‹ Recherches sur l'ergot du seigleChapitre 6 sur 6 · VI. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

VI. — RÉSUMÉ

Le travail que nous venons d’exposer peut se résumer de la manière suivante.

Les spores du Claviceps purpurea germent sur l’ovaire du Seigle et développent un thalle qui recouvre bientôt cet organe du feutrage de ses filaments.

Ceux-ci, pénétrant peu à peu dans l’épaisseur de l’ovaire, digèrent ses parois, s’en nourrissent, et remplissent bientôt sa cavité; l’ovule, s’il existe, subit le même sort. Des indices de cette digestion s’observent encore dans l’ergot qui approche de

sa maturité, sous la forme de grains d’amidon simples, libre ment contenus dans les interstices des filaments mycéliens.

Le thalle mou ( sphacélie ), maintenant substitué à l’ovaire, forme sur toute sa périphérie d’innombrables conidies, qui propagent la maladie sur le Seigle durant l’été.

Puis le Champignon resserre ses filaments et se métamorphose en sclérote, sauf toutefois dans sa partie supérieure, qui se dessèche lentement et subsiste â l’extrémité de l’ergot mûr, sous la forme d’un petit bonnet grisâtre et caduc.

L’ergot mûr ne contient plus trace de l’amidon ovarien : il consiste simplement en un pseudoparenchyme dont les cellules renferment comme réserve nutritive des granulations albuminoïdes et des gouttelettes grasses.

Pendant la germination, la digestion des réserves est accompagnée de la formation d’amidon transitoire, qui se présente généralement en petits grains composés, situés dans l’intérieur des cellules; mais il ne se produit jamais de chlorophylle aux dépens de ce principe ternaire, comme dans les plantules.

Au bout de deux mois environ apparaissent des réceptacles, sortes de têtes pédicellées, contenant des périthèces.

Les Champignons, pouvant former des grains d’amidon aux dépens de leurs réserves, ne se distinguent plus de l’ensemble des autres plantes que par le caractère de l 'absence de chlorophylle, qui est pour eux une marque d’infériorité, puisqu’il les place sous la dépendance directe des plantes vertes, au point de vue de la nutrition.

Ce travail a été fait au laboratoire d’organographie et physiologie du Muséum d’histoire naturelle.

Vu et permis d’imprimer, Paris, le 27 janvier 1889.

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris :

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