II, II
(6) VII, VI, 4; 1 et 6.— I, ii, 4; 19-21.
(7) Voyez surtout I, iii, 2; 6, et Langlois, t. I, p. 258, note 27. — Cf. aussi VIII, i, 14; 9.
(8j V, III, 15; 23, et Langlois, t, I, p. 258, note 27.
(9) I, III, 2; 6.— Voy. aussi Langlois, 1. 1, p, 266, note 13. Il sera de nouveau question des humeurs, p. 13, S 5. — Cf. aussi I, II, 9; 4,
(10) Tri-d'hàtu : vatta^pita, schlehman ; c’est-à-dire le cent ou soujfleyXâ. bile, le yhlegme.
(111 I, VII, 18; 8.— I, VIII, 4; 16.~Cf. III, VI, 12; 19.
(12) Voy., par exemple, Langlois, 1. 1, p. 299, note 102; p. 577, note 40.— Cf. Wilson, t. I, p. 289, note a.
il ne semble pas que dans ces temps primitifs on ait jamais attribué aux dieux, au moins directement, de tels miracles. Ce sont encore des allégories que les passages où il est dit que les Aswins ont donné à Vispala une jambe de fer à la place de celle qu’elle avait perdue la nuit à la bataille (1); mais c’est une allégorie curieuse puisqu’on y trouve, à une époque si reculée, l’idée d’un membre artificiel. Cependant cette idée perd un peu de sa valeur ou du moins elle passe du domaine de la physique possible dans celui de la pure mythologie , quand on songe que dans des légendes postérieures, les Aswins, devenus médecins des dieux, remettent à Brahma la cinquième tête que Roudra venait de lui couper. C’est du reste le seul fait chirurgical que nous ayons recontré dans le Rig-Véda. Évidemment dans ce recueil d’hymnes qui, pour la plupart, datent de la vie pastorale des Aryas, la préoccupation des affections internes l’emporte de beaucoup sur l’observation des accidents des maladies dont la chirurgie se réserve le traitement. Or, c’est précisément le contraire dans V Iliade, en raison de la différence des situations et des époques, tandis qu’avec V Odyssée on se retrouve dans un milieu plutôt médical que chirurgical, parce qu’alors la période héroïque est sur son déclin. Ces réflexions suffisent à montrer que la recherche de l’antériorité absolue de la chirurgie ou de la médecine est vaine, mi peù oiseuse et s’appuie sur de faux principes de critique historique. Tout se home à savoir bien apprécier le caractère des documents qu’on interroge et à en tirer des inductions sur la prédominance relative et parfois apparante seulement de l’une ou l’autre branche des sciences médicales. Wilson (2) nous semble confondre les époques, n’avoir pas songé au Rig-Véda et s’attacher à des légendes plus récentes, quand il avance que chez les Indous la chirurgie à précédé la médecine. Au premier de ses jours l’homme a été également exposé aux attaques de la fièvre et au blessures ; de là, très-probablement, sous une forme ou sous une autre, l’origine simultanée de la médecine et de la chirurgie. Seulement il faut remarquer que, suivant les époques de l’histoire et en raison de la diversité des compositions littéraires et des sujets qui y sont traités, c’est tantôt la médecine, tantôt la chirurgie qui est en relief.
D’autres dieux, et même presque tous les dieux partagent avec les Aswins les fonctions médicales; Agni, le feu, surtout le feu du sacrifice, le symbole de la vie renaissante au printemps (3), repousse la maladie gémissante, l’éloigne de ses fidèles adorateurs et la fait tomber sur ceux qui méconnaissent sa puissance (4) ;
(1) I, vm, 4; 15. — I, vin, 6; 8.— VII, viii, 7; 8.
(2) Recherches sur les sciences médicales et chirurgicales des Indous, tirées du Magasin oriental de Calcutta, 1823, et insérées dans le recueil de ses OEuvres,yo\. I, partie 3, p. 271.
(4) II, V, 6; 3. — V, I, 1 5; 7. — III, i, 9; 1 . Cf. Wilson, t. III, p. 1 5, note 1 . — De même pour Savitri (un des noms du soleil) : VIII, v, 6; 8,
Indra, Téllier, l’air azuré, ou la voûte éthérée enveloppant le monde, produit les plantes et les fleurs salutaires (1); la main bienfaisante et légère de Roudra, flair, le maître des vents, le médecin des médecins, guérit les maux et procure les plantes bienfaisantes (2). Les Marouts, c’est-à-dire les vents, ont la même puissance (3); ils combattent le mal et la maladie (l’indestructible Nirriti de la race des malins esprits ou Rackasas). On invoque aussi la Terre, parce qu’elle préserve de tout mal terrestre, et l’Air, pour qu’il éloigne tout mal aérien (4); ce qui est un premier essai, mais bien confus d’étiologie. On peut rapprocher de ce passage curieux le dixhuitième hymne de la septième lecture, huitième section :
Aux Aiswadévas*
1. O Dieux, riiomme chancelle; ô Dieux, vous le dirigez. O Dieux, l’homme commet des fautes; ô Dieux, vous le rendez à la vie.
2. Deux vents soufflent, l’un de la mer, l’autre du continent lointain. Que le souffle de l’un te donne la force ; que le souffle de l’autre emporte le mal.
3. O Vent, apporte-nous le remède. O Vent, dissipe le mal. Tu possèdes tous les médicaments; tu es l’envoyé des Dieux. ^
U. Le Vent parle : « Je viens à toi avec le bonheur et la santé. Je t’apporte la force et la beauté; j’emporte la maladie. »
5. Que les Dieux, que les Marouts nous protègent. Que tous les êtres conservent ce (mortel) à l’abri de tout mal.
6. Les Ondes sont salutaires ; les Ondes repoussent la maladie. Elles renferment toute espèce de remèdes. Qu’elles te donnent la guérison.
7. Nous étendons vers toi nos mains qui sont comme ornées de dix rameaux {les di;v doigts). Notre langue exprime nos paroles; nous t’adressons une prière.
Quand on tâche de bien saisir l’esprit de cette vieille mythologie, on s’aperçoit que ce sont bien réellement les forces de la nature très-vaguement personnifiées, et non de véritables dieux ayant corps et âme comme dans Homère , que les Aryas invoquent dans les maladies et dans les autres nécessités de la vie. Ce n’est pas précisément de l’idolâtrie et encore bien moins du fétichisme, c’est le culte de la nature, dont toutes les manifestations ont vivement impressionné l’imagination de nos ancêtres dans des contrées où la nature est si puissante et si variée.
Ces réflexions s’appliquent également à l’invocation de Soma ; dans les hymnes anciens, Soma (5) n’est pas encore un dieu, mais l’aliment de la flamme du sacri-