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RÉSULTATS DES ÉLECTIONS

La classe, dans sa même réunion du 9 de ce mois, a appelé, par scrutin secret, au nombre de ses correspondants, M. Alphonse Le Roy, professeur à l'Université de Liége, et Émile de Borchgrave, secrétaire de légation de 1"e classe , à Bruxelles, et trois fois lauréat de l'Académie.

M. Carrara , professeur à l’Université de Pise, et John- Stuart Mill, du Parlement anglais, ont été élus associés en remplacement de MM. Sébastien Lenormand et le marquis de Laborde.

RÉSULTAT DU CONCOURS QUINQUENNAL DE LITTÉRATURE FLAMANDE (PÉRIODE DE 1865-1869).

Par arrêté royal du 10 mai 1870, le prix quinquennal de emq mille francs, fondé en faveur du meilleur ouvrage de littérature flamande paru pendant la période de 1865 à 1869, est décerné, sur le rapport du jury chargé de juger le concours, à M. Henri Conscience, membre de l’Académie, pour son ouvrage intitulé : Bavo en Lieveken.

Les applaudissements de l'assemblée ont accueilli cette proclamation et sont venus confirmer les félicitations que M. le directeur a adressées à M. H. Conscience pour cette haute distinction.

CLASSE DES BEAUX-ARTS

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Séance du 11 mai 1870.

M. C.-A. FRaikiN, directeur.

M. An. QuETELET, secrétaire perpétuel.

Sont présents : MM. L. Alvin, F.-J. Fétis, G. Geefs, C.-L. Hanssens, Joseph Geefs, Ferdinand De Braekeleer, Éd. Fétis, Edmond De Busscher, Alphonse Balat, Aug. Payen, le chevalier Léon de Burbure, Joseph Franck, Gustave De Man, Ad. Siret, Julien Leclereq, Alex. Robert , membres ; Daussoigne-Méhul , associé.

MM. L. Polain et E. Catalan, des classes des lettres et des sciences, assistent à la séance.

CORRESPONDANCE

M. le président de la Chambre des Représentants exprime ses regrets de ne pouvoir assister à la séance publique de la classe des lettres.

— La classe reçoit notification de la mort de l’un des membres de la section de musique, M. Charles A. de Bériot, décédé à Bruxelles le 8 avril dernier. Les dispositions

( 641 ) nécessaires pour représenter l’Académie aux funérailles de l'illustre défunt ont été prises de concert avec la famille. Une députation, composée principalement de membres de la classe des beaux-arts, a assisté à la cérémonie funèbre, et M. F.-J. Fétis a bien voulu, en cette triste circonstance, être l’organe et l'interprète des regrets de la Compagnie. Les sentiments de condoléance ont été exprimés à la famille du défunt par les soins de M. le secrétaire perpétuel. La classe remercie M. F.-J. Fétis pour les paroles d'adieu prononcées au nom de l’Académie et en décide l’insertion au Bulletin. Elle prie ensuite son illustre doyen d'âge de vouloir bien retracer, pour l'Annuaire prochain, la vie et la carrière artistique de M. Charles de Bériot. M. F.-J. Féus rédigera cette notice, qui sera accompagnée du portrait du défunt.

— M. le Ministre de l’intérieur transmet une expédition de l'arrêté royal du 21 avril dernier qui approuve Pélection de MM. Ernest Slingeneyer et Alexandre Robert, en qualité de membres titulaires de la section de peinture.

— M. Alexandre Robert adresse ses remerciments pour son élection. Des remerciments semblables sont exprimés par M"° Slingeneyer au nom de son époux.

Discours prononcé aux funérailles de M. Charles de Bériot, le 12 avril 1870, par M. F.-J. Fétis, membre de l’Académie.

Messieurs,

La Belgique, l’Académie et le Conservatoire royal de musique viennent de perdre, dans la personne de monsieur de Bériot, une de leurs plus belles illustrations. Virtuose de premier ordre, chef et fondateur de cette école belge de violon, si renommée dans les deux mondes, compositeur, pour son instrument, d’une musique devenue classique, M. de Bériot réunissait, pour sa gloire, divers tres dont un seul eût suffi pour honorer sa mémoire dans la postérité. Une instruction élémentaire de son art fut la seule qu’il reçût d’un maître : le sentiment du beau, l'étude incessante et la méditation furent les seules causes de son talent d'exception.

À peine âgé de vingt ans, M. de Bériot vit commencer ses succès à l'étranger; Paris, Londres, Vienne, toute l’AIlemagne, toute l'Italie, applaudirent avec transport les précieuses qualités de ce talent si pur, l'ampleur et le moelleux du son, la justesse imperturbable, la souplesse et l’accentuation de l’archet, enfin, le charme du style, puissance souveraine dans les arts comme dans les lettres, dont personne plus que lui ne connut le secret. Ne subissant l'influence d'aucune école, il fut le créateur de la sienne, et, par cette indépendance de sentiment et de manière, il réunit à ses autres qualités celle de l'originalité. De là vint que les artistes connaissaient l’école de Bériot, comme jadis on avait connu celles de Corelli, de Tartini et de Viotti.

Portant dans la composition de ses ouvrages le même sentiment, le même goût, le même charme que dans son jeu, de Bériot s’y montra éminemment mélodiste,en même temps que novateur; ses Concertos, ses études, ses airs variés, ne rappellent en rien les œuvres des violonistes qui l’ont précédé : en les écoutant aujourd'hui, on reconnaît immédiatement le style propre de leur auteur. La critique a dit que cette musique est moins difficile qu'elle ne semble : on ne pouvait mieux la louer. Brillante, sans recherche de tours de force, elle est avant tout de la musique et non un exercice d’acrobate : elle procure le succès à l’artiste exécutant et charme l’auditoire au lieu de l’étonner.

Comme l’enseignement de tous les grands professeurs, celui de M. de Bériot excitait l'enthousiasme parmi ses élèves. Son premier soin était de développer en eux le sentiment de la beauté du son, ainsi que celui de la justesse absolue, par les exemples qu’il leur en donnait; puis il leur enseignait, avec une patience admirable, les procédés de mécanisme par lesquels on peut acquérir ces qualités essentielles et trop rares. Quant au maniement de l’archet, nul n’en démontrait aussi bien que lui la puissance et la variété. Les produits de son école ont, d’ailleurs, prouvé l'excellence du professeur, et la phalange de ses éminents disciples, dispersée dans les villes principales de l’Europe et d’autres contrées, en est encore l’éclatante manifestation.

Dans ce que je viens de dire, je n'ai parlé, Messieurs, que de l'artiste; cependant, de quel intérêt n’est-on pas saisi si l’on considère que M. de Bériot, privé de la vue pendant les quinze dernières années de sa vie, et en proie à plusieurs graves maladies chroniques, telles que l’asthme et la laryngite, n'avait rien perdu de son ancienne bien-

veillance pour la jeunesse et les artistes? Que, nonobstant les crises cruelles de ses maux, sa philosophique résignation ne l’abandonnait pas, et qu’il retrouvait sa douce gaieté dès qu'il éprouvait quelque soulagement? Ce qu’on ne peut assez admirer, c’est de le voir, lorsque ses souffrances ne sont pas irop aiguës, conserver tout son amour pour l’art et toute la séduction de son talent, jusqu’à ce que le surcroît d’un mal nouveau, la paralysie du bras gauche, l’eût pour jamais privé de cette dernière et suprême consolation.

Et maintenant, adieu ! adieu, de Bériot! C’est un ami de Les jeunes années qui vient te le dire avec douleur, aux noms de l’Académie qui s’honcre de t’avoir compté au nombre de ses membres, et de l’école que tu as illustrée.

COMMUNICATIONS ET LECTURES

M. Alvin donne lecture de deux chapitres de l'ouvrage qui va paraître incessamment sous le titre de : F. Navez, sa vie, ses œuvres el sa correspondance, et faisant partie de la Galerie de contemporains, dont deux volumes ont été publiés : Louis Gruyer, et Eugène Robin.

M. Alvin annonce, à la suite de cette lecture, qu'il vient de terminer la notice biographique sur feu F.-J. Navez, destinée à l'Annuaire de la Compagnie. La classe remercie M. Alvin pour ce travail, qui prendra place dans la prochaine année du Recueil académique avec le portrait du défunt.

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Séance générale des trois classes.

(Mercredi, 10 mai 1870)

M. G. DEWALQUE, président de l’Académie et directeur de la classe des sciences.

M. An. QUETELET, secrétaire perpétuel.

Classe des sciences. — MM. d'Omalius, L. de Koninck, P.-J. Van Beneden, Edm. de Selys Longehamps, le vicomte B. du Bus, H. Nyst, Gluge, Melsens, J. Liagre, F. Duprez, Poelman, Ernest Quetelet, M. Gloesener, A. Spring , Candèze, Eugène Coemans, F. Chapuis, F. Donny, Ch. Montigny, E. Dupont, membres; Th. Lacordaire, E. Catalan, associés; C. Malaise, A. Bellynck et H. Valérius, correspondants.

Classe des lettres. — MM. E. Defacqz, directeur ; Steur, J. Grandgagnage, J. Roulez, Gachard, A. Borgnet, Paul Devaux, P. De Decker, M.-N.-J. Leclercq, M.-L. Polamn, le baron J. de Witte, Ch. Faider, le baron Kervyn de Lettenhove, R. Chalon, Ad. Mathieu, Thonissen, Th. Juste, le général Guillaume, Félix Nève, Alph. Wauters, H. Conscience, membres ; J. Nolet de Brauwere Van Steeland, associé ; G. Nypels et Alph. Le Roy, correspondants.

Classe des beaux-arts. — MM. Ch.-A. Fraikin, directeur; L. Alvin, F.-J. Fétis, Guillaume Geefs, Jos. Geefs,

( 646 ) Ed. Fétis, Edm. De Busscher, Alph. Balat, Aug. Payen, le chevalier Léon de Burbure, J. Franck, Gust. De Man, Ad. Siret, Julien Leclercq, Alex. Robert, membres ; Daussoigne-Méhul , associé.

Conformément à l’article 19 des statuts organiques de la Compagnie, les trois classes se sont réunies en assemblée générale pour régler, entre elles, leurs intérêts communs.

À cet effet, elles se sont entendues sur les différents objets à l’ordre du jour, et ont pris, en conséquence, les résolutions nécessaires.

L'assemblée a décidé que, seul, le Dixième rapport annuel sur les travaux de la commission de la Biographie nationale pendant l’année 1869-1870, lu par M. De Busscher, secrétaire de la commission, prendrait place dans les Bulletins.

Des remerciments ont été votés à la commission de la Biographie pour la manière dont elle continue la tâche qui lui à été confiée.

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