CHAPITRE VI
L’étendue des surfaces est donc surtout représentée par le nombre et la profondeur des circonvolutions.
Or, MM. Magendie et Desmoulins me paraissent avoir fort solidement établi que , dans la série des animaux , le nombre et la profondeur des circonvolutions sont en raison directe du développement de l’intelligence, ce mode d’appréciation plaçant d’ailleurs, comme il convient, l’homme au premier rang.
Les différences fonctionnelles qui dépendent de l’idiotie et de certaines formes de l’aliénation mentale, sont rattachées par ces physiologistes à un défaut organique de développement ou à une atrophie pathologique des circonvolutions cérébrales. Et ils invoquent ces faits , vérifiés par l’observation , en faveur de la loi générale , et il les citent comme des exemples de son extension jusqu’aux individus de la même espèce et jusqu’à l’homme.
Si l’on ajoute que d’autres observateurs ont constaté d’une manière plus ou moins positive un rapport de coïncidence entre le degré de développement des circonvolutions et le degré de développement de l’intelligence , on n’hésitera pas à reconnaître que la loi proposée par MM. Desmoulins et Magendie, loin de détruire la loi établie par leurs devanciers, la confirme, en lui imprimant un caractère d’exactitude plus rigoureuse.
De toutes ces considérations , il me paraît résulter en définitive que l’influence du volume de l’encéphale sur le développement de l’intelligence peut se résumer en ces propositions :
La quantité de la matière , dans l’organe de la pensée , a une influence sur l’intensité de la force fonctionnelle. Cette influence se révèle par des différences dans le poids^
C)IAI*ITRE VII.
dans le volume , dans l’étendue des surfaces de la matière organisée , corrélatives à des différences dans le nombre ou dans l’énergie des facultés intellectuelles et morales , soit que l’on compare les animaux entre eux , soit que l’on compare les individus dans chaque espèce , et notamment dans l’espèce humaine.
L’intelligence n’est pas absolument proportionnelle à la masse de l’encéphale entier.
Elle paraît être proportionnelle à la masse des hémisphères, surtout si l’on tient compte de l’étendue de la surface dont le volume n’est qu'un élément et qu’influencent surtout le nombre et la profondeur des circonvolutions, et probablement aussi si l’on tient compte du volume partiel des fractions des hémisphères qui constituent des organes spéciaux , organes pour chacun desquels le rapport serait absolu.