‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 99 sur 173 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

La ville de Paris elle-même n'est jamais pan^enue à traiter la totalité de ses eaux d'égout sur les 6000 hectares de terres irrigables dont elle dispose, et l'application progressive du tout à Tégout l'oblige à rechercher d'autres moyens pour éviter les déversements directs d'eau non épurée en Seine. Aussi dut-elle entreprendre à son tour des essais qui sont actuellement poursuivis à Gennevilliers^ sous la haute direction de M. l'ingénieur en chef Colmet-Daage^ successeur de M. Bechmann, Pressé davantage encore par les circonstances, le déparlement de la Seine n a pas hésité à réaliser immédiatement au Monl-Mesli/y près de Créleil, une première station qui assure déjà l'épuration biologique de 10000 mètres cubes par jour d'eaux d'égout provenant de Si-Maurice et de Maisons- Alfort.

Au cours de cette année 1908 et depuis la publication des trois premiers volumes de nos Recherches^ d'assez nombreuses applications du système biologique ont été effectuées en France. Mais la seule un peu importante, en dehors de Paris et de LillCj est celle de Toulon que nous avons précédemment décrite. Beaucoup d'autres sont à l'état de projets; plusieurs de ceux-ci sont déjà approuvés par le Conseil supérieur d'hygiène publique, en particulier ceux des villes de Mâcon, de Privas^ de Villeneuve-Saint-Georges. On peut espérer désormais que ces exemples seront suivis. Le temps est proche où les municipalités se préoccuperont, plus que la plupart d'entre elles ne l'ont fait jusqu'ici, de sauvegarder la santé publique en protégeant les nappes aquifères souterraines et les rivières contre les pollutions si dangereuses produites par les puisards ou puits perdus, par les fosses fixes ou par les déversements directs des égouts dans les cours d'eau.

Nous aurions déjà fait plus de progrès sans doute si, à l'exemple de l'Angleterre et de l'Allemagne, nous avions abordé tout de suite et partout l'étude du problème de l'assainissement urbain collectif, au lieu de tolérer dans nos villes ces multiples petites installations soi-disant sanitaires qui, sous les dénominations les plus variées, n'ont procuré que des

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déboires et coûté beaucoup d'argent aux propriétaires d'immeubles séduits par les fallacieuses promesses qui s'étalaient dans les prospectus de leurs inventeurs.

Heureusement aujourd'hui, grâce à l'intervention et au droit de contrôle du Conseil supérieur d'hygiène publique ou des conseils départementaux et des commissions sanitaires» le danger très réel de voir se propager l'adoption de ces systèmes qui, sous un masque scientifique, ont fait tant de dupes, est à peu près conjuré. Les villes, les grands établissements industriels, ne se hasardent plus à faire construire des fosses sepliques et des lits bactériens sans solliciter Tcxamen de personnalités scientifiques compétentes, ingénieurs, chimistes et bactériologistes, capables de les éclairer en toute indépendance sur le procédé d'épuration, sur le mode d'adduction ou de distribution dont le choix s'impose comme devant être plus économiques et plus efficaces suivant chaque circonstance.

Il est désirable qu'il en soit toujours ainsi dans l'avenir. On doit souhaiter aussi qu'après leur mise en service, toutes les stations d'épuration dont le bon fonctionnement intéresse la santé publique ou la salubrité des cours d'eau, soient périodiquement visitées et surveillées. Par l'intervention opportune d'un bactériologiste familiarisé avec la connaissance des phénomènes biologiques qui s'accomplissent dans les fosses septiques ou sur les lits bactériens, on évitera presque toujours des réparations prématurées et coûteuses.

Nous avons déjà indiqué qu'en Allemagne ces conseils et ce contrôle permanents incombent à une institution officielle (A* A'. Versuchs' und Prûfungsanstalt Wasserversorgung and Abwasgerbeseiligungy Kochstrasse 75, Berlin W.) qui, depuis 1901, date de sa création, rend les plus grands services. Le ministère de l'Instruction publique prussien, dont elle dépend, lui assure chaque année un budget minimum de 150 000 marks (1(52000 francs). Une organisation analogue s'impose en France et il semble que notre caisse nationale des Recherches scientifiques, qui peut recevoir chaque année une imporlanlc subvention prélevée spécialement sur les fonds du pari mu-

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