‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 154 sur 173 · COUT COMPARÉ DES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE TRAITEMENT DES · texte numérisé non relu

COUT COMPARÉ DES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE TRAITEMENT DES

BOUES. — Le coût des diflTérentes méthodes de traitement des boues varie dans une large mesure suivant les circonstances locales. Néanmoins les chiffres ci-après fournissent de bons éléments de comparaison :

Coût moyen par lonne de boue à 90 0/0 d'eau y compris les intérêts, Néthode de traitement. ramortissemeut et toutes charges.

Évacuation simple sur le sol 0",20

Transport et évacuation en mer Ù",bO

Enrouissement dans le sol, en tranchées. 0'%50

Compression en tourteaux de 0",60 à l'%l5

Compression en tourteaux et incinération (non compris Tintérét et ramortis<îo-

ment) i",85

Il n'est pas douteux que les boues de sewage ont une valeur réelle comme engrais; mais les matières fertilisantes qu'elles renferment étant nécessairement mélangées à une masse considérable de substances inertes (sable, mâchefer, cendres, etc.), la possibilité de leur utilisation dépend s^rtout du prix de revient de leur transport à pied d'œuvre.

On doit prohiber l'emploi cultural des boues qu'on soupçonnerait pouvoir contenir des spores de bactéridies charbonneuses. Ce cas est exceptionnel d'ailleurs (eaux résiduaires de tanneries, de peignages de laines).

ODEURS DÉGAGÉES PAR LES STATIONS d'ÉPURATION

Toutes les stations d'épuration d'eaux d'égout sont susceptibles de dégager des odeurs désagréables : il faut en conséquence les éloigner des habitations, autant que possible.

Les odeurs sont beaucoup plus fortes lorsque le sewage contient des résidus de brasseries en assez grande quantité.

Par contre, certains résidus industriels, tels que les sels de fer facilitent les processus d'épuration.

Les odeurs sont en rapport, non seulement avec la composition du sewage, mais aussi avec le mode de traitement adopté.

« Seplic tank ». — L'emploi des fosses septiques est plus oflTensif à cet égard que la précipitation chimique ou que la sédimentation simple. Lors de l'évacuation des boues, tous les bassins sont malodorants, mais les fosses septiques dégagent de l'hydrogène sulfuré en tout temps.

Si l'on couvre les fosses septiques elles canaux qui alimentent les lits bactériens, on diminue considérablement les odeurs; mais les liquides fermentes renferment alors une plus grande proportion de gaz sulfurés et leur épuration ultérieure est rendue plus difficile.

Lits bactériens, — Les odeurs dégagées par les lits bactériens sont plus fortes lorsque l'eau est distribuée à leur surface par des becs pulvérisateurs ou des jets que lorsqu'elle est simplement déversée en pluie d'une faible hauteur, ou en lames minces. Aussi les lits percolateurs sont-ils, à ce point de vue spécial, plus « offensifs » pour l'odorat que les lits de contact.

Les sewages concentrés et ceux qui contiennent des résidus de brasserie ou de tannerie sont les plus odorants.

Il arrive parfois que certains lits bactériens dégagent des odeurs plus désagréables lorsqu'ils ont fourni un travail excessif. Il suffit alors de les laisser reposer pendant quelques jours et, lorsqu'on les remet en fonctionnement, les odeurs ne reparaissent pas.

A Ilford et à Andover^ on a couvert avec des scories, sur une faible épaisseur, les tuyaux de distribution de l'eau à la surface des lits. Les odeurs ont été fortement réduites par cet artifice simple.

Épandage sur le sol, — Lorsque le sol est très perméable et que l'épandage n'est pas excessif, celui-ci n'est, en général, pas offensif. Mais, avec certains états atmosphériques, nombn» de champs d'irrigation produisent de fortes odeurs. Aussi est-il nécessaire de les éloigner le plus possible des endroits habités.

Désodorisation des effluents de fosses sepliques. — L'emploi des fosses sepliques suivi de celui de lits percolateurs est, dans certains cas, le mode de traitement le plus économique; mais lorsque le liquide à épurer est très odorant et que ces odeurs constituent une gêne réelle pour le voisinage, on réussit à corriger cet inconvénient dans une large mesure par l'addition d'une petite quantité d'hypochlorite alcalin. On peut fabriquer ce dernier sur place par électrolyse et il existe en Angleterre un procédé pratique à cet eflet, connu sous le nom de « Oxychlorides^ Li7nited ».

Des expériences faites par la Commission à Guildford pendant plusieurs mois, sous la direction de M. Carter y ont montré que les hypochlorites, ajoutés à doses sufflsantes pour supprimer toute odeur d'hydrogène sulfuré, ne diminuent en rien l'activité des lits bactériens.

La Compagnie des « Oxychlorides » a fourni les indications ci-après, relatives aux frais de désodorisa tion des liquides sortant des « sepiic tanks » par addition d'oxychloride fort :

Quantité d'oxychloride ajoutée Coût

par 1000 m». par 1000 m'.

60 litres. 2",54

Le capital de premier établissement est le même dans chaque cas. Pour le sewage de Guildford il a été de 50 500 francs.

Certains sewages peuvent être suffisamment désodorisés par l'addition de 43 milligrammes de chaux par litre. C'est une question d'espèce. On essayera donc dans chaque cas les réactifs qui paraîtront les plus convenables.

TRAITEMENT SPECIAL DES EAUX d'oRAGE

Les règlements adoptés par le Local Government Board édictent que les installations d'épuration doivent pouvoir traiter normalement un volume d'eau d'égout trois fois plus

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grand que celui produit en temps sec, et que, lorsque le volume normal de temps sec devient de trois à dix fois plus grand, le surplus de 5 à 6 doit être filtré sur des lits d'orage.

La Commission estime que ces règlements sont à modifier parce qu'ils ne sont pas suffisamment élastiques. Elle trouve que les dommages causés aux rivières par la décharge de masses importantes d'eaux d'orage résultent surtout de la quantité excessive de matières en suspension que ces masses d'eaux entraînent et qu'il est facile de séparer les matières dont il s'agit par une simple sédimentation.

Elle recommande donc, d'une manière générale :

1** De prévoir l'installation de deux ou d'un plus grand nombre de bassins susceptibles de recevoir l'excès d'eaux d'égoutqui dépasse la capacité des fosses septiques ou des bassins de sédimentation ordinaires. Ces bassins, maintenus vides en temps normal, pourront retenir une masse d'eau d'égout au moins égale à 3 fois le débit moyen en temps sec.

T Qu'aucun déversoir ne soit installé en aucune partie de la station d'épuration, hormis ceux qui doivent évacuer l'eau vers les bassins supplémentaires dont il est question ci-dessus.

3" Qu'autant que possible on ne construise pas de lits spéciaux d'orage, mais qu'on agrandisse suffisamment la station d'épuration pour qu'elle puisse traiter normalement la totalité du sewage qui doit être épuré, c'est-à-dire jusqu'à 3 fois le volume moyen en temps sec.

Pollution des estuaires et des plages. — La nécessité de protéger les pêcheries et les parcs à coquillages oblige à empêcher les déversements d'eaux d'égout non épurées dans les estuaires ou au voisinage des plages. Il est toutefois difficile d'édicter des règles précises pour fixer le degré d'épuration exigible. Celui-ci variera suivant les circonstances. Il faut que les autorités sanitaires aient le pouvoir d'imposer à ce point de vue les conditions qu'elles jugeront utiles dans chaque cas.

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