‹ Recherches sur l'embryogénie des crustacésChapitre 76 sur 89 · D SALAM ARS · texte numérisé non relu

D SALAM ARS

(1) Lyell, Elements of Geology, 6° édition 1865, p. 329. 2€ SÉRIE, TOME XXIX. 45

( 694 ) celte assimilation? ils ne le disent pas; mais si e’était leur Opinion, il leur faudrait alors expliquer pourquoi cette faune est, dans le bassin de Mons, inférieure à la zone à Pecten Asper, landis qu’elle leur est supérieure dans l’ouest de la France.

MM. Cornet et Briart citent vingt et une espèces comme se trouvant à la fois dans la meule de Bracquegnies et dans la craie glauconieuse de France et de Belgique. Els nous permettront de discuter un peu ce chiffre. Nous pensons qu'il ÿ à erreur de détermination pour Acellana cassis et pour Ostrea haliotidea, et nous regardons comme doutcuses les conclusions tirées des fossiles que les auteurs ont nommés :

Natica mesotyle. Avicula anomala.

Rostellaria Tyloda. Mytilus reversus.

Janira aequicostala.

Ostrea haliotidea. L'huitre figurée sous ee nom par Goldfuss, celle que l’on trouve à Montigny-sur-Roc et à Bavai, est relativement plus longue que l'huître de Bracquegaies. Tandis que son bord palléal est horizontal et fixé, son bord buceal plus petit se redresse à angle droit. Dans l’huître de Bracquegnies, la valve inférieure est séparte en deux parties presque égales par une carène obtuse. Nous rapportons ce fossile à l’Ostrea conica. MM. Cornet et Briart indiquent les différences suivantes entre ces deux espèces :

Ostrea haliotidea ; Crochet contourné latéralement en spirale ; cotes obliques, irrégulières, arrondies surtout du coté buccal; point d'attache plus ou moins étendu, lisse.

Ostrea conica : Crochet recourbé sur le côté, mais non contourné en spirale. Pas de côtes obliques rayonnantes; point d'attache peu étendu à surface rugueuse.

Nous ne pouvons admettre ces différences. Les échanüllons d’'Ostrea conica que nous possédons de diverses localités nous ont presque toujours montré un crochet contourné en spirale, et sur de nombreux individus Jeunes, nous avons remarqué des côtes obliques rayonnantes, surtout du côté buccal. D'Orbigny indique du reste ce caractère (1). Quant au point d'attache, nous n'avons point fait de remarques pouvant corroborer ou combattre les observations de MM. Cornet et Briart. Les auteurs n'ajoutent pas, d’ailleurs, une grande importance à ces différences.

« Il règne quelque peu de confusion, disent-ils, quant >» au Caractère spécifique de ces deux espèces; les déter- > minations précédentes sont, par conséquent, un peu » douteuses (2). »

Rostellaria Tyloda. Selon MM. Cornet et Briart, le fossile de Bracquegnies pourrait bien être le R. Tyloda de Ryckh. figuré, mais non décrit dans les Mélanges paléon= tologiques, et qui lui-même pourrait bien n'être que Île R. Parkinsoni (5). Il nous semble qu’au milieu de tous ces doutes, nous pouvons bien, d'accord avec MM. Cornet et Briart, considérer comme douteuse l'assimilation du fossile de Bracquegnies avec celui de Tournai.

Natica Mesotyle. C'est également une espèce figurée et non décrite par M. de Ryckholt, d'après un fossile de Tournai. Cette espèce se rapproche beaucoup « de N. excavala » Mich. qui est une espèce albienne..………. AL nous ne

(1) Paléontologie française, ter : crélacés, lamellibranckhes. (2) Loc. cit, p. 16.

(5) Loc. cit, p. 20.

» Connaissons pas les motifs qui ont engagé cet auteur à » en faire une espèce à part (1). »

Janira aequicostata L'. La ressemblance de ce fossile avec celui trouvé par d’Orbigny dans le turonien, n’est pas complète, d'après MM. Cornet et Briart (2).

Avicula anomala Sow. La figure de Sowerby (fossile de Blackdown) est parfaite, et ressemble trait pour trait, aux spécimens de la meule. Celle de d’Orbigny (fossile de la Sarthe) est différente (3).

Mytilus reversus Sow. Les figures données par d'Orbigny des fossiles de la Sarthe présentent à la région palléale des Sstries rayonnantes que l’on ne trouve pas dans les échantillons de Bracquegnies.

Nous concluons des remarques précédentes que les trois derniers fossiles ressemblent à ceux de Blackdown, mais que leur identité avec les fossiles de la Sarthe est plus douteuse.

HT. Relations paléontologiques de la meule et du gault. MM. Cornet et Briart citent lrois espèces seulement communes au gault et à la meule de Bracquegnies, ce sont :

Fusus Smithii.

. Natica Geinitzii (N. canaliculata).

Arca fibrosa.

Nous y ajoutons quatre espèces, communes à la fois au gault, à la craie glauconiense et à la meule :

Natica rotunda (N. Clementina).

Ostrea conica (O0. Arduennensis).

(1) Loc: cit, p:'27:

1(2) Loc. cit} p:90:

(3) Loc. cit., p. 52.

( 697 ) Arca carinala.

Serpula filiiformis ;

el une autre que MM. Cornet et Briart ont confondue, à tort, suivant nous, avec un fossile de la craie glauconieuse

Avellana incrassata — Avellana cassis, C. et B.

Rappelons enfin que

Mytilus lanceolatus

a été trouvé dans létage néocomien d'Auxerre et de Cluse.

Est-ce là tout ? Quelques espèces reconnues comme nouvelles par MM. Cornet et Briarl sont si voisines d'espèces du gault, qu'elles indiquent des pau ts avec ce terrain. Nous cilerons :

Cardita spinosa, €. et B., très-voisine de C. tenuicosta du gault.

Nucula Dewalquei, C. et B. très-voisine de N. bivirgala du gault.

Enfin, si nous ne voulions nous mettre à l'abri de tous reproches dans la détermination des espèces, nous ajouterions les noms de quelques fossiles que MM. Cornet et Briart ne paraissent pas connaître. Ce sont :

Turritella, voisine de T. Rauliniana du gault.

Solarium — de S. dentatum — Cerithium — de C. excavatum Cerithium — de C. tectum — Turbo — de T. minutus de laptien.

Avicula — de À. Cotaldina du néocomien.

Natica rotunda. MM. Cornet et Briart citent dans la meule de Bracquegnies deux natices, trouvées toutes deux à Blackdown et toutes deux voisines de N. Clemen'ina d'Orb. du gault. Ce sont N. rotunda et N. pungens. Voici ce qu'ils écrivent au sujet de la seconde espèce : « Si nous » nous en rapportons à la description du N. Clementina » de d'Orbiguy, qui donne à cette espèce un angle apicial » de 80° et non à la figure 4 pl. 172 de la Paléontologie » française dont l'angle est beaucoup plus ouvert, il de- » vient assez difficile de la distinguer du N. pungens, si » ce n’est par la régularité de Son angle apicial, différence » bien légère dont 1l est parfois impossible de s'assurer à » la simple vue (1). »

Quant à N. rotunda « elle présente, avec les trois espè- » ces de d'Orbigny (N. sublœtigata du néocomien, N. cas- » siana du néocomien et N. Clementina du gault), des dif- » férences très-légères, sur lesquelles on ne se serait » probablement pas arrêté, si elles eussent été rencon- » trées dans le même étage (2). »

Nous partageons l'opinion de MM. Cornet et Briart, et nous pensons que les deux natices de Blackdown et de Bracquegnies sont très-voisines des natices du néocomien et du gault, si elles ne leur sont pas identiques. Dans son prodrome , d’Orbigny annonce avoir trouvé dans les grès verts de la Sarthe, la N. rotunda de Biackdown. Mais on connaît l'esprit systématique du grand paléontologiste français. Si les grès verts de la Sarthe eussent, selon lui, représenté le gault au lieu de représenter les sables de

(1} Loco. n26% (2) DC CL pre:

( 699 ) Blackdown , la natice qu'il y a rencontrée eût probablement reçu le nom de Clementina au lieu de celui de Rotunda. ne Nous regardons donc la présence de la N. rotunda de Bracquegnies comme indiquant des affinités plus grandes avec le gault et le néocomien qu'avec la craie glauconieuse.

Solarium dentatum. C'est un des fossiles les plus caractéristiques du gault. Le solarium de Bracqueguies en est très-voisin, mais moins déprimé (angle spiral 110 au lieu de 150).

Nucula bivirgata. C’est encore un fossile commun dans le gault. MM. Cornet et Briart ont ramassé dans la meule une nucule qui se rapproche « beaucoup de cetteespèec dont » elle a les ornements presque traits pour traits; mais elle » s’en distingue par ses proportions relatives et par sa » taille. »

Ils en ont fail une espèce nouvelle. Nous ne contestons pas celte conclusion, mais l'extrême analogie des deux espèces indique un trait de plus en faveur du gaalt et de la meule.

Parmi les autres espèces considérées par MM. Cornet et Briart comme nouvelles, et qu'il ne nous a pas été donné d'étudier, n’y en a-t-1l pas d’autres que l’on pourrait rapprocher des fossilles du gault ou des étages inférieurs? Cette observation ne paraîtra pas déplacée à ceux qui liront le passage suivant: « Ce n’est pas sans quel- » que hésilalion que nous avons rapporté ce fossile de » Bracquegnies au Fusus Smithii qui est une espèce al- » bienne. Cela suppose, en effet, un passage d’un étage à » un autre; mais la description et surtout les figures de :

( 700 ) » Sowerby ne peuvent guère nous laisser de doutes à cet » égard. »

Pour nous, qui sommes convaincus de la fréquence de ces passages d’un étage à un autre, et même d’un terrain à un autre, nous n'avons pas de semblables hésitations; et, tout en rendant hommage à la science et au sens pratique de nos contradicteurs, nous craignons qu’ils n'aient vu avec une loupe un peu théorique les différences qui peuvent exister entre la meule et le gault. Au point de vue stratigraphique, comme au point de vue paléontologique, nous pensons que la meule est une couche de passage entre le gault et la craie glauconieuse. Nous sommes même portés à admettre l'opinion déjà exposée par M. Meugy, et tout récemment par M. de Lapparent, qu'elle correspond à la gaize de Vouziers et de Grand Pré. Nous l’avons déjà dit, nous sommes presque d'accord avec MM. Cornet et Briart. Le différend se réduit à ces termes : la Meule, la Gaize, les Sables de Blackdown constituent une couche de passage entre le gault et la craie glauconieuse; auquel de ces deux élages doit-on la rapporter? MM. Cornet et Briart la rapprochent de la craie glauconieuse. Nous l'avons fait rentrer ct nous la faisons encore rentrer dans le Gault , en nous fondant surtout sur la stratification discordante avec les couches supérieures, discordance que nous avions constatée et que MM. Cornet et Briart ont parfaitement mise en lumière.

LA

Note concernant les Observations de MM. Horion et Gosselet au sujet des travaux géologiques de MM. Cornet et Briart sur la meule de Bracquegnies, par M. Al. Briart.

Avant d'adresser son travail à l'Académie, M. Gosselet, à la demande de M. d'Omalius d'Halloy, a eu la bonté de nous le communiquer. Je me suis rendu à Lille , et, dans une entrevue extrêmement cordiale que J'ai eue avec cet éminent professeur, nous avons examiné de point en point ses observations. J’ai reconnu que quelques-unes de nos conclusions étaient fautives. De son côté, M. Gosselet a admis plusieurs de mes observations et à modilié sa note en conséquence. Il reste cependant encore, ainsi qu'on le verra par la lecture du travail de MM. Horion et Gosselet, beaucoup de points douteux. Pour le moment, le temps nous manque pour les examiner d’une manière sérieuse. Ces doutes , signalés en partie dans notre travail, portent principalement sur des déterminations de fossiles faites par d’Orbigny, dont l'esprit systématique bien connu l’a peut-être empêché d'admettre certaines identifications que M. Gosselet regarde comme très-probables. Nous ne pouvons, quant à nous, nous prononcer pour le moment sur cette question. De nouvelles observations sont nécessaires, et surtout, nous désirons pouvoir comparer nos fossiles de Bracquegnies avec ceux de divers gisements se rapportant au gault.

Dans un avenir plus ou moins éloigné, nous nous proposons de compléter nos descriptions des fossiles de la meule, ce qui nous donnera l’occasion de revenir sur les

( 702 ) points liligieux de notre premier travail. Nous tàcherons, d'ici là, de réunir les éléments nécessaires à la solution de cette question intéressante.

Sur les forces élastiques des gaz liquéfiables ; par M. Melsens, membre de l’Académie.

M. Melsens communique verbalement quelques détails sur les expériences préliminaires qu'il fait en ce moment en vue de déterminer, dans les hautes températures, les forces élastiques des gaz lquéRnies en se servant de manomètres métalliques.

En tenant compte des erreurs inévitables dues aux manomètres de cette espèce, à leur peu d’exactitude, aux difficultés inhérentes à ce genre d’expériences, qui exigeraient des appareils plus parfaits que ceux dont il a pu disposer, il pense cependant que ses résultats pourront lixer l'attention des physiciens; ainsi les anhydrides sulfureux et carbonique lui ont donné, à la température de l’eau bouillante, des résultats qui concordent assez bien avec les résultats calculés au moyen des formules adoptées par M. Regnault.

L’anhydride carbonique possède à 100° C une force élastique de 175 mètres 934, correspondant à 228 atmosphères 86/100; mais expérimentalement, M. Regnault n'a pas dépassé la température de 42°5 C, pour laquelle la force élastique n’est que de 71"997 ou 94,73 atmosphères.

Il signale particulièrement, pour l’anhydride carbonique, les dangers que peuvent courir les expérimentateurs s'ils

ne portent pas leur attenlion sur les rapports qui doivent exister entre les volumes d’acide liquide ct l’espace vide dans lequel la vapeur se formera. Il cite l’exemple suivant : Entre 40 et 45° C, la force élastique de l’anhydride carbonique s'élève de 91 à 100 atmosphères; dans un espace insuffisant pour que la vapeur puisse librement se répandre , la force élastique peut s'élever au triple, c’est-à-dire à 500 atmosphères. La tension totale, dans ce cas, est due à la force élastique de la vapeur, augmentée de la force due à la dilatation du liquide, diminuée de la compressibilité de celui-ci, etc.; ne serait-il pas convenable de donner à la vapeur, considérée dans cette condition, le nom de vapeur sursalurée ?

CLASSE DES LETTRES

Séance du 13 juin 1870.

M. E. Deracoz, directeur.

M. An. QUETELET, secrétaire perpétuel.

Sont présents : MM. Ch. Steur, 3. Grandgagnage, J. Roulez, P. Gachard, Ad. Borgnet, Paul Devaux, P. De Decker, J.-J. Haus, M.-N.-J. Leclercq, Ch. Faider, le baron Kervyn de Lettenhove, R. Chalon, Ad. Mathieu, J.-J. Thonissen , Th. Juste, le général Guillaume, Félix Nève, Alph. Wauters, Henri Conscience, membres ; Nolet de Brauwere Van Steeland et Auguste Scheler, associés; Émile de Borchgrave, correspondant.

M. L. Alvin, membre de la classe des beaux-arts, et M. Ed. Maillv, correspondant de la classe des sciences, assistent à la séance.

CORRESPONDANCE

MM. Alph. Le Roy, Émile de Borchgrave, John Stuart Mill et Carrara expriment, par écrit, leurs remerciîments au sujet de la distinction que leur a conférée la classe en les appelant au nombre des correspondants et des associés. Hs accusent également réception de leur diplôme.

( 705 ) — M. Émile de Borchgrave accuse réception de la mé-

daille d’or qu'il a remportée lors du dernier concours de la classe.

— M. le Ministre de l’intérieur adresse un exemplaire de la première année de l'Annuaire statistique de la Belgique.

— M. le général Guillaume offre une brochure de sa composition, intitulée : Notice sur le corps du génie en Belgique pendant le XVII siècle.

— M. Carrara offre les six premiers volumes de la 9° édition de son Cours de droit criminel.

Remerciments.

— La Société des antiquaires de Picardie, la Société des sciences de Gürhitz, les bibliothèques royales de Dresde et de Stuttgart, la direction des archives du grand-duché de Bade, à Carlsruhe, et l’université de Leipzig remercient pour le dernier envoi de publications de l’Académie.

— La direction de la Revue des questions historiques, de Paris, exprime le désir d’entrer en relations d'échange avec l’Académie et adresse, à cet effet, le dernier numéro paru de la Revue. — Accepté.

— M. Th. Juste offre différents documents imprimés relatifs à l’organisation, en 1851, de l’Académie royale des sciences d'Amsterdam. — Remerciments.

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