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chronaxie des muscles fléchisseurs est plus petite, (moitié environ) que celle des extenseurs.
Cette distinction entre extenseurs et fléchisseurs, facile au niveau du membre thoracique de l’homme, devient plus difficile quand il s’agit du membre pelvien, dont le déplacement en avant ou en arrière implique le jeu imbriqué des groupes d’extension et de flexion (1). Ici le groupement synergique, va chez l’adulte se faire suivant le sens de ce mouvement. Mais chez l'enfant, avant la station debout et la marche, les synergies “ne sont sans doute pas les mêmes, et peut-être de ce fait les différences de chronaxie seraient moins accentuées que chez l’adulte;
5° Les chronaxies du segment distal des membres de l’adulte (mains, pieds) sont plus grandes que celles du segment proximal (cuisses, bras), alors que c’est le contraire pour le jeune enfant; celui-ci, en effet, a les bras et les cuisses presqu’immobiles, il remue spontanément surtout ses petits doigts et ses petits orteils, alors que c’est le contraire chez l’adulte;
6° Les diverses chronaxies, musculaire et nerveuse, sont toutes plus élevées chez le nouveau-né que chez Padulte. Citant d’après Bourguignon (93) quelquesuns des chiffres nous paraissant les plus probants
(1) Le fait que le membre supérieur n’est pas l’homologue du membre inférieur est dû à la torsion de l’humérus, qui se constitue au cours du développement intra-utérin et qui atteint son maximum chez l’homme adulte (168°) [Martin]. La comparaison entre les deux membres devient possible par la réalisation, en pensée, do la détorsion de cet os.
pour la question qui nous intéresse, nous voyons que le groupe des muscles synergiques du mouvement d'arrière en avant a pour chronaxie :
a) Pour la cuisse (c’est-à-dire sa flexion) 0.10 à 0.16 chez l’adulte et 1.50 chez le nouveau-né;
b) Pour les autres segments du membre (c’est-àdire comportant l'extension de la jambe, la flexion du pied et l'extension des orteils) O.24 à 0.36 chez l’adulte et 0.70 chez le nouveau-né;
— ee mouvement d'avant en arrière, c’est-àdire ayant comme composantes l'extension de la cuisse, la flexion de la jambe, l'extension du pied et la flexion des orteils, met en jeu un groupe musculaire dont la chronaxie est 0.44 à O.72 chez l’adulte et de 4 chez le nouveau-né. 4
Remarquons dès à présent que le groupe musculaire dont font partie les extenseurs du gros orteil, a les chiffres de chronaxie les plus faibles chez le nouveauné, alors que chez l’adulte ils n’occupent que le second rang.
7° Etudiant l’évolution des chronaxies du nouveauné, Bourguignon (93), Banu (94), Bremier (96) ont établi que cette chronaxie très élevée (de 1 & à 10 fois) des muscles du nouveau-né évolue dans une période de 16 à 18 mois pour atteindre les chiffres de l’adulte à cette date; mais que la chronaxie des nerfs, beaucoup moins différente de celles de l’adulte atteint les chiffres de celui-ci à deux mois, bref a une stabilisation plus rapide que celle des muscles; indépendamment de ce non parallélisme du développement des nerfs et des
muscles, ces derniers évoluent entre eux d’une façon non parallèle également du fait de leurs fonctions différentes d’une part (fléchisseurs, extenseurs), et de leur situation différente d’autre part (segment proximal ou distal).
Si l’on admet qu’au niveau des articulations neuronales, les mêmes facteurs d’isochronisme et d’hétérochronisme entrent en jeu, il en résulte qu’une excitation cutanée plantaire pourra, à intensité égale, parcourir des arcs réflexes et agir sur des groupes musculaires différents, suivant le degré d’évolution du système neuro-musculaire. En effet, le signe de Babinski du nouveau-né paraît être en rapport avec lPexcitabilité alors très inégale des divers groupes musculaires se traduisant en ce qui concerne l’extenseur du gros orteil par une chronaxie relative très faible.
Celle-ci, autre fait peut-être également important, ‘est beaucoup plus inférieure à celle des fléchisseurs des orteils qu’à celle des fléchisseurs de la cuisse. Du fait d’un abaissement ultérieur non parallèle de toutes les chronaxies, l’excitabilité de l’extenseur du gros orteil n’occupe plus qu’une position intermédiaire par rapport à celle des fléchisseurs de la cuisse, d’une part, des extenseurs de la cuisse et des fléchisseurs des orteils, de l’autre.
Du fait même de cet abaissement non parallèle, les chronaxies des muscles de la main ou du pied, segment distal, plus petites chez l’enfant que celles du segment proximal, sont au contraire plus grandes chez l’adulte,
ce qui explique par quel mécanisme l’isochronisme