‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 121 sur 173 · II. — La centrifugation des boues avec l'appareil · texte numérisé non relu

II. — La centrifugation des boues avec l'appareil

SCHAFER-TER MeER (*).

De nombreux essais ont été entrepris, dans ces dernières années, pour séparer en partie l'eau des boues, afin d'obtenir une matière plus sèche, plus transportable et plus facile à utiliser. On a cherché notamment à centrifuger les boues brutes des bassins de décantation. Quand on centrifuge ces boues, les matières se séparent d'après leur densité : les matières minérales, qui sont les plus lourdes, se réunissent contre le manteau du tambour, puis viennent les matières organiques; enfin les corps légers, l'eau et les graisses se rassem-

(') D'après Reichlé et Thiesing, Mitteilungen ans der Kôniglischen Priifung ianstalt fur Wcunerversorgung und Abwàiserbeseitigung zu Berlin^ heft 10.

Calmette. — IV. 5

blent au voisinage de Taxe de rotation de Tappareil. Dans les premiers essais, on a tenté de séparer Teau en employant un tambour perforé, animé d'un mouvement de rotation rapide et fonctionnant comme une turbine de sucrerie ; mais les matières en suspension encrassent rapidement la toile métallique du tambourquine laisse plus passer IVau. Les mauvais résultats obtenus avec cette méthode ont conduit à placer la sortie de Teau près de Taxe de la turbine, et à utiliser un tambour non perforé; ces appareils fonctionnent alors comme les écrémeuses centrifuges en laiterie. Toutefois, même en employant cette méthode, l'opération reste longue ; en outre il fallait enlever à bras d'homme l'anneau de boue centrifugée, ce qui rendait' le procédé trop coûteux dans la pratique. L'appareil Schàfer-ter Meer, construit par la maison Georg Egesiorff à Hannovre Linderiy rend le travail automatique; le chargement et la vidange de l'appareil se font d'eux-mêmes, de sorte que les frais d'exploitation deviennent très minimes.

Des essais ont été faits à Harburg avec cet appareil. La canalisation d'égouts (ÏHarburg^ construite d'après le système séparatif, donne tous les jours 3000 à 4000 mètres cubes d'eau en moyenne, sur lesquels les eaux industrielles (fabriques de cuir, de gomme, de gutta-percha, d'huile) représentent 600 à 700 mètres cubes. Les eaux sont clarifiées dans quatre puits de décantation, puis elles sont reprises par des pompes et envoyées au canal. Les boues restées dans les puits sont aspirées et envoyées à l'usine de centrifugation, dans un réservoir muni d'un agitateur. Cette usine comprend deux appareils Schàfer-ler Meer^ le réservoir à boues brutes et des transporteurs pour les boues centrifugées. L'appareil Schàfer-ter Meer^ représenté par les figures 7, 8 et 9, se compose d'un tambour monté sur un axe vertical et entouré d'un manteau. Ce tambour a un diamètre de 850 millimètres, une hauteur de 250 millimètres, et porte six compartiments disposés suivant des rayons et munis à l'intérieur de plaques minces portant, dans le sens longitudinal, des fentes de 10 millimètres de longueur, sur 0'""',4 à 0°"",6 de largeur. Chaque compartiment contient 3 litres; les six compartiments peuvent donc contenir 18 litres de boue centrifugée. Ces six compartiments possèdent un dispositif commun de fermeture inté-

rieure et extérieure sous la forme d'un anneau à coulisse interne et externe. Pendant le chargement et pendant la centri-

Fig. 7. — Appareil à centrifuger les boues, système Schflfer-ter Meer (coupeV

fugation, la coulisse interne est ouverte et la coulisse externe est fermée; c*est Tinverse au moment de la vidange de Tappareil. Le travail de Fappareil est continu et se divise en deux périodes. Dans la première on fait arriver dans le tambour la

boue à centrifuger et on procède à la centrifugation en même temps. Dans la seconde période, les matières accumulées dans l'appareil sont éliminées par centrifugation. L'opération complète s'effectue de la façon suivante : la boue brute, main-

Fig. 8. — Appareil à centririiger les boues, système Schfifer-ter Meer (plan).

tenue en mouvement dans le réservoir muni d'un agitateur, et par suite bien homogène, vient remplir les compartiments, la coulisse interne étant ouverte. Par suite de la force centrifuge, les parties les plus denses des boues sont projetées vers la périphérie ; au contraire, Teau et les graisses, plus légères,

refluent à travers le tamis dans le sens de rotation du tambour et s'écoulent hors de l'appareil par un canal qui les conduit dans des bacs de dépôt. Pendant ce temps, l'eau est remplacée régulièrement par de nouvelles boues qui entrent dans le tambour, de sorte qu'au bout d'environ deux minutes, les compartiments se trouvent remplis. L'anneau intérieur se ferme alors et l'anneau extérieur s'ouvre : les boues centrifugées sont évacuées par la force centrifuge contre le manteau

Fig. 9. — Appareil à centrifuger les boues, syslème Sch&fer-ter Meer (vue d'ensemble).

de l'appareil où elles se pulvérisent et tombent ensuite par des ouvertures sur un transporteur à courroies situé au-dessous. L'anneau extérieur se referme, Tanneau intérieur s'ouvre et une nouvelle opération recommence.

La vitesse de rotation du tambour est de 750 tours à la minute. Le mouvement des deux anneaux du tambour se fait au moyen d'huile pressée qui en règle l'ouverture et la fermeture.

Le tableau XI indique la composition des eaux d'égout qui ont abandonné les boues traitées. Les eaux qui proviennent des

puits III et IV sont surtout des eaux ménagères, très riches en matières organiques dissoutes : le permanganate absorbé varie entre 550 et 815 milligrammes, Fazote total entre 91 et 212 milligrammes. Les eaux qui proviennent des puits I et II sont mélangées d'eaux industrielles et sont moins concentrées; le permanganate absorbé varie de 411 à 682 milligrammes, et Fazote total de 64 à 88 milligrammes. La teneur en matières en suspension est moyenne. La boue brute obtenue renferme en moyenne 92,2 pour iOO d'eau et 7,8 pour 100 de matière sèche; son poids spécifique moyen est de 1,019. La matière sèche renferme en moyenne 21,9 pour 100 de matières minérales et 78,1 pour 100 de matières organiques. La quantité de boues brutes traitées par appareil et par heure a varié entre l'"',36 et i^^Sô soit en moyenne 1"",58. Le rendement en boue centrifugée a été en moyenne de 175 kilogrammes par mètre cube de boue brute, et chaque appareil a produit par heure 287''*,5 de boue centrifugée. Cette boue centrifugée ne renferme plus en moyenne que 72,5 pour 100 d'eau en poids, et son poids spécifique atteint 1,111. Elle renferme de 18,5 à 31 pour 100 de matières minérales et 69,0 à 81,5 pour 100 de matières organiques, aussi se brùle-t-elle facilement quand elle est desséchée; son pouvoir calorifique est alors de 4.000 calories environ. Sa richesse en azote atteint 2,5 pour 100 de la matière sèche. Cette présence de matières azotées, jointe à celle de la potasse, de l'acide phosphorique et de la chaux, en fait un engrais qui n'est pas sans valeur et que les agriculteurs des environs de Harbiirg achètent à raison de 1 mark la voiture.

Quant à Feau qui s'écoule des appareils de centrifugation, elle est putride et renferme en moyenne 3,7 pour 100 de matières sèches constituées pour la plus grande partie (91 pour 100) par des matières organiques.

Le tableau XII indique l'ensemble des résultats les plus importants obtenus dans ces expériences de Harburg.

Les frais de centrifugation comprennent les dépenses de force motrice, d'amortissement des appareils et des bâtiments et les dépenses de main-d'œuvre. Les dépenses de force motrice ont atteint 0'"'',28 par mètre cube de boue brute, soit l'"^,63 par 1000 kilogrammes de boue obtenue après centrifu-

galion. L'installation totale revient à 22.000-25.000 marks par appareil installé, non compris les bâtiments et le moteur. En comptant un amortissement à 5 pour 100 de Tappareil et du moteur, les dépenses de force motrice, de main-d'œuvre et les frais généraux divers, on arrive à une dépense de 2"^,87 par 1000 kilogrammes de boue centrifugée obtenue. En adoptant ce chiffre, il est facile de calculer, en s'aidant des documents contenus dans les tableaux XI et XII, que la centrifugation des boues entraînerait une dépense journalière de 13 marks environ pour les 3500 mètres cubes d'eau de la ville de Harburg, Pour une grande ville produisant journellement, comme la ville de Paris 775.000 mètres cubes d'eau d'égout, renfermant en moyenne 1*',25 de matières en suspension par litre, la dépense journalière dépasserait 7.000 francs et il faudrait 400 appareils à centrifugation! La méthode n'est donc applicable qu'aux petites installations.

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