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ment la puissance et là dignité de roi. C'est alors qu'il commença ses expéditions en Syrie et c'est à partir de cette année qu'Africanus compte ses années de régne. De là nous viennent les trois indications différentes de ses années de gouvernement que nous pouvons, je crois, constater ainsi:
1. Thotmès III régna, depuis la moi't de Thotmès II alors qu'Hatshepset pour la première fois le fit proclamer roi, pendant 70 ans 1456—1386 a. J. G. Il faut croire que cela était sa propre opinion, puisqu'il date ses années de guerre à partir de sa 22® année \
2. Thotmès III commença son régne dans sa 16® année, aloi's qu'Hatshepset le prit formellement comme corégent, et régna 54 ans, 1440 — 1386 a. J. G. Ainsi calcule Amenemheb dans sa biographie ^.
3. Thotmès III régna depuis sa 22® année à la mort d'Hatshepset, quand il commença ses guerres, pendant 48 ans, 1434—1386 a. J. G. Ainsi compte At'icanus dans sa rédaction des listes manéthoniennes.
Les trois indications peuvent être reconnues justes, quand on considère les différents points de vue de légitimité sur lesquels elles reposent. Il est ainsi compréhensible que Thotmès III et son parti ne pouvaient facilement considérer Hatshepset comme porteur légitime de la
1 Naville, La succession des Thovtmès d'après un mémoire récent dans ZeUschrift f. dg. Sprache, XXXV Band, page 36. C'est du reste une opinion sur laquelle j'ai toujours insisté. Lieblein, Aegyptische Chronologie, Christiania 1863, p. 105.
- Voir entre autre Breasted, Historical Documents II, p. 234, no. 592.
couronne royale, et quant aux deux autres indications, elles ont été déterminées par d'autres vues relatives aux rapports assez embrouillés des partis politiques.
Pour ce qui concerne les noms de rois que nous donne Africanus pour ce temps là, il est clair qu'Amensis représente Hatshepset et que les trois suivants représentent ensemble une seule personne, soit Thotmès III. Je pense que Misaphris est peut-être une interprétation de ;^^ Q "né de Ré" que l'on trouve dans un de ses cartouches, que Misphragmouthosis est formé du même groupe -•- Tuthmosis, et que le troisième nous donne son nom ordinaire Thotmès. Mais quels que soient les rapports qui existent entre ces noms, leurs formes et leurs significations — ce que je viens de dire est une simple hypothèse de laquelle je ne fais aucun cas — une chose cependant est certaine, c'est que les quatre noms chez Africanus représentent Thotmès III et ses 70 ans de règne 1456 — 1386 a. J. C. Celle-ci est, d'après mon opinion, la seule place vraie que puisse occuper Thotmès m dans la chronologie égyptienne. On admet ordinairement qu'il vécut et régna un peu avant ce temps, mais si nous devions- faire ici des changements ou corrections, nous serions obligés d'abandonner tout le système chronologique de Manéthon qui se trouve dans son entier et ses parties si parfaitement lié que, si l'un des anneaux se détache, toute la chaîne se rompt. Cependant, bien qu'un système soit parfaitement construit, il peut malgré tout être faux, et si des faits incontestables démontrent son impossibihté, nous devons l'abandonner; mais à peu de chose près je n'ai pu découvrir aucune preuve concluante
contre le système de Manéthoh quoique pendant mon travail assidu de quarante années je sois resté anxieusement à la piste. Ne nous laissons donc pas tenter à voguer sur la mer de la fantaisie, et à cause d'une critique incompétente ou de théories passagères n'abandonnons pas Manéthon qui nous offre le seul véritable fil conducteur à travers le labyrinthe de la chronologie égyptienne. Il est assez étrange que l'on cite toujours Manéthon sans jamais y prendre dûment égard. Je ne puis faire de même. Nous avons du reste une preuve concluante pour l'exactitude des listes manéthoniennes, c'est que, autant que je l'ai vu jusqu'ici, elles s'accordent parfaitement avec les monuments égyptiens. Ceci est un chapitre trop long, et je ne ferai ici que rapporter brièvement quelques faits sur lesquels ne peut régner aucun doute.
1. Le lever héliaque de Sothis suit, sans changement la loi de la nature qui ne s'incUne devant les subtilités d'aucune école philologique ou devant des théories arbitraires. Le fragment bien connu de l'EIéphantine du temps de Thotmès III communique qu'un lever héliaque de Sothis eut lieu le 28 Epiphi. Avec Lepsius nous acceptons que ce fait repose sur une réelle observation faite sur l'endroit même, et qu'à cause de la situation plus au sud il avait
lieu quatre jours plus tôt que dans la Moyenne-Egypte, il est donc facile à calculer que ce lever héliaque eut lieu l'an 1454 a. J. C, ce que soutenait Lepsius bien que cela fût en contradiction avec sa chronologie ^. Nous avons
1 Lepsius, Kônigshuch der Aegypter, 164. C'était pour lui le motif de corriger le texte hiéroglyphique.
vu plus haut que l'an 1454 a. J. C. était la seconde année du règne de Thotmès III, celle que nous retrouvons inscrite sur le mur du temple à Semneh et qui tombe conséquemraent dans une période de sa vie, alors qu'Hatshepset le reconnut comme seul roi.
2. Il y a trente ans, je fis paraître un traité qui fut alors approuvé, et qui depuis n'a jamais été contredit, où je démontre que les Pharaons partaient régulièrement pour leurs expéditions asiatiques au commencement d'Avril, calculé d'après le calendrier grégorien, soit dix ou onze jours après l'équinoxe de printemps \ Plusieurs inscriptions datées en parlent, et si nous calculons les dates données d'après ma chronologie, nous avons comme résultat que Thotmès III, Ramsès II et Ramsès III sans exception commencèrent leurs expéditions les premiers jours de l'Avril grégorien, ce qui est en harmonie avec les faits naturels, tandis que les dates calculées d'après la chronologie de Lepsius donnent pour Thotmès III le 8 Mai, pour Ramsès II le 21 Mai et pour Ramsès III le 31 Mai grégorien, le tout absolument contraire aux phénomènes de la nature. Jusqu'à ce que le contraire soit démontré je maintiens aujourd'hui comme alors que nous avons là un témoignage décisif en faveur de ma détermination chronologique aussi bien en général comme en particulier pour Thotmès III dont nous parlons pour le moment.
3. Les biographies que les deux guerriers, tous deux du nom Aahmès, ont laissées après eux donnent une contribution importante à la chronologie de la XVIII® dynastie.
1 Becueil de travaux, I, 62 ss.
L'aîné des deux, Aahmès, fils de Baba, avait environ 14 ans lorsque le roi Aahmès monta sur le/ trône.
Lorsque Aahmès s'empara du gouvernement notre officier avait vécu 14 ans
Sous ce même roi il vécut 25 ans
„ le roi Amenhotep I 13 -
et lorsqu'il mourut à la fin du règne de Thotmès I, sous lequel il avait vécu 19 -
la somme des années de sa vie était 71 ans.
Suivant le calcul de M. Pétrie ^ il aurait atteint un âge de 90 ans et accompH en pleine vigueur des exploits de guerre en Asie à l'âge de 70 ans, ce qui n'est pas fort probable.
Le second officier Aahmès, surnommé Pennekheb, vécut sous le roi Aahmès environ 18 ans
sous le roi Amenhotep I 13 -
„ Thotmès I et Thotmès II 21 -
et sous le règne en commun d'Hatshepset et de Thotmès III il vécut 20 -
il atteignit donc l'âge de 72 ans.
Suivant le calcul de M. Pétrie il vécut 80 ans environ et prit part à la guerre hors des frontières du pays, dans le service actif, ayant plus de 64 ans \
Le chef de construction, Anna, qui surveillait les bâ-
1 Pétrie, A Mstory of Egypt, II, 30.
tisses d'Amenhotep I^ avait à la mort de celui-ci pour le
moins 30 ans
Il vécut sous Thotmès I et Thotmès II . . 21 et sous le règne en commun d'Hatshepset et de Thotmès III^ environ 20 -
donc en tout à peu près 71 ans.
Suivant la chronologie de M. Pétrie, Anna, avec les mêmes suppositions, aurait atteint l'âge de 88 ans.
Je passe maintenant au roi Amenhotep III. Il régna, selon le tableau dressé plus haut, 37 ans depuis 1355 à 1318 a. J. G. Sur lui, et sur son fils Amenhotep IV, les lettres de Tell-el-Amarna donnent des renseignements d'une grande valeur.
Monsieur Knudtzon, assyriologue norvégien, a traité dans son grand ouvrage: Die El-Amarna-Tafeln, exactement et en détail, de ces lettres qui pour l'histoire ancienne de l'Orient sont d'une valeur inappréciable. Il en a donné la transcription et la traduction d'une manière excellente et j'ose ajouter, sans risquer d'être accusé de vanité nationale, que la publication qu'il nous a donnée de ces documents est généralement reconnue la meilleure qui jusqu'ici ait paru. Ils nous donnent des renseignements importants pour la chronologie, et c'est sur ce sujet que je veux les traiter ici. Dans ces lettres nous avons, on le sait, en écriture cunéiforme la correspondance officielle échangée entre Amenhotep III et IV d'un côté et des rois babyloniens et assyriens de l'autre, par conséquent elles nous
1 Breasted, Historical Documents, II, p. 19 s. Breasted, Historical Documents, II, 142.
présentent, inopinément, une preuve indisputable de la contemporanéité des rois respectifs. Aussi M. Kn. a-t-il traité sommairement, dans la préface, le côté chronologique, et quoique je ne sois pas d'accord avec lui quant aux résultats, je reconnais volontiers la valeur des matériaux qu'il a apportés et qui nous conduisent directement à la vérité. Voici les lettres dont nous avons besoin:
2 lettres d'Amenhotep III à Kadashman-Khai-be, roi babylonien.
3 lettres de Kadashman-Kharbe à Amenhotep III.
1 lettre de Burnaburiash, roi babylonien, à Amenhotep m.
5 lettres de Burnaburiash à Amenhotep IV.
1 lettre d'Ashur-uballit, roi assyrien, à Amenhotep III \
I lettre d'Ashur-uballit à Amenhotep IV.
Ces lettres étant des témoins authentiques pour la contemporanéité des rois respectifs, la question se présente s'il ne serait pas possible d'en tirer des conclusions pour la chronologie. Je crois que oui.
II s'agit premièrement de fixer le temps du roi assyrien Ashur-uballit. Je trouve une base stable dans l'an 1250 a. J. G. qui d'après Kn. (page 33) est le terme extrême
ï Le nom du roi égyptien ne se trouve pas dans la lettre; néanmoins Kn, le nomme Amenhotep IV; pour ma part je crois qu'il était Amenhotep III, car Kn. traduit les lignes 9—11 de la lettre 15: Was hisher mein Vater nicht geschickt hat, habe ich dir jetzt geschickt. (Knudtzon, Die El-Amarna-Tafeln 127). Or, le père d'Ashur-uballit était Ashurnadin-akhe qui, d'après moi, ne peut en aucune manière avoir été contemporain avec Amenhotep IV. En tout cas on ne peut rien conclure d'un nom qui n'est pas écrit.
de la mort du roi assyrien Tukulti-Ninib I. Or, la mort de celui-ci, toujours d'après Kn. (page 34), était à peu près contemporaine avec l'avènement du roi babylonien Adad- Mu-Shesh.
Immédiatement avant ce roi se trouve dans la liste des rois babyloniens une série de chiffres qui indiquent les années de règnes des rois précédents. Chez Kn. (page 34) la série de chiffres diffère un peu de celle que Pinches ^ et Hommel 2 donnent:
Knudti
îon Pinches et Hommel
32 ai
is 22 ans