‹ Recherches sur l'histoire et la civilisation de l'ancienne Égypte [microform]Chapitre 10 sur 31 · Amenhotep I — 2. Aah-hotep II — Sonsneb · texte numérisé non relu

Amenhotep I — 2. Aah-hotep II — Sonsneb

Thotmès I — Aahmès — Mutnofrt

Thotmès II — Hatshepset I — Isit

Thotmès III — Hatshepset II

Amenhotep II — Tha-aa

Thotmès IV — Miitemua

Amenhotep III — Thii

Amenhotep IV — Nofrti-ith

Saakaré, roi — 1. Meri-aten Tutankhaten, roi — 2. Ankhnasaten

Aï, roi — Thii — Mutnezemt^

Horemheb -.

1 Legrain, Beperfoire, no. 318.

2 Maspero, Histoire ancienne, II, 342, note 2.

Le tableau généalogique ci-dessus nous donne la liste des rois avec toute la précision désirée. Seulement, quant à la place de la reine Hatshepset un peu de poussière a été soulevé dernièrement par une école égyptologique qui n'a pas toujours été heureuse dans son "Bessermachen" inutile. Il est connu que le roi Thotmès I fit sa fille Hatshepset co-régente i, et que, contemporainement, ou un peu plus tard, il mariait son plus jeune fils, le roi suivant, avec la soeur ainée d'après les usages pharaoniens. A la mort de Thotmès I, Hatshepset reconnut son frère et époux Thotmès II comme roi en nom, mais en vérité garda pour elle-même le pouvoir à cause de la débilité de celui-ci. Il ne vécut pas non plus très longtemps et à sa mort laissait un fils dans sa plus tendre enfance, né d'une concubine Isit, et la reine douairière n'ayant que des filles fut forcée de reconnaître le jeune garçon comme le seul héritier au trône et le proclama roi, avec le nom de Thotmès III, sous sa propre tutelle, tutelle qu'elle, envieuse de régner, conserva non seulement pendant la minorité du roi, mais jusqu'à ce qu'elle mojirût, soit en tout 21 ans. Après quelques tâtonnements, je me trouve aujourd'hui d'accord avec MM. Maspero et Naville en partie aussi avec M. Pétrie ^ que cela doit être la solution la plus raisonnable et la plus naturelle des embrouillements que créa l'ambitieuse et capable Hatshepset. De même M. Budge

1 Naville, Becueil de Travaux, XVIII, 96 ss.

2 Maspero, Histoire ancienne, II, 242 s., Naville, Zeitschrift fiir àgtfpt Sprache, XXXV: La succession des Thoutmès, Pétrie, A History of Egypt, II, 78.

dans son excellent ouvrage ^ a ainsi compris l'histoire de notre reine; le bon sens qui lui est propre l'a empêché de voir des difficultés où elles ne se trouvent pas.

A part cela, tous les rois de cette dynastie régnèrent l'un après l'autre dans le même ordre que celui de la liste généalogique; sur les deux derniers rois seulement il y a quelque doute, mais cela est de peu d'importance puisque à l'exception de Horemheb ils ne jouèrent aucun rôle historique. .

Nous avons maintenant à fixer le temps de règne aussi bien pour chacun des rois que pour la dynastie entière. Les Egyptiens avaient l'habitude de dater leurs inscriptions historiques d'après les années de règne des rois, tandis qu'exceptionnellement ils indiquaient le total des années du règne d'un roi ou la durée de sa vie. Pour cela nous devons référer à Manéthon qui dans ses listes de dynasties nous a donné d'excellents matériaux, il s'agit seulement de les lire correctement, c'est-à-dire d'employer tout simplement la rédaction connue sous le nom de Julius Africanus. Comme j'ai déjà fait obserser, toutes les autres rédactions ont été écrites par des harmonistes chrétiens qui ont essayé d'établir un accord entre la chronologie et l'histoire égyptiennes et bibliques et qui, supposant, que la Bible ne peut se tromper, pensaient pouvoir corriger et améliorer les chiffres manéthoniens. Julius Africanus ne s'est pas laissé séduire par cette tentation, en général il nous donne les chiffres tels qu'il les trouve chez Manéthon. Sur un seul point cependant il est tombé

E. A. Wallis Budge, A History of Egypt, vol. IV, 2 ss.

dans l'erreur, séduit par ceux qu'on peut appeler les harmonistes juifs, et cela apparaît surtout dans sa manière de traiter la XVIIP dynastie.

L'historien Josèphe et les Juifs savants d'Alexandrie pensaient, dans leur chauvinisme national, pouvoir identifier le séjour de leurs pères à Gosen avec l'occupation de

l'Egypte par les Hyksos, ce qui . ensuite fut cause qu'ils confondirent la fuite des Hyksos avec l'exode des Israélites; cette confusion pouvait ici très bien prendre place, vu que les deux émigrations avaient lieu sous la XVIII® dynastie avec une différence de temps de 160 ans environ \ C'est pourquoi Josèphe traite la XVIII® dynastie d'une manière détaillée et fait relativement à cette période de longs extraits, tirés de l'ouvrage de Manéthon. Il dit bien qu'il cite mot à mot Manéthon, mais c'était inévitable que sa citation ne fût colorée par sa fausse supposition et qu'ainsi tout son récit n'en soit inexact ^. Cependant Josèphe citait formellement Manéthon et ses extraits en recevaient une autorité qui semble avoir exercé de l'influence sur Africanus et sa rédaction de la hste royale de la XVIIP dynastie. Voici les listes comparées.

1 Si, comme le pense par exemple M. Spiegelberg, les deux émi' grations avaient lieu, l'une, l'expulsion des Hyksos l'an 1550 et l'autre, l'exode des Hébreux l'an 1250, elles seraient au contraire séparées par un intervalle de 300 ans et auraient été faites sous des époques politiques si différentes qu'une confusion entre elles aurait été très peu concevable.

2 Chabas, Les Pasteurs en Egypte, 27.

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Gomme on le voit il existe peu de conformité entre cette monumentale liste royale et celle que donne Aîricanus, et ce qui est assez remarquable, encore moins que pour ce qui concerne les dynasties plus anciennes.

La dissemblance, cependant, n'est pas en réalité aussi grande qu'elle en a l'air, si nous distinguons les rois qui portent le même nom en ajoutant le nombre ordinal, par ex. Amenhotep I, II, III, IV; de même, Africanus évite la confusion soit en variant la forme du nom: Amenophthis et Amenophis, ou bien en employant un tout autre nom: Oros et Akherres. A cet égard il suit Manéthon chez lequel c'est une règle établie, dont il s'écarte rarement, et qui originellement descend d'une vieille coutume égyptienne, qui donnait à chaque Pharaon son protocole de noms propres, contenant généralement cinq noms.

En passant maintenant à une comparaison plus détaillée des deux premières listes, je ne veux pas essayer d'expliquer les variantes de noms propres que donne Africanus; ce serait peine perdue même si cela réussissait en partie. Ce qui peut de suite être constaté avec assurance, est, qu' Africanus a changé la place des noms en mettant Khebros avant Amenophthis au lieu du contraire, manifestement fourvoyé par Josèphe et sa fausse théorie. Il a de même emprunté les quatre noms suivants à Josèphe; ils sont évidemment faux, comme le démontrent les noms monumentaux, qui sont absolument sûrs.

Les noms restants, comme nous le verrons plus tai'd, peuvent être identifiés à peu près, c'est pourquoi je classe provisoirement les listes parallèles ainsi;

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