‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 3 sur 173 · NOUVEAUX DISPOSITIFS DE DISTRIBUTION DES EAUX DÉGOÛT · texte numérisé non relu

NOUVEAUX DISPOSITIFS DE DISTRIBUTION DES EAUX DÉGOÛT

SUR LITS BACTÉRIENS PERCOLATEURS

Après les expériences de 1905-1906 rapportées dans notre second volume, on devait considérer comme pleinement satisfaisants les résultats du dispositif de percolation que nous avons adopté pour Tépuration des eaux d'égout de notre station expérimentale de la Madeleine.

Aussi, tout en continuant l'étude du travail d'épuration dans les anciens lits de contact que nous avons conservés et dans nos nouveaux lits percolateurs, nous sommes-nous proposés cette année de rechercher les modes de distribution capables dassurer le mieux et le plus économiquement possible la répartition de l'eau d'égout sur les matériaux des lits.

Nous n'avons rien changé à nos réservoirs, non plus qu'aux siphons de chasses automatiques et intermittentes. Les appareils de chasses, type Geneste-Herscher-Doulton, que M. Degoix nous avait fournis, et les appareils de M. Parenty, construits par la maison Geneste et Herscher^ — les uns et les autres décrits pages 7, 14 et 275 du volume II — réalisent à merveille le but cherché, qui est de lancer périodiquement sur les lits, avec des intervalles d'au moins dix minutes, une lame d'eau à épurer capable d'être absorbée en 50 secondes par la masse des

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scories, avec un débit journalier moyen d'un mètre cube d'eau par mètre carré de surface filtrante.

. On se rappelle que, tout d'abord, le liquide évacué par ces chasses était simplement réparti par des rigoles peu profondes, creusées parallèlement les unes aux autres et espacées d environ 0"',60 sur toute la longueur du lit bactérien, soit sur 14 mètres.

Nous n'avons pas tardé à nous convaincre que ce système de distribution était défectueux : l'intensité et la rapidité des chasses entraînaient trop souvent les matériaux les plus légers vers l'extrémité des rigoles, de sorte que celles-ci se déformaient et finissaient par se colmater. Pour obvier à cet inconvénient, nous avions été conduits à adopter des canaux couverts^ formés de simples briques creuses, alignées bout à bout, sans rejointoiement, sur toute la longueur des rigoles.

Celles-ci fonctionnèrent très bien pendant six mois. Mais au moment des grands froids que nous eûmes à subir durant la saison d'hiver, la gelée les fit éclater; de sorte que la répartition devint inégale et il fallut songer à trouver un moyen de distribution plus pratique.

Nous décidâmes alors d'expérimenter, pour chacun de nos six siphons de chasses, un système différent.

Le siphon n** 1 desservit un simple réseau de gouttières en bois goudronné, en forme de V, coupées d'un trait de scie dans l'angle, tous les 20 centimètres, et reposant directement sur les scories.

Au début, l'infiltration de l'eau se faisait très bien et très régulièrement par ces fentes. Mais au bout de quelques jours elles se bouchèrent fréquemment, soit par l'apport de poussières, soit par la formation de zooglées bactériennes. On était par suite obligé de les nettoyer trop souvent et nous dûmes les écarter.

Le siphon n** 2 déversa son effluenl dans un réseau parallèle de drains cylindriques en terre cuite, longs de 0",30 et également placés bout à bout sur les scories, sans rejointoiement. Pour vérifier si la répartition de Teau y était convenable, nous intercalâmes tous les deux mètres, entre les extrémités contiguës de deux drains, des tuiles formant regards. Le dernier drain de chaque rang était obstrué par du mortier : on

évitait ainsi que le flot puisse s'évacuer par Texlréinité du caDal.

Ces drains nous donnèrent la plus complète satisfaction. Même par les grands froids ( — 12°) que nous eûmes à subir en janvier et février 1907, ils sont restés intacts et ne se sont jamais obstrués. Leurs interstices se sont maintenus parfaitement perméables. Quelques-uns d'entre eux seulement ont fini par se colmater après six mois de fonctionnement continu. Pour les remettre en état, il suffisait de les retourner sur euxmêmes sans les déplacer, de manière à mettre en dessus la partie qui se trouvait en dessous. Cette manœuvre est des plus simples; nous n'avons eu à l'exécuter qu'une seule fois en dix mois et seulendfent pour les drains placés à l'extrémité des rigoles de déversement.

Le prix de ces drains étant minime (90 francs le mille) et leur durée paraissant devoir être illimitée, il nous paraît jusqu'ici qu'ils constituent le système de distribution le plus économique en même temps que le plus robuste.

Pour les siphons n° 3 et n** 4 nous avons conservé, d'abord à titre de comparaison, les briques creuses de l'année dernière, en nous bornant à remplacer celles que la gelée faisait éclater.

Les résultats obtenus, quoique bons, ont été inférieurs à ceux fournis par les drains ; et l'emploi de ces briques nécessite, en raison de leurgélivité et de leur trop facile colmatage, une main-d'œuvre trop onéreuse. Aussi n'avons-nous pas tardé à leur substituer les mêmes drains qu'au n® 2.

Pour le siphon n" 5, la répartition a été faite au moyen de larges tuiles à fond plat, à bords relevés à angle de 45** sur O"*,!© de hauteur et longues de 0'",25. Ces tuiles, que nous avons dû faire fabriquer tout exprès, étaient munies de couvercles mobiles. Placées bout à bout sur toute la longueur des rigoles avec «ne pente convenable d'environ 0"',02 par mètre, elles assuraient un écoulement facile au produit des chasses. Il était très aisé de les visiter et de les balayer de temps en temps en enlevant leurs couvercles. Malheureusement leur poids relativement considérable amena bientôt un tassement des scories sous-jacentes. Les interstices se bouchaient, ou bien, si on les écartait quelque peu, ils laissaient

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échapper trop de liquide, de sorte que la répartition devenait inégale. En fin de compte nous y renonçâmes pour revenir aux drains.

Le siphon n!" 6 nous servit à expérimenter un système de canalisation métallique formé de tuyaux en fer, de 50 millimètres de diamètre intérieur, percés de chaque côté, tous les 25 centimètres, de trous circulaires en quinconces, larges de 6 millimètres. L'orifice de chacun de ces trous est dirigé de telle manière que Feau est projetée latéralement à angle d'environ 45"*. D'autres trous espacés d'un mètre les uns des autres sont placés sur le plancher même des tubes, de manière à assurer leur vidange complète après chaque chasse. L'extrémité est obturée par un bouchon.

Les tubes parallèles, au nombre de 6 sur 14 mètres de longueur et sur 4 mètres de largeur, sont tous reliés au canal de distribution du siphon de chasse par un large cylindre creux muni de bouches verticales d'aération. La pression intérieure s'équilibre ainsi parfaitement.

Placés directement sur les scories avec une légère pente de 2 centimètres par mètre, ils laissent très facilement écouler l'eau sous une pression qui varie suivant la hauteur de chute du réservoir de chasse et qui diminue au fur et à mesure que ce dernier se vide. Les jets, d'abord écartés, retombent à environ 0'",40 de chaque côté, puis se rapprochent pour finir en minces ruisselets baveurs. La répartition de l'eau s'effectue ainsi d'une manière parfaite.

Les orifices des tuyaux ne s'obstruent que très rarement, à cause des variations brusques de pression qui se produisent à leur intérieur. Leur nettoyage est d'ailleurs aisé en raison de la facilité avec laquelle on peut démonter tout ou partie du système.

Un tel dispositif répond ù merveille aux nécessités d'une distribution à la fois régulière et inlcr mit tente. Son seul inconvénient est de coûter notablement plus cher que les drains en terre cuite; mais nous n'hésitons pas à le recommander, de préférence à tous autres, pour les installations de faible importance et même pour les installations urbaines lorsqu'on n'est pas arrêté par la question d'économie.

Il présente la plupart des avantages des appareils anglais

connus sous le nom de jets ou fixed sprinkters (voir volume II, p. 93), avec celle différence que Feau n'étant pas pulvérisée en Tair, les odeurs désagréables pour le voisinage sont évitées, et qu'il n'est plus indispensable de propulser, soit artificiellement, soit par une différence de niveau considérable, Teau h répartir sur le lit bactérien.

En résumé, nos expériences montrent que les seuls systèmes pratiques de distribution auxquels il convienne de s'adresser sont les drains en terre cuite ou les tuyaux métalliques latéralement perforés en quinconces. Jusqu'à présent du moins, eux seuls nous ont donné de bons résultats avec le minimum de différence de niveau entre le point d'arrivée des eaux à épurer et la surface des lits bactériens.

Est-ce à dire que ces systèmes soient meilleurs que certains appareils mécaniques en usage en Angleterre et en Allemagne, tels que les tourniquets hydrauliques ou sprinklersy les jets fixes pulvérisateurs, les distributeurs rotatifs ou rectangulaires de Fiddian^ de Wilcox et Raikes, etc.?... Nous n'avons aucunement la pensée d'émettre une telle affirmation.

Plusieurs de ces appareils mécaniques, particulièrement le FiddiaUy ont été étudiés par nous et nous ont donné toute satisfaction. Mais ils coûtent cher, non seulement comme frais d'achat — car tous font l'objet de brevets — mais aussi comme frais d'entretien. Les uns sont actionnés par une force mécanique, — électricité ou vapeur — et ils élèvent par suite à un chiffre exagéré le prix de revient du mètre cube d'eau épurée. Les autres nécessitent un ou deux mètres de différence de niveau pour être mis en mouvement par la seule pression du liquide. Tous exigent une surveillance et des réparations incessantes.

Ce sont là, à notre avis, des raisons assez graves pour qu'on hésite à les adopter. C'est pourquoi nous avons cherché à nous en affranchir, estimant que les villes et même les industriels ne se décideront volontiers à épurer leurs eaux d'égout que lorsque cette épuration pourra être réalisée dans des conditions, sinon absolument parfaites^ du moins satisfaisantes y à très peu de fixais.

r. ÉI>LliATION DES EAUX DÉ<ÎOUT.

Nous ne méconnaissons pourtant pas que, dans quelques cas particuliers et exceptionnels, il soit indiqué d'adopter de préférence une distribution mécanique. Les circonstances locales dicteront alors le choix qu il convient d'effectuer parmi les appareils qui ont fait leurs preuves. Nous avons déjà précédemment décrit la plupart d'entre eux. Nous ferons connaître, dans un chapitre ultérieur, ceux que nous n'avons pas encore eu l'occasion de mentionner.

Bornons-nous à rappeler ici que ceux-là seuls peuvent être adoptés, qui assurent, à la surface des lits bactériens, une distribution régulière, intermittente^ réglable à volonté^ et qui ne sont influencés dans leur fonctionnement ni par les vents ni par la température, ni par les substances chimiques qui se trouvent en dissolution dans les eaux d'égout.

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