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Quelle est l’origine de notre archétype des mesures

La coudée de 0",540 ne représente dans la nature ni une division astronomique d’un degré, ni le double de la longueur moyenne du diamètre du soleil à son lever et à son coucher, mais elle représente, suivant nous, le liers de la stature moyenne de l’homme, à l’âge moyen, sur le globe. En effet 540 X 3 — 1,62.

Or 1",62 est exactement encore aujourd’hui l’expression de cette taille.

Les mesures artificielles, dit Héron d’Alexandrie, dérivent des membres du corps humain « Tà mérpa ééypyrou ÉË dyponiyæy me)@y , el. », et l'écrivain grec nous fournit le type de l’étalon général, le Xilon, terme qui ne s’est retrouvé dans aucun autre auteur grec ou latin, ce qui marque son origine orientale. Il le fait égal à 3 coudées, 6 spithames ou pieds naturels (2).

(1) Le récent mémoire de M Bulliot sur les fouilles de Bibracte , et les conséquences qu'en tire M. Aurès, de Nîmes ( Revue archéologique de Paris , livraison d'avril 1870) confirment toutes nos données sur l’usage universel tant en Occident qu’en Orient de la coudée de 0,540.

(2) La coutume de compter 3 coudées pour la taille d’un homme ordipaire paraît avoir été établie depuis longtemps. Saint-Jean Chrysostome parle ainsi de l’homme : « Ii n’a de taille que 3 coudées, et cède aux bêtes quant à la force, mais la raison dont Dieu l’a orné, l'élève par-dessus toutes les choses de la terre...» Kaf rèy Boy TourToy, xx Toiryyuy, 4ai TOTOÛTO TOY MA0VUY ÉAATTOUX KATX TYy TOD GHUATEs isyÜy, EC... S. Joan. Chrysost. archiep. Constant. Expos. in Psalmum XLIL, n° 7. Oper. omnia, t. V, éd. Paris; apud Gaume, 1856.

Le géographe de Nubie accorde également trois coudées à l’homme : in climate tertio. Cette tradition se retrouve encore chez les Talmudistes au sujet de la coudée légale des Juifs. — Mischna, trad. Garubin, c. IV, in Comment...

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C’est sur ce modèle vivant (la loi des proportions reconnue par eux, et dont ils ont laissé des traces dans leurs statues , leurs monuments, etc., en fait foi) que les Chaldéens et avec eux les Égyptiens ont assis tout leur système de mesures linéaires, d’où ils ont fait découler, mode suivi à notre époque, leurs mesures de superficie, de capacité, de pesanteur et, plus tard, leur système monélaire.

Cette base était admirablement bien choisie dans la nature; elle prouve avec quelle scrupuleuse attention les fondateurs du système métrique primitif avaient établi leur étalon général, puisque l’homme moyen , qui en était l’archétype, n’a point varié depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours, ainsi que le prouvent les recherches faites récemment tant en France qu’en Belgique, en Angleterre , en Italie et aux États-Unis d'Amérique (voir Quetelet, Physique sociale ou Essai sur le développement des facultés de l’homme, Bruxelles, Paris, 1869, t. [F, Liv. HET, pp. 5, 69, 457, etc., et Bullelins de l’Académie royale de Belgique, 2° série, t. XX VIT, p. 196, année 1869).

En terminant cette note, je crois devoir déclarer que personne plus que moi ne sincline, plein de respect et d’admiration, devant ces illustres pionniers de la science dont j'ai prononcé ici le nom. J’ose croire qu'ils pardonneront à la hardiesse d’un simple scholar, qui a voulu remettre en lumière un point scientifique, que par une hypothèse très-hasardée ils avaient un instant obseurei aux yeux des adeptes de la métrologie ancienne.

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