A MA G. PRUNELLE
Professeur de Médeciue Légale , réformé, etc. etc.
Mes sentimens me permettaient-ils de séparer ces deux noms ? Tes talens les plus distingués et l'amitié la mieux éclairée les ont unis ; quant à moi , je me renommerai toujours de la protection quils ri ont cessé de m accorder •
Cl, -Ch. PIERQUIN.
SUR L’HÉMACÉLINOSE.
TT sus et impigræ simili expeiientia mentis Paulatlm docuit. I/UCRET. "Y*
Cette maladie était connue long -temps avant que Werlhof consacrât quelques lignes à sa description dans un recueil célèbre (i); mais , c’est de notre Faculté qu’est parti le premier rayon de lumière sur rhémacélinose ; Rivière le premier en traça un lumineux tableau. Bontius , en 1642, décrivit une affection extrêmement semblable à la notre , qui cependant ne l’est point , quoi qu’en aient dit certains auteurs ; c’est la maladie que mes compatriotes nomment Root-vont ( érysipèle des nouveaux-nés ). Quatorze ans après , P. Sa!. Di versus eut l’occasion de l’observer dans les mêmes circonstances que Rivière , Diémerbroëdk , Strack , van Loeckren , etc.; en 1662, Th. Bartholin rapporta l’observation malheureuse, mais intéressante , que Krugkius avait faite. P. A Castro , en 1662 , la rappela , mais en passant, dans son excellent ouvrage sur la
(1) Commère, noric. ad rei medicœ et scient . natural. incrementum institut, 1745»
Fièvre Puncticulaire. Ce fut vers le même temps qu'un médecin Beige , devenu le médecin de l’Impératrice d’Autriche , la décrivit sous la forme épidémique. Diémerbroëck , en 1687 , appela encore l’attention des praticiens sur sa forme transcurrente ; et ce ne fut qu’en 1785 , que Werlhof et Behrens eurent l’occasion de l’observer. Trente ans après, Strack l’observa sous le même mode d’existence, et long-temps avant ces derniers , en 1682 , M. Lister, en avait publié plusieurs observations.
Ce ne fut qu’en 1775 qu’on vit paraître une Dissertation inaugurale sur cetter Maladie ; l’Auteur y partage l’opinion de Rivière, sur la plupart des points. Duncan , quelque temps après Graff , publia une observation particulière d’Hémacélinose, et plusieurs autres par la suite, qu’il puisa dans sa pratique privée ou publique. Depuis cette dernière époque, les écrits sur cette matière se sont tellement multipliés, les observations en sont si nombreuses dans nos recueils périodiques , qu’il est honteux de voir un praticien en ignorer même l’existence , et qu’il serait ennuyeux de poursuivre l’Hislorique des auteurs , et je renverrai à l’article Bibliographie , qui épargnera au lecteur des recherches où il règne une confusion vraiment rebutante , qui naît autant de l’ignorance de la maladie que des noms divers sous lesquels on l’a désignée ( 1 ) ; quant à
(1) Morb . macuL kœmorr. : Werlhof, Behrens, Aaskow , Roëber, Bang, Baumes , Wichmaun, Iiorst , Wolf, Lentin , Kruegelstein , et en général , dans toute l’Allemagne , l’Angleterre , l’Italie, etc. Hœmorr. nariurn chronica lethalis : Roëber , etc. — Hœmorrliea petechialis : Duncan , Adair , Horst , etc. — Pétéchial éruption: Duncan, Sauvages, Mouton
£ls, Pétéchies sans fièvre : Graff, Schlichthorst , Pinel, Renier, Cusson,
Duncan, Baumes, etc. — Maculœ scorbuticœ : F. Hoffmann, M. Lister ,
etc, Hèmorr . tachetée de toute la peau : Latour , Demangeon ,
etc, Morb . mïlliar. apyret . ; Burserius , etc. — Purpura apyreta :
Cusson , etc. — Morbus hœmorr. : P. Frank, etc. — Purpura chronica : en Allemagne , etc. On en verra d’autres dénominations dans le cours de l’ouvrage.
celui que j’ai choisi , j’ai voulu qu’il rappelât au lecteur la phrase descriptive (i) sous laquelle Werlhof la désigne.
L’Hémacélinose n’a point encore été classée, et c'est, de toutes les maladies , celle que les Nosographes ont le plus mal placée ; la faute en est peut - être aux Cliniciens qui n’ont jamais voulu voir, dans cette affection, qu’une légère variété du scorbut, etc.
y::; - PREMIÈRE PARTIE.