Le roi Sheshanq I
Ramsès XII (?) — 2. La fille du grand chef de
la montagne.
Le fils royal de Ramsès, Panreshnès.
Le fils du fils royal de Ramsès, Horus.
La dernière génération nous est donnée par un fragment de vase du Musée du Caire, qui, en même temps, nous fournit la preuve que ma traduction de la légende de Panreshnès pourrait être correcte. Le fragment de vase porte, d'après M. Masj3ero ^ une inscription dont je donne cette traduction: "Chef d'infanterie, le chef commandant d'ouvriers, Horus, fils du fils royal de Ramsès et commandant de toute l'infanterie d'Auvapuvat". Il ne peut raisonnablement y avoir aucun doute sur le sens de cette inscription : Horus, le petit-fils du roi Ramsès, est la personne dédicatoire, et comme son père Panreshnès était commandant de
1 Le nom royal de Ramsès ne porte pas le cartouche; la cause en est probablement que l'inscription est faite après l'avènement de Sheshanq L
2 Maspero, Momies etc. dans Mémoires de la Mis. Franc. I, p. 719.
l'infanterie de Nimrod, le fils Horus était celui de l'infanterie d'Auvaput qui, certainement, était fils de Sheshanq I.
Encore une inscription nous donne la preuve de la connexion étroite qui a eu lieu entre les Ramessides et les Bubastites. M. Maspero l'a reproduite, d'après un monument appartenant jadis à M. Posno ^ ; voici la traduction : "Fait pour le roi Sheshanq I par le fils royal de Ramsès, chef d'infanterie, commandant Zedhoraufankh et la fille royale Zedannubasankh".
Quoi qu'il en soit de la traduction que j'en ai donnée, ces inscriptions montrent avec évidence que la famille de Sheshanq I était unie aux Ramessides par mariage comme par politique et amitié. Ayant commencé sous Nimrod de combattre pour Ramsès XII contre Herhor sans bonne fortune, elle triompha à la fin sous Sheshanq I sur les deux parties combattantes et monta sur le trône de l'Egypte. Ce n'était probablement qu'après la conquête de Jérusalem que Sheshanq I fut assez puissant pour s'arroger la royauté, mais il compta tout le temps qu'il avait mené les affaires comme années de son règne. D'après l'opinion la plus accréditée, l'expédition de Sheshanq I contre Jérusalem a eu heu l'an 928 a. J. G. ^. Deux ou trois ans plus tard, son fils Auvaput a fait sculpter une inscription qui est datée de l'an 21, d'où s'ensuit que Sheshanq I a compté son avènement de l'an 945 ou 946 a. J. G.; mais je suis néanmoins porté à croire qu'il n'est entré à Thèbes comme roi qu'après son retour de la campagne en Judée, c'est-à-dire environ l'an 928 a. J. G. Avant son entrée
1 Id. ibid. I, p. 719.
2 V. Schmidt, Assyriens og JEgyptens garnie Historié, p. 33.
triomphale dans Thèbes, il avait peut-être demeuré à Abydos; au moins son père Nimrod y était enseveli, d'après ce que nous apprend une stèle trouvée à cet endroit. La date et le protocole du roi Sheshanq I sont perdus dans une lacune au commencement; mais dans le corps du texte,
ce roi est indiqué par le titre V ^.^ "Sa Majesté" et suffisamment identifié par les mots "son père Nimrod". La partie conservée commence ainsi: "Le grand chef des chefs Sheshanq mort, son fils"; et plus^bas, dans l'inscription, on trouve maintes fois répété: "Le grand chef des Mashavasha, le chef des chefs Nimrod mort, fils du grand chef des Mashavasha Sheshanq mort; sa mère était Mehetnuskh" \
Les personnages ici nommés sont: Sheshanq, père de Nimrod et grand-père du roi Sheshanq I, Nimrod luimême et sa mère; Sheshanq I est qualifié: "Sa Majesté", Cette inscription nous donne ainsi, d'accord avec le no. 1008 de mon Dictionnaire de noms, la même généalogie que plus haut:
Le grand chef de Mashavasha, Sheshanq.
I — Mehetnuskh.
Le grand chef de Mashavasha, le chef des chefs, Nimrod.
I — Thentseph.
Le roi Sheshanq L
1 Lieblein, Études etc. dans Actes du XI^ Congrès int. des Orient., Egypte etc., p. 13; Mariette, Ahydos, II, pi. 36 s.; Maspero, Histoire, 11, 769.
Le titre: "Le grand chef des Mashavasha" prouve que le pouvoir de la dynastie bubastite était basé sur les mercenaires libyens nommés Mashavasha. Ce pouvoir donna à Nimrod son influence à la cour des Ramessides légitimes, à sa fille le motif du mariage avec un roi Ramsès, probablement le XII% et à son fils Sheshanq I d'abord la victoire sur les Hébreux, et à la fin la double couronne de l'Egypte. L'assistance des Bubastites ne pouvait pas à la longue maintenir le faible Ramsès XII dans la royauté; il succomba dans la lutte contre le grand-prêtre et ensuite le roi Herhor. Mais, ci-après, Herhor succomba à son tour dans la lutte contre Sheshanq I, qui, par cette victoire, devint le fondateur de la XXII® dynastie.
Quand il se fut installé dans la royauté à Thèbes, Sheshanq I a élu son fils Auvaput grand-prêtre d'Amon au lieu de Herhor ou Piankh, le fils de celui-ci. De même que les rois bubastites ont alterné dans la royauté avec les dynasties contemporaines, à savoir, la dernière partie de la XX®, la XXP, la XXIIP et la première partie de la XXV®, c'est-à-dire de 950 à 684 a. J. G., les fils mineurs de la famille bubastite ont alterné dans le pontificat d'Amon avec les grands-prêtres de la famille de Herhor, depuis Herhor ou son fils Piankh jusqu'à Pinet'em IL
Auvaput était, comme son père Sheshanq I et son grand-père Nimrod, né officier; il était "chef d'infanterie, commandant". Ce n'était que par occasion qu'il fut prêtre, et probablement il n'a pas vaqué longtemps à sa fonction de grand-prêtre. Piankh, le fils de Herhor, a donc pu bientôt reprendre sa place, et son fils Pinet'em I et son grand-fils Menkheperré l'ont suivi tranquillement dans l'office;
car, après Auvaput, il s'est passé trois générations sans que la famille bubastite ait donné aucun grand-prêtre, Nimrod, fils du roi Osorkon II \ étant le premier grand-prêtre bubastite après Auvaput, fils de Sheshanq I. L'intervalle de trois générations entre les grands-prêtres Auvaput et Nimrod de la famille de Sheshanq I fut rempli par les quatre grands-prêtres Piankh, Pinet'em, Masaharth etMenkheperré de la famille de Herhor, et correspond à l'espace de temps des trois roia bubastites, Osorkon I, Takelot I et Osorkon II, qui n'étaient pas assez puissants pour installer des grands-prêtres à Thèbes; c'était seulement à la fin de son règne qu'Osorkon II, qui, par Manéthon, fut intercalé dans la XXI® dynastie pour y remplir l'espace vide, a pu faire nommer son fils Nimrod grand-prêtre.
On a pensé, il est vrai, qu'un Sheshanq, fils d'un roi Osorkon, a été grand-prêtre immédiatement après Auvaput; mais c'est sans aucun doute une erreur, occasionnée par la supposition, aussi malheureuse qu'elle est généralement acceptée, que ce grand-prêtre Sheshanq fut fils d'Osorkon 1. L'erreur est manifeste. Car notre Sheshanq porte, outre le titre de grand-prêtre, le cartouche royal, et était par conséquent aussi roi, ce qui aurait été impossible s'il eût été fils d'Osorkon I; comme tel, il aurait été frère de Takelot I et, dans ce cas, il n'aurait pu être roi, parce que la corégence n'était pas d'usage au commencement de la XXIP dynastie. On s'est vainement efforcé d'expliquer cette méprise ^•, mais il n'y a rien: le grand-prêtre et roi Sheshanq
1 Lepsius, Denkmdler, III, 257; mon Dictionnaire de noms, no. 1007. 3 Brugsch, GeschicMe Aegyptens, 667; Wiedemann, Aegyptische GeschicMe, 554.
n'était, pas fils d'Osorkon I^, mais d'Osorkon III et de la princesse Rekama, fille du dernier roi de la XXP dynastie, Horpesebkha ou Psusennès II, de Manéthon. C'est cet Osorkon III qui, par Manéthon, a été intercalé dans la XXIII® dynastie, sous le nom Osorcho. L'inscription de la statue du Nil nous donne la généalogie suivante ^i
Horpesebkha, Psusennès IL
Osorkon III, Osorcho de la La fille royale Rekama.
XXIIP dynastie.
Le grand-prêtre et roi Sheshanq III.
Ce dernier était d'abord grand-prêtre et ci-après roi, déjà du vivant de son père Osorkon III, qui sans doute l'avait pris pour assistant pendant les troubles de son temps, occasionnés par le démembrement du pays et l'invasion de Piankhi l'Ethiopien.
Maintenant nous sommes arrivés au point où la question se présente: Comment Manéthon a-t-il arrangé ses dynasties? La réponse ne peut être douteuse. Naturellement, il a été guidé par le principe de la légitimité, telle qu'il l'a "conçue. Or, en Egyptien, il ne pouvait pas regarder la XXIP dynastie comme légitime; car, soit qu'elle fût assyrienne ou libyenne, toutefois elle était étrangère. Il y avait aussi une autre raison qui lui défendait de mettre la
^ Le même nom Osorkon est, par Manéthon, écrit tantôt Osochor (XXIe dynastie), tantôt Osorcho (XXIII^ dynastie); c'était sans doute pour différencier les personnes qui portaient les mêmes noms.
2 Lieblein, Dictionnaire de noms, no. 1009.
XXII® dynastie dans la série chronologique. Les rois bubastites embrassèrent un temps de dix générations, c'est-à-dire environ trois cents ans, ou, pour encore mieux préciser mon opinion, deux cent soixante-six ans, de 950 à 684 a. J. C. Cependant ils n'ont pas régné de suite et pendant tout ce temps; car la XXIP dynastie étant contemporaine avec la XXI® et la XXIIP dynastie, elle alternait avec ces dernières dynasties, suivant que l'une ou l'autre d'elles était la plus forte, de sorte que Manéthon peut très bien avoir raison quand il donne seulement cent vingt ans de règne aux rois de la dynastie bubastite ^. Il ne pouvait donc pas enregistrer cette dynastie dans la série des dynasties successives; car les 120 ans ne couvriraient pas toute l'étendue du temps de la XXIP dynastie, et les 266 ans de vie seraient cent quarante-six ans de trop comme ans de règne. Par conséquent, il a pris seulement les dynasties légitimes pour représenter la série chronologique de cette époque. Voici l'arrangement que j'ai adopté depuis longtemps:
XX^ dynastie, 135 ans, 1022—887 a. J. C.
XXI« — , 114 — , 887-773 - XXIIP - , 89 — , 773-684 — XXIP dynastie collatérale, régnait avec plus ou moins d'autorité, alternant avec les autres dynasties pendant 266 ans, 950 — 684 a. J. C.
Nous avons déjà vu que Ramsès XII a été dépossédé par le grand-prêtre et roi Herhor, environ l'an 930 a. J. G., et de fait, la XX® dynastie n'a pas régné davantage. Mais,
1 Lieblein, Becherches sur la chronologie égyptienne, p. 138 et
suiv.
tandis que Herhor et Sheshanq I et leurs successeurs respectifs se disputaient le pouvoir suprême royal et la prêtrise d'Ammon, et en effet avaient régné alternativement sur l'Egypte, les descendants de Ramsès XII étaient, aux yeux de Manëthon, les vrais et légitimes rois, et ils figurent dans les listes manéthoniennes comme tels jusqu'à l'an 887 a. J. G., année dans laquelle la XXP dynastie tanite monta sur le trône. Plus haut, nous avons fait la connaissance de quelques-uns de ces descendants sous le titre de "fils royal de Ramsès" et de "fils du fils royal de Ramsès", qui se sont associés à la famille bubastite contre Herhor et sa famille; aussi Brugsch donne-t-il à ces descendants les noms de Ramsès XIV, XV et XVI \
Après la mort ou le détrônement de Ramsès XII Khamus, le grand-prêtre Herhor monta, environ l'an 930 a. J. G., sur le trône à Thèbes; mais il n'y resta pas longtemps; car aussitôt que Sheshanq I, en l'an 928, fut retourné victorieusement de sa campagne de Jérusalem, il fut forcé de céder la royauté à Sheshanq et la prêtrise d'Amon à son fils Auvaput.
Mais cet état de choses ne dura pas; car, quelques ans plus tard, Sheshanq 1, ou son fils et successeur Osorkon I, a quitté Thèbes pour établir sa résidence ailleurs. Wiedemann croit qu'une ville à l'entrée de Fayum a été bâtie par Osorkon I ^, et Naville dit ^ : "The centre of political life tends more and more to go over to the Delta; Thèbes is abandoned to the high priest of Amon, while the
1 Brugsch, GeschicMe Aegyptens, 640, Geschlechtstafel. '•^ Wiedemann, Aegyptische GeschicMe, 553.
3 Naville, Buhastis, 47.
King lives in Lower Egypt .... Judging frora what Osorkon I and Osorkon II made at Bubastis, which is not seen in any other édifice of Egypt. I am inclined to think that this city was their capital and their customary résidence".
Gomme son père Sheshanq I et son frère Osorkon I, le grand-prêtre Auvaput quitta aussi Thèbes et laissa la prêtrise d'Amon vacante, qui bientôt après fut occupée par Piankh, fils de Herhor. Cependant, si les Bubastites ne pouvaient où ne voulaient pas garder le pontificat pour leur famille, ils avaient au moins assez de pouvoir pour empêcher le grand-prêtre Piankh de s'arroger le règne. Sous l'impuissance dont ils souffraient pendant les dernières années d'Osorkon I, tout le règne de Takelot I et les premières années d'Osorkon II, prouvée par le manque frappant de monuments, Pinet'em I, fils de Piankh, prit à Thèbes le cartouche royal et s'appropria la royauté, après avoir commencé comme grand-prêtre.
Mais les choses devinrent encore plus compHquées par l'avènement de la XXI® dyuastie, en l'an 887 a. J. C. Pesebkhanu ou Pesiûkhanu, Psusennès I de Manéthon, le deuxième roi de cette dynastie, résidant à Tanis, était à peu près contemporain du roi et grand-prêtre Pinet'em I, résidant à Thèbes, Car Makaré, la femme de Pinet'em I, était d'après toute probabilité identique à "Makaré, fille royale du seigneur des deux pays, Psusennès I". C'est du moins le résultat des recherches minutieuses que Maspero a faites sur cette question, résultat résumé en ces mots: "Mâkeri, fille de Psioukhânou I, peut-être petite-fille de Hrihor, serait sur la même ligne généalogique que Pinot'mou I, fils de Piônkhi, petit-fils de Hrihor et rien ne s'opposerait à
ce qu'elle fût identique à Mâkerî, femme de Pinot'mou". En ceci, je suis parfaitement d'accord avec M. Maspero, avec cette seule différence que je ne crois pas que Makaré fût petite-fîUe de Herhor. A mon opinion, elle n'était pas née dans la famille de Herhor, et, en tout cas, elle appartenait 9, une ligne généalogique qui était une ou deux générations postérieure à celle de Pinet'em I, quoiqu'elle fût mariée avec lui. Il est inutile de répéter ici tous les arguments donnés par M. Maspero dans son mémoire: Les momies royales de Déir-el-Baharî ^ ; je renvoie donc le lecteur à cet excellent ouvrage, qui du reste est indispensable pour tous ceux qui traitent les questions chronologiques de cette époque de l'histoire égyptienne. Je n'ajouterai qu'une remarque à l'égard de l'inscription qui est publiée par Mariette dans son ouvrage Karnak, pi. 41, et republiée par M. Maspero 2, et qui donne des renseignements importants sur notre Makaré. Dans l'interprétation du texte, je suis arrivé au même résultat que M. Maspero, quant au sens général au moins. Le roi y mentionné n'est nul autre que Psusennès I, et sa fille Makaré doit être identique à Makaré qui était femme de Pinet'em I. Je ne veux cependant pas dire que je tombe d'accord sur tous les points de sa traduction ; je comprends par exemple autrement que lui les trois membres de phrases :
m\ VP----']i^.^r flifi—
que je traduirai: "Ce qu'ils ont donné à elle, les gens du pays ; ce qu'elle a pris de l'enfance de leurs biens (c'est-à-dire
1 Mission archéologique française au Caire, I, p. 692—698.
2 Mission arch. franc., I, p. 694 et suiv.
comme une sorte d'apanage depuis sa naissance) et ce qu'ils ont affermi dans sa main (peut-être la dot à l'occasion de son mariage)". Mais ce sont des détails qui n'entravent pas le sens général. Dans les inscriptions où Pinet'em I est mis en rapport avec Makaré, il ne porte pas le cartouche royal, probablement parce que, comme gendre du roi Psusennès I, il devait reconnaître celui-ci comme roi de toute l'Egypte. Il est à présumer que Pinet'em I, pendant ses vieux jours, a épousé la princesse Makaré et que le mariage avait un caractère politique: la maison thébaine s'est associée à la maison tanite pour unir ses forces contre l'ennemi commun, la maison bubastite. Par l'alliance Pinet'em I a pu conserver le pontificat thébain pour luimême et sa famille, et ses fils Masaharth et Menkheperré et le petit-fils Pinet'em II l'ont suivi comme grands-prêtres d'Amon, tandis que Psusennès I, dans un long règne, et ses deux successeurs, Nephercherès et Amenophthis, dont les règnes étaient de peu de durée, se sont maintenus dans la royauté contre les faibles rois de la XXIP dynastie contemporaine, à savoir: Osorkon I, pour ses dernières années; Takelot I et Osorkon II, pour ses premières années.
Mais après ce temps, l'ascendant des Bubastites prévalut. Osorkon II, qui s'était beaucoup occupé de ses constructions dans le grand, temple de Bubastis, gagna enfin, dans les dernières années de son règne, la prépondérance politique: il devint roi de toute l'Egypte, fut reconnu légitime par tout le monde, vint après Amenophthis, sous le nom d'Osochor, dans la place vacante de la XXP dynastie pour les six ans 802—796 a. J. C,, installa à Thèbes son
fils Nimrod comme grand-prêtre et enterra à Memphis "l'apis" mort l'an 23 de son règne (797 a. J. C). Pendant son séjour à Thèbes, il épousa ou Isimkheb P^®, fille du grand-prêtre Masaharth, petite-fille de Pinet'em I et veuve du grand-prêtre Menkheperré, son oncle \ ou Isimkheb II, veuve du grand-prêtre Pinet'em II ^. De ce mariage est
née "^"^ u % <==> Theshastper ^ ci-après la femme de
Takelot II *. Dans le no. 1011 de mon Dictionnaire de noms, le nom est écrit Bastper, sans doute une faute au lieu de Thesbastper, qui se lit très clairement dans Mariette, Sérapémn, III, pi. 24; et dans le no. 1012 du même Dictionnaire, le nom défectueux .... bastper peut être suppléé d'après Brugsch, Thésaurus, V, 968, où il est écrit Thesbastper. Dans Mariette, Sérapéwm, III, pi. 26, se trouve l'inscription dont j'ai reproduit la généalogie d'après l'original au Louvre, dans le no. 1012 de mon Dictionnaire. Thesbastper y est qualifiée l ^^ "fille royale", et elle pouvait
donc très bien être fille d'Osorkon II, surtout si elle est née du dernier mariage du père, tandis que Sheshanq H, son frère, qui était père de son mari Takelot II, était né du premier mariage. Il est vrai cependant que ces stèles dont j'ai reproduit la généalogie dans les nos. 1011 et 1012
1 Maspero, Mission archéol. franc., t. I. p. 704; Lepsius, Denkmàler, t. III, p. 255 e, f, g, h; Lieblein, Dict., nos. 1005 et 2266.
2 Maspero, Mission archéol., t. I, p. 705 et 712; Lieblein, Bict., no. 2266.
3 Lepsius, DenTcmâler, t. III, 255, e— h; Lieblein, Dict, no. 1005. ^ Lieblein, Dictionnaire de noms, nos. 1011—1012.
de mon Bictionnaire ne donnent ni à Takelot ni à Sheshanq le titre royal, mais seulement les titres: "le grand chef des Mashavasha" et "erpa oer". Mais les deux listes généalogiques, l'une:
Le roi Osorkon IL
Le roi Sheshanq IL
Le roi Takelot IL et l'autre:
Le roi Osorkon IL — Karoma. — Isimkheb I ou IL
Le grand prince Sheshanq.
Le général des Mashavasha, \ mi l ,
Takelot. 1 - Thesbastper.
sont tellement identiques, qu'il n'est pas possible de douter que les personnages y nommés ne fussent identiques. C'est du reste une chose facilement explicable, que la postérité a quelquefois négligé d'entourer les noms de Sheshanq II et de Takelot II d'un cartouche royal; car, après la mort d'Osorkon II, les Bubastites retombaient pour un temps dans l'oisiveté et l'impuissance. Sheshanq II est presque inconnu, comme Wiedemann le dit^. Aussi les dix premières années de Takelot II sont sans monuments connus; mais l'an XI de son règne, le fils Osorkon entre dans
Aegyptische Geschichte, p. 555.
Thèbes comme grand-prêtre d'Amon ^ pour y fixer sa demeure, et il y a laissé sur les parois du grand temple de Karnak de longues inscriptions datées des XP, XII® et XV^ années de Takelot II 2. Lé même Takelot II a enterré à Memphis un "apis" mort l'an XIV de son règne, et c'est probablement dans cette époque de sa vie qu'il a épousé la princesse thébaine Thesbastper.
Pendant ce temps de faiblesse des Bubastites, c'est-à-dire depuis la mort d'Osorkon II jusqu'à l'an XI de Takelot II ou 796 — 776 a. J. G., les rois tanites Psinachès et surtout Psusennès II ont eu le dessus.
Mais depuis l'an XI de Takelot II, les Bubastites ont maintenu leur supériorité jusqu'à la fin de la XXIP dynastie. Cette dernière époque de puissance commença, comme nous avons vu, avec l'apparition du fils de Takelot II, le grandprêtre Osorkon. Celui-ci, à qui je donne le nom d'Osorkon III, épousa ^ ^= © LJ p "^ ^ Makaré II, fille royale
de Psusennès II, le dernier roi de la XXP dynastie. Sheshanq III, fils de ce mariage, fut investi du pouvoir royal déjà dans un jeune âge par son père Osorkon III qui, sans doute, a continué à vaquer à son pontificat thébain ^, sans cependant empêcher le fils Sheshanq III de s'appeler quelquefois, pendant la maladie ou les vacances de son père, grandprêtre d'Amon \
1 Lepsius, Benkmâler, t. III, 255 i.
2 Lepsius, ibid., III, 257 a et 256 a.
3 Lieblein, Did. de noms. nos. 1006, 1009, 1010, 1020 et ^ Lieblein, ibid., nos. 1009, 1019, 2287 et 2288.
Pendant que (^
Fetihast, Petubastes de Ma-
iiéthon, premier roi de la XXIII® dynastie quarante ans durant, 773 — 733 a. J. G., végétait à Tanis en souverain fainéant, Osorkon III et son fils Stieshanq III alternaient depuis l'an 765 a. J. G. (après coup, Sheshanq III a compté ses années de règne depuis l'an 775) ou comme grands^ prêtres à Thèbes, ou comme rois, par exemple à Memphis, où Sheshanq III enterra 1' "apis" mort l'an XXVIII de son règne. Après la mort de Petubastes, la branche tanite n'ayant aucun successeur compétent pour le remplacer, Osorkon III, qui naturellement avait la précédence auprès de son fils et corégent Sheshanq III, entra, sous le nom d'Osorcho, dans la place vacante de la XXIIP dynastie pour les huit ans, de 733 — 725 a. J. G., ce qui lui valait probablement la qualification de .. . "seigneur des deux pays".
G'etait pendant la corégence d'Osorkon III et de Sheshanq III qu'avait lieu l'invasion du roi éthiopien
Miamon Piankhi; car dans la gêné
ration qui vivait environ l'an 750 a. J. G., avant et après cet an, nous retrouvons, outre les rois Osorkon III et Sheshanq III, aussi les roitelets Nimrod, Petiisis et son fils Pefaabast, qui tous sont nommés dans l'inscription de Piankhi comme ennemis vaincus par le conquérant éthiopien \ En passant, je ferai l'observation que le démem-
Lieblein, Becherches sur la chronologie égyptienne, p. 141.
brement de l'Egypte, décrit dans l'inscription de Piankhi, s'accorde assez bien avec l'enchevêtrement des dynasties que mon système de chronologie m'a porté depuis longtemps à statuer pour cette époque.
Après le décès d'Osorkon III, l'an 725 a. J. G., la branche tanite était représentée par les rois nommés par Manéthon Psaramus et Zet, tandis que les rois bubastites continuaient de régner sans interruption jusqu'à l'an 684 a. J. G., ainsi qu'il est démontré par la série continuelle des enterrements d'apis à Memphis.
Osorkon III était d'un côté, par sa belle-mère Thesbastper, allié à la maison de Herhor ; de l'autre côté, il est uni par sa fille Shepenapet à la famille de Psametik, de la dynastie saïte, la XXVP, et aux rois éthiopiens. De sa
^'^™' ^^ I fl ' ^^ ^""^^ ^"' ^^^' a .X Vo fl '' ^"i devenait femme de Kashto," fils du conquérant éthiopien, Miamon Piankhi. Du mariage de Kashto et Shepenapet sont issus Shabaka, premier roi de la XX V^ dynastie, et la princesse Ameniritis dont la fille Shepenapet II devenait la femme de Psametik I^.
1 Maspero, Miss, archéol. franc., 1. 1, 741, et Lieblein, BicUonnaire, no. 1020.
2 Maspero, ibid., t. I^ 741, et Lieblein, ibid., no. 2323. Je reconnais la justesse de la critiqiie de M. Maspero {Momies, etc., p. 741), que "la princesse Horsit Pacht-liun-ta-ti doit être rayée".
Voici le tableau généalogique d'une importance considérable:
Le grand-prêtre Pinet'em.
XXlIe dynastie. Le grand-prêtre Masaharth.
Osorkon IL La princesse Isimkheb ^.
SheshanqlL XXIe dynastie.
Rois éthiopiens. Takelot IL — Thesbastper. Psusennès IL Piankhi I. Osorkon III. La princesse Makaré IL
Kashto. — Shepenapet 1. Sheshanq III.
Piankhi IL — Ameniritis,
I ^, , TT f XXVI^ dynastie.
La princesse onepenapet II \
Psametik I.
Ce tableau est correct, je crois. Le no. 1005 de mon Dictionnaire de noms prouve qu'Osorkon II avait une femme appelée Isimkheb, qui était ou Isimkheb I, petite-fille de Pinet'em I, ou Isimkheb II, petite-fille d'Isimkheb 1. Par ce mariage, la troisième génération après Sheshanq I,
1 Ou:
La princesse Isimkheb I.
Himt-toti.
Osorkon II. — Isimkheb II Cf. Lieblein, Dictionnaire de noms, no., 22i
représentée par Osorkon II, était unie avec la quatrième ou la sixième génération après le grand-prêtre Herhor, représentée par Isimkheb I ou II.
Le no. 1009 prouve qu'Osorkon III était marié avec Makaré, fille royale de Psusennès II, dernier roi de la XXP dynastie et qu'il avait eu avec elle le fils Sheshanq IIL
Le no. 1020 montre qu'Osorkon III avait aussi une
autre femme, <= ^ , et avec elle la fille Shepenapet P^®,
qui, d'après le no. 2323, était la femme de Kashto, fils du conquérant éthiopien Piankhi, le même no. 2323 montre que leurs enfants étaient Shabaka, premier roi de la XXV® dynastie, et la princesse Ameniritis, et que la dernière avait la fille Shepenapet II, la femme de Psametik I de la XXVP dynastie.
JNous pouvons donc constater la connexion étroite de la famille du grand-prêtre Herhor et des dynasties XXI®, XXIP, XXV® et XXVP. Plus haut (p. 360), nous avons démontré la connexion des dynasties XX® et XXIP et (p. 369) que Pinet'em I, petit-fils de Herhor, était marié avec la fille de Psusennès I de la XXP dynastie.
A la fin de la XXIP et de la XXIIP dynasties, en l'an 684 a. J. C, Bocchoris, unique roi de la XXIV® dynastie, monta sur le trône et régna 6 ans, 684—678 a. J. C. ; il enterra 1' "apis" mort l'an VI de son règne, en678a. J. C; d'après Manéthon, il fut tué par le roi éthiopien Shabaka.
La dynastie éthiopienne, la XXV®, a, d'après Manéthon, régné 40 ans, 706 — 666 a. J. C; elle était dans ce temps de troubles, la dodécarchie d'Hérodote, contemporaine au moins partiellement avec les XXIP, XXIIP, XXIV® et
XXVP dynasties. Aussi les trois rois de la XXV® dynastie étaient-ils partiellement contemporains. Shabaka comptait, d'après les listes manéthoniennes, les années de son règne de l'an 706 a. J. G.; mais, d'après sa stèle d'apis officielle, il les comptait de l'an 678 a. J. C, qui était l'an de la mort de Bocchoris, pour ne pas venir en collision avec la date de la stèle d'apis que Bocchoris avait érigée en l'an 678. En d'autres endroits qu'à Memphis, surtout à Thèbes, il compta ses années de règne depuis l'an 706 a. J. C. Shabaka (Sabakon de Manéthon) a donc probablement régné de l'an 706 jusqu'à 676 au moins.
Taharqa, d'après Manéthon, le dernier roi de la XXV® dynastie, doit avoir régné de l'an 694 à 666 a. J. G., ainsi dix-huit ans au moins contemporainement avec Shabaka; car, d'après une stèle du Sérapéum, il enterra un apis mort l'an XXIV de son règne, a savoir l'an 670 a. J. G., et une autre stèle nous apprend que Tapis suivant, né deux ans après, vivait deux ans sous Taharqa, qui donc a cessé de régner sur l'Egypte l'an 666 a. J. G.
Shabataka, Sebichos de Manéthon, deuxième roi de là dynastie éthiopienne, dont nous ne connaissons pas la durée de règne, a par conséquent régné contemporainement avec Shabaka ou Taharqa, ou avec tous les deux.
Le no. 2323 de mon Dictionnaire de noms démontre que Shabaka, d'un côté, était petit-fils du conquérant éthiopien Miamon Piankhi, dont nous avons fait la connaissance plus haut, et de l'autre fils de la fille d'Osorkon III, ainsi qu'il était frère de la mère de Shepenapet II, femme de Psametik I, une preuve indiscutable de la connexion étroite et de l'enchevêtrement des dynasties de cette époque.
Manéthon, pour lequel les Ethiopiens étaient illégitimes, à mis la XXVP, dynastie immédiatement après la XXIV®, et il a comblé le temps vide entre la fin de la XXIV® dynastie et le commencement du règne de Psametik I par les règnes probablement locaux des prédécesseurs du dernier: ceux de Stéphinatès, Nechepsos et Nechao L
Du tableau synoptique ajouté à ce mémoire, le lecteur verra d'un coup d'œil mon classement des règnes et des dynasties. Une des preuves les plus décisives de ce classement se trouve dans la liste des apis que Mariette a découverts au Sérapéum. La série des apis est probablement complète depuis le règne de Ramsès II, et je la donne, d'après l'ouvrage du fouilleur ^, dans une succession parfaite et ininterrompue depuis Ramsès II jusqu'à Psametik I, époque qui nous intéresse ici particulièrement. Mais quelques remarques sont nécessaires pour l'utilisation de cette série importante.
Mariette donne pour la XIX® dynastie neuf apis, nos. 6 — 14, selon la numération de Mariette; cette dynastie régnait 209 ans (1231—1022 a. J. G.) ; ainsi, si les neuf apis couvraient tout le temps de la dynastie, ils auraient eu une durée de vie moyenne de vingt-trois ans, mais un peu moindre si la série n'était complète qu'avec Ramsès II ; aussi un âge moyen de vingt-trois ans est probablement trop fort.
Pour la XX® dynastie qui régnait 135 ans, 1022— 887 a. J. G., nous avons également neuf apis, nos. 15 — 23, avec une durée de vie moyenne de quinze ans. Les trois
1 Mariette, Le Sérapéum de Memphis.
apis, nos. 24—26, vivaient sous la première partie de la XXP dynastie, environ 64 ans (887—823 a. J. G.); aussi la XXP dynastie avait pendant ce temps le dessus sur les rois contemporains de la XXII® dynastie, ainsi que nous avons vu plus haut i. L'apis suivant, no. 27, est mort sous Osorkon II, vers l'an 797 a. J. G.
Nous avons ici l'occasion de voir bien clairement qu'il est impossible de mettre toute la XXIP dynastie dans l'ordre chronologique après la XXI®, si toutefois on ne veut pas nier la succession régulière des apis et les arguments que les stèles d'apis nous fournissent; car si l'apis d'Osorkon II suivait immédiatement le dernier des trois apis sous la première partie de la XXI® dynastie, il est impossible d'intercaler entre ces deux apis la dernière partie de la XXI® dynastie et les rois Sheshanq I, Osorkon I et Takelot I de la XXII®.
La série suivante de onze apis, nos. 27 — 37, remplit le temps écoulé depuis Osorkon II jusqu'à Psametik I; supposé que l'apis no. 27 soit né environ l'an 823 a. J. C, à l'avènement d'Osorkon II, et que l'apis no. 37 soit mort l'an 646, an XX de Psametik I, supposition qui ne peut pas être éloignée beaucoup de la vérité, nous aurons la somme de 177 ans pour tous les onze apis et un âge moyen de seize ans pour chacun d'eux.
Quant à la succession de l'apis no. 34 après l'apis no. 33, nous avons la même remarque à faire que plus haut, quant à celle des nos, 26 et 27. L'apis no. 33 est mort l'an 37 de Sheshanq IV, c'est-à-dire, selon moi, l'an
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684 a. J. C, et l'apis no. 34, son successeur immédiat, est mort l'an VI de Bocchoris, unique roi de la XXIV® dynastie. Ici de même, c'est impossible d'intercaler toute une dynastie, la XXIIP, entre les deux apis nos. 33 et 34.
Nous avons ici une série complète et ininterrompue de vingt-trois apis, nos. 15 — 37 selon la numération de Mariette, pour un temps de 376 ans, 1022 — 646 a. J. G., ce qui fait une durée de vie moyenne de seize ans et un tiers pour chacun d'eux. C'est de cette manière que les apis découverts par Mariette au Sérapéum nous donnent des matériaux bien importants pour la chronologie égyptienne. Mais c'est le contraire, si nous prenons le classement généralement accepté, par exemple celui de M. Wiedemann, pour base; dans ce cas, nous aurons ce tableau:
XX« dynastie, 1280-1100, 9 apis (nos. 15—23),
180 ans, 1280-1100.
XXP — , 1100—975, 3 apis (nos. 24—26),
125 ans, 1100—975.
XXII® — , 975—810, 7 apis (nos. 27—33),
165 ans, 975-810.
XXIIP — , 810—720, 90 ans vides d'apis.
XXIV® — , 720—715, 1 apis (no. 34), 721—715.
XXV® — , 715—664, 2 apis, (nos. 35-36),
51 ans, 715—666.
Psametik I, 664—610, 1 apis (no. 37), 21 ans, 666—645.
Ici, la série d'apis est incomplète et interrompue. Car d'abord, les vingt-trois apis embrassent un espace de temps de 635 ans, 1280 — 645 a. J. C, ce qui, s'ils se suivaient
immédiatement, ferait une vie moyenne de vingt-sept ans et demi; mais c'est une longueur de vie moyenne qui n'est pas seulement improbable, mais presque impossible. Puis,, le groupe de trois apis de la XXP dynastie avec ses 125 ans, 1100 — 975 a. J. C, aurait eu une vie moyenne de quarantedeux ans, ce qui est certainement impossible, la série aurait été ainsi interrompue, et il faudrait statuer un vide d'apis pour soixante ans au moins. La série suivante de sept apis sous la XXII® dynastie commence avec l'apis no. 27, qui mourut l'an 23 d'Osorkon II, de sorte qu'il y aurait eu également un vide d'apis pour quarante ans environ sous Sheshanq I, Osorkon I et Takelot I. Enfin nous aurions le grand vide d'apis de quatre-vingt-dix ans sous toute la XXIIP dynastie.
Si l'on accepte la succession régulière de toutes ces dynasties, il est ainsi nécessaire de statuer ou une longueur de vie impossible pour les apis, ou un vide d'apis qui aurait été un malheur intolérable pour les Egyptiens d'alors et d'autant plus incroyable que les prêtres savaient bien l'éviter.
Je n'ai jamais pu comprendre l'obstination avec laquelle les savants ont tenu à la succession régulière des trente dynasties de Manéthon. Quoique quelques voix d'une autorité incontestable aient protesté, l'erreur semble être en vogue de nos jours. J'ai cependant une exception à enregistrer. Le savant anglais Gecil Torr a dernièrement, dans son ouvrage sur la chronologie égyptienne, combattu cette opinion à la mode d'aujourd'hui ^.
1 Ceeil Torr, MempJiis and Mycenœ, Cambridge, 1896, p. 2 et suiv.
Dans tous mes travaux sur la chronologie égyptienne, j'ai cherché de trouver et d'établir harmonie et concordance entre les différentes sources : Manéthon et les monuments égyptiens de toutes sortes. Manéthon est un bon guide si l'on se tient à la rédaction d'Africain qui est la seule vraie et inaltérée, à cette exception près que les trente dynasties sont numérotées comme si elles fussent toutes successives.
Les chiffres d'Africain donnent la somme de 5332 ans pour toutes les trente dynasties.
De cette somme totale de . . . . . 5 332 ans
il faut soustraire les années de règnes
des dynasties illégitimes et collatérales 1777 —
et nous aurons la somme de .... 3 555 ans
qui, selon une notice de Manéthon, indique la durée de l'empire égyptien. Cet accord parfait obtenu sans changer un seul chiffre dans les listes d'Africain doit avoir quelque valeur K
De l'autre côté, nous avons les inscriptions historiques des monuments égyptiens et, pour l'époque dont nous nous occupons ici, la liste des grands-prêtres, les tableaux généalogiques et la série des apis du Sérapéum. L'accord de toutes ces sources ne peut pas être fortuit, mais prouve, je crois, que nous sommes sur la voie de la vérité.
1 Lieblein, Aegyptische Chronologie, Christiania, 1863, p. 54 et suiv. Cf. plus haut, p. 5.
Le tableau synchronique qui résume les résultats de mes études sur la chronologie égyptienne depuis le commencement de la XIX® dynastie jusqu'à Psametik I a peut-être quelques fautes et incorrections partielles, ce qui donnerait aux savants aveuglés de leurs préjugés une occasion facile de rejeter par un coup de plume tout mon système. Mais, quoi qu'il en soit, l'avenir prononcera son jugement équitable, sans qu'il y ait besoin d'en faire l'appel.
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