IV INTRODUCTION
protester contre une pareille interprétation de leur rôle. Ces fosses, quel que puisse être leur mode de construction, n'épurent jamais : elles se bornent, quand elles fonctionnent bien, à solubiliser les matières en suspension dans les eauxvannes. L'épuration de ces matières, c'est-à-dire leur transformation en ammoniaque et en nitrates, autrement dit leur minéralisation, ne peut s'accomplir qu'à la surface d'un sol perméable ou sur un lit bactérien à la faveur d'actions microbiennes aérobies.
Les liquides évacués par les fosses septiques sont toujours et rapidement putrescibles. On ne peut donc pas tolérer leur déversement direct dans les cours d'eau. On ne peut pas davantage tolérer leur rejet dans les égouts, parce qu'aussitôt dilués ils fermentent en dégageant des produits gazeux malsains ou gênants pour le voisinage (hydrogène sulfuré et hydrogène carboné).
Il faut donc, pour les raisons qui précèdent, proscrire l'usage des fosses septiques dans les villes. Il faut les proscrire aussi parce qu'elles présentent, au point de vue des risques de contamination du sous-sol, les mêmes dangers que les fosses fixes.
En revanche, elles peuvent être utilisées très avantageusement dans les campagnes, dans les villages et les petites agglomérations où le tout-à-l'égout n'est pas applicable, mais à la condition qu'on épure aussitôt les lif/uides qui s'en échappent, soit par irrigation culturale (non potaghr), soit par déversement intermittent sur un lit bactérien convenablement construit.
Il appartient aux Conseils départementaux d'hygiène et aux Commissions sanitaires d'arrondissements de veiller à ce que l'effluent de ces fosses soit réellement ^pw?Y et ne présente, par suite, aucun danger pour la santé publique.
Nous voudrions que les lecteurs de ce volume restassent bien pénétrés de l'importance de ces faits. Pour les en con-
INTRODUCTION. v
vaincre, nous avons dû montrer les inconvénients des appareils préconisés par certains constructeurs. Nous prions ces derniers de ne voir dans nos critiques aucune autre intention que celle de leur fournir les éléments d'information scientifique qui leur manquaient et qui doivent leur permettre de perfectionner leurs systèmes.
Notre seul souci est de servir la vérité scientifique et de tAcher d'être utiles à tous ceux que préoccupent les questions d'assainissement.
D^ A. CALMKTTE.
Lille, le 2il décembre lî»07. .
SUR
DES EAUX DtGOUT