‹ Recherches sur l'histoire du langage et des patois de ChampagneChapitre 10 sur 39 · II · texte numérisé non relu

II

Noticia de mancipiis sancli Remigii per judicium Scahiniorum evindicatis in placilo missorum Hincmarii archiepiscopi. (13 mai 847./

Ingniarus , Adelardus , Geimfridus , Sigloardus , Hardierus, Ursoldus, Dodelo, Tfidicus, Fredericus, Grimoldus, Warinherus, Leulhadus, Oslroldus, Gislehardus, Leidredus, Flolgisus, RigPredus, Alhaudiis, Frcdemarus, Geroardus, Amalhadiis, Amalbertus, Teulbertus, Adelinarus, Sorulfus, Gesinbrandus, Gifardus, Teudcricus, Karolus, Adroinus, Guntio, Ursmus, Balsmiis, Tli^utareus, Vuido, Rufoldus, Hairoaldus, BeiUielmus, Ursiaudus, Hoderaiis, Balhardus, Authareus, Righardus, Allherus (1).

Liber evangeliorum in Theodlscam linguam versus, (820-840j.

Nec wilich scribaii unser beil (2 .

Evangeliano deil, •

So vuit nec hiar biguiinon In Frckisga zungun. . . .

Hiar bores jo zi guate Was Got imo gebietc Was wir imo biar sungiin In Frenkisga zungun ,

(1) Ces noms appartiennent tous à la population rémoise. Ceux qui sont dérivés du mot Ursus sont les seuls qui rappellent la langue latine ; les autres appartiennent aux idiomes franc et gaulois.

(2) Ces vers se trouvent en partie dans le livre yii, cliap. 5 , des Recherches de la France, par Eslienne Pasquier. — Les huit derniers nous sont fournis par la préface mise par Borel à la tête de son Trésor des antiquités gauloises et françaises. — Beatus Rlienanus , en son Traité de la Germanie (liv. 2 ), les donna le premier. C’est à lui, qu’on doit la publication de cette curieuse traduction des évangiles ; elle remonte au ix« siècle. — Ce document nous montre la langue allemande ou ludesque , nommée langue des Francs par ceux qui la parlaient. — On peut y voir quelques mots dont la racine est latine , et quelques termes que la langue française conserva. — Au mot franc Sue/Ie le roman a substitué l’adjectif isnel, prompt, rapide.

Nu fruves si hes aile So werso wola woole,

Jolh wer si hold in muate Franco thute

Sie sint so fama Kuani Selpso Ihio Romani.

Nu darfmun thaz ouch redinon ; Tas Kriachi nethes widaron (1).

Sie eigun in zi nuzzi Do samalicho unizzi :

In felde. ioh in \alde So sint sie sarna balde.

Richiduan genuagi :

Ioh sint orchseli chuani :

So \va fane snelle So sint Ihu thegamellc.

Traduction (2).

Or je veux escrire nostre salut De l’évangile partie ,

Que nous icy commençons •

En Françoise langue

Icy escoutez en bonne part Ce que Dieu vous commande,

Que cy nous vous 'chantons En. Françoise langue.

Or se réjouisse tout homme Qui au vers bien youdra,

Et qui le retient en courage Franc,

Eloge des Francs.

Ils sont aussi preux ou braves Gomme les anciens Romains.

fl) Thas Kriachi mes guimideron. — Variante donnée par Borel,

(2) Celte traduction est celle donnée par Pasquier et Borel.

On ose bien en dire cela ,

Que les Grecs ne contrediront.

Ils ont avec grand avantage Bon esprit et entendement.

Soit en plaine compagnie ou ès forets, Ils sont partout valeureux ;

Et leurs richesses leurs suffisent.

Ils se peuvent assez louer :

Aux armes adroits et prompts Sont très tous ces vaillants.

IXe SIÈCLE.

Conclusion de la paix entre Louis-le~ Germanique, Charles-

le-Chauve et l’empereur Lothaire à Coblentz, en 860.

Adnuntiatio domini Hludouvici regis apud Confluentes linguâ Theodiscâ... (1)

Hæc eadem Domnus Karolus Romanâ linguâ adnuntiavit, et ex maximâ parte linguâ Theodiscâ recapitulavit.

Post hæc Domnus Hludouvicus ad domnum Karolum fratreni suum linguâ Romanâ dixit : — Nunc, si vobis placet, vestrum verbum habere volo de illis hominibus, qui ad meam fideni venerunt. »

Et domnus Karolus excelsiori voce linguâ Romanâ dixit....

Et Domnus Hlotharius linguâ Theodiscâ in supra adnuntialis capitulis se consentire dixit et se observaturuni ilia promisit.

Et tune domnus Karolus iterum linguâ Romanâ de pace commonuit et ut cum Dei gratiâ sani et salvi irent et ut eos revaderent oravit , et adnuntiationibus finem imposuit.

(1) Nous empruntons ces citations au Rccaeil des capitulaires des rois de France. (Et. Baluze.) (Paris, 1677, t. ii, p. 137.) L’historien qui nous a transmis les détails de ce mémorable traité, tout en annonçant que les rois parlèrent en langues romane et tudesque, ne met dans leur bouche que des paroles latines. Cette citation néanmoins nous a paru utile : elle nous montre les princes obligés de parler les deux idiomes populaires. Les races sont encore mêlées. Dans chaque royaume on trouve des Francs et des Gallo-Romains.

ÏXe SIÈCLE. — 885.

Mots et noms Francs et Gaulois insérés dansdes textes latins,

.... In agro Morvin dedimus in loco , qui vocatur Lions. — Charte de Herman , évq : de Nevers ( dioc. de Sens ) 849. — Gallia Christiana.

Frater Golhescalc. — Concile de Quierzy-sur-Oise, 849. —

Act. de la prov, eccles. de Reims.

§ 3. — Similiter de collectis quas Theudesca lingua heriszuph appelai, et de his qui immunitates infringunt , et qui incendia et voluntaria homicidia et adsalituras in domos faciunt.

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