluation à donner à l’Ammat-Gagar, nous pouvons présenter le tableau des mesures linéaires assyro-chaldéennes , tel que nous en admettons l'enchaïnement. Ce système s'appuie sur plusieurs autorités classiques; 1l s’accorde avec les monuments; les probabilités historiques n°y sont pas contraires; enfin il nous paraît plus rationnel, plus pratique surtout, que celui des assyriologues français.

Mesures linéaires des peuples assyro-chaldéens.

Mètre.

D 10. oi 0,020 4.

Pole Ædoists .:. | M PS PRE PTS 0,080 B.

Spithame = 3 ee A2 ere OT 0,240 C.

Pied géométrique = 4 palmes = 16 doigts, 25 Fa la ne le 0,320 D. Pyeme—"8 doigts 2/5 de la coudée royale . : . . . . . . 0,860 E.

A. C'est le doigt des Arabes « Saigey. Système métrique, fol. 78. Voir Chabouillet , Catalogue des antiquités de la Bibliothèque impériale ; Cylindres, ch. IT, n° 709 et suiv. »

B. D'après les plaques mesurées au musée du Louvre, par MM. Queipc et de Longpérier.

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