‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 74 sur 173 · II. — Birmingham · texte numérisé non relu

II. — Birmingham

Nous avons déjà décrit dans le volume II de ces Recherches (p. 85 et suivantes), la station d'épuration biologique d'eaux d'égout que la ville de Bii^mingham a créée à Tyburn. Cette station est actuellement la plus parfaite, sinon la plus importante de tout le Royaume Uni. Elle comportait, au l*"^ janvier 1907, a lits bactériens de divers systèmes, couvrant ensemble une surface totale de 2 hectares 61 ares.

Nous l'avons visitée de nouveau en juillet 1907 et nous croyons utile d'indiquer ci-après les renseignements que nous avons pu recueillir sur son fonctionnement.

Bien qu'ils doivent être doublés dans un très bref délai, les lits bactériens déjà existants ont permis d'épurer en 1906, dans les conditions les plus satisfaisantes, 5 547046 mètres cubes d'eaux d'égout, soit en moyenne 15197 mètres cubes par jour.

Presque tous les types de distributeurs mécaniques y ont été étudiés. Ceux qui, dans les expériences préliminaires, avaient fourni les meilleurs résultats, ont été conservés.

L'installation comporte aujourd'hui 4 lits circulaires et 7 lits rectangulaires.

Les lits circulaires, construits en élévation, ont respectivement une superficie de 1070 mètres carrés, 986 mètres carrés, 1003 mètres carrés et 978 mètres carrés. La hauteur du premier est de l'",80; celle des trois autres de 2'", 10.

Le premier lit, en scories dures, est alimenté par un distributeur rotatif intermittent de Mather and Platl qu'actionne un moteur électrique.

Le second, en gravier, portait au début un distributeur d'Adams (type de Barker Mill) ; ayant été mis hors d*usage, on substitua en novembre 1905 à ce dernier, un autre modèle connu sous le nom de Cressett type.

Le troisième, en briques bleues concassées, est alimenté par un rotatif Scott-Moncrieff mû par un électro-moteur. Le quatrième, en quartzite de Ilartshill, porte un distributeur de Candy-Wittaker-Bryant dont Taxe tourne dans du mercure et qui dut être déjà remplacé une fois par suite d'avaries à Taxe et aux bras, en décembre 1906.

Tous les lits rectangulaires sont exclusivement pourvus de becs pulvérisateurs ou fixed sprey jels, de Ham, Bakei"" et C". Les uns sont construits, partie en gravier ou en briques bleues concassées, partie en scories ; les autres en quartzite de HartshilL Ce quartzite, très compact, a été définitivement adopté pour tous les nouveaux ouvrages. 11 est très supérieur aux autres matériaux en raison de sa durée indéfinie, tandis que les scories sont presque toujours friables.

Etalé sur une sole entièrement couverte de tuiles faîtières renversées, formant drainage, on le dispose en deux couches : Tune inférieure, sur r",50, en petits morceaux de 5 centimètres de diamètre environ, Tautre supérieure, sur 0"', 50, en gros morceaux de 7 à 8 centimètres. Sur cette dernière reposent horizontalement les tuyaux de distribution pourvus de leurs becs pulvérisateurs.

Les lits sont simplement encadrés par des murs en pierre sèche (granit) et, tout autour de chacun d'eux, un drain collecteur réunit les eaux épurées pour les conduire à des bassins de repos où elles se débarrassent des films ou particules solides qu*elles tiennent en suspension. Elles sortent de ces bassins parfaitement limpides et inodores, seulement un peu jaunâtres parce qu'elles renferment une proportion assez élevée d'oxyde de fer.

Les lits rectangulaires nouvellement construits ont tous une superficie de 4000 mètres carrés et une hauteur de 1"'.80. Ils épurent très aisément 850 litres par mètre carré et par

ÉPURATION BtOLOGtOl^'E DES EAUX D*ÉGOUT EN ANGLETERRE. 217

jour, en moyenne. On arrête leur fonctionnement de temps en temps pour nettoyer les pulvérisateurs ou pour les réparations. La moyenne des temps d'arrêt ne dépasse pas au total 25 jours par an.

Le coût de chacun d'eux a été 177000 francs, y compris les travaux de terrassements, de cimentage de la sole, les drains, les murs en pierres sèches, les tuyaux de distribution en fonte et les becs pulvérisateurs.

Cette somme représente un prix de revient de 44 fr. 25 par mètre carré.

Les frais d'entretien annuels ne dépassent pas 1 centime par mètre cube d'eau traitée, soit 10 francs par 1000 mètres cubes.

Ces chiffres, établis d'après une expérience méthodiquement conduite depuis plus de cinq années, peuvent donc servir de base aux évaluations de dépenses qu'aurait à faire une ville pour créer une installation d'épuration biologique de même genre.

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