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CHAPITRE I

Cellules chloragogènes.

Pour simplifier les descriptions ultérieures, nous parlerons, avant d'aborder l'étude du groupement et du rôle des cellules chloragogènes, des corpuseules caractéristiques qu’elles renferment.

1. Grains chloragogènes. — Ce sont des globules polyédriques de grandeur fort variable : les plus gros ont tout au plus 3 # de diamètre ; les plus petits ont des dimensions au-dessous des limites mesurables (fig. 2). Ils doivent leur forme polyédrique à leur compression réciproque et sont de consistance

molle, car, dans l’eau ou dans la glycérine aqueuse, séparés les uns des autres, ils reprennent un contour cireulaire ou presque circulaire. Fréquemment on rencontre parmi eux des grains irréguliers, qui proviennent manifestement de la soudure de plusieurs (2-7) corpuscules plus petits, maintenus les uns contre les autres par un dépôt recouvrant tout le système. La présence de semblables globules composés, ainsi que la taille si variable des corpuscules simples, démontre que ces productions, d’abord extrêmement petites, croissent par l’apposition autour d’un noyau central de couches minces successives concentriques.

La composition chimique des grains chloragogènes des Oligochètes est encore indéterminée. Vespovsky ! (p. 111) les déclare presque inattaquables par l'alcool, les acides acétique, chromique et osmique, ainsi que par la potasse caustique. W. KükenrHaL ?, les étudiant spécialement chez Tubifex Bonneti Clap., énonce qu’ils sont insolubles dans Péther, les acides et la soude à 2 °/, ; il les considère comme des produits d’excrélion, parce qu’ils ne rentrent pas dans la catégorie des albuminoïdes ou d’autres substances nutritives (p. 333). Cuénor, enfin, se contente de dire que leur nature chimique est inconnue (p. 107).

Une indication nous a guidés dans la recherche de leur composition : le fait signalé par Eisic 5, que certains grains chloragogènes des Capitellides sont constitués par de la guanine, de même que les corpuscules analogues du péritoine et des néphridies d’Ophelia radiata, étudiés par ScHaerrt #,

Les grains chloragogènes ne se colorent pas à chaud par le réactif de MizLon : ils ne sont done pas constitués par un albuminoïde ou par de la tyrosine. Ils sont insolubles dans l’eau, l'alcool, l’éther, le chloroforme, l’ammoniaque concentrée, solubles dans la potasse caustique à 5 °/, et, à chaud, dans l'acide chlorhydrique dilué; ce sont là des caractères qui per-

4 VEDovsky, System und Morphologie der Oligochäten. Prague, 1884.

2 W. KükewrTuaL, Ueber die lymphoïden Zellen der Anneliden. (JENAÏSCHE ZEITSCHRIFT, 1885, Bd XVIIL.)

3 Ersic, Monographie der Capilelliden des Golfes von Neapel. Berlin, 1887, p. 731.

4 ScuAErri, Das Chloragogen von Ophelia radiata. (JENAïscHE Zerrscurirr, 1894, Bd XXVIII.)

mettent déjà d'identifier leur substance à la guanine. D’autre part, en traitant par l'acide chlorhydrique des tubes digestifs de Lombrics épuisés préalablement par l'alcool et l’éther, nous avons obtenu une solution brune qui, évaporée goulte par goutte sur un porte-objet, nous a fourni, dans une gangue d'albuminoïdes peptonisés par l'acide et colorés en brun, à côté de cristaux cubiques de chlorure de soude, quelques longs prismes microscopiques que nous rapportons au chlorhydrate de guanine.

Nous avons voulu employer aussi, comme vérification plus sûre du même fait, la méthode de WEyz, qui a servi pour les Capitellides et Ophelia ? : méthode fondée sur la solubilité faible de la guanine dans l’eau chaude et sur sa précipitation par l’acétate de cuivre. Les tubes digestifs d’une dizaine de Lombrics furent donc bouillis dans 400 centimètres cubes d’eau pendant plusieurs heures; le liquide filtré fut additionné d’acétate de cuivre, et le précipité ainsi obtenu, récolté sur un filtre, fut traité, au sein de l’eau chaude, par un courant d'hydrogène sulfuré. Après séparation du sulfure de cuivre, le filtrat, additionné de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, fut lentement évaporé à sec et fournit, au sein d’une masse brunâtre, des cristaux aciculaires de chlorhydrate de guanine. Redissoute dans l’eau, cette substance fournit avec le chlorure de platine le précipité cristallin caractéristique de la guanine.

Sous l'influence de divers réactifs apparaissent dans les grains chloragogènes des vacuoles, centrales ou périphériques, plus où moins grandes : ce sont tantôt de simples taches punetiformes, tantôt des cavités qui ne laissent subsister du globule qu’une paroi pelliculaire. Souvent aussi, par l’action du formol ou de l'acide osmique, la vacuolisation n’est pas centrale et les globules les plus volumineux présentent un noyau séparé d’une enveloppe par une cavité circulaire; quelquefois, en outre, le noyau lui-même loge une petite vacuole (fig. 3). Ceci vient encore à l'appui de l'explication du mode de formation des grains telle que nous l’énoncions plus haut.

Il s’agit là de phénomènes qui résultent de la soustraction à une masse

! Voir Eisic, mém. cité, p. 731, et ScHAEPp1, mém. cité, p. 286.

molle d’une substance qui l’imprégnait en quantité plus ou moins considérable. Dans le cas actuel, c’est d’eau qu'il s’agit, car cette vacuolisation s'observe après la dessiceation du corpuscule ou son traitement par une solution concentrée de sel marin; tout autre liquide capable d'attirer de l’eau détermine le même phénomène, qu'il s'agisse de glycérine, d'alcool, d’ammoniaque où de polasse caustique très faible; mais dans quelques-uns de ces cas, le phénomène peut avoir une origine plus compliquée et provenir de la soustraction d’une autre matière encore, ainsi que nous allons l’exposer.

La coloration jaune d’or que présentent sous le microscope, en couche mince, les grains chloragogènes, leur est communiquée par une substance qui s’en extrail aisément par l'alcool ou l’éther; ces caractères de solubilité ainsi que la similitude de nuance font identifier cette matière avec celle qui imprègne les grains graisseux des cellules ciliées de l'intestin ?.

Sur la foi d’une observation de KükENTHAL (p. 333), qui signale chez Tubifex, à côté des grains chloragogènes jaunes et insolubles, d’autres corpuscules incolores et solubles dans l’éther, nous nous attendions à rencontrer aussi de la graisse, sous forme de gouttelettes, dans les cellules chloragogènes du Lombric.

Malgré cette idée préconçue, nous ne sommes point parvenus à constater, parmi les grains des cellules en question, aucun globule qui présentät une réfringence spéciale, qui se coloràt différemment des autres par l’action de l’acide osmique ou qui disparüût dans l’éther ?.

D'autre part, les corpuscules chloragogènes eux-mêmes ne renferment pas de graisse. C’est là un fait qu'on ne peut, il est vrai, démontrer par la méthode des dissolvants : en effet, l’action d’un liquide, comme une solution très faible de potasse, qui serait capable d'enlever la graisse sans altérer la

1 Voir, sur ce sujet, Wicuem et Mine, Recherches sur la digestion et l'absorption intestinale chez le Lombric. (LAVRE JuBILAIRE DÉDIÉ À Cu. VAN BAMBEekE. Bruxelles, 1899.)

2 Depuis l’époque où ces observations furent faites, lun de nous a trouvé dans les cellules chloragogènes de l’Arénicole de nombreuses sphérules graisseuses. (V. WiLLEw, L'excrétion chez l’Arénicole. Travaux ou Laporatomme De Wimereux, vol. VII, 1899. Préoccupés par cette constatation, nous avons repris à nouveau la recherche de la graisse dans les cellules chloragogènes du Lombric, et, cette fois encore, avec un résultat négatif.

guanine et sans extraire la matière colorante, fait apparaitre, rien que par soustraction d’eau, une vacuole dans le corpuscule chloragogène. Mais la teinte simplement bruvâtre que prennent les grains après leur traitement par l'acide osmique nous parait suflisamment distincte de la coloration qu'acquiert un corps graisseux dans les mêmes conditions, pour pouvoir aflirmer que la graisse n’imprègne pas les globules en question.

En résumé, les corpuscules chloragogènes sont constitués par de la guanine, imprégnée d’eau (solution saline très faible ?) et d’une substance jaune, de nature inconnue, mais vraisemblablement d’origine intestinale. Ce sont bien, comme on l’a avancé précédemment, des matériaux d’excrétion.

Il. Forme et localisation des cellules chloragogénes. — Ces cellules sont, comme on sait, des éléments en forme de massues, plus ou moins allongés, présentant une extrémité renflée contenant des grains chloragogènes et un pédicule basal clair; la région intermédiaire ne présente de granulations qu’en pelit nombre, et encore sont-elles extrémement petites (fig. 4).

Il n’est plus nécessaire de réfuter l'opinion, encore proposée dans le Traité d'anatomie comparée pratique de Vocr et Yuxc !, suivant laquelle ces cellules sécréteraient les ferments digestifs agissant dans l'intestin ?. D'autre part, divers auteurs ont montré © que les cellules chloragogènes sont implantées, non sur l'intestin, mais sur le système circulatoire hématique.

La paroi de l'intestin présente, outre l’épithélium interne, une membrane péritonéale, un réseau de vaisseaux sanguins appartenant à l'appareil hématique, une couche de fibres musculaires annulaires, des fibres longitudinales, et enfin les cellules chloragogènes (fig. 5). Un fait sur lequel nous attirons l'attention, c’est que celles-ci sont directement implantées sur les vaisseaux sanguins. Lesdites cellules sont groupées en gerbes, de telle façon

1 Tome ler, 1888, p. 461.

2 Sur l’origine de ces ferments, voir Wien et Minne, Recherches sur la digestion et l'absorption intestinale chez le Lombric. (LIVRE JUBILAIRE DÉDIÉ À CH. VAN BAMBEKE. Bruxelles, 189).)

3 Voir, outre les travaux que cite Vrspovsky (mém. cité, p. 111), les mémoires de Tim (Beobachtungen an Phreoryctes Menkeanus und Naïs. Anseiten ZooL, Insr. WürzBurG, 1883, Bd VI), et KükENTHAL (mém. cité, p. 335).

que les extrémités en massue, périphériques, entourent un axe central clair formé par l’ensemble des pédicales, à peu près comme les corolles d’un bouquet de fleurs se disposent autour du paquet des tiges. Les extrémités basales de chaque groupe cellulaire s’insèrent sur une des nombreuses expansions coniques portées, semblables à des dentelures régulières, par la paroi de chaque vaisseau annulaire. C’est dans les creux compris entre ces séries d’élévations que se placent les faisceaux de fibres annulaires; les fibres longitudinales, elles, moins nombreuses, circulent à un niveau plus externe entre les systèmes de cellules chloragogènes (voir fig. 4 et 5). Cela revient à dire, pour exprimer celte disposition en d’autres termes, que faisceaux annulaires et faisceaux longitudinaux forment, par leur superposition à angle droit, un réseau dont chacune des mailles livre passage au pied étroit d'une gerbe de cellules chloragogènes.

En dehors de la paroi intestinale, on trouve d’autres cellules chloragogènes implantées directement sur le vaisseau dorsal et sur l’origine des troncs qui en partent.

De même chez quelques Polychètes, tels que l’Arénicole, les cellules chloragogènes enveloppent certains vaisseaux et les ramifications en cæcums du vaisseau ventral et du réseau qui circule sur la paroi du cœlome.

HT. Fonction des cellules chloragogènes. — Cette association anatomique entre les éléments chloragogènes et certaines régions de l'appareil hématique fait supposer « priori une corrélation fonctionnelle entre ces deux systèmes. Seulement, comme chez les Annélides considérés, les cellules chloragogènes plongent en même temps dans le liquide plasmatique, la démonstration péremptoire n’est pas faite que les matières qu’elles renferment soient puisées, en tout ou en partie, dans le système hématique. L'étude de certains Polychètes en fournit la preuve expérimentale par la localisation des éléments qui sécrètent, chez eux, les substances chloragogènes.

a) Chez un certain nombre de Sédentaires (Cirratuliens, Chloræmiens, Térébelliens, Ampharétiens, Spioniens, Hermelliens), on a depuis longtemps constaté l'existence, à l’intérieur du vaisseau dorsal, d’un amas cellulaire

coloré qu'on désigne souvent sous le nom de corps cardiaque. Sa présence va généralement de pair avec l'absence du revêtement chloragogène des vaisseaux, et les corpuscules qu'il renferme rappellent par leur aspect, sinon par leur composition chimique qui n’est pas connue !, les grains chloragogènes des autres Chétopodes. Avec quelques auteurs, nous considérons ce corps cardiaque comme un organe dépurateur et, reprenant une opinion émise par CLapaRËDE ? et par EisiG 5, nous l’identifions avec un corps chloragogène éntra-vasculaire.

b) Le système hématique peut manquer chez certains Polychètes; c’est une disposition secondaire qui s’observe chez les Capitellides, les Glycérides et les Polycirrides. Dans le liquide cœlomique se rencontrent alors, outre les amibocytes ordinaires, des disques nucléés colorés en rouge par de l’hémoglobine. Or, c’est à l’intérieur de ces corpuscules hémoglobiques, dont l'ensemble représente le contenu du système hématique disparu, qu’on trouve des grains chloragogènes. EisiG # y décrit, pour le cas des Capitellides et des Glycérides, des corps ordinairement bruns, offrant une composition chimique semblable à celle des concrétions néphridiennes, c’est-à-dire formés de guanine et d’une substance analogue à la chitine. C'est là encore une disposition qui montre nettement la relation d’origine qui existe entre les substances chloragogènes et le système hématique.

Nous admettons donc que, chez le Lombric, les cellules chloragogènes jouent vis-à-vis du liquide hématique le rôle d'organes dépurateurs ÿ.

D'autre part, il résulte d’injections faites par Kowacevsky 6, par

1 Voir L.-J. Picron, On the Heart-body and cœlomic fluid of certain Polychaeta. (Quar- TERLY JOURNAL OF MICROSCOPICAL SCIENCE, 1897, vol. XLL.)

2 CLAPARÈDE, Recherches sur les Annélides sédentaires, p. 95.

3 Ersic, Monographie der Capitelliden des Golfes von Neapel, p. 690.

# Eisic, même mémoire, pp. 684 et 754.

5 KükenrHaL affirme (pp. 334 et 338) que les cellules chloragogènes du vaisseau dorsal proviennent de certains globules plasmatiques qui s’attacheraient à la paroi des vaisseaux et absorberaient des grains jaune brun qui se trouvent à la surface de cette paroi. Cette observation, faite sur Tubifeæ, nous paraît devoir être confirmée; elle n’a d’ailleurs qu'une relation fort éloignée avec la question qui nous occupe.

6 A. Kowaevsky, Ein Beitrag zur Kenntniss der Excretionsorganen. (BioLociscues CENTRALBLATT, 1889, Bd 9.)

G. Scaneiner (p. 384), par Cuénor (p. 107) et par nous-mêmes, que des substances dissoutes, telles que l’indigo-carmin, le saccharate de fer, la safranine, etc., injectées dans le cœlome, se fixent sur les grains chloragogènes. [1 faut en conclure que les cellules chloragogènes exercent une fonction analogue vis-à-vis du système plasmatique.

Cuéor, en 1890, admettait que les cellules chloragogènes constituent des organes accumulateurs de substances de réserve : « Les peptones provenant de la digestion, au lieu de passer dans la cavité générale et d'y être transformées par les amybocites en albumine du plasma, sont arrêtées en route et absorbées par les chloragogènes qui les transforment sur place en albuminoïdes qu’ils aceumulent sous forme de granules jaunes ‘, » Cette manière de voir, que l’auteur nous semble n'avoir pas maintenue, tombe par le seul fait que les grains chloragogènes ne renferment pas d’albuminoïde.

G. SCHNEIDER, qui admet trop facilement l'existence de grains graisseux dans les cellules en question ?, émet une hypothèse analogue, en s'appuyant aussi sur ce fait que chez des Lombrics abondamment nourris, les cellules sont plus colorées que chez des individus affamés. Cet aspect s'explique aisément sans qu’on ait besoin d'admettre l'opinion précédente : la substance colorante, d'origine intestinale, se retrouve dans les chloragogènes en quanüté plus grande chez les exemplaires dont la nutrition est plus intense. Pour ce qui est de la comparaison qu'établit Scaweiner entre les éléments chloragogènes et les cellules hépatiques des Vertébrés 5, elle repose sur des arguments sans valeur.

1 Cuënor, Études sur le sang el les glandes lymphatiques dans la série animale. (ArCHivES DE ZOO0L. EXPÉRIM. ET GÉNÉR., 1890-1891.)

2 « Beim Konservieren in Hermann’scher Osmiumplatinchloridlüsung färben sich die Chloragogenzellen tief dunkel wegen ihres Gehaltes an kleinen Fettkôrnern… » (p. 386). Cette coloration est due à la réduction de l'acide osmique par d’autres substances que la graisse, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

3 « Den Leberzellen ähneln die Chloragogenzellen in folgenden Punkten. Sie nehmen Pigmente (KükeNruaz) und albuminoïde Substanzen (CuÉNot) wabhrscheinlich aus dem Blute auf und absorbiren Indigkarmin und Eisen aus injicirten Lôsungen. Das Eisen wird nicht grobkôrnig abgelagert, wie in Leukocyten und Lymphdrüsenzellen, sondern es durchtränkt das Protoplasma der Theiïle desselben gleichfürmig, wie in den Leberzellen. »

En résumé, ce que nous savons des cellules chloragogènes du Lombric leur assigne exclusivement une fonction excrétrice.

IV. Mode d’excrétion. — Une opinion est admise par tous les observateurs qui ont étudié le chloragogène des Vers, Leypi@ ‘, Timm ?, VEspovsky 5, KükenTuaL #4, Benparp 5, pour ne citer que ceux qui se sont occupés des Oligochètes : les cellules, après s'être chargées de produits d’excrétion, se détachent pour tomber dans le cœlome, s'y désagrègent et sont ensuite expulsées par le pavillon des néphridies ou par des voies plus compliquées (Cuénor).

Cette opinion s'appuie sur des constatations faites sur des Lombries disséqués ou sur des Vers de petite taille transparents, examinés sous le microscope et probablement plus où moins comprimés par la lamelle couvrante qui les maintenait. Or, les corps des cellules chloragogènes sont suffisamment fragiles pour qu’un attouchement faible puisse en détacher les extrémités renflées : ainsi, lorsqu'un Lombric excité rejette par les pores dorsaux du liquide plasmatique, on trouve dans ce liquide des fragments libres $ de cellules chloragogènes, portions des cellules voisines de lorifice dorsal qui ont été exprimées par la contraction du corps.

Aussi pensons-nous que les fragments de cellules chloragogènes qu’on a observés flottant dans le cœlome ont été, la plupart du temps, détachés par les manipulations. On ne peut nier cependant qu'à l’état naturel de semblables fragments ne se retrouvent dans le cælome et ne suivent la destinée

{ Levnic, Ueber Phreoryctes Menkeanus.. (ARCGHIV FÜR MIKROSKOPISCHE ANATOMIE, 1865, Bd I, S. 249.)

2 Timw, Beobachtungen an Phreoryctes Menkeanus und Naïs…. (ARBEITEN Z001. Insr. WürzBure, 1883, Bd 6, S. 109.)

3 VEsnovsky, Mém. cité, p. 112.

# KükewTHaAL, Mém. cité, p. 336.

5 Bepvaro, Contribution to the anatomy of Earthworm. (QuarTERLY JOURNAL 0F Micro- SCOPICAL SCIENCE, 1891, t. XXXII, p. 293.)

6 Leur structure inaltérée et le fait qu'ils ne sont pas entourés par des amibocytes cœlomiques prouvent que leur séparation vient de se produire.

des débris flottant dans cette cavité; mais tout porte à croire que, dans ces cas aussi, la cause du phénomène réside dans un traumatisme. En effet, sur les nombreuses coupes bien préparées que nous avons étudiées, nous n'avons jamais observé aux éléments en question les extrémités bourrées de granules, pédiculisées et en voie de séparation que décrit CuÉéNor.

De plus, les grains chloragogènes, fort rares chez les jeunes Oligochètes, forment pendant le développement de lanimal des amas de plus en plus considérables; celte accumulation progressive de produits de désassimilation ne témoigne pas d’une excrétion régulière, adéquate à leur production. Cette circonstance, rapprochée du fait que le corps cardiaque des Polychètes est nécessairement, par sa situation, un «rein d’accumulation » , tend à faire considérer l’ensemble des cellules à guanine du Lombrie comme un système de même signification physiologique.

Nous avons cependant assisté à des phénomènes d’excrétion chez ces éléments. Quelquefois, la plupart des cellules chloragogènes d’un méme individu présentent une extrémité volumineuse, dépourvue de grains de guanine; elle est constituée par une boule plus ou moins irrégulière, sur la paroi interne et dans la cavité de laquelle les réactifs fixateurs précipitent, sous forme de trainées granuleuses, une pelite quantité de matières coagulables (fig. 6). Ces différentes boules sont reliées aux cellules par une base plus ou moins large, souvent par un pédoncule fort mince; au milieu des autres, on en trouve de détachées, et des formations identiques se rencontrent flottant dans toutes les anfractuosités du cœælome.

Ce sont là des phénomènes d’excrétion par « boules » ; le produit excrété n'est pas représenté par des grains chloragogènes, mais par une substance liquide dont nous ignorons la nature. Nous n’avons constaté ces productions que chez deux individus; chez les autres, l'extrémité des cellules chloragogènes élait formée d’une couche de protoplasme hyalin, dense, dépourvue de granules et nettement limitée du côté cœlomique. Il semble donc que cette excrétion n’est pas un phénomène constant, mais à allure périodique, peutêtre déterminé par l'injection artificielle qu’avaient subie les échantillons considérés,

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