‹ Recherches sur l'embryogénie des crustacésChapitre 75 sur 89 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

En vous présentant , l’année dernière, le neuvième rapport annuel sur les travaux de la commission de la Biographie nationale et sur la situation de l’œuvre, à cette époque, nous exprimions l'espoir que rien ne viendrait plus entraver l'essor qu'avait pris la publication académique. La convention quinquennale, conelue le 9 mat

EE

( G47 ) 1864 avec l’imprimeur-éditeur, était sur le point d’être renouvelée ; la commission avait adhéré, sous la réserve de l’approbation de M. le Ministre de l’intérieur, à quelques modifications réclamées par M. Thiry-Van Buggenhoudt.

Cet espoir, que nous avions toute raison de croire fondé, a été déçu. La publication de la Biographie nationale à subi un regrettable temps d'arrêt.

Des difficultés soulevées par l’imprimeur-éditeur, des exigences auxquelles la commission ne pouvait céder sans blesser la dignité de l’Académie et négliger les intérêts du trésor, ont prolongé durant plusieurs mois les pourparlers entre la commission, le Ministère de l’intérieur et la maison Thiry-Van Buggenhoudt.

Voyant le renouvellement du contrat sans cesse ajourné; désespérant d'arriver à se mettre d'accord avec son ancien éditeur, malgré la transaction bienveillante qu’elle lui offrait, la commission ne vit de meilleure issue pour sortir de cette situation, que d’accepter la renonciation de M. Thiry, et de recourir à l’adjudication publique, afin d'obtenir un autre éditeur.

Nos propositions à ce sujet étaient transmises au département de l'intérieur, lorsque, par dépêche ministérielle, la commission fut informée que M. Thiry acceptait enfin ses offres.

Le nouveau contrat fut signé; mais l'impression de la Biographie nationale avait été suspendue pendant plus de six MOIS. |

Les modifications apportées à la convention de 1864 consistent : 1° en une augmentation équitable du prix des exemplaires à fournir par l'éditeur de la Biographie nationale à la commission académique, augmentation motivée par l'élévation des salaires typographiques, survenue de-

( 648 ) puis 1864; 2° en une indemnité accordée à l'éditeur, en dédommagement des dépenses imprévues de la mise en train de la publication , et 3° en une diminution du chiffre des exemplaires qu’il doit tenir à la disposition de l’Académie. |

D'un autre côté, il a été pris des mesures pour soustraire la commission aux payements extraordinaires de corrections et de remaniements; en outre, le contrat est devenu obligatoire pour l’imprimeur-éditeur jusqu’à lachèvement de l’ouvrage, quel que soit le nombre de volumes à éditer, quelle que soit la durée de l’élaboration de la Biographie.

Ces stipulations compensent , croyons-nous, l’augmentation et l'indemnité accordées à l’imprimeur-éditeur par la commission et par le gouvernement.

Les pourparlers auxquels donna lieu le renouvellement du contrat de 1864 furent la cause unique du ralentissement, puis de la discontinualion des travaux typographiques. Ces pourparlers n’ont point arrêté les opérations préparatoires effectuées par le secrétariat, par le souscomité et par la direction littéraire ; l'examen et la révision des notices se firent au fur et à mesure que nous les adressaient les rédacteurs. Toutefois, il est malheureusement vrai que l'interruption momentanée de la publication a exercé une influence fàcheuse sur quelques-uns de nos collaborateurs, qui s’imaginèrent , ou se laissèrent persuader, que l’œuvre biographique, naguère en bonne voie d'exécution, était fort compromise et que l'impression en était indéfiniment suspendue.

De là, dans la rédaction des notices, un relâchement d'activité que nous ne parvinmes à combattre qu'avec beaucoup de peine.

Actuellement les travaux ont recommencé et, bieu qu'il soit difficile, en une telle entreprise, de regagner le temps perdu, tout laisse entrevoir que la publication reprendra bientôt son allure normale. Mais l’expérience nous le démontre journellement, il ne faut pas s’attendre à voir s’accélérer davantage la besogne collective qui s'exécute sous les auspices de l’Académie : l'ouvrage, hérissé de détails et de difficultés historiques, exige des recherches, des études, dont il est presque impossible de calculer ou de fixer le temps.

Sous peu paraîtra la première moitié du troisième volume de la Biographie nationale, et désormais chaque tome s’éditera en deux livraisons. La partie terminée renferme les dernières notices de la lettre B et les premières de la lettre C.

La commission ne cesse de recommander aux collaborateurs de s'assurer scrupuleusement si les personnages dont ils ont à écrire les notices ont droit de figurer , dès à présent, dans la Biographie nationale. En effet, quand les renseignements sont incomplets ou insuffisants, il est préférable de réserver ces articles pour le supplément de notre dictionnaire : ils y seront insérés , si les auteurs trouvent, plus tard, à les compléter convenablement.

Les élimimations provisoires augmentent done de plus en plus. Dans la lettre C elles s'élèvent, jusqu'ici, au chiffre de cent quatre, sur le total de 641. Dans la catégorie alphabétique D, qui est entièrement distribuée aux rédacteurs, les suppressions signalées sont déjà très-nombreuses. Il est certain que nous resterons dans le cadre présumé de dix à douze volumes. Les noms mentionnés par nos listes primitives se réduiront, dans la même proportion, pour les autres lettres, au moment de l’accepta-

tion définitive et de la rédaction des notices biographiques.

À propos du renouvellement de notre contrat avec l’imprimeur-éditeur de la Biographie nationale, M. le Ministre de l’intérieur attira l’attention de la commission sur divers points, qui devinrent l’objet de müres délibérations.

En premier lieu se présentaient les dépenses occasionnées jusqu’à ce jour par les corrections et les remaniements extraordinaires provenant de changements apportés au texte des notices, après la composilion typographique. La commission eut à examiner la question de savoir si elle ferait, dorénavant, supporter ces frais aux auteurs, ou bien si elle continuerait à les acquitter elle-même, en recommandant aux écrivains de la Biographie nationale de s’abstenir, à moins d’absolue nécessité, de modifier, dans les épreuves et surtout dans les épreuves en pages, le texte de leurs articles.

C’est dans ce dernier sens que se prononça la majorité

de la commission, et l’on combina cette décision avec la :

formule des stipulations y relatives dans le nouveau contrat. Le comité de révision et la direction littéraire veilleront à ce que les changements indispensables soient faits sur la copie ou sur les épreuves en placards.

De cette manière, les corrections ordinaires seront simplifiées, les corrections extraordinaires fort diminuées et les dépenses qui résultaient de ces dernières, supprimées en grande partie.

De plus, nous évitons ainsi la tenue d’une comptabilité spéciale avec l’imprimeur et avec les rédacteurs de la Biographie, comptabilité qui eût offert de graves inconvénients et compliqué davantage encore les rouages de la direction matérielle de la publication académique.

Les frais de suppression de texte, de modifications et de remaniements extraordinaires seront, comme auparavant, à la charge de la commission, mais seulement dans les cas prévus par l’article 5 du contrat de 1869.

L'article est conçu en ces termes :

« Toutes les corrections faites sur les épreuves en placards sont à la charge de l’imprimeur-éditeur.

» Pour les suppressions d’articles ou de notables parties d'articles dans les placards, de même que pour les changements et les remaniements effectués après la mise en page, la commission payera une indemnité, établie d’après note détaillée, avec pièces justificatives. »

Passons, maintenant, à un autre ordre de faits.

Dès la réunion de la commission académique du 9 mai 1869, M. Gachard , qui n’avait accepté les fonctions de la présidence que temporairement, demanda à la commission de lui élire un successeur. Mais, sur les pressantes instances de ses collègues et eu égard aux circonstances, qui rendaient extrêmement désirable sa coopération aux devoirs incombant alors au bureau, l'honorable président consentit à différer sa retraite.

Quelques mois après, M. le Ministre de l’intérieur engagea la commission (missive du 7 septembre 1869) à examiner « si l’organisation adoptée pour la rédaction et la publication de la Biographie nationale ne laissait pas à césirer ? Si un service, qui a deux siéges différents, l’un à Bruxelles, l’autre à Gand, ne donnait pas lieu à des tiraillements, à des lenteurs, enfin, s’il ne marcherait pas mieux et plus rapidement, étant centralisé au lieu même de la publication? »

La solution de la double question posée par la dépêche ministérielle impliquait nécessairement, ou le maintien du

bureau de la commission élu en 1866 pour la deuxième période sexennale réglementaire, ou son remplacement. Afin de faciliter la décision à intervenir, le président, le viceprésident et le secrétaire se démirent spontanément de leurs fonctions. La commission, appréciant le motif qui les faisait agir, accepta leur démission et, dans une séance subséquente, délibéra longuement sur les demandes de M. le Ministre de l’intérieur.

De prime abord, il fut admis qu’il n’y avait pas de raison de changer une direction qui, depuis plusieurs années, fonctionnait avec zèle et régularité, et, en principe, « que s'il était désirable de centraliser la direction de la Biographie nationale, il n’y avait aucun motif d'accorder à Bruxelles un privilége au détriment d’autres villes belges qui ont des représentants à l’Académie. » Tel est, d’ailleurs, le mode constamment suivi par la Compagnie, comme le prouve l’organisation des bureaux directeurs nommés par les commissions instituées pour la publication des Monuments de la littérature flamande et pour l’impression d’une Collection des grands écrivains français de la Belaique.

Toutes les combinaisons possibles furent discutées et examinées : on reconnut que toutes étaient subordonnéesà la composition du bureau, qui serait appelé à remplacer les membres démissionnaires.

La commission résolut donc de procéder immédiatement à l'élection des président, vice-président et secrétaire.

M. Gachard ayant persisté dans son désir de se retirer de la présidence, à cause de l'état précaire de sa santé et des importantes publications auxquelles 1l consacre son activité, la commission porta ses suffrages sur M. le général Guillaume, membre de la classe des lettres; elle réélut vice-président M. Ad. Quetelet, membre de la classe

( 653 ) des sciences, et secrétaire, M. Edm. De Busscher, membre de la classe des beaux-arts.

Ce vote à maintenu le bureau directeur de la Biographie nationale comme il a existé, sous la présidence de M. Gachard, depuis le décès de M. le baron de Saint- Genois. C’est sous cette direction qu'a été élaboré ct mis au jour le deuxième volume de l'œuvre académique.

Le BUREAU OFFICIEL, composé de MM. Guillaume, président; Ad. Quetelet, vice-président ; Félix Stappaerts, secrétaire adjoint chargé de la révision littéraire, conserve son siége à Bruxelles; — le SECRÉTARIAT Ct là DIRECTION MA- TÉRIELLE de la Biographie nationale restent fixés à Gand, résidence du secrétaire et de l'employé qui, dès l’origine de la publication, y à voué des soins incessants, et a acquis une expérience fort utile à la marche de l’œuvre que nous avons entreprise.

Le secrétaire, | Le président,

Epmono DE Busscner. GUILLAUME.

OUVRAGES PRÉSENTÉS

Ministère de l’intérieur. — Annuaire statistique de la Belgique, 1"° année, 1870. Bruxelles, 1870; gr. in-8°.

Concours triennal de littérature dramatique en lanque francaise (1867-1869). — Rapport adressé à M. le Ministre de l’intérieur par le jury. Bruxelles, 1870; in-8°.

Commission académique chargée de la publication des œuvres des grands écrivains du pays. — OEuvres de Froissart, publiées avec les variantes des divers manuscrits, par M. le baron Kervyn de Lettenhove. Chroniques t. I (Introduction, 1" partie) et t. X. Bruxelles, 1870; 2 vol. in-8°; — OEuvres de Froissart, poésies, publiées par M. Aug. Scheler, t. I. Bruxelles, 1870; in-8°.

Juste (Th). — Leven van Leopold I, eerste koning der Belgen , naar het fransch. Titel en Bladzn 15 tot einde. Gand, 1870; in-8°.

Chalon (R.). — Curiosités numismatiques. Pièces rares ou inédites (15° article). Bruxelles, 1870 ; in-8°.

Siret (Adolphe). — Het land van Waas. Saint-Nicolas, 1870; in-8°.

. Catalan (Eugène). — Sur quelques sommations et transformations de séries. Rome, 4870; in-#°,

Nypels (J.-S.-G.). — Commentaire du code pénal belge, 11° livre. Bruxelles, 1870; gr. in-8°.

Revue numismutique, publiée par J. de Witte et Adrien de Longpérier. Nouvelle série, t. 11, n° 4 à 6; t. XII, n° 1 et t. XIV, n° 4 à 4. Paris; 8 cah. in-8°.

De Wutte (le baron J.). — Note sur un vase de terre décoré de reliefs. Paris, 1869; in-8°. |

Mommsen (Théodore). — Histoire de la monnaie romaine, traduite de l’allemand par le duc de Blacas et publiée par J. de Witte, t. IT. Paris, 1870; in-8°.

Lelièvre (X.). — Institutions namuroises : établissements de mainmorte. Namur ; in-8°.

Van Beneden (Édouard). — Réponse à quelques-unes des observations de M. Balbiani sur l’œuf des Sacculines. Paris, 1870; in-4°.

Van Beneden (Édouard). — Sur le mode de formation de l'œuf et le développement embryonnaire des Sacculines. Paris, 1870; in-4°.

ns

Van Beneden (Édouard). — On the embryonice form of Nematobothrium filarina, Van Ben. Londres, 1870; in-8°.

Van Beneden (Édouard). — On a new species of Gregarina to be called Gregarina gigantea. Londres, 1870 ; in-8°.

Van Beneden (Édouard). — Sur un scolex de Cestoïde

trouvé chez un dauphin (extrait d'une lettre à M. Coste). Paris, 1870; in-4°.

Ozeray. — Inventaire des manuscrits et de tous les documents conservés à l'hôtel de ville de Bouillon, et qui concernent l’histoire du duché de ce nom. Arlon, 1870; in-8°.

D'Otreppe de Bouvette (Alb.). — Essai de tablettes liégeoises, 105%: livr. Liége, 1870; in-12.

Commission royale pour la publication des anciennes lois el ordonnances de la Belgique. — Coutumes du pays et duché de Brabant. Quartier d'Anvers, t. I. Coutumes de la ville d'Anvers. Bruxelles , 1870; petit in-4°.

Willems-Fonds te Gent. — N° 66. De Tooverdrank door Félix A. Boone. Gand, 1870; in-12.

Le Bibliophile belge, 5%° année, livr. 4-5. Bruxelles, 1870 ; In-8°.

Kervyn de Volkaersbeke. — Les Pourbus. Gand, 1870 ; in-8.

Musée de l’industrie de Belgique. — Bulletin, 1870, n° 4 et à. Bruxelles; 2 cah. in-8°.

Messager des sciences historiques, 1870, 1" livr. Gand; in-8°.

Revue de l’instruction publique en Belgique, 18%° année, l'elivr. Gand, 1870 ; in-8°.

Société archéologique de Namur. — Annales, & X,4"°livr.; — rapport sur la situation de la Société en 1869. Namur, 1870; 1 cah. et 1 broch. gr. in-8°.

Institut archéologique liégeois. — Bulletin, t. 10, 4° livr. Liége, 1870 ; in-8°.

De Vlaamsche school, 1869, Blad. 25 en titel; 1870, Blad. 4,5 en 6. Anvers; 4 feuilles in-4°.

Société paléontologique et archéologique de Charleroi. —

( 656 ) Documents et rapports, t. Fet IT. Charleroi-Mons, 1866, 1868; 2 vol. in-8°. | |

Société royale de botanique de Belgique. — Bulletin, t. VIE, n° 3. Bruxelles, 1870; in-8°.

La Belgique horticole, rédigée par Édouard Morren. Avril et mai 1870. Liége; 2 cah. in-8°.

L’illustration horticole, 3%° série, 1% vol., 2e et 5° livr. Gand , 1870; 2 cah. in-8°.

Académie royale de médecine de Belgique. — Bulletin, année 1870, 5° série, t. IV, n° 2,5 et 4; — Mémoires couronnés et autres mémoires, collection in-8°, t. J, 1% fascicule. Bruxelles, 1870; 5 cah. in-8°. | |

Annales d’oculistique, fondées par le docteur Fiorent Cunier, 35" année, 5° et 4e livr, Bruxelles, 1870; 2 cah. in-&.

La charilé sur les champs de bataille, 5"° année, n° 11 et 12. Bruxelles ; 2 feuilles in-4°. k

Koninklyke bibliotheek te s’Gravenhage. — Rappoort aan zijne Ex. den Minister van binnenlandsche zaken, den 17 maart 1870. In-8°.

Museum botanici Lugduno-Batavi. — Annales, edidit F.-A. Guil. Miquel, t. IV, fasciculi 6-10. Leide, 1869; 5 cah. in-folio; — Catalogus. Pars 1°. Flora japonica. La Haye, 1870; in-8°.

Geologiske kaart van Nederland, n° 15 (Bladwijzer); — n° 25 (Nederland, de dyken weggedacht). La Haye, 1870; 2 feuilles in-4°.

Catulogque méthodique des imprimés de la bibliothèque publique de Douai, avec une notice historique. Droit. Douai, 1869; in-8°.

Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — Extrait des procès-verbaux des séances, t. VIT, b. Bordeaux, 1870 ; in-8°.

Sociëté impériale d'agriculture de Valenciennes. — Revue agricole, 22"° année, t. XXIV, n°% 1-5. Valenciennes, 1870; 5 Cab. in-8°.

Revue et magasin de zoologie pure et appliquée et de séri-

ciculture comparée, par M. J.-E. Guérin-Méneville ,:4870% n° %. Paris, cah. in-8°.

Comité and de France, à Lille. — Bulletin, t. Y. na, Janvier à mars 1870. Lille, 1870; in-8°.

Fleury-Flobert. — Au delà du Rhin. Visite aux expositions d'Amsterdam et de Munich, 2"° édition. Paris, 1870; in-8°.

Peigné-Delacourt. — Étude nouvelle sur la campagne de Jules-César contre les Bellovaques, avec la collaboration de MM. Plessier. Senlis , 1869 ; in-8°. |

De Dumast (P.-G.). — De la sériculture (bomby cièulture, sérotrophie, industrie séricole, ete.), abusivement nommée sériciculture. Nancy, 1870; in-8°. |

Chautard (J.). — Résumé des observations météorologiques faites à la Faculté des sciences de Nancy, accompagné de la dis-. cussion des orages dans le département de la Meurthe en 1869, 8° année. Nancy, 1870; in-8°. |

Revue britannique, 46° année, n° 4 et 5, avril et mai. Paris, 1870 ; 2 demi-vol. in-8°.

Société des antiquaires de Picardie, à Amiens. — Bulletin, année 1869, n° 4. Amiens ; À cah. in-8.

Comunission géodésique fédérale, à Berne. — Nivellement de précision de la Suisse, exécuté sous la direction de A. Hirsch et E. Plantamour, 5° livraison. Genève et Bâle, 1870 ; in-8°.

Koniglich preussische Akademie der Wissenschafien zu Berlin. — Monatsbericht, Januar-Marz 1870. Berlin; 5 cah. in-8°. |

Verein für Erdkunde und verwandie Wissenschaften zu Darmstadt. — Notizblatt, HE. Folge, VIIL Heft, nr. 85-96. Darmstadt, 1869 ; in-8°.

Oberlausitzische gesellschaft der Wissenschaften zu Gürlitz. — Neues Lausitzisches magazin, XLVII'T Band, 1° Heft. Gôrlitz, 1870 ; in-8°.

Justus Perthes ’geographischer Anstalt zu Gotha. — Mit-. theïlungen , XVI. Band, IV-V. Gotha, 1870; 2 cah. in-#°.

Naturw. Verein für Sachsen und Thüringen in Halle. —

: ( 658 ) Zeitschrift für die gesammten Naturwissenschaften, redigirt von C. Giebel und M. Siewert. Jahrg. 1869, XXXIV:'# Band. Berlin, 1869; in-8°.

Heidelberger Jahrbücher der Literatur,unter Mitwirkung der Vier Facultäten, LXITIS' Jahrg., 2 Heft. Heidelberg, 1870; in-8°.

Künigl. Sächsische Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig. — Math.-naturw. Classe : Berichte über die Verhandlungen : 1867, III, IV; 1868, 1, IT, LIT; 1869, I. Leipzig; 6 cah. in-8°. — Abhandlungen, IX, nr. Il und III. Leipzig, 1869; 2 cah. in-4°, |

Fürstlich Jablonowskische Gesellschaft zu Leipzig. — Preisschriften gekrônt, XVI: — H. Engelhardt, Flora der Braunkohlenformation im Konigreich Sachsen. Leipzig, 1870; in-4° mit XV Tafeln in-4°.

Kaiserliche Akademie der Wissenschaften zu Wien. — Mathem.-naturw. Classe : Denkschriften, XXIX. Band, 1 vol. in-4°; Sitzungsberichte, 1869, I. Abth., Hefte 5-7; I. Abth., Hefte 4-7 ; 7 cah. in-8°; — Philos.-histor. Classe : Denkschriften, XVI. und XVIII. Bände, 2 vol. in-4°; — Sitzungsberichte, LXI. Band, hefte 2-5 ; LXII. Band, Hefte 1-4; 4 cah. in-8°; — Archiv, XLI. Band, Hefte 1-2; 2 cah. in-8°; — Jahrbücher der K. K. Central-Anstalt für Meteorologie und Erdmagnetismus, neue Folge, IV. Band, Jahrg. 1867 (XIL. Band), 1 vol. in-4°. — Jelinek (C), Die temperatur Verhältnisse der Jahre 1848-1865 an den Stationen der Osterreichischen. Beobachtungsnetzes, 1 vol. in-#°. — Hebra, Atlas der Hautkrankheïten, VIL. Lieferung, 4 cah. in-folio. — Almanach, 1869 ; 1 vol. in-8°.

Kaiserliche Akademie der Wissenschaften zu Wien. — Sitzung der Mathem.-Naturw. Classe, Jahrg. 1870, nr. 8-12. Vienne, 1870 ; 5 feuilles in-8°.

K. K. Geologische Reichsanstalt zu Wien. — Jahrbuch, Jahrgang 1870, XX. Band, nr. 1. — Verhandlungen, 1870, nr. 1-5. Vienne, 1870; 6 cah. in-8°.

Anthropologische Gesellschaft in Wien. — Mittheilungen, L Band, nr. 1 und 2. Vienne, 1870; 2 cah. in-8°.

K. K. Umversität zu Wien. — Offentliche. Vorlesungen in Sommer-Semester 1870. Vienne, 1870; in-4°.

Carrara (Francesco). — Programma del corso di diretto criminale dettato nella R. Università di Pisa. Parte generale, terza edizione, e parte speciale, seconda edizione. Lucques, 1867-1868 ; G vol. in-8.

Finocchietti (Demetrio Carlo). — Delle industrie relative alle abitazioni umane, con notizie monografiche sul mosaico, e sulla seultura e tarsia in Legno. Florence , 1869 ; in-8°.

Archivio per la zoologiu, l’anatomia et la fisiologia, pubblicato per cura dei professori Sebastiano Richiardi e Giovanni Canestrini. Serie II, vol. 2, fascicolo 1. Marzo 1870. Turin et Florence , 1870; in-8°.

Zantedeschi (Fr.). — Delle nebbie, nebbioni, pioggie con sabbie, caligini osservate nell’ atmosfera d'Italia nel 1869. Venise, 1870; in-8°,

Real academia de la historia a Madrid. —Memorial historico español, tomos XV, XVI, XVII, XVIII, XIX. Madrid, 1862- 1865, 5 vol. in-8°; — Côrtes de Leon y de Castilla, tomos II ÿ II. Madrid, 1863-1866; 2 vol. in-4°; — España Sagrada, tomos 48, 49 y 50. Madrid, 1862-1866; 3 vol. in-8°; — Noticias de actas leidas en las juntas publicas de 29 de junio de 1862 y 7 de junio de 1868. Madrid; 2 cah. in-8°; — Elogio del arzobispo D. Rodrigo Jimenez de Rada, por D. Vicente de la Fuente. Madrid, 1862; in-8°; — Discurso en elogio de don José Cornide de Saavedra, por don Carlos Ramon Fort. Madrid , 1868; in-8°; — Discurso por el director don Antonio Benavides. Madrid, 1868 ; in-8°; — Ajbar Machmui : colleccion de tradiciones sobre la conquista de Espanä. Madrid, 1867; gr.in-8°; — Munda Pompeyana. Viaje arqueolôgico de don José Oliver y Hurtado. Madrid, 1866; in-8°; — Memoria arqueolégico-descriptiva del anfiteatro de Italica, por don Demetrio de Los Rios. Madrid, 1862; in-8°; — Juicio critico y significacion politica de don Alvaro de Luna, por don Juan Rizzo ÿ Ramirez. Madrid , 1865; in-8°; — Estado social y poli-

lico de los Mudejares de Castilla, por don Francisco Fernandez y Gonzalez. Madrid, 1866; in-8°; — Historia critica de los Falsos cronicones, por don José Godoy Alcâäntara. Madrid, 1868; in-8°.

Junta general de esladistica — Ensayo de descripcion 2c0gnôstica de la provincia de Terucl, en. sus relaciones con la agricultura de la misma, por Juan Vilanova y Piera. Madrid, 1863; in-4°.

Real Academia de ciencias morales y politicas, a Madrid. — Memorias, tomo If°, parte 4° y 2°. Madrid, 1867-1869; 2 vol. in-8°; — Resûmen de sus actas y disceurso leidos en la jun'a püblica general celebrada en 10 de junio de 1866. Madrid, 1866; in-8° ; — Discursos pronunciados en la reception püblica de los senores Madrazo, Aguilar y Correa, Caballero, Carramolino, Andonaegui, Figueréa. Madrid ; 6 cah. in-8°; — Lista de s' academicos, 1868-1869-1870. Madrid ; 3 broch. in-52.

Instituto historico, geographico e etnographico do Brazil no Rio de Janeiro. — Revista trimensal , tomo XXXIT, partes 4°-2%. Rio Janeiro, 1869; 2 cah. in-8°.

Numismatice Society of London. — The numismatie Chronicle, 1870, part 1. New series, n° XXXVIL. Londres; in-8°.

Nature, a weekly illustrated journal of science, n° 25-50. Londres, 4870; 6 cah. in-4°.

British association for the advancement of science.—Report of the XXXIX"!* meeting, held at Exeter in August 1869. Londres, 1870; in-8°. |

Scientific opinion, a weekly record of scientfie Progress at Home and Abroad, mai and june 1870. Londres; 2 cah. in-4°.

Geological Survey of India, at Calcutta. — Memoirs, vol. VI, part 5. Calcutta , 1869; in-8°; — Memoirs (Palacontologica Indica), V,7-10. Calcutta ;2 cah. in-4°; — Records, vol. 1, parts 4-5; vol. 11, part. 1. Calcutta; 4 cah. in-8°; — Annual report, twelfth year, 1867. Calcutta; in-8°.

BÜLLETIN

L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES

DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE

CLASSE DES SCIENCES

Séance du 4 juin 1870.

M. G. DEWALQUE, directeur, président de l’Académie. M. An. QuETELET, secrétaire perpétuel.

Sont présents : MM. J. d’'Omalius d’Halloy, L. de Koninck, P.-J. Van Beneden, Edm. de Selys Longehamps, le vicomte B. du Bus, H. Nyst, Gluge, Melsens, J. Liagre, F. Duprez, Poelman, E. Quetelet, M. Gloesener, À. Spring, Candèze, Eug. Coemans, F. Donny, Ch. Montigny, Steichen, Brialmont, membres; Th. Schwann et E. Catalan, associés.

2e SÉRIE, TOME XXIX. | 45

CORRESPONDANCE

MM. les Ministres de l’intérieur et de la guerre adressent différents ouvrages pour la bibliothèque. — Remercimens.

— Les établissements suivants remercient pour le dernier envoi de publications de la Compagnie : la Société royale de Londres, les Sociétés des sciences de Harlem el d'Utrecht, la Société de philosophie expérimentale de Rotterdam, l’Académie des sciences de Paris, la Société des sciences de Lille, la Société d’émulation d’Abbeville, la Société des sciences de Dunkerque, la Société impériale d'agriculture de Valenciennes, l'Académie impériale des sciences de Vienne, les universités de Gratz, Heidelberg, Wurzbourg et Tubingue, les bibliothèques de Gotha, Berlin et Munich, la Société des naturalistes de Brünn, la Société des sciences de Prague, la Société astronomique de Leipzig, la Société des sciences naturelles de Brême, la Société des sciences de Hanau, la Société des sciences naturelles de Carisruhe, la Société des naturalistes d’Altenbourg et la Société Jablonowski de Leipzig. — Quelquesunes de ces sociétés adressent leurs récents travaux.

— M. L. Henry, correspondant de la classe, envoie différents ouvrages dont il est l’auteur. — Remereiments.

— M. G. Dewalque communique ses observations sur l'état de la végétation faites à Liége, le 21 mars dernier.

— M. Ad. Quetelet présente, de la part de M"° veuve Martin de Moussy, un exemplaire de l’atlas de la Descriplion géographique et statistique de la Confédération argentine, ouvrage dont la première partie avait été offerte à la Compagnie il y a plusieurs années. — Remerciments.

— Les travaux manuscrits suivants seront l’objet d’un examen :

1° Esquisse géologique sur le Maroc, par M. Michel Mourlon. — Commissaires : MM. d'Omalius et Dewalque ;

2 Sur les trous vilellins que présentent les œufs fécondés des amphibiens, par M. Van Bambeke. — Commissaires : MM. Poelman et Schwann;

3° Sur l'existence de puits naturels dans la craie sénonienne du Brabant, par M. Fr. Van Horen. — Commissaires : MM. d'Omalius et Dewalque.

M. le secrétaire perpétuel annonce qu'il lui est parvenu un mémoire manuscrit, avec billet cacheté et devise, en réponse à la première question du programme de concours de cette année, concours dont le terme fatal expire le 1° août prochain. Ce travail, portant pour titre : Étude sur les procédés suivis pour déterminer les éléments du magnétisme terrestre , est renvoyé à l’examen de MM. Gloesener, E. Quetelet et Montigny.

RAPPORTS

Observations au sujet des travaux géologiques de MM. Cornet et Briart sur la meule de Bracquegnies ; par MM. Gosselet et Horion, suivies d’une note par M. Briart.

Bapport de M. d'Omaltius.

« Lorsque l’on eut reconnu que les débris d'êtres vivants, qui sont enfouis dans l'écorce du globe terrestre, variaient suivant les diverses époques où les dépôts avaient élé formés, on concut l’idée de profiter de cette circonstance pour déterminer les âges relatifs de ces dépôts, lorsque l’on ne voyait pas leur superposition ou lorsqu'ils avaient été bouleversés. D’un autre côté, la circonstance que, dans quelques contrées, aucune espèce d’un dépôt Imiérieur ne passe dans le dépôt supérieur, donna l’idée qu'il y avait des groupes successifs d'organismes totalement différents. On n’admit d’abord qu’un très-petit nombre de ces groupes, mais on en a successivement augmenté le nombre, et quelques géologues sont arrivés à considérer une foule d'espèces particulières comme caractérisant des termes de la série chronologique.

Il est vrai que, lorsque l’on prend des termes éloignés de la série des dépôts, on ne trouve aucune espèce semblable de corps organisés, mais on à reconnu que, quand deux dépôts qui se touchent présentent des corps organisés complétement différents, c’est qu'il manque dans celte localité des termes de la série. On a reconnu éga-

lement que, quand il n’y a pas de lacunes, 1l y à presque toujours des espèces de la couche inférieure qui se retrouvent dans la couche supérieure. On sait encore qu’il y a dans la nature une foule de formes plus ou moins différentes, à l'égard desquelles ies naturalistes ne peuvent se mettre d'accord sur la question de savoir si l’on doit les appeler espèces ou variétés.

Il résulte de ces diverses circonstances que les géologues actuels sont continuellement en discussion lorsqu'il s’agit du classement de couches qui se suivent dans la série, attendu que l’on rencontre fréquemment des dépôts qui peuvent se ranger dans la division que la science appelle supérieure, aussi bien que dans celle que l’on nomme inférieure.

Un dissentiment de ce genre s’est produit entre MM. Gesselet et Horion, d'une part, et MM. Cornet et Briart, d'autre part, au sujet d’un dépôt que les ouvriers du Hainaut nomment #eule, et que MM. Cornet et Briart rapprochent du sable de Blackdown , tandis que MM. Gosselet et Horion le croient plus voisin du système que les Anglais nomment qaule.

Dans ma manière de voir 1l y a si peu de distance entre le gaalt et le sable de Biackdown que je doute que la chose vaille la peine d'être décidée; mais, comme les questions de ce genre occupent actuellement beaucoup de géologues, et que, d’ailleurs, il s'agit d'arriver à la véritable détermination de plusieurs fossiles de notre pays, j'ai l’honneur de proposer à la classe d’ordonner limpression, dans le Bulletin, de la notice de MM. Gosselet et Horion, ainsi que de la petite note que M. Briart y ajoute. »

Rapport de M de Honinck.

« Dans un mémoire, publié en 1866 par MM. Cornet et Briart sur le terrain crétacé du Hainaut, ces auteurs donnent la description d’une partie de ce Lerrain connue sous le nom de meule de Bracquegnies. Par l'étude des fossiles de cet étage, ils sont conduits à le considérer comme appartenant au terrain cénomanien, tandis que par l'étude des fossiles recueillis par eux dans ce même étage, MM. Gosselet et Horion arrivent à la conclusion que le terrain qui les renferme appartient au gault.

On conçoit qu'il m'est impossible de décider la question en l’absence des fossiles recueillis par les différents auteurs, dont je n’ai même pas eu l’occasion de visiter les collections.

Mais 1! y a un point sur lequel tous paraissent à peu près d'accord, à savoir que le dépôt fossilifère de Bracquegnies a une grande analogie avec celui des ‘environs de Blackdown en Angleterre.

Or, pendant un de mes voyages faits dans ce pays, j'ai eu l’occasion de visiter la collection de Sharpe, qui, le premier, a cherché à faire passer les couches de Blackdown dans le gault, ét je me rappelle fort bien la discussion scientifique que j'ai eue avec ce savant, qui m’honorait de son amitié, et la grande analogie qu'offrait la faune fossile , recueillie par lui, avec celle que, de mon côté, je possédais alors des environs de Montignies-sur-Roc, et que je considérais comme cénomanienne, quoique renfermant un grand nombre d'espèces encore complétement inédites à cetie époque.

Je ne veux pas invoquer le souvenir dont je viens de parler comme une preuve suffisante en faveur de lopinion de MM. Cornet et Briart, parce que je suis d'avis qu’une question semblable à celle que soulève la notice de MM. Gosselet ét Horion ne peut se décider qu'avec pièces à lapput.

Aussi, malgré les observations faites de part et d'autre, Je crois que la question reste encore en suspens et qu'il serait difficile de dire en ce moment si la meule de Bracquegnies est du gault ou du cénomanien, ou bien si elle forme un étage intermédiaire entre les deux.

D'ailleurs, comme le fait observer mon savant confrère M. d'Omalius, la chose est peu importante et ne mérite pas qu’on s’y arrête beaucoup.

J'ai l'honneur de prier l’Académie d'insérer la notice de MM. Gosselet et Horion, ainsi que la pétite note de M. Briart, dans les Bulletins de l'Académie, avec l'espoir que de nouvelles recherches finiront par mettre d’accord les quatre géologues qui ont voué leur activité et leurs talents à l’étude de la constitution de notre sol. »

Rapport de M. &. Deulque.

« Depuis les recherches de MM. Cornet et Briart sur la meule de Bracquegnies, on est d'accord pour admettre que cet étage représente le sable vert de Blackdown; mais on n’est plus unanime sur la place à assigner à lun et à l’autre dépôt dans nos classifications.

On admet généralement que le sable vert de Blackdown

se rapporte au green sand ou étage cénomanien; néanmoins, M. Sharpe a suggéré l’idée qu’il représenterait la forme littorale des dépôts de la mer du gault; et sir Ch. Lyell semble pencher vers cette opinion. D’un autre côté, MM. Horion et Gosselet avaient rapporté la meule au gault, et la notice qu’ils présentent en commun à l’Académie a pour but d'établir que la meule de Bracquegnies, comme le sable vert de Blackdown, doit rentrer dans l'étage du gault. J'ajoute qu’ils placent au même niveau, comme MM. Meugy et de Lapparent, auxquels j’ajouterai . Dumont, la gaize de Vouziers; en quoi je me range volonüers de leur avis.

De la discussion à laquelle ces savants ont soumis un certain nombre de fossiles de la meule, il résulte tout au moins que les rapports de cet étage avec le gault sont moins éloignés qu’on ne l'aurait cru d’après l'indication du nombre des espèces que MM. Cornet et Briart ont considérées comme communes aux deux formations. Aussi Je crois que leur travail sera lu avec intérêt.

En conséquence, j'ai l’honneur de proposer à la classe d'insérer dans son Bulletin la notice de MM. Horion et Gosselet, ainsi que la courte note que M. Briart y à jointe. »

Conformément aux conclusions de ces trois rapports, la classe vote l’impression, dans le Bulletin, du travail de MM. Gosselet et Horion, ainsi que de la note de M. Briart, qui l’accompagne.

— M. Méhay avait présenté à la dernière séance un travail sur la chaleur universelle, pour lequel MM. Melsens

( 669 ) et Plateau avaient été nommés commissaires. La classe, après avoir entendu le rapport verbal de M. Melsens, à décidé de déposer la notice de M. Mébay aux archives.

COMMUNICATIONS ET LECTURES

Des lois concernant le developpement de l’homme, par M. Ad. Quetelet, secrétaire perpétuel de l'Académie.

J'ai réuni et j'ai étudié, pendant près d'un demi-siècle, des documents divers sur le développement de l’homme. Ces recherches m'ont procuré quelques délassements au milieu de mes travaux astronomiques. Le goût de la statistique s'était particulièrement développé, en 1822, pendant mon séjour à Paris où j'avais été envoyé par notre gouvernement pour n'exercer aux études pratiques de l’observatoire de France, avant d'entreprendre la direction de l'Observatoire de Bruxelles.

Au milieu des conversations scientifiques auxquelles m'avait permis de prendre part l’amitié de l'excellent astronome Bouvard, je fus bientôt mis en rapport avec les savants les plus illustres de France. J'avais eu le bonheur d’être présenté par lui à son ami, le célèbre La Place, et j'avais eu l’occasion de connaître successivement, dans les réunions périodiques des savants, les restes de la grande école française pour les sciences mathématiques et physiques. Ma jeunesse et mon zèle ne tardèrent pas à me mettre en rapport avec les hommes les plus distingués de celle époque; qu'on me permette de citer Fourier, Pois-

( 670 ) son, Lacroix , spécialement connus comme La Place, par leurs excellents écrits sur la théorie mathématique des probabilités.

Cette théorie, portée si haut par leurs savants travaux, indiquait en même temps le besoin de joindre à l'étude des phénomènes célestes, celle des phénomènes terrestres qu’il avait fallu abandonner jusque-là, à cause des travaux de la statistique générale qu’on avait négligés par suite des guerres continuelles, pour ne s'occuper que des valeurs officielles auxquelles la science ne pouvait avoir égard que d’une manière secondaire.

C’est donc au milieu des savants statisticiens et économistes de cé temps que j'ai commencé mes travaux; je les ai conuinués, plus tard, en profitant de leurs communica- Lions écrites et de leurs excellents conseils. En rentrant en Belgique, je publiai différents ouvrages qui avaient successivement pour objet l'astronomie et la statistique; on peut les voir dans les treize volumes de ma Correspondance mathématique, dans les Mémoires de l’Académie rovale de Bruxelles, dans les Annales de la Commission centrale de statistique, mais plus particulièrement dans les deux volumes de mon Essai de physique sociale, dont la première édition parut en 1855, el dans les deux ouvrages publiés en 1846 et 1848 : le premier Sur la théorie des probabilités appliquées aux sciences morales et politiques ; le second Sur le système social et les lois qui le régissent (1).

(1) Ces deux ouvrages étaient dédiés à Leurs Altesses Royales le duc régnant Ernest de Saxe-Cobourg et Gotha et son illustre frère Albert, comme suile aux leçons que j'avais été invité à leur äonner et dont ils avaient bien voulu demander la continuation écrite.

Le premier de ces ouvrages, publié en 1846, mais écrit dejà depuis 1857, comme le prouvent les dates des lettres qu'il renferme, est basé sur les

Cx0T 0)

Je me prépare maintenant à publier le dernier travail auquel j'ai donné tous mes soins, et qui pourra présenter, J'espère, une forme nouvelle à la statistique de l'homme. Je ne crains pas de suivre l'exemple d’un maître célèbre qui voulut bien m’honorer de son amitié, l’illustre de Humboldt (1); il m'offrit, par un mot emprunté à la langue grecque, le titre de mon ouvrage : le nom d’Anthropometrie fera connaître sans effort, je pense, le but que je me suis proposé en le composant.

Permettez-moi de vous indiquer sommairement son objet et la marche que j'ai eru devoir suivre en l’écrivant. Après une introduction qui traite particulièrement de l’unité de l'espèce humaine, de l’harmonie de ses proportions et de la conservation du type, il est parlé de l'influence de l’âge et de la subordination des parties, ainsi

principes de la science des moyennes, sur l'étendue de leurs limites et sur la surface extraordinairement régulière que présentent les variations relalives à l’homme entre ces mêmes limites que je regardais, el je crois avoir raison, comme un des faits les plus curieux des sciences d'observation.

Malheureusement l'ouvrage fut peu répandu, peut-être à cause de sa forme épistolaire, et il fixa médiocrement l'attention. Dans ces derniers temps cependant, voulant vérifier les faits par eux-mêmes, les Anglais, les Américains du Nord, les Allemands, les Italiens, reconnurent les admirables lois que la nature a préposées au développement et à l’organisation merveilleuse de notre espèce.

(1) L’illustre de Humboldt voulut bien me compter au nombre de ses amis, comme le prouve la correspondance que je ne cessai d’avoir avec lui depuis 1822; et il m'en a laissé une dernière preuve touchante dans la lettre qu’il éerivit peu de temps avant sa mort, à M. Mahmoud, astronome égyptien, en l’assurant de tout le plaisir qu'il aurait à le voir « à cause des espérances, disait-il, que vous faites naître pour restaurer l'astronomie dans son gîte le plus ancien, comme par les liaisons que vous avez eucs avec les plus intimes de mes amis, MM. Arago et Quetelet. » Sciences ma-* thématiques et physiques, p. 587, 1 vol. in-8°, 1866.

( 672.) que des différentes causes qui peuvent en hâter ou déranger le développement.

Le premier livre traite des relations de Me el de conformation qui existent entre les diverses parties de l’homme. IT donne des notions sur les échelles de proportion que possédaient les peuples anciens les plus connus, tels que les Indiens, les Babyloniens, les Égyptiens, les Grecs, les Étrusques, les Romains; puis, il est parlé des types adoptés dans le moyen àge, et jusqu’à ce jour, par les Italiens, les Espagnols, les Allemands, les Belges, les Français, les Hollandais, les Anglais, et tous les peuples, enfin, qui se portaient avec le plus d’ardeur vers l'étude des beaux-arts et de la science. Il a fallu, comme on le conçoit, des recherches et des lectures nombreuses parmi les travaux des écrivains des différents pays pour reconnaitre la valeur de ces documents.

Différents artistes et savants d’un grand mérite ont bien voulu me seconder dans mes recherches; je citerat, plus particulièrement, le savant Jomard , pour les travaux des Égyptiens; Shadow et Carus, pour l'Allemagne, et Horace Vernet, pour la France. J'ai tâché, d’ailleurs, de réunir avec soin les documents sur l'histoire de l’art que les anciens ouvrages ont pu me procurer. Ce qui m'a étonné particulièrement , c’est de voir le petit nombre de modèles dont les différents auteurs ont déduit leurs proportions. La théorie des moyennes semble leur avoir été complétement étrangère; les tvpes qu’ils présentent résultatent directement de leurs appréciations personnelles. Phidias, dit-on, employait jusqu'à vingt modèles de femmes; mais il empruntait à chacune les parties les plus avantageuses, sans songer à recourir aux moyennes, dont l'usage, d’ailieurs, était à peu près inconnu. C’élait moins la justesse

( 675 ) des proportions qu’il cherchait, que la grâce ou la forme de certaines parties qui lui semblaient plus belles et plus harmonieuses qu'il n'aurait pu les concevoir.

Dans le deuxième livre, je me suis occupé de déterminer les formes et les proportions des modèles des différents âges et des deux sexes, en adoptant la théorie des moyennes qui, jamais jusqu'alors, je pense, n'avait été employée à ces usages. Je reculai longtemps devant Îles travaux que j'aurais à faire, mais je finis par reconnaître que j'avais poussé trop loin mes craintes. Je crus cependant devoir adopter différentes conditions dans le choix des modèles. Voici la marche que je suivis : je pris dix modèles de l’âge de vingt ans, par exemple, et je les mesurai successivement avec le plus grand soin; je pris ensuite dix autres modèles du méme âge, d’où je déduisis les mêmes mesures et par les mêmes procédés; puis dix autres modèles encore : ce qui me donnait, en dernier lieu, trois moyennes qui, comparées entre elles, n’offraient généralement une différence analogue à ceile que j'aurais pu trouver dans un même modèle mesuré trois fois de suite (1). Je n'avais égard qu'à une seule condition : c'était de prendre les dix modèles de chaque groupe de façon que la moyenne de ces groupes fül, autant que possible, la même; j'en concluais done qu’il suffisait de prendre en tout trente hommes régulièrement conformés pour chaque âge et n'offrant aucun défaut ou excès dans la tulle. Pour les femmes, je crus devoir faire dépendre les résultats d’un nombre d'observations double, à cause des

(1) Les proportions étaient au nombre de cent et vingt environ pour chaque modèle. Les résultats obtenus, sous forme de tableaux, sont donnés à la fin de l'ouvrage.

difficultés plus grandes que présente leur organisation. Pour plus de sûreté encore, cette épreuve fut vérifiée sur des individus de vingt à vingt-cinq ans, de part et d’autre.

En veillant à ces précautions, les différents nombres offraient tant de similitude que les moyennes, chez l’un et l'autre sexe, ne présentaient généralement pas d’excès supérieur à celui que j'aurais pu obtenir sur un même modèle mesuré plusieurs fois de suite, mais du moins j'avais une valeur générale. L’ouvrage expose les autres vérifications que Je fus dans le cas de faire, à Paris et en Italie, sur les mêmes éléments, relativement aux modèles les plus approuvés, d’après les indications des artistes. Je crois donc pouvoir m’en rapporter à la confiance que méritaient les différents documents que je rassemblai et qui s’accordaient spécialement avec les admirables ouvrages de l’école grecque qui resteront à jamais pour leur élégance et pour l'espèce de garantie qu’ils présentent de linaltérabilité des formes (1). Généralement les mesures des différents modèles étaient prises et dessinées avec la plus grande exactitude. Je dois, sous ce rapport, des remerciments à plusieurs de nos artistes les plus habiles; je citerai en particulier MM. Madou, Navez et Calamatta qui voulurent bien m’aider avec la plus grande obligeance : d’une autre part,

(1) Je crois devoir assurer du soin que je pris de comparer les résultats de mes travaux avec les proportions des magnifiques modèles des anciens : ils me donnèrent une nouvelle preuve de l’invariabilité des formes humaines dans la même espèce. Il est bien entendu que mes comparaisons, pour l’homme moyen, ne pouvaient se rapporter qu'aux formes de l’Apollon, du gladiateur, elc., et que l'Hercule Farnèse, et le Laocoon, par exemple , ne formaient pas la moyenne humaine, mais pouvaient être considérés comme des individus qui en faisaient partie. C'étaient des exemples particuliers pouvant concourir à former la moyenne générale.

( 675 ) notre habile physiologiste, M. Gluge, eut la complaisance de prendre lui-même un grand nombre de mesures, et je reçus un secours semblable de M. Lengrand, médecin du régiment des guides, l’un de mes anciens collègues au lycée de Gand. Je dois également la plus grande reconnaissance à MM. Schwann et Spring, qui m’éclairèrent de leurs conseils et me donnèrent, ainsi que M. Gluge, des mesures des différentes parties du corps humain, qu'on retrouvera dans les Mémoires in-4° de notre Académie royale des sciences, tomes XXV à XXVIIT, années 1842, 1845, 1844, 1845 et 1847. |

Je pus donc entourer des plus grands soins les importantes mesures que j'avais à prendre pour l'objet de mes études; je dois surtout des remerciments affectueux à ces amis obligeants qui, avec une complaisance et une réserve à toute épreuve, consentirent à m'aider dans mon pémible travail.

Le troisième livre traite avec détail de la grandeur moyenne de l’homme, des deux écarts extrêmes de cette moyenne en plus et en moins, et de la distribution régulière de toutes les valeurs entre le maximum et le minimum. J'ai tâché, par cette discussion importante, de compléter la théorie des proportions de l’homme considéré à tout âge.

Il est des lois très-régulières qui, pour chaque époque de l'existence de l'homme, marquent sa hauteur, son poids, sa force et ses autres qualités physiques. Ces lois restent les mêmes, pour un même pays et pour un même âge : elles suivent une marche constante d'année en année (1).

(1) Cette marche n’est constante, bien entendu, que pour autant que la loi de la population et que l’état de la législation ne changent pas, car l'un est essentiellement subordonné à l’autre ; cependant il faut de bien

( 676 ) Leur examen forme l’objet du quatrième livre de lAnthropomélrie.

Pour se rendre compte de la loi si simple qui règle les tailles, que l’on suppose tous les individus de vingt ans couchés sur la ligne horizontale db, les pieds placés au même point d; l’autre extrémité du corps, la tête, sera, selon la taille de chacun d’eux, appuyée sur cb, dans des points plus ou moins éloignés de d.

C'est ici que se prononce la loi. Le nombre des têtes appuyées entre c et b (en deux points, l’un le plus voisin et l’autre le plus éloigné de d) ne se rangent pas au hasard, mais de la manière la plus régulière. Pour s’en rendre compte, qu'on élève en chaque point, placé entre

grands changements pour qu'ils deviennent sensibles sur l’état même du peuple. Ainsi, la France, depuis un demi-siècle, a passé par des états bien différents, et cependant la stature du peuple n’a guère varié. Je l’ai souvent répété : la suite des guerres du premier empire et de la révolution qui avait précédé a sans doute changé le chiffre de la population, surtout pour les décès, mais ce changement a produit plutôt des effets temporaires que des résultats définitifs.

ces deux points extrêmes c et b, des perpendiculaires ou ordonnées, égales en hauteur au nombre de têtes qui viennent appuyer en chacun de ces points, on trouvera la courbe cab, l’une des lignes les plus remarquables que connaisse la géométrie. Cette courbe a été successivement employée par Newton, par Pascal et par différents autres géomètres ; elle a pris différents noms selon ses applications dans les sciences. Cette courbe, généralement connue sous le nom de binôme de Newton, prend ici la forme la plus régulière; elle présente un grand axe ao qui la partage symétriquement, par le milieu, en deux parties égales. |

. Cette loi fut d’abord vivement contestée par les hommes les plus compétents dans les sciences mathématiques. Je fournis mes preuves en citant les documents importants dont je pus faire usage; et je montrai que cette loi était vraie, non-seulement pour le corps tout entier, mais qu’elle se vérifiait même pour chacun de ses membres. Il y a plus, je pris la table des tailles publiée antérieurement par d’Hargenvilliers, dans ses Recherches et considérations sur la formation et le recrutement de l’armée de France, que M. Villermé à publiée anciennement dans son mémoire Sur la taille de l’homme en France, t. I‘ des ANNALES D'HYGIÈNE , et je démontrai qu’il y avait identité. Cet accord, qu’on n'avait pas même soupçonné, s'établit de la manière la plus frappante avec la loi indiquée.

La loi énoncée parut assez importante pour mériter l’attention des pays les plus avancés dans les sciences. L’Angleterre et particulièrement l'Écosse donnèrent l’exemple. J'ai cité, dans la dernière édition de ma Physique sociale, les résultats scientifiques qui y furent obtenus et qui confirment entièrement les miens.

2e SÉRIE, TOME XXIX. A4

Les États-Unis d'Amérique voulurent faire ensuite le même essai : Les tailles de 25,878 volontaires furent relevées avec soin, et d’après les renseignements officiels du bureau de l’adjudant-général, la même concordance fut observée. J'en ai cité lexemple dans ma Physique sociale (1), où l'on trouvera également la table calculée sur le nombre des jeunes conserits, donnée pour l'Italie, dans l'intervalle de trois années, par M. Bodio, professeur à l'institut supérieur de commerce de Venise. Les nombreuses recherches faites en Allemagne par les statisticiens les plus habiles pour vérifier ces résultats ou pour faire valoir l’attention qu’ils méritent, prouvent combien ce peuple instruit est avide de connaître ce qui peut servir à l’éclairer.

Dans l’ouvrage dont la publication est prochaine, je vais plus loin : en faisant mes recherches sur l'homme, je ne m'étais point arrêté à considérer seulement sa taille; j'avais voulu connaître encore quel était son poids, quelle était la force de ses mains, de ses reins, etc. Je ne parlerai point de ses autres facultés physiques, ni de ses facultés

(1) J’ai cité l'exemple du calcul qui a été fait, et différents autres exemples de l'ouvrage que les États-Unis ont fait paraître à ce sujet et qu’ils ont communiqué au Congrès de statistique alors réuni à Berlin, en 1865. Voici ce que dit l'ouvrage à ce sujet « this law (based on the assumption of the operation of an indefinite number of independent causes of finite variation, of error, equally favoring excess and defect) may be expressed by a very simple analytical function first investigated by J. Bernouilli in its relation to the probable distribution of errors of observation of a single object; extended by Poisson, under the title of «the law of large numbers » to the measurement-of many objects, representatives each of a Common type, and first applied by M. Quetelet to the physical measurement of man. » Pages 728 et 729. Inlernationaler stalistiscrer Congress in Berlin, 4 vol in-4°, Berlin, 1865.

intellectuelles et morales : je me bornerai, pour le travail actuel, à ce qui concerne sa taille ainsi que son poids et sa force. Or, la loi que suivent ces deux derniers éléments, dans leur développement successif, est absolument la même que celle relative à la taille. Seulement les courbes ne sont plus de forme régulière comme pour cette dernière; le - binôme, dans son développement, a son terme maximum qui se trouve alors à inégale distance des deux extrémités de sa base (voyez la figure ponctuée ca’b pour les poids); je ne crois pas devoir entrer dans plus de détails à cet égard.

J'avancerai cependant que cette loi est d’une, généralité telle qu’elle me semble embrasser à la fois tous les corps vivants, non-seulement ceux de l’espèce humaine, mais les corps similaires du règne animal, et ceux même du règne végétal, du moins autant que mes observations m'ont permis de le reconnaître. Qu'on mesure les arbres d’une sapinière, ou d’une forêt de chênes, ou même les tiges d’un champ de frement ou de seigle; qu’on les mesure, et l’on pourra micux juger de la valeur de mes observations.

Pour le moment je me bornerai à faire apprécier combien les particularités qui concernent l’homme méritent d'attention, et combien on a tort de les négliger. On recherche, avec une avidité et avec une assiduité extrême, tout ce qui se rapporte aux différents êtres de la création, jusqu'aux moindres polypes, et l’on semble oublier les lois qui régissent l'être le plus important, celui qu'on se plaît à mettre à leur tête. Ne serait-ce pas le cas de rappeler ce qu'écrivait l’un des hommes les plus distingués de cette époque, un savant illustre, que notre pays a possédé pendant longtemps à Bruxelles dans une des positions les plus modestes, avant qu'il allàt occuper le rang de premier

( 680 ) | ministre dans sa patrie : « À ogni modo, la scoperta di un inselto, o l’invenzione di un ordigno, à un evento più celebre e più importante nel mondo letterato d’oggidi, che la più nuova et più fondata soluzione di alcuno fra quei problemi rilevantissimi, i quali sono la cima et la sostanza della filosofia. » Vincenzo Gioberti (1).

Sur les forces vitales ; par M. J. d'Omalius d’Halloy, membre de l’Académie.

Quoique je sois étranger , ou peut-être parce que je suis étranger aux études physiologiques, j'ai regretié de ne pouvoir me rendre raison de quelques opinions que j'ai lues dans des revues scientifiques. Je veux parler des opinions qui rejeltent l’expression de forces vitales et surtout de celles qui soutiennent qu'il y à énséparabilité de la matière et de la force dans les phénomènes biologiques. J'ai, en conséquence, désiré de m'éclairer à ce sujet au moyen des lumières de nos confrères physiologistes, et je me suis permis , dans la séance du 2 avril dernier, de leur demander des éclaircissements. J'ai déjà lieu de me féliciter de cette démarche puisqu'elle nous a valu la savante communication que M. Poelman nous a faite dans la séance du 9 mai suivant. J’ai vu avec plaisir que l’auteur de ce beau travail admet les forces vitales et qu’il les considère comme

(1) Physique sociale, tome 1; page 111 (Avant-propos), publié à Bruxelles, en 1869.

différentes des forces physico-chimiques; mais, lorsque J'ai témoigné à notre savant confrère le regret de ne pas avoir entendu quelques mots sur des idées que, malgré mon insuffisance, j'avais cru pouvoir émettre à la suite de ma demande, il m'a été répondu, avec raison, que ces idées n'ayant été énoncées que verbalement, on n'avait pu les saisir d’une manière assez complète pour s’en occuper. D’un autre côté, comme nous avons le bonheur de posséder dans l’Académie d’éminents physiologistes, mon but principal était de donner lieu à une discussion où diverses opinions auraient pu se manifester. D’après ces considérations, je demande à la classe la permission de reproduire mes observations et de les insérer dans le Bulletin , espérant que cette insertion donnera lieu à de nouvelles communications.

J'avais dit que je concois que l’on considère les forces physico-chimiques comme inséparables de la matière; J'avais même ajouté que cette inséparabilité me paraît incontestable pour l'attraction, dont les effets se font-constamment sentir, à moins qu'ils ne soient empêchés par une cause quelconque, et que si l'unité des forces physico-chimiques existe réellement, celles-ci seraient toutes dans le même cas. On peut même dire, à l’appui de cette dernière opinion, que les effets de ces forces s’exercent toujours lorsque les corps se trouvent dans des conditions qui leur permettent d'agir; c’est ainsi que si de l’acide sulfurique et de la chaux sont mis en contact, il se formera toujours du sulfate de chaux; que si du zinc et du cuivre sont placés l’un sur l’autre, il se développera de l’électricité, etc. Mais rien de semblable n’a lieu lorsqu'il s'agit de faire passer la matière à l’état de corps vivant, car ce phénomène ne se produit qu’autant que le mouvement

( 682 ) vital ait été communiqué à la matière par un être vivant. D'un autre côté, si la force qui anime l'être vivant est inséparable de la matière, je ne concevrais pas pourquoi ces êtres sont soumis à la mort, car ils devraient avoir une existence aussi fixe qu’un cristal de quartz.

Je ne concevrais pas non plus pourquoi les êtres vivants , qui sont en général composés des mêmes éléments, prennent l'immense quantité de formes que présente la nature organique, et comment ces formes se reproduisent par une série de générations. Je ne puis donc concevoir ces phénomènes qu’en supposant que la reproduction des corps vivants est due à des forces que je crois que l'on doit continuer à nommer forces vitales ou forces physiologiques et dont l’ensemble forme ce que l’on appelle la vie. Cette manière de voir n’empêche pas d'admettre que les effets de la vie sur la matière se produisent au moyen des forces physico-chimiques ; de même, s'il est permis de faire une semblable comparaison, qu’un industriel dispose les choses de façon à mettre les phénomènes chimiques dans le cas de décomposer des corps et d'en former de nouveaux.

Je crois également que les forces vitales se divisent en autant de forces particulières qu’il y a dans la nature organique de formes spéciales susceptibles de se reproduire par la génération. Je crois encore que ces forces se séparent de la matière par la mort des individus qu’elles animaient, qu’elles sont susceptibles de se modifier selon les conditions dans lesquelles se trouvent les êtres vivants, et qu'une de ces forces peut se perdre par la destruction simultanée de tous les êtres qui en étaient animés; ce qui explique les changements que présente la série paléontologique, la disparition de certaines espèces, ainsi que les

modifications de formes qui se produisent sous nos veux et ce qui n’a rien de contraire au dogme de l’immortalité de la force intellectuelle qui anime l’homme.

Réponse à l’interpellation de M. d'Omalius relative à la force vitale; par M. Th. Schwann, associé de l’Académie.

Lorsque, dans la séance du 2 avril dernier, M. d'Omalius à adressé une interpellation aux membres physiologistes de l’Académie pour connaître leur opinion sur la question de savoir si, pour expliquer les phénomènes de la vie, ils admettent ou n’admettent pas une force parliculière, Indépendante de la matière, appelée force vitale, je me suis refusé à entrer dans une discussion sur cette matière, parce que je ne crois pas qu’une question aussi vaste et aussi délicate puisse être résolue par une discussion académique.

J'ai publié mes idées sur ce sujet dans mon ouvrage : Mikroscopische Untersuchungen über die Uebereinstimmung in der Structur und dem Wachsthumm der Thiere und Pflanzen. Berlin, 1839, p. 220. J’ai dit que dans l'intérêt des sciences il faut éviter, si cela est possible, dans la recherche des causes des phénomènes vitaux les explications par finalité, c'est-à-dire les explications par des forces que l’on suppose agir pour réaliser une certaine idée, tout en leur déniant la conscience et la connaissance de cette idée: qu'il faut, au contraire, pour la nature vivante, pour suivre la même méthode d'examen et d'explication que l’on suit dans la nature inerte, et voir jusqu'où l’on peut arriver.

| ( 684 ) Cette méthode, je l'avais déjà suivie antérieurement (1836) en constatant les lois de la contraction musculaire.

Ayant découvert que l’accroissement a lieu de la même manière chez les animaux que dans le règne végétal, qu'il se réduit partout à la formation de cellules d’après certaines lois que j'ai trouvées, j'étais arrivé au phénomène fondamental de la vie, au point où commence la différence entre la vie et la nature inerte, l'accroissement étant la seule fonction qui existe chez tout ce qui vit.

J'y ai appliqué le principe énoncé ci-dessus et j'ai comparé les phénomènes de l'accroissement avec l’acte le plus analogue de la nature inerte, avec la cristallisation, et J'ai indiqué les analogies et signalé les différences.

Quoi qu'on puisse penser de cette comparaison basée sur des faits, il était suffisamment démontré que l’on peut s'approcher de plus près de l’explication des phénomènes de la vie, en essayant d'y appliquer les lois, constatées dans la nature inerte, et en les examinant d’après la même méthode qu’en les attribuant à une force quasi-intelligente qui n’a pas la conscience de ce qu’elle fait.

Je crois que mon travail à introduit dans la science de la vie cette nouvelle direction , et je m'en félicite : elle y a prévalu et elle caractérise la physiologie moderne. Les magnifiques résultats obtenus déjà témoignent en faveur du principe et si l’on est allé au delà de certaines limites, ces écarts n'étaient pas renfermés dans le principe que j'avais établi. Il est évident déjà, par la contradiction signalée plus haut, que je n’ai eu en vue que les phénomènes des organismes dans lesquels 1l n’y à pas intervention d’une volonté consciente.

J'ai poursuivi mes travaux dans la même direction et je compte un jour publier la continuation de ma théorie cel-

lulaire, mais je me réserve le droit de choisir moi-même le moment et le mode de publication, et je n’entrerai pas ici dans une explication ultérieure sur la question générale de M. d'Omalius.

Mais les réponses orales que M. d'Omalius a données dans la séance du mois de mai à M. Poelman, après la lecture du mémoire de celui-ci, m'ont semblé prouver que le très- honorable auteur de l’interpellation désire savoir, avant tout, si les membres physiologistes de l'assemblée admettent que force ct matière sont essentiellement liées, ou s'ils croient à l'existence de forces indépendantes de la matière.

Si telle est l'intention du vénéré confrère, je puis lui répondre d’une manière très-catégorique, el je tiens à répondre sur ce point, parce que cela me fournit l’occasion de préciser nettement la position que j'occupe, comme adversaire de la force vitale, dans le sens indiqué ci-dessus, vis-à-vis de la théorie à laquelle l'honorable doyen d'âge de l’Académie fait allusion.

Déjà, lors de la publication de ma Théorie cellulaire, j'ai déclaré très-positivement (loc. cit., p. 221) que nous sommes obligés d’admettre chez l’homme un principe immatériel, ayant la conscience de lui-même et agissant librement pour atteindre des buts qu’il se pose lui-même.

La réponse était donc déjà donnée avant la question. Mes idées n’ont pas changé depuis.

La théorie de la relation essentielle entre matière et force, de manière qu'il ne puisse pas y avoir de forces sans matière, de forces dites immatérielles, cette théorie n’existalt pas encore à cette époque. Mais tout ce qui a été écrit sur ce sujet n’a pas le moins du monde ébranlé ma

conviclion.

Je ne veux pas entrer dans une discussion philosophique de celte théorie : elle exigerait, avant tout, une explication sur la signification des mots matière et force. Mais voici la manière dont je l’envisage au point de vue du naturaliste.

Elle repose, à mon avis, sur une faute de méthode, faute que l'on commet malheureusement trop souvent dans les sciences naturelles; elle repose sur la généralisation non justifiée d’un principe que l’on a basé sur un grand nombre de faits et que l’on déclare applicable à tous les faits.

En effet, tous les phénomènes de la nature inerte et certainement un grand nombre de phénomènes que nous rencontrons sur des êtres vivants, pris dans leur totalité, doivent être expliqués par des forces inhérentes à la matière. Mais on a tort de dire que tous les phénomènes doivent être expliqués ainsi, et qu’une force sans matière cst impossible.

I! y a des phénomènes que l’on constate avec une cerülude complète, dont l'explication exige une force qui se distingue de toutes les forces de la matière par sa liberté. Le principe de l'union essentielle entre matière et force est basé sur l'observation de phénomènes qui ne manifestent pas le caractère de liberté. Il ne peut pas être généralisé au delà de ces phénomènes, 1l ne peut pas être étendu aux faits qui dénotent l'existence de forces hbres.

Ces faits dont je parle sont des faits internes, des actes dont notre conscience nous rend immédiatement compte. Nous savons, à chaque moment, que nous sommes libres et que nous possédons toutes les propriétés inséparables de la liberté, à commencer par celle de la conscience de nousmêmes. Ces faits internes sont pour le moins aussi cer- {ains pour nous que les faits externes.

Pour ces derniers, nous nous servons des organes des sens; mais ce qui les constate en dernier lieu, c'est seulement la conscience; les sens ne sont que des instruments.

Or, un phénomène qui, pour être constaté, exige l'emploi d'instruments, ne devient point par là plus sûr qu'un fait que l’on constate immédiatement.

La liberté, avec toutes les facullés qui en sont Inséparables, nous la constatons de cette dernière manière, et elle est pour le moins aussi sûre que les phénomènes de la naturé extérieure.

Comme le caractère essentiel de toutes les forces de la matière est l'absence de liberté, et qu'aucune combinaison, quelque compliquée qu’elle soit de forces non libres, ne peut engendrer une liberté réelle, nous sommes obligés d'admettre dans l’homme une forec qui se distingue substantiellement des forces de la matière et qui est caractérisée en premier lieu par sa liberté.

Si l’on étend à l’explication des phénomènes de liberté le principe que l’on à déduit de l'observation des faits dans lesquels il n’y a pas preuve de liberté, on agit comme agirait un savant qui, ayant reconnu par une foule d’observations qu’en général les corps ont de la pesanteur, élablirait là-dessus le principe que l'attraction mutuelle est une propriété essentielle des atomes, niant, par conséquent, la possibilité d’atomes qui ne s’attirent pas. Si on lui objecte les phénomènes de la lumière, de la chaleur rayonnante, etc., il serait obligé, pour soutenir sa thèse, ou de nicr les faits, ou de dire que ces phénomènes sont dus à des propriétés inconnues des atomes pondérables.

Un progrès immense de la physique qui les explique par des atomes qui se repoussent, serait ainsi empêché

( 688 ) par une généralisation précipitée d'un principe qui n’est vrai que dans certaines limites.

Il en est de même de la théorie de la relation essentielle entre matière et force : elle empêche l'esprit d'entrer dans une voie qui conduit à une position d’où l’on peut embrasser, d'un seul coup d’æil, toute la création, et c’est à cette position qu'il faut arriver pour interpréter les organismes.

La matière ne peut être comprise, d’après ma manière de voir, qu'en partant de l’idée de la force dont notre principe Intelligent a une connaissance immédiate.

Le principe en question est plus nuisible encore au progrès des sciences naturelles que le système contraire qui, à chaque occasion, sans raison suffisante, veut faire intervenir des forces immatérielles dans l’explication des phénomènes des organismes. Ce sont des tendances opposées, au fond desquelles il y a des préventions vers l'un ou vers l’autre côté.

L’examen, sans idées préconçues, conduit à la vérité qui est ici, comme à l’ordinaire, au milieu des deux extrêmes. | |

Il va sans dire que, s’il y a un pareil principe immatériel combiné avec un organisme, il exercera aussi une influence décisive sur les autres forces du corps, sur son organisation, au point que le corps humain ne pourrait pas même exister tel qu'il est, si ce principe n'existait pas en lui. Mais, malgré cela, il est absolument nécessaire de séparer la question de la force vitale de celle de lexistence d’un principe immatériel chez l'homme.

Observations au sujet des travaux géologiques de MA. Cornet et Briart sur la meule de Bracquegnies; par M. Horion , docteur en sciences et en médecine, à Liége, et M. J. Gosselet, professeur à la faculté des sciences de Lille.

Depuis quatre ans le terrain crétacé du Hainaut est l'objet de nombreux et savants travaux de la part de MM. Cornet et Briart. Ces géologues sont parvenus à éclaircir beaucoup de questions encore douteuses et à rectifier des erreurs qui avaient été commises par leurs devanciers. Nous sommes du nombre de ceux-ci (1). Les quelques pages que nous avons écrites l’un et l’autre sur la meule de Bracquegnies ont été de leur part l’objet de critiques que nous ne pouvons accepter complétement. Elles portent sur deux points :

1° Fausse détermination des fossiles de Bracquegnies.

2° Conclusion erronée quant à l’âge de la meule.

I. Sur le 1° point, voici comment s'expriment MM. Cornet et Briart :

« M. Horion, dans sa notice déjà citée, et récemment » M. Gosselet ont rapporté la meule de Bracquegnies au » gault. — Nous avons lieu de croire que des erreurs graves » ont été faites dans la détermination des fossiles rencon-

(1) Notice sur le terrain crétacé de la Belgique, par M. Ch. Horion. Bull. Soc. Géol. de France, 2° XVI, p. 651.

Observations sur l'existence du gault dans le Hainaut , par M. J. Gosselet, id., p. 122.

Constilution géologique du Cambrésis, par M. J. Gosselet, 1865.

( 690 ) » trés par M. Horion à Bracquegnics; car des huit espèces » suivantes indiquées comme provenant de cette localité :

Cardium hillanum. Avellana incrassala.

Cardita tenuicosta. Cerithium Lallierianum.

Astartle sabaudiana. Turrilella Rauliniana.

Ostrea conica. Dentalium decussatum

» nous n'avons (rouvé que le Cardium hillanum et » lOstrea conica parmi Icsnombreux spécimens bien con- » servés des qualre-vingl-treize espèces que nous possé- » dons (1). » | On ne connaissait aucun fossile dans la meule de Bracquegnies lorsque l’un de nous trouva derrière la maison d'école du village une couche fossilifère dont 1} emporta quelques plaques. L’autre était en ce moment occupé à déterminer des fossiles du gault, trouvés à Wignehies; il profita de la circonstance pour examiner les fossiles de Bracquegnies. Parmi eux, il y en avait de parfaitement caractérisés que nous rapportämes au gaull; d’autres étaient moins complets, mais l'assimilation des précédents nous entraïna peut-être au delà de la stricte réserve que devraient s’imposer ceux qui ne veulent s'exposer à aucune erreur. Ainsi le Dentalium de Bracquegnies ressemble plus à D. medium qu'à D. Decussatum. Nous avions attribué le nom d’Asfarte sabaudiana Pictet et Renevier à une espèce de bivalve que MM. Cornet et Briart nomment Venus caperata Sow. Ne possédant pas le mémoire de MM. Pictet

(1) Description minéralogique , paléontologique et géologique du ter rain crélacé de la province de Hainaut, par MM. Cornet et Briart. 1866; p. 69.

el Renevier sur les fossiles de la perte du Rhône, nous ne pouvons contrôler notre première détermination. | Notre Cerithium Lallierianum d'Orb. est un petit Gasteropode que MM. Cornet et Briart ont appelé Turbo Fittoni Sow. Ces deux espèces ne diffèrent que par la bouche; or, la bouche de nos échantillons est presque toujours cassée, et maintenant même que notre attention est appelée sur ce point, nous croyons voir dans des fossiles assez bien conservés le sinus caractéristique des Cérites (1).

Turritella Rauliniana. Nous possédons au moins en fragments quatre espèces de tarritelles qui ne sont pas déerites dans le mémoire de MM. Cornet et Briart. Deux d’entre elles se rapprochent beaucoup de la Rauliniana, quoique présentant de petites différences.

Cardita tenuicosta. MM. Cornet et Briart ont créé pour ce fossile le nom de C. Spinosa; ils le distinguent de C. tenuicosta du gault par ses côtes spineuses au lieu d'être lamelleuses. L’usure de nos échantillons n'avait pas permis de reconnaître ce caractère.

Avellana incrassata. MM. Cornet et Briart font de ce fossile le Cinula avellana (Avellana cassis d'Orb). Comparons le fossile de Bracquegnies aux descriptions de l’Avel-

(1) La note suivante nous a été très-obligeamment communiqüée par M. Briart :

Le Turbo Filtoni n’a plus de raison d’être. Tous les échantillons du British Museum sont actuellement étiquetés sous le nom de Cerithium gracile. Les noms de Lillorina gracilis Sow. et Turbo Filtoni d’Orb. n’ont été donnés qu’à des échantillons dont la bouche était incomplète. Le Cerithium Lallierianum en est très-voisin , si, toutefois , ce n’est pas la même espèce.

lana incrassata ct de l’Avellana cassis de la Paléontologie française.

Avellana incrassata Avellana cassis - Avellana du gault. de la craie glauconieuse. de la meule.

Coquille ornée de 50 à Coquille ornée de 27 Coquille ornée de 51

56 côtes; 3 dents à la côtes; 5 dents à la co- côtes ; 3 dents à la cocolumelle; moins ren- lumelle; plus renflée. lumelle; moins renflée flée. que les deux autres.

MM. Cornet et Briart pensent avoir aperçu dans leurs

fossiles une quatrième dent. Nous possédons un échantillon parfaitement disposé pour la voir si elle existait. Eu égard à son absence, nous maintenons le nom d’Avellana incrassala.

IT. Après avoir donné le tableau des fossiles de la meule,

MM. Cornet et Briart ajoutent :

« On voit par ce tableau que des cinquante et une espèces précédemment connues et trouvées par nous dans la meule de Bracquegnies, huit ont été trouvées dans la craie chloritée des environs de Rouen, treize dans les couches cénomaniennes de la Sarthe, trois dans Île gault, cinq dans le tufau de Tournai et de Montignysur-Roc, et quarante-deux dans le green sand du Devonshireà Blackdown. Ces résultats ne peuvent laisser aucun doute sur l'identité de la meule avec les couches si remarquables de Blackdown, et l'opinion de M. Horion, qui, S'appuyant sur le caractère paléontologique d’après quelques déterminations faites par M. Gosselet, la raprapportait au gault, ne peut plus se soutenir (1). »

(1) Description minéralogique et paléontologique de la meule de Brac-

quegnies, par M. Cornet et Briart. 1868, p. 14.

Disons d’abord que nous adoptons complétement l’assimilation proposée par MM. Cornet et Briart de la meule de Bracquegnies au grès vert de Blackdown. Nous regardons la démonstration de ce fait, dont les géologues belges ont tout l'honneur, comme un progrès très-important pour la connaissance du terrain crétacé de nos pays. Mais les conclusions de MM. Cornet et Briart diffèrent bien peu des nôtres. La dernière édition des Éléments de Géologie de Lyell, contient la phrase suivante qui suffit pour nous mettre d'accord :

« Les couches de Blackdown, dans ie Devonshire, célè- » bres parce qu'elles contiennent un grand nombre d’es- » pèces fossiles qu’on ne trouve pas ailleurs, ont été communément rapportées au grès vert supérieur; car elles lui ressemblent par le caractère minéralogique. Mais M. Sharpe a suggéré, el apparemment avec raison, qu’elles sont plutôt l'équivalent du Gault. Elles se formaient probablement sur le rivage de la mer au fond de laquelle se déposait la fine argile nommée gault (1). » Ainsi nous rapportons la meule au gault. MM. Cornet et Briart la comparent aux sables de Blackdown. Si ceux-ci sont du gault, nous n’avons qu'à nous donner la main.

La position des sables de Blackdown pouvant cependant laisser quelque incertitude pour certains géologues , nous allons continuer notre discussion.

La comparaison de la faune de Bracquegnies à celle du terrain cénomanien de France montre que c’est avec les sables du Maine qu'ils ont le plus d’analogie (treize espèces sur cinquante et une). MM. Cornet et Briart adoptent-ils

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