‹ Recherches sur l'hémacélinoseChapitre 3 sur 7 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Originis , progressif } et quidquid inest certi medicinâ obseraationibus magna ex parte debetur.

Baglivi.

Afin de mettre plus d’ordre dans cette importante partie , d’éviter une confusion inévitable , de permettre au lecteur d’embrasser d’un coup-d’œil toutes nos observations , et de saisir plus facilement l’ensemble de la maladie; nous rapporterons à trois chefs déterminés par des symptômes physiques , les Observations diverses qui seront précédées par une Indication Sommaire. Cette division m’a paru plus sage que celle basée sur les causes qui nous sont le plus souvent inconnues, obscures , ou sujètes à erreur; c’est le malade qui m’a inspiré cette division : in Quibusdam efflorcscebant petechiœ , seu macula rubrœ , pulicum morsibus similes , in His minores , in Illis latiores , vario coloris gradu rubentes : in Aliis Istius modi maculœ, plané nulla sed illarum loco morbo diutiùs decurrente , et quidem in solis jfeminis purpura seu pustulœ miliares in puero solœ rubrœ (2), etc. Du reste cette division est toute scolastique , toute théorique, et n’apportera aucun changement dans la méthode curative.

(1) De cdp.cs. sang; de xâViç , idoç } } tache , macule, pétéchie, et

maladie.

(2) le . fVeitbrect , §. V. de febrili constit . Regiomont. 173 6.

P r emièr e Variété .

Sthéniq.

. i.° Leniüoïde \ 2.0 Militaire ; 3.° Punctiloïde •

Obs. i.re compl. Mad-lle Poyard , de Tonneins , âgée de 3 ans , née de parens sains , d’une constitution mucoso-sanguine , forte et bien constituée , avait eu depuis cinq mois une rougeole trèsinflammatoire. Ce fut durant la santé la plus florissante qu’elle fut atteinte de violens accès de Fièvre quotidienne, dont elle fut bientôt guérie : quelques jours après il parut , sur toute l'habitude du corps , une éruption de taches rouges , grandes comme de trèslarges piqûres de puce , discrètes * auxquelles on ne fit point attention. Quinze jours. après , elles se multiplièrent à l'infini; huit jours après, apparition d’une ecchymose noirâtre assez large, trois rinorragies très-considérables, qui n’afiâiblirent point la malade, et qui , peut-être , donnèrent lieu au retour des accès, plus violens que les précédons. Après la guérison de cette nouvelle maladie , on vit reparaître un grand nombre d’ecchymoses, particulièrement au thorax et â l’abdomen , de forme diverse , de couleur variée; elles avaient d'abord été rouge foncé , ensuite bleuâtres et enfin noirâtres, disparaissaient et reparaissaient. Cette affection avait été inutilement combattue à Tonneins, par les purgatifs , les astringens , les acides , les toniques , les anti-scorbutiques , et un régime trèsnourrissant ; la malade prenait en même temps les eaux de Miers. M.‘ Ie Poyard était dans cet état, lorsque le 28 octobre 1809, elle vint consulter le docteur Golfin , qui reconnut le mordus macu losus hœmorragiciLS , qu'il voyait déjà pour la seconde fois. Il reconnut la forme sthénique , et lui opposa le traitement antiphlogistique et délayant^ composé principalement de sangsues, dont l'emploi fut souvent répété, de bains entiers (24 ît.), de petit-lait, de boissons muciîagineuses , d’un régime végétal qui aida à couronner le traitement du plus heureux succès, après deux mois (1).

(1) J’ai puisé cette observation dans les Registres de consultations de ce Praticien ; les autres qui lui appartiennent sont tirées de sa pratique journalière.

Obs . 2.e rèeid . «Dans le mois de mai 1 8 1 8 , je fus appelé pour donner mes soins à Angélique Goni , âgée de 2 ans et demi ; je la trouvai sans connaissance, la face pâle, les lèvres décolorées, les - ailes du nez tirées en dehors , une mucosité spumeuse s’échappait des narines et de la bouche; le ventre était ballonné, la respiration fréquente , le pouls très-vif et presque imperceptible ; on apercevait , çà-et-là, sur la peau des taches noires ou fauves-, depuis plus de six mois , cet enfant était en proie à des hémorragies souscutanées qui s’annonçaient par les phénomènes que je viens d’énumérer. Plusieurs praticiens distingués avaient soigné Angélique ; l’un d eux n’avait voulu voir dans les macules que le résultat des contusions ; les autres avaient enfin prodigué les toniques , les astringens et les anti-scorbutiques sous toutes les formes. Le dernier qui vit la malade avait annoncé que la mort était prochaine, et conseillait le séjour à la campagne et l’usage du lait de chèvre. Les accidens dont ma première visite me rendit témoin , se dissipèrent à la suite de selles fétides et sanguinolentes , et lorsque de nouvelles tumeurs bosselées , inégales et d’un pouce de diamètre pour la plupart , vinrent souiller la face , le dos et les cuisses : ces faibles tumeurs , si je puis les appeler ainsi , d’un rouge vif, changèrent bientôt de couleur à la manière des ecchymoses. Les prodromes, le soulagement à la suite de l’hémorragie, et l’insuccès des autres traitemens, me déterminèrent à penser que cette maladie pouvait se rattacher aux phtegmasies, et sans m’arrêter à la faiblesse , qui paraissait extrême , je fis appliquer deux sangsues aux cuisses , j’ordonnai des lotions froides avec l’eau et le vinaigre , des boissons acidulées, des lavemens émolliens, et ce qui était moins rationnel, je fis garnir le matelas avec des plantes aromatiques.

Tous les deux ou trois jours , je renouvelais l’application des sangsues; huit ou dix jours après, je vaccinai la malade espérant modifier ainsi la sensibilité de la peau. Le traitement fut continué pendant deux mois. Bientôt les hémorragies devinrent moins fréquentes , moins étendues ; les symptômes précurseurs diminuèrent d’intensité, et dans moins de trois mois, l’enfant complètement guéri

io

avait pris un embonpoint véritablement extraordinaire. Depuis ce temps sa santé n'a été altérée que par une rougeole qui a été heureusement terminée. » ( M. Terme , médecin à Lyon. )

Obs. 3. « En 1820 , je fus appelé à Gravels pour donner mes soins à une jeune personne, âgée de 19 ans, robuste, d’un tempérament sanguin , et malade depuis une quinzaine de jours : elle avait une ménorragie et des taches pétéchiales répandues sur toute l’habitude du corps, sans fièvre ; ayant jugé l’éruption essentielle , je prescrivis l’eau de riz avec l’acide sulfurique jusqu’à agréable acidité, des bols camphrés et nitrés : ces remèdes furent administrés pendant quelques jours ; on accorda des alimens et bientôt la ménorragie cessa et les taches disparurent. » ( M. Bourquenod.)

Obs. 4» « Marie-Anne Roux , âgée de 36 ans, d’un tempérament bilioso-nerveux , d’une constitution sèche et irritable, éprouva, le 9 décembre 1820 , une aménorrée , à la suite d’un chagrin violent et d’une forte colère. Le 11 , lassitudes, pesanteur de tête, frissons entrecoupés de chaleur, insomnie. Le 12, offerte à notre observation : efforts de vomissemens que la présence des alimens effectue , diarrhée bilieuse, chaleur et démangeaison, anorexie; i3, apparition de taches rouges, précédées d’un léger prurit, à la poitrine, au cou et successivement sur les bras, l’abdomen et les cuisses. Ces taches, de l’étendue d’une piqûre de puce, devinrent plus foncées jusqu’au point de paraître brunâtres ; d’après le rapport de la malade , il paraît qu’il n’y eut point de réaction fébrile. Une saignée de huit onces fut pratiquée au bras ; la malade fit usage de boissons délayantes. 7 ou 8 jours après, les taches offrirent une couleur moins foncée et finirent par disparaître totalement. » ( M. Daillan , à Avignon (i) ).

Obs . 5. pat* jlux . gèn . compl. Marie Couîondre , détenue à la maison centrale , âgée de 28 ans , d’une constitution pléthorique ,

d'un tempérament très - irritable , avait la menstruation pénible ,

(1) J’ai puisé cette observation clans la correspondance éclairée de mon ami et condisciple Gustave Fortnuet.

presque nulle et très - irrégulière. Aux époques menstruelles , elle éprouvait de violens symptômes d’hystérie , dont la plupart existaient encore hors de ces époques; ils furent dans la suite accompagnés d’un tel état de sensibilité à la peau , que la pression la plus légère , un simple attouchement occasionaient de la douleur et déterminaient spontanément une ecchymose qui restait quelques jours à disparaître. Le i5 avril 1817 , elle eut un accès de fièvre assez intense qui se termina douze heures après son invasion , par une hémorragie nasale peu abondante. Les jours suivans , elle ressentit une démangeaison incommode par toute la surface du corps. (Saignée, bains, petit-lait.) Calme jusqu’au 12 mai; ce jour-là, elle eut un mouvement fébrile caractérisé par la fréquence et l’ondulation du pouls, la coloration delà peau, des douleurs vagues , une chaleur ardente et une forte céphalalgie. Bientôt après il lui survint une épistaxis et des taches livides sous-cutanées , de trois ou quatre lignes de diamètre ; la quantité considérable de sang qu’elle perdit par le nez dans l’intervalle de quelques heures , et les pétéchies qui couvrirent instantanément tout son corps , lui donnaient les plus vives alarmes. Aucun moyen thérapeutique ne fut employé pendant la durée de cet effort expansif. Lorsqu’il fut terminé , ce qui arriva dans la journée , elle se trouva bien , sa tête fut libre , dégagée , sans prurit à la peau. ( Poudre tempérante de Stahl , limonade nitrée. ) Dans le courant de la semaine , les taches pâlirent et disparurent. Deux mois environ s’étaient écoulés sans qu’elle se plaignît de la moindre incommodité , lorsqu’elle se présenta pour réclamer des secours contre des accès hystériques , et contre une démangeaison semblable à celle qu’elle avait déjà ressentie , sur-tout lors de l’éruption pétéchiale , qu’elle comparait à celle de la gale. Les règles furent rappelées , guérison parfaite et durable, ôtsthéniq. Obs. 5. essent* Le fils de Vidal, tapissier, âgé de 12 ans , d’un tempérament lymphatique, ayant une peau extrêmement blanche, présenta au tronc et aux membres des macules violettes d’inégale grandeur, avec prostration des forces , inappétence , langue blanche , sans altération sensible du pouls ; cet état a duré environ cinq

Sthéniq*

semaines. Quelques évacuans doux , le suc de citron , une tisane acidulée avec l’acidë sulfurique et du vin amer , ont suffi pour ramener le malade à sa primitive santé. Il est bon d’ajouter que les gencives étaient parfaitement saines. ( M. Bourquenod. )

Obs . 6. essent * récid. présent* Mad. G . de Montpellier , âgée

de 54 ans, d’un tempérament lymphatique très - prononcé , bien conservée, n’ayant point fait d'enfans, avait toujours été sujète à de fortes ménorragies , dont elle éprouvait encore (1819) fréquemment des retours : c’était communément à la suite de ces abondantes pertes que paraissait le morbus maculosus , dont elle était guérie par les toniques et les astringens les plus actifs. Les récidives firent appeler M. le Professeur Lafabrie , qui jugea le traitement conve^ nable. ( Le D.r Golfin. ) . ^ ? k! * • : >

Werlhof, de var. anth . cap. IIL g. XV. n.° 65 col. 2. p* 54-0 et comm* nor. g. XLVIIL p. 748. Horst, Behrens , de mytulis etc * p. 624 à 632. Strack , Bang, v. 4» M. Lister, œgr * IX * Hoffmann, de hœmorroïd * Rambaub, Graff, p. 22. Aaskow, Bœhme, G. Horstius , Krugkius, Volf de Varsovie, Edlin, obs. 3. Adair, obs. 2. très-intéressante sous tous les rapports.

Deuxième Variété *

Mixte ou diversiforme.

Obs* 1. par flux, génér* rècid* sympt * M.IIe de Loustau , née de parens sains, d’une constitution muqueuse, Forte, brune , et d’une santé qui n’avait jamais éprouvé d’altération , si ce n’est que depuis 2 ou 3 ans , elle avait tous les Étés le corps couvert de taches pourprées qui disparurent à l’époque de la menstruation qui s’établit à i5 ans , et en si grande quantité qu’elle offrit tous les caractères d une forte ménorragie. La menstruation fut régulière et abondante , et dura cinq mois. Les pétéchies se dissipèrent encore dès que les menstrues reparurent ( décembre 1818. ) Ce ne fut qu’en juin 1820 que les pétéchies récidivèrent ; quoique bien réglée , elle en avait le çorp$ tout couvert, sur -tout la face et les extrémités \ elles

étaient lentiloïdes , et d’antres fois par plaque. M. Le Docteur Golfin fut consulté; il trouva le pouls fort et régulier, embarras gastrique, (délayans, régim. modér. ensuite émet, et purgat.) , diminution très-notable des taches et des ecchymoses. L’effet des évacuons fut si heureux qu’on insista sur leur emploi ; après 12 ou i5 jours de leur usage, le 1 4 juillet, ou deux jours après, les pétechies et les ecchymoses diminuèrent encore rapidement ; la face qui en avait ete couverte n’en avait presque plus ; le cou , la poitrine , les membres en offraient encore quelques-unes. L’état gastrique saburral subsistait encore, mais à un moindre degré. ( Purgat, n.° 1. Une prise le matin et le soir, dans un verre de tisane de fleurs à’ arnica montana pend, i5 jours.) Appétit conservé ; système égestif et moral intacts ; pouls régulier , quoiqu’ayant perdu un peu de sa vigueur. Quelque temps après la maladie fut entièrement dissipée.

Àsthéniq» Obs, 2. ess, consécut, compl* Gros , natif de Pal ma s , ( département de PAveyron ) , âgé de 4° ans , d’une constitution forte , d’un tempérament éminemment sanguin , détenu à la maison centrale , avait eu de fréquentes hémorragies nasales dans sa jeunesse. Pendant une quinzaine d’années , à chaque renouvellement de printemps , il avait l’habitude de se faire saigner. Depuis trois ans il avait négligé d’avoir recours à ce moyen devenu pour lui presque un besoin. Six mois après sa détention , dans le mois de janvier 1817 , il fut pris d’une fièvre assez forte: son pouls était remarquable •par la fréquence et la réduplication des battemens , sa peau était brûlante , sa figure animée , sa respiration fréquente et un peu gênée. Le 4*e jour , la fièvre se termina par un crachement de sang , et par l’apparition d’un grand nombre de taches pourprées d’inégale largeur à la surface du corps , principalement aux parties supérieures. Celte hémoptysie spontanée et cette éruption pétéchiale furent considérées comme critiques, et par conséquent abandonnées à l’influence régulatrice de la nature.

4*e Obs . avec tend . compL Un enfant de 11 ans, né de parens sains , habitant un lieu sec, se nourrissant de chair , de légnrnes , de bon vin , néanmoins était maigre et avait de fréquentes rinorragies.

(3a Août 17 86.) La poitrine, les cuisses furent couvertes dé taches pulieaires et d’autres beaucoup plus grandes , de la dureté du bois , Peu de jours après, rinorrèe , qui coagule en laisant une espèce de crasse livide et verdâtre à sa superficie; grande débilité ; urine ténue, livide et très -puante ; pouls petit et tardif, plus pressé avec lô retour des fréquentes hérnorrées. ( R . acide sulfur. suffis, quant, pour boisson, kk. %} , chaque jour, dans du vin aigrelet.) %iij de kk. ne firent rien. ( Recette de Sydenham. V . op • unis? . Lugd • Bcitav • 3741. 63i. ) Le malade en prit deux fois, les taches disparurent ;

rinorragie qui finit par s’effectuer des deux narines et impossible à arrêter : elles revinrent plusieurs fois jusqu’au mois de décembre. (3/ kk. chaq. jour; eau martiale ou sulfur. pour boiss. ) ; enfin le froid de la saison vint mettre fin aux rinorragies. ( Léger cathart. pour nétoyer la langue. ) Convalescence. Guérison complète dans les premiers jours de janvier. ( Nourrit, saine et de facile digest. 9 gelée animale le plus souvent possible.)

Le 17 février, il reçoit un coup, hémorragie. Le malade avait négligé l'indication du régime et les macules reparurent en même temps. ( Précéd. rem. inut. , sommités de pin , idem . On y joignit l’eau mart. et le fer en pilule. ) Hémorragies plus fréquentes et plus abondantes, au point qu’il perdait souvent dans une nuit jusqu’à 1 et même 2 liv. de sang; pouls toujours petit, quelquefois accéléré# ( Pédiluv. chauds, astring., incrass., toniq. continués.)

Depuis le i.er jusqu’au 27 mars, les hémorragies étaient intermiG tentes et plus abondantes: fièvre , œdématié des extrémités, apepsie, pâleur, froid, quelquefois des stillicides qui durent 5, 6 heur., et à ce point que le sérum ne peut colorer le linge. ( N.° 2 à prendre souvent par petite cuill. , petit - lait alum. , tartre émét. fracta dosi dans la boiss. et les lavem. et sacc, Thomœ comme laxatifs.) Privé de toute force , au point qu’il ne pouvait même pas se tenir assis ; pâleur cadavéreuse : il perdait encore chaque jour de 3 à 5 verres de sang, qu’on 11e devrait pas nommer ainsi vu sa ténuité. Mort le 25 mai. f Rœber.^

5ée Obs* récidn présçrv, M*me Breton ? âgée de 64 ans 9 d’une

constitution muqueuse, pâle, maigre, sujète depuis quaire ans à de frequentes épistaxis , précédées pendant quelques jours de pesanteur de tête, de céphalalgie et de scotomie. Ces symptômes disparaissaient communément après une hémorragie. Quelquefois , l’évacuation sanguine étant assez considérable , elle éprouvait une faiblesse qu’un régime restaurant et de légers toniques dissipaient bientôt. Dans le mois de juin 1812 , rinorragie plus abondante que les précédentes à plusieurs reprises dans la journée , avec les mêmes prodrômes et la même issue. Quoique ces symptômes eussent disparu , l’hémorragie se soutint et plongea la malade dans un grand abattement. M. le docteur Golfin fut appelé : débilité extrême du pouls, pâleur cachectique de la face, taches pourprées, noirâtres et larges ecchymoses bleuâtres , attestèrent la présence du mcrbus maculosus . L’hémorragie se renouvelle en présence du médecin avec une impétuosité insolite , au point que , vu l’extrême faiblesse , il craignait une syncope mortelle. (Styptiq. en reniflage, d’abord léger , ensuite plus actif , tel que l’ac. sulfur. dans l’eau , l’eau de chaux alumineuse , potion à prendre par cuillerée toutes les heures , bouillons de viande alternant avec des crèmes de riz , n.° 3. ) L’insuccès des remèdes employés força de tamponner les narines. M. le docteur Breton , neveu delà malade, employa ce moyen avec beaucoup de soin. Administré pendant i5 à 18 heures, l’hémorragie continua , et la malade rendait beaucoup de sang par l’arrière-bouche. La prostration des forces augmente considérablement : lipothymies fréquentes. MM. Vigarous et Laborie père sont appelés en consultation. On décida de tamponner de nouveau, de faire des applications d’eau vinaigrée froide sur le front. L’hémorragie durait encore un jour après, lorsque M. Golfin employa la mixture n.° 8, dont il avait déjà obtenu d’heureux effets, 20 goût, chaque 4 h. dans une cuillerée de vin rouge et vieux. Légères coliques après la 3.e ou 4*e dose : l’hémorragie cessa. Le lendemain les forces furent en meilleur état. (Astringens directs supprimés ; on s’en tint aux toniq. et mixt. n.° 4 y par cuillerée de 2 en 2 h. ; limonade forte et froide pour boisson , des glaces au citron et des bouillons de viande très-consistans. ) Après

quelques jours les forces se relevèrent , les taches disparurent , les ecchymoses perdirent de leur couleur, et là fréquence du pouls diminua à mesure que les forces revenaient. La malade fut entièrement guérie après i5 jours de ce traitement»

M. Goifin a conservé l’historique du morbus maculosus qui avait déjà atteint plusieurs fois cette malade, lorsqu’en 1818 , âgée de 79 ans, M.me Breton fut atteinte d’apoplexie avec tous les symptômes d’un épanchement dans le cerveau , dont elle mourut le 4*e jour.

6.0 Ob$. compl. M.me Artignan , de Vie, âgée de 32 ans, née de parens sains , d’une constitution muqueuse , douée d’une sensibilité et d’une mobilité extrêmes 9 devint enceinte pour la huitième fois { avril 1820 ) ; constipation , hémorroïdes. Dans le mois d’août elle eut une dyssenterie qui dura environ un mois et l’affaiblit considérablement. Dans le mois de septembre les forces étant encore en mauvais état ; frayeur terrible. Le lendemain épistaxis qui dura 48 heur, presque sans nulle interruption. Depuis , elle s’est fréquemment renouvelée , mais jamais aussi fortement. Vers la fin de novembre, anorragies presque à chaque selle , d’un sang noir et fétide : affaiblissement très-marqué.

Peu de temps après les premières épistaxis , on remarque, sur l’habitude du corps , des taches pourprées ou noirâtres lentiloïdes , et des ecchymoses multipliées et fort étendues.

12 Décembre, elle accouche quelques jours avant le terme. Vidanges considérables et rouges pendant 8 jours. Les taches pourprées et les ecchymoses se propagèrent sur tout le corps.

20. — Lochies en blanc : l’anorragie reparut le 25. Portée à Montpellier , M. Goifin reconnut l’hémacélinose au 3.® degré ou asthénique indirecte. Habitude cachectique , œdème des extrémités inférieures , s’étendant jusqu a mi-cuisses; face blafarde et bouffie , les yeux caves et ternes, taches et ecchymoses très-nombreuses , dysurie, abdomen météorisé , peu d’appétit ; fièvre hectique , rémittentequotidienne depuis quinze jours ; symptômes d’une affection hystérique très-prononcée avec douleur intolérable dans les régions ilia-

ques , toux fréquente, expectoration muqueuse. La malade peut se promener dans la chambre. ( Les antispasmod. combinés aux astringens et aux toniques , décoct. n.° 5, par cuillerée chaque 2 heures , tisane adouciss. avec chiendent, lichen d’ïsl. % */» , feuül. d’orang. /V, adoucie avec le sir. pect. du B.r Maloet ; frict- aux parties int. des cuisses , 3 fois par jour , faites avec teint- kk. , digitale pourprée avec camph. et nitr. , légers alimens, mais nourriss. trois fois par jour. ) L’hémorragie cessa trois jours après , la toux diminua considérabîementjles spasmes hystériques sont moins incommodes. Le 3 i , décoct. kk* en résine y,ij , sel d’absintlie 3 ’/a.

3 Janvier 1821. — Fouis meilleur, moins fréquent et plus fort,

les œdèmes n’arrivaient plus qu’aux genoux , les ecchymoses et les

macules moins nombreuses, urines plus abondantes, selle quotidienne sans flux sanguin , abdomen météorisé. ( Suppr. de l’eau de Rabel et de la potion , embroc. abdorn. avec un linim. composé d’huile camom. camph. et teint- anodine à haute dose- ) Le 10 , les taches avaient presque toutes disparu , la couleur des ecchymoses était trèsaffaihlie , elle disparaissait sensiblement , les œdématiés 11e passaient pas la partie moyenne de la jambe; la continuation des moyens, pris jusqu’au i5 , amena la disparition complète des symptômes de l’Hémacélinose, et il ne resta que l’affection hystérique, la toux et un peu de fièvre.

7.e Obs. ess. compl. M.îîe Emilie , âgée de 22 ans, taille moyenne, tempérament nerveux, constitution muqueuse, blonde, portant des engorgemens scrofuleux aux glandes cervicales , se livra à de violens mouvemens de colère à la suite d’accès de jalousie intéressée , et fut atteinte d’une pleurésie traumatique compliquée d’une fièvre quotidienne rémittente, dont la durée fut d’un mois : faiblesse extrême ; elle prenait des alimens depuis quelques jours ; elle était à un régime tonique et restaurant, lorsque , au milieu des signes d’une convalescence très-établie , la fièvre hectique consécutive â la pleurésie redevint aigue en peu de jours (diète ) ; les engorgemens glandule ux firent de rapides progrès: épistaxis très-forte et spontanée, ainsi que des taches pourprées sous-cuticulaires , généralement arron-

Sthéniq*

dies et ecchymoses de diverse étendue. Quoique la fièvre eût beaucoup d’acuité , le pouls était très-faible. En peu de jours les extrémités furent œdémateuses et la face pâle, bouffie , l’abdomen météorisé , anomalies de la sensibilité , de la mobilité et de la caloricité qui constituent la lésion particulière de l’utérus , facultés intellectuelles intactes. M. Golfin mit aussitôt en usage tous les moyens propres à relever les forces abattues et calmer les spasmes hystériques, (kk. en décoction , en friction avec la teinture, les boissons acidominéral. ) L’état du malade fut sensiblement amélioré ; mais la disparition tardive des divers symptôrqes , inspirant des craintes sur sa terminaison , M. le Prof.r Baumes et feu Balaguier , père , appelés en consultation , conclurent pour le même traitement : guérison complète après un mois.

8.® Ohs. Parmentier, âgé de 36 ans, d’une constitution frêle , délicate et d’un tempérament très-irritable , fut conduit des prisons de Perpignan dans la Maison de détention de Montpellier, pendant le mois d’août 1817. A son arrivée, il était accablé de lassitudes; trois ou quatre jours après , sans autres symptômes précurseurs qu’une grande anxiété et de fréquentes bouffées de chaleur incommode , il eut tout son corps couvert de taches rouges , d’un demi-pouce de diamètre et très-rapprochées les unes des autres. Il rendit en même temps du sang par l’anus en assez grande quantité. Le repos, un régime doux et tempérant, des boissons délayantes et rafraîchissantes suffirent pour remettre , dans une quinzaine de jours , cet individu en bonne santé.

T RO I SIÈME VARIÉTÉ .

Volante ou, confluente.

i.re Obs . sympath. Un pauvre homme, âgé de 5o ans , ayant été autrefois en proie à une hémoptysie et à l’épilepsie pendant l’enfance, éprouva des nausées , des horripilations , etc. , qui ne l’empêchèrent point de continuer son travail.

10 Mai. Faiblesse, plénitude de l’estomac, apyrexie > les régions

épîgastrico - hypogastrico - scapulo- carpiennes couvertes cîe grandes pétéchies dont quelques-unes étaient lentiloïdes, jusqu’à ce que trois se fussent réunies pour n’en former qu’une.

n. ( Résin.-jalap. 7 g.> diagred. sulph. 6 g., sirop fleurs de pêcher %x ij. ) Plusieurs selles muqueuses , les pétéchies pâlissent , violent appétit , continuation des travaux (nouv. purgat. ) ; les pétéchies pâlissent encore davantage jusqu’au io.e jour , qu’elles disparurent entièrement : convalescence. L’apyrexie a persisté jusqu’à la tin de la maladie. (Strack, 127. O. XLIV. )

Obs . 2.e ess. En 1766 , un enfant âgé de 5 ans portait des pétéchies lentiloïdes et punctiloïdes , se groupant çà-et-là, et principalement aux extrémités inférieures , au dos et au cou , de telle façon qu’il était difficile de les distinguer; la peau en était presque uniformément colorée. Werlof, appelé en consultation, les détermina ; elles étaient sans prurit , sans élévation , ni inflammation, de la couleur agréable du cinabre, d’autres pourpres. La couleur vive diminuait peu à peu, les narines et la bouche fournissaient, pendant les premiers jours , du sang dont on ignorait la source ; prostration des forces , céphalées , vomituritions non-sanguines , ventre paresseux, toux légère , facultés intellectuelles intactes. La maladie parcourut doucement ses périodes , à l’aide du kk. et des acides minéraux , sans qu’il parût de nouveaux symptômes alarmans , et sans avoir eu recours aux opiatiques. (Wichmann.)

Obs, 3e. interc . sth. Les mêmes taches parurent 5 ou 6 semaines * après , comme complication d’une variole discrète , les forces ne furent nullement affaiblies. Cette fois nous n’eûmes pas l’occasion de noter les hémorragies que l’on observait sur d’autres durant L'épidémie de petite-vérole , et qui était un symptôme de mauvais présage.

( Wichmann.)

Obs. 4*e fiux, et tend. Alexandre Dingvvall , âgé de 14 ans , eut le corps couvert de pétéchies pourpres , sans élévation , déjections et urines sanguines , salivation mucoso-sanguine (72 puis.) , ventre libre , appétit bon : il y avait 2 ans que ces symptômes persistaient lorsque le malade entra à l’hôpital le 3 février 1789. Alors les pété-

chies disparaissaient pendant quelques jours et reparaissaient: aposie, acéphalée et sans chaleur. Si le malade se. blessait , n'importe où, une hémorragie copieuse en était la conséquence ; les hémorrées étaient spontanées. Dans moins de deux mois il perdit plusieurs livres de sang par des rinorragies.

Les symptômes parurent diminuer , mais ils ne tardèrent pas de s’aggraver. ( kk. et d’autres remèdes vainement employés ; mixt. n.° 6. % 1j2 par jour en 3 fois. )

17. Quelques jours auparavant, rinorragie mêlée à du mucus, pétéchies très-nombreuses à la poitrine. ( Mixt. suspend, poudr. kk. gomm. , alun aa 3 /• trois fois par jour.) Nausées , vomissemens à la première dose. Point d’hémorrée depuis le 14 ; pétéchies moins nombreuses , quelques macules à la partie interne de la lèvre supérieure , gencives ni tuméfiées ni spongieuses , urine naturelle, ventre libre, appétit bon. ( 80 puis. ) ( Meme poudre.)

ai. Nausées légères dues au médicament , pétéchies dans le même état , libres sur quelques points ; pas d’hémorrées ; pouls , ventre , crachats naturels.

7 Mars , ( mêmes remèdes ) : amélioration remarquable.

19. Stotnatorragies copieuses; ai, pétéchies moins nombreuses. ( Mômes remèdes ) : guérison. ( Adair , O. III.)

Obs . 5.e récid . Jacob Galloway , âgé de 3i ans , eut, le i.er janvier 1788, différentes parties du corps couvertes de pétéchies . punctiloïdes , d’un rouge vif, livide ou noir, et des vibices bleuâtres; elles disparurent au bout de quelques jours , pour se renouveler dans les mêmes endroits ou à peu près , sans douleur et même sans que le malade s’aperçût désagréablement de leur présence* Quelquefois le sang huait spontanément des yeux, des oreilles , du nez , de la bouche et de l’urètre. La moindre plaie fournissait une hémorragie très-forte qu’on arrêtait difficilement : toux , crachats viscides , quelquefois sanguinolens ( 100 puis. ); les battemens artériels étaient faibles et irréguliers ; ventre libre, soif ardente , appétit moindre, visage pâle et languissant. Ces symptômes existaient depuis trois semaines. Galloway avoua qu’il avait eu cette maladie pendant

deux fois. Il avait pris avec succès îe kk. et l’acide suif. (n.° 7 , % T/j 3 f. p. j. ) Ce remède fit disparaître les hémorragies, hormis le stiliicide des gencives qui n’étaient ni tuméfiées , ni spongieuses , ni relâchées. Les pétéchies et les vibices disparaissent sensiblement. 8 Mars , guérison complète. ( The publ . dispcnsary. )

Obs . 5,e essent. M.1Ie H. H., âgée de i5 ans, constitution délicate, s’aperçut, le 10 août i8o3, de quelques petites taches sur les malléoles, qu’elle prit pour des piqûres de puces. Mais comme leur nombre et leur étendue augmentaient journellement , les jambes en furent couvertes; leur couleur était rouge , violette ou brunâtre. Santé bonne à cela près ; appétit ordinaire, langue nette, humide et bonne , à l’exception des points couverts par ces taches pulicaires. ( Vomit. , purg. min. pour demain ; kk. surlendemain uni à l’acide mur. ; 2 verres vin d’Oporto par jour.) 10 Jours après guérison.

Le 1 4 septembre les pétéchies reparurent en plus grande quantité. Une large pétéchie s’ulcère à la malléole et donne un pus iôhoreux, noirâtre et très-âcre ; les bords sont dentelés et blafards; les jambes engorgées vers le soir, teint pâle, état languissant, tristesse, mal à la gorge; tonsilles tuméfiées et livides , la gauche était légèrement ulcérée ; pouls naturel, appétit diminué, déglutition pénible, langue nette , chaleur tempérée. ( kk. , diète nourriss. , garg. avec décoct. de roses ; pansem. simple de l’ulcère. ) L’ulcère s’étend ( kk. 3/ par dose. ) La santé se rétablissait , les taches diminuaient en nombre et en étendue. Cicatrisation prompte, guérison* complète quelques jours après. (Edlin. O. IL )

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