‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde cérébrale et spinale, ou, Histoire théorique et pratique de l'arachnitis (volume 2)Chapitre 22 sur 66 · Cependant, après un frisson, un trent · texte numérisé non relu

Cependant, après un frisson, un trent

blement plus ou moins fort, plus ou moins long, mais qui ne se prolonge guère au-delà d'une demi-heure , la réaction commence à s'établir ; la peau secolore, se réchauffe graduellement du centre à la circonférence , une chaleur douce se buniformément sur tout le corps, l’agitation «diminue-ou cesse complétement, le pouls se relève; sans prendre d'abord une fréquence marquée ; il devient souple, la soif diminue, les facultés intellectuelles recouvrent successive ment leurénergié, les fonctions des organes sé créteurs se établissent, une tendance à des crises favorables se développe, la respiration devient haute et profonde. C'est durant eue époque que le calmerest le plus prononcé et que les ma Jades éprouvent le plus grand bénéfice possible de l'affusion.: c'est ici que l'action sédative du fraissest. la plus marquée, Cet ébranlement général , opéré sur le système nerveux , conjointement avec le. dégorgement sanguin des méninges qui résulte de l'application directe du Froid sur la tête, peuvent amener et. amènent quelquefois, eneffet, une révolution favorable à laquelle beaucoup de malades ont dû leur salat. à

Cet état de bien-être qui donne la mesure du bienfait dé l'affusion, dure ordinairement plu sieurs” heures, au bout desquelles les divers

phénomènes cérébraux et fébriles qui: earacttrisent la maladie, reprennent le dessus ; tous les symptômes de la réaction augmentent d'intensité, le pouls prend de la fréquence, la peau se dessèche de nouveau, les sécrétions s'arrêtent, les fonctions du corveau s'embarrassent, quelquefois mème il survient du délire, ou il devient plus intensé s'il en existait déjh, ec qui dépend alors de la surexcitation produite sur le cerveau, par l'effet d'une vive réaction. D'autre sfois, 4l arrive que cette période suit immédiatement l'affusion, qu'il n'existe aucun refroidissement, aucun frisson, et que la chaleur continue sans avoir été ralentie; dans ces cas, l'affusion me réussit pas et est en général contre indiquée.

Toute cette période de réaction, qui, douce d’abord, tend à rétablir l'équilibre dans toutes les fonctions de l'économie, en développant ui cffet sédatif général sur tout l’ensemble du corps et sur le cerveau en particulier, puis qui, fonte, active, énergique, provoque et finit par favori ser le retour des divers symptômes qui cons:

tituent l'affection cérébrale, peut être comparée avec raison au deuxième stade d’un accès d'ins termittente,

121. Ici commence le troisième stade, qui, tantôt représenté par l'établissement de la sueur, d'urines, d'hémorrhagies critiques, ce qui est

(147) en général rare, mois le-plus souvent par une avantageuse du système nerveux, constitue ne véritable période de détente ; où bien qui, tant, se trouvant Je résultat d'une réaction trop forte, trop inténse, laquelle n'a fait alors qu'user les forces du malade , s'accompage d'un état d’affaissemeut général et cérébral en parüculier, Cette troisième période est ordinairement la moins bien dessinée, c'est le troisième stade de l'accès fébrile., 122. Ainsi donc, nous voyons, tant comme effets directs que comme effets consécutifs de l'affusion, 3°. uo état de concentration du vor Jume du sang, avec refoulement de ce Jiquide vers lecente de Ja cireulation, période qu'aceompague l'amélioration des facultés intellectuelles ; 2°, un retour général du système circulmoire, avec harmonie dans la répartition du sang dans les diverses parties du corps, d'où résgle d'abord un mieux-être sensible ; et par la suite des phénomènes fébriles et même cérébraux, si la réaction est trop forte ; 3°. enfin, une détente favorable, avec He au retour, à, Tor Nic ‘où bien un collapsus du plus fiçheux pre=

hi -4 sont les PT généraux des affasions tie ministées chez Les sujets atteints d'affections cérébrales. C'estaprès s'être bien pénétré de leur

C148) manière d'agir, que l'on en pourra faire d'heureuses applications au traitement de l'arachnitis.

Nous allons poser différens principes qui pour: ront guider le praticien dans l'emploi der ce moyen.

123. Toutes choses égales d’ailleurs, latréac= tion est d'autant plus longue à s'établir, quela température de l’eau est plus abaïssée, quelle sujet jouit d’une moins grande énergie vitale, que la fièvre est moins forte et l'affuston plus prolongée.

124. La réaction est d'autant plus forte; que la température de l'eau est plus abaissée, quelle sujet jouit d'une plus grande énergie vitale; que la fièvre est plus intense, ét l'aflusion plus prolongée et plus largement administrée, Wice wersd.

125. La réaction est en rapport avec le degré d'énergie vitale, de même que la séda= tion est en rapport avec l'abaissement de température, de,

126. Poussée à l'extrême, la sédation stupéfie et jette dans le collapsus ; elle peut aller jusqu'à anéantir la vie. Il en est de même de Ja réaction qui; trop fortement développée, use la vie par “excès de stimulation.

127: Ainsi, Ja température, la durée, la Masse d'eau, devront toujours être calculées d'a-

près Pénergie du sujet, et d'après la somme de réaction que lou peut en auendre. Toutes ces données sont suscepübles d'une foule de modifications, dépendantes de la susceptibilité individuelle et des différentes circonstances dans lesquelles se trouvent les sujets : cependant, comme il est. des règles, des prineipes démontrés par l'expérience ; touchant la température Ja plus à donner à l'eau, et le tems que doit durer chaque affusion ; nous en traïiterons

plus tard dans un article spécial.

$- 11. Période de la maladie où l'emploi des affusions

froides est indiqué.

128. Le passage de la première à la deuxième période de l’arachnitis, et les premiers tems de cette deuxième période, sont, sans contredit, Les à époques. les plus favorables pour l'emploi des

ons. Pendant tout ce laps de tems, le malade présente assez de force pour fournir une réaction suflisante, Mais lorsqu'arrive la troisième pé— riode, et principalement sa deuxième partie , Von conçoit facilement que tout espoir de salut est éteint que des désordres organiques sont portés ae ; Pour qu'il soit permis de pouvoir les surmonter ; aussi, lorsqu'on a recours aux alfusions, à cette époque, les voit-on constamment échouer, Cependant, si l'on veut adopter pour

le. 4

principe l'éphorismé , melits anceps quèms mule lim, Est alors que Fon pourta dits Certains cas, obtenir de ces guérisons inéspérées ; “bièn fares , il est vrai, mais que dans a pratiqué mé dicale l'on ne doit point négligér, le pouvoir des forces de la natore nous étant souventin= connu. C'ést dans €es circonstances , que l'on voit l'affüuston ratiimer la vie prête à s'éteidre, fairè gagner du tems , objet si précieux, et met tre le médétin à même de luitér avec avantage contre les désordres pathologiques qui, sans ce moyen, eussent sans contredit entraîné la mort du sujet.

Il en est encore à peu près de mème de) ces cas, où les lésions de l'arachnoïde n'étañt pas: en rapport avec le degré de faiblesse du mit Jade, l'affusion , en remontant son énergie, met la nature à même de vaincre une affection , que les seules ressources ordinaires n'auraient pasutmonter, 3

129. L'époque la plus favorable pour l’adininietrer est celle où l'économie péut lutter avec le plus d'avantage contre l'action du froid. Ce moment est celui de la plus forte chaleur, &élui où la réaction fébrile est établie : l'effet sédatif du frais est alors le plus prononcé possible (1);

(1) En effet, les différens mouvemens organiques étaut à

(ar) dans toute antre période, la vie serait trop fnible; dans celle du frisson, par exemple, ou dans 1out autre état remplaçant cé stade du froid, l'effusion, dont le premier effet est de produire un refoulement du sang vers le cenwe circulatoire, serait suivi d'un état de concentra— tion telle de ce fluide, que la répartition égale dans toutes les parties du corps, d'où nait la réaction er le hienfait qui l'accompagne , ne pourrait nullement s'effectner, on du moins ne le ferait qu'avec beaucoup de difficulté : ce serait le même cas qu'une affusion donnée à une température trop basse"; les accidens seraient les mêmes, un froid violent eL permanent, un té tanos etmême des lipothymies quelquefois mortels.

130: Dans le stade du froid fébrile, J'affasion est done contre indiquée ; par cette raison que l'énergie vitale n'a pas encore eu le tems de se développer, tandis que dans le stade de ln sueur où l'expérience l’a également démontrée désa-

eur maximum, prêtent davantage aux moyens de traitement Von veut employer ; il en est ici comme des autres aflec 4 né Voit-on pas; en effet, que les évacuations sanguines dans les diverses phlegmasies ; sont suivies de plus d'avan tage,loriqu'on les pratique dans lé moment de la plus forte ‘exacerbation.

(152) vantagense, nuisible, elle devient pernicieuse, par cela que l'ensemble des forces ayant été usé par l'effet de la réaction, il lui devient impossible d'en développer assez pour (lutter contre l’action du froid.

131. En général, ce n'est qu'après des évacuations sanguines préliminaires que lon doit avoir recours à l’affusion ; c'est lorsque la marche de la maladie à été enrayée pan la saignée ou les sangsues, lorsque l'on + peu à redouter Pexeès de réaction ; alors miéux que tout autre moyen, l'affusion teud à rétablir les fonctions intellectuelles dans leur état naturel ; cependant, il est des cas où l’on pourrait y avoir reconrs plus#ôt; par exemple, si l'on ne retiraitaucun effet sensible des soustractions sanguines, où si

* même, sous leur influence, comme nous.ayvons

eu occasion de l'observer, les accidens .cérébraux augmentaient ; les affusions alors peuvent devenir du plus grand avantage.

$. TL Mode d'administration.

132. La température qui, dans la plupart des cas, où il convient d’administrer les affusions, est la plus avantageuse, est celle de quatorze à seize degrés : l'action sédative du froid se trouvé unie à une réaction douce et modérée. Maïs lorsque la susceptibilité du malade est vive, et que

(353) l'on pourrait craindre l'impression trop prompte, trop instantanée, d'un certain abaïssement de température, ileonvient alors de donnerles premières à vingt degrés, et de descendre successivement qu'à seize ou quatorze.

Dans les pays méridionaux et dans les saisons chaudes, l'on peut les donner à seize degrés de prime à bord, et les descendre ensuite jusqu'à quatorze, douze, et même dix.

133: Deux à cinq minutes suffisent, en général, pour produire la sédation que l'on cherche & obtenir, et pour éviter l'affaissement qui suit quelquefois l’affusion : ce tems suffit également pour provoquer la réaction.

L'on conçoit ensuite, que, la durée ds daffusion, sa largeur, sa température, peuvent et doivent être modifiées à l'infini, selon le degré de suscepübilité, selon les circonstances, selon les indications que l'on désire remplir, et selon les effets que l’on en a obtenus. |

Cependant; nous le répétons ; la première affusion doit toujours être de peu de durée, elle doit mettre à même d'explorer le sujet, rouchant cet ordre de moyen ; c'est d’après l'effet de la première affusion que l'on se réglera pour la manière d'administrer les suivantes, ét c'est alors’seulement que l'on pourra les prolonger de cinqà dix minutes, si l’on y voit un avan-

(354) “tage réel: chez certains sujets, on les fait durer quinze, vingt minutes.

134. Pour administrer l'éffasion, il conviént de placer le malade dans une baignoire, au fond de laquelle on met de l'eau tiède, afin de pou voir le préparer à Ia sensation qu'il doit éprou ver; ou bien, lorsque la connaissance ést enfièrement perdue, et.que le malade.est difficile à remuer, on le porte dans un drap au-dessus de la baignoire, on l'abaisse un peu dedans yet le médecin l'affuse tandis que des personnes le maintiennent.

135, Les vases contenant l'eau , aux diverses températures, ou bien à une seule, selon qu'on a jugé convenable, étant préparés, l’on procède Y'affusion : pour cet effet, on commence par jeter une petite quantité d'eau à la figure, puis sur le. front; ce n'est qu'après quelques affusions sur ces régions, qu'on la dirige largement sur le sommet de la tête, en ne mettant entre chacune d'elle qu'un intervalle de quelques secondes. Administrée d'une manière continue, l'affusion. fatiguerait , épuiserait le sujet; trop. éloignée au contraire, il la supporterait trop pénible ment.

136. En général, l’affusion doit étre donnée ànu, à moins de circonstances particulières, et

. dontnoustraiterons en parlant des précautions

qu'il faut prendre. L'affusion étant terminée, l'on enveloppe le malade dans un drap bien sec, chauffé déns l'hivér, et on le reporte ainsi dans son lit: On à la précaution de lui essuyer la tête et même de l'envelopper d'une serviette; sur— tour chezles femmes, à cause de leur longuë chevelure: ‘

rest dés sujets qui n'exigent que quatre à cit affusions, pour que le retour à l'ordre se rétablisse ; chez d'autrés, au contraire, l'on est obligé de les réitérer jusqu'à dix, quinze, vingt, mingt-cinq fois, pour surmonter la tendatice vicieuse de la maladie. Cependant, nous remarquérons que dans la plupart des cas ôù nous avons vu prolonger ainsi l'usage des affusions , l'enn'avaitalors pour but que d'atténuer, de faire sisser divers accidens, dont la ténacité pouvait rürder là marche favorable de la müladie où èmé compromettre les jours du malade. Dès que Mon juge que l'affection qui a nécessité lasige des affusions peut se terminer saûs qu'on sit obligé de les continuer, il faut les interrom- Frépucar alors on courrait risque de compro— mtiWe gratuitement les organes thoraciques.

Voiei quelques règles qui pourront faciliter

l'anploi de ce moyen.

167% Lorsque l'affusion est immédiatement Süvie de: la réaction fébrile; que la chuleur n'a

C5) pas été modérée, que la sédation n’a point été sensible, on doit en cesser l'usage, si toutefois ces différens effets ne résultent pas du manque de certaines précautions ; alors elle est désayan= tageuse et nuisible.

138. Si la réaction tarde trop à s'établir, plus de vingt minutes, par exemple, c'est un signe que Faffusion n’est pas en rapport avec l'activité vitale du malade, qui est trop faible pour four ir une réaction suffisante, alors il faut que l'affusion soit moins prolongée, et que la température soit un peu abaissée.

139. C'est dans ces cas, ainsi que dans ceux où l'affusion estsuivie d’un état d’affaissement, état qui en contre indique entièrement l'usage, que l’on doit favoriser la réaction ou ranimer l'énergie vitale, au moyen de frictions sèches et même d'un tonique diffusible adminiswé à l'in térieur, te] par exemple que le sirop d'éther,.etc. La répétition des affusions dans ces cas, ne ferait qu'user les forces du sujet.

140: Lorsque la réaction est très-forte, lat fusion n'en est pas pour cela contre indiquées il faut seulement rapprocher les intervalles et l'administer dès.que da réaction fébrile.est établie , sans attendre la période d'affaissement: onnela discontinuerait que si l'on voyait biensévi= demment, au bout dé trois ou quatre, que le

(157) même effet désavantageux continuât, on bien qu'elle fût suivie d'un état de collapsus.

$: IV. Précautions qu'exige l'emploi des affusions froides.

141. Pour retirer l'effet désiré des affusions , il faut avoir le soin de s'attacher à deux points : 19, A Jeverles obstacles qui pourraient s'opposer à leur action, ou retarder leurs heureux effets; ne. à éviter les dangers qui peuvent être Ja suite de leur emploi.

12: Au premier cas, se rapportent certainés modifications dans la manière de les administrer, modifications qui sont entièrement relatives à chaque malade, Elles peuvent être aussi nombreuses que la susceptibilité mdividuelle ; aussi, nous ne pouvons nous permettre que d’en indiquéer | Vente e par exemple, chez certains sujets, l'affasion n’est réellement ntile que lors= qu'ils ont les pieds plongés dans l'eau chaude ; chez ceux-ci, c'est lorsqu'ils seront placés dans ün bain üède; chez ceux-R, il ne faudra la diriger que sur le front, sur le sinciput, ou sur fa fice seulement. Chez d'autres, il faut avoir la précaution de leur couvrir la poitrine avec une éroffe de laine , si l'on ne veut provoquer, par le passage de l'eau sur cette partie, une dou

leur atroce, comme nous l'avons observée nous=

naissance intime de l'état des poumons.et-même |

de la plèvre, et l'on me-risquera nullement: dé compromettre ces organes. Quant au cœur et surtout au péricurde, le diagnostic de leur inflammation étant encore plus difficile, l’on devra se montrer besucoup plus circonspect, et dès Je moindre soupçon de maladie de, ces organes, l'on suspendra aussitôt l'emploi. des affusions: mais nous ne sachons pas qu'on ait observéla péricardite à leur suite. En général, l'on nesse fiera nullement à la percussion, qui souvent est trompeuse comme chacun a pu s’en assurer.

146. Les phlegmasies abdominales sonttrèsrares après l'emploi des affusions ; mous aren connaissons même aucun exemple. % Les rhumatismes, tant musculaires que syno= viaux, s'observent quelquefois : dans le courant de 1820, nous avons été témoins d'anfait, voù ce mode d'application de l'eau détermina unwhumatisme articulaire que l'autopsie démontramil heureusement : la-mort survint par unelautté Cause, uue inflammation interne très-étendue,. 147- Lorsqu’après l'adminiswation: de l'affusion le frisson persiste, lorsque le pouls reste con: centré, que le malade se réchaufferavecdifiiculté, iLfaut pratiquer quelques frictions sèches

* le long des membres, sur la région précordiale, W

et entourer les picds avec des flanellesichauds.

Mais si malgré ces moyens, le froid continuait, si les membres devenaient roïdes, le pouls insensible, si le sujet tombait dans un état lipo— thymique ou tétanique, alors il faudrait recou— rir à Ja hâte à tous les stimulans possibles. On appliquerait des sinapismes aux pieds, aux ge noux, aux cuisses; on frictionnerait les membres , la région de la colonne vertébrale et celle du cœur, avec des teintures aromatiques ; l'on ferait respirer l'ammoniaque, l'éther, l'acide hydrochlorique, etc.

Telles sont les données que nous avons ern devoir fournir au sujet des affusions froides ; nous en avons dit suffisamment pour mettre tout praticien à même d'y avoir recours, et pour favoriser l'emploi d'un moyen qui, duns des mains prudentes, peut devenir d'un grand avantage , tandis qu'employé légèrement ou d’une manière trop inconsidérée, il ne tend qu'à discréditer la science, tout en nuisant ou même en étant fu neste au malade.

Nous ne terminerons pas cet article, sans rendre à M. Récamier le tribut qui lui appartient, pour les savans conseils qu'il a bien voulu nous donner sur l'usage des affusions, et sans le re mercierde la manière obligeante et aimable avec laquellesil s'est prêté à nous communiquer tout les renseignemens dont nous pouvions avoir be= soin à cet égard. 11

C36a) CONVALESCENCE .

148. Quoique l'arachnitis soitune maladie. des plus graves, et qu’elle emporte, la plupart de ceux qu'elle attaque, elle n'est pas cependant toujours mortelle, ét au-dessus des ressources de l'art, comme nous le démontrerons plus tard par plusieurs faits de guérison.

Maïs ce serait en vain qu'on aurait éloigné Je danger et rétabli le colme, si après la dispari= tion des grands accidens, on ne s'occuphitpas des moyens de, confirmer la convalescence, et de prévenir le retour de la maladie; il estpro= bable qu'une rechute serait alors au-dessus. de tontes ressources.

Comme l’inflammation de l'arachnoïde estune maladie absolument locale, comme elle siége dans le voisinage d'un organe des plus importans, sur les fonctions duquel nous avons wu qu'elle influait d'ane manière si notable, c'est sur les fonctions mêmes de cet organe, qu'il faut principalement diriger son attention dans.la convalescence.

Les peines, le chagrin, eben généraltoutes.les affections morales tristes, n'étant pas sans inflaence dans la production de l’arachnitis, comme nous l'avons démontré entraitantde ses causes, il est'de la dernière i importance dans la convales-

C163) cence, d'éviter tout ce qui pourrait les renouveler du en amener de semblables.

Les impressions oppôsées / c’ést-h-dire, les sensations trop vives de joie et de plaisir, les heureuses nouvelles annoncées trop brasque= ment, doivent être par la même raison aussi-permicieuses ; aussi faut-il los éviter avéc:le en grand soin.

Quant aux fonctions Le fe Lt ipen on 78 en interdire sévèrement l'exercice pendant longtems, tous ceux qui ont eu, où qu'on suppose avoir eu quelqu'inflémmation de larachmoïde ; ce sont surtout les travaux de cabinét, ceux qui exigent de ln réflexion et:uñe forte tension d'esprit, qu'il faut bannir avec Je plus de ri-

gueur, - Lés impressions contraires, c’est-h-dire celles que catactérisent la paix, lé éulmié, la gaicté, les doutes émotions de l'amitié , doivent être multipliées: ét variées à l'infini par tous ceux qui portentlau convalescent, l'intérêt qu'il com manderen cette circonstance. Les malades apprécient d'autant plus la valeur de ces sortes de jouissances, qu'elles leur sont prodiguées par ceux qui les touchent de plus près.

Nousne parlons pas de toutes les précautions qu'il faut prendre pour l'air, la nourriture, les vêtemens , l'exercice, des soins qu'il faut appor=

ter pour préserver le corps et surtout la tête de l'impression trop vive du froid et de la chaleur; les règles qu'il faut observer à cet égard qu’étant connues et absolument les mêmes, que dans Ja convalescence des autres maladies, nousneferions que rappeler ce que tout le monde sait, en cherchant à les détailler: Cependant , nous appuierons davantage sur l'emploi des liqueurs alcooliques qui, par leur influence sur le cerveau, pourraient renouveler les accidens, ce dont nons avons été plusieurs fois témoins; nous noterons encore les foyers trop ardens dont les mélades doivent s'éloigner, ainsi que l'usage des, poêles qui, jetant une top forte chaleur, tendent à rappeler de nouvelles congestions cérébrales. -

Il est encore un point d'une extrême importance pour le succès de la convalescence de l’arachuitis, et sur lequel nous ne saurions trop insister : nous voulons parler des plaisirs de l'amour. Si l'expérience journalière nous fait voir le dan= ger de ces sortes de jouissances dans Ja convales, cence de toutes les maladies, elle nous montre encore, qu'elles sont infiniment'plus dangereuses à la suite de l'arachnitis; c'est un fait constaté par les bons observateurs de tous les tems, et que les grands chirurgiens, tant anciens que modernes qui se sont occupés des plaies de tête, n'ont point manqué de consigner dans leurs

écrits. On ne peut préciser d'une manière exncte l'époque à laquelle on peut sans inconvénient s'y livrer; elle doit être nécessairement plus prolongée que pour toutes les autres affections ; il faut en général que la santé et la vigueur primitives soient affermies d'une manière stable, depuis un tems assez long.

La céphalalgie est un symptôme de l’arachnitis, que l’on voit quelquefois se prolonger assez avant dans la convalescence, elle paraît pure: ment nerveuse, et se dissipe facilement par de simples bains de pieds, quelques lotions froides sur la tête, ou par des frictions sur cette partie , avec un peu d’éther qui agit alors de la même manière, ou enfin par l'usage des bains frais à vingt ou vingt-deux degrés.

11 peut être aussi quelquefois nécessaire d'axoir recours à une application de quelques sangsues soit aux tempes, soit au cou, à l'anus, ou aux pieds, si quelques symptômes de pléthore per sistent, ce qui arrive quelquefois chez les jeunes enfans. Nous avons encore vu employer dans ce cas et avec succès les affusions froides, données une où deux fois par jour et d’une manière pour ainsi dire instantanée. Enfin, la fréquence du pouls qui se prolonge souvent après la maladie , cède facilement à l'exercice en pleine air et à

quelques bains tièdes.

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