VINGTIÈME OBSERVATION
Arachnitis par insolation. h
Un homme de quarante ans, très-adonné au vin. passe une journée entière à travailler à la moisson, exposé aux ardeurs d’un soleil brélant. La’ nuit suivante, il se livre au repos après un repas fragal et il dort d'un sommeil profond'et non interrompu : mais au point du jour , il ct pris des symptômes suivars +
Invasion. Première Période. Céphalalgie violente; abattement; impossibilité de reprendre sou travail ; larmes involontaires et abondantes; tumi faction et rougeur de la fâce ; propos incohérens; mémoire vacillante; extrémités froides.
Deuxième Période. Deuxième jour + délire frénétique ; fièvre. — Saignée du pied; moyéns antiphlogistiques.— Augmentation des accideis.
Troisième jour : vers la fin de la jonrnée, convulsions ; tremblement des membres. Mort.
Ouertire du cadavre. — 1°. Inllamnietion de la dure-mère et de l'arachnoïde. 2°, Sinus dela dure-mère remplis d’un sang concret; plexus choroïdes engorgés. 3°. Une petite quantité de sérosité dans les ventricules latéraux.
PinEL , Nosographie philosophique, t. M, p. 4o2.
160. Gé fait que nous émprantons au professeur Pinel, est un exemple bien frappant de Facuon des rayons solaires sur le développement de l'arachnitis : nous en trouverons un semblable dans l'histoire de l’arachnitis spmale, 1] serait difficile: de trouver une marche plus rapide ; la première période dure à peiñé un jour, et la socondese rermine le troisième par Ja mort. IL esti regretter que l'observateurn’ait point donné de plus amples détails sur l'antopsié : fl se borne à dire: l'arachnoïde étoit enflammée. I est à présumer que cette membrate était seulement rouge sur la convexité des hémisphères ; ©’est ce que l'on observe lorsque la violence de l'in= flammation tue le sujet dans le cours de la deuxième période , avant l'apparition dessymptômes de collapsus. Quant à la petite-quantité de sérosité contenue dans les ventricules latéraux, nul signe me pouvait l'annoncer pendant la vie. Si Le malodë avait résisté plus long-tems ; on l’eût vu s'accroitre progressivement et déterminer , conjointement avec les autres altérations de l’a rachuoïde ; la période comateuse qui termine, dans la plupart des cas, cette maladie.
161. Nous bornerons ici nos considérations sur cé qui à rapport'aux causes externes, c'est-h— dire, celles qui exercent leur influence directément sur l'encéphale , par une remarque qui
vient confirmer la marché que nous avons snivie dans notre histoire générale , en n'établissent point d'espèces, comme l'ont fait quelques ,autenrs, relativement aux causes et aux phénomènes particuliers. En effot, les mêmes symptômes que nousavons vus exister dans l'arachnitis parycontnsion du crâne, nous les avons égalementobsergés dans l'arachnitis par insolation , et nous!allons encore. les retrouver dans toutes les autres, quelle que soit la cause interne qui les puisse pro> duire ; tous ces symptômes se rallieront toujours à une lésion des appareils sensitif, locomoteur, digestif etc.
f- IL. Causes internes appréciables.
162. Les causes internes les plus faciles à saisir, sont celles qui dépendent de suppression, de flux, de cessation d'inflammation; ce sont celles que l'on pent admettre le plus volontiers, tout en montrant dé la sévérité :ce sant lesseules dont nous allons offrir quelques exemples," les autres ne présentant pas le dégré de certitude que nous désirerions donner à la science médicale. , d
Ca85 ) YINGT-UNIÈME OBSERVATION.
Arachnitis de la convexité des hémisphères, — + Métastase d'érysipèle facial?
Un jeune homme de vingt ans, fut-pris spontanément d'un érysipèle à la face: après avoir éprouvé tous les symptômes: qui dépendent de cette phlegmasie , il s'expose imprudemment au froid, et l'érysipèle disparaît.
Tout-à-coup il est pris de céphalalgie à Jaquelle -vient bientôt se joindre du délire, une agitation considérable et des mouvemens convulsifs dans les membres,
Troisième Période. Le deuxième jour : coma profond ; convulsions ; insensibilité et immobilité complète; mouvemens désordonnes des lèvres etdes yeux. Cet état persiste le woisième jour. Le quatrième jour : un état de flaccidité des membres succède aux convulsions ÿ il s'y joint une gène extrême dans la respiration qui devient stertoreuse , et Je malade succombe dans la journée.
Ouverture du cadavre. — 1°. La portion d’arachnoïde qui recouvre la face supérieure des hémisphères cérébraux, était couverte d'une fausse membrane jaune et opaque, très-épaisse vers le sinciput et vers les parties latérales et.in-
186) férieures du cerveau. L'arachnoïde de Is fate supérivure du éervelet, présentait RS traces de fausses membranes.
2°.Une infiltration séreuse ARE dur ls rachnoïde , mais spécialement l'hémisphère gauche. — L'arachnoïde de la base était saine.
3, La pie - mère était fortement injcctée ét rouge.
— La muqueuse de l'intestin grêle était d'une teinte rosée,
163. Cette observation est un exemple Érappart de la rapidité avec laquelle la période de suppuration peut survenir. Cette téndancé ap partient aux phlegmasies métastatiques ; nous l'a vous souvent observée dans celles de la séreuse céphälique, comme dans celles des diverses au= tres membranes du même ordre. Il nous semble rait ici plus qu'hypothétique de vouloir admettre l'existence de cette arachnitis, dans une époque antérieure à Ja disparition de l'érysipèle : dans cé cas, il faudrait supposer un était larent'dé ceite inflammation , puisque ce ne fut qu’après la cessation de l’érysipèle que survinreni là cé Phalalgie, le délire et les convülsions, Sÿmp= tômes éminémment cérébraux et trop graves pour qu'on püisse penser qu'ils n'ayaïent point été observés avant ce tems. L'invasion a été bien brusque , il est vrai, mais la manière dont les
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symptômes se sont succédés , nous-porte à considérer cette arachniüs, comme métastatique de l'érysipèle facial, et à la citer comme une preuve de la possibilité des métastases.
164. Nous ferons remarquer l'agitation des yeux. qui ne s'accompagna point ici de l'i SHARE mation de la base.
VINGT-DEUXIEME OBSERVATION. y
Arachnitis de la convexité des hémisphères. — Métastase d'érysipèle facial ?
Un homme de 37 ans, d'un tempérament émineminent sanguin, avait eu au mois de mai 1817, un érysipèle facial avec différens symptômes bilieux : un traitement évacuant avait dissipé les accidens. Gependant le malade sortit de l'hôpital sans être complétement guéri.
Le 14 juillet, l’érysipèle reparut à la face; le malade n’en continué pasimoïns boire et manger comme à l'ordinaire,
Les jours suivans l'érysipèle ayant disparu, cethomime tomba dans un état apoplectique, pour lequel on le conduisit à l'hôpital Saint-Antoine, Je 17 juillet.
Troisième période. 17 juillet : lividité de In partié de la face où avait existé l'érysipèle; coma; renversement de la tête en arrière ; tismus :
(188) convulsions des membres; pouls petit et fréquent; respiration stertoreuse.
Snignée de six palettes ; deux heures après, saignée de trois palettes. — Sérum émétisé. — Nul soulagement.
Le soir, augmentation des symptômes ; cessttion du trismus. Mort.
Ouverture du cadavre. 1° Toute la surface de l’arachnoïde qui tapisse les lobes antérieurs du cerveau, était recouverte d'une couche albumineuse assez épaisse, laquelle s'étendait jus qu'au milieu de la face supérieure des hémisphères , tandis que dans leur moitié postérieure, Ja séreuse était seulement d'uu rouge vif, et sans aucune trace d'exsudation purulente.
Tous les viseères étaient sains.
165. Co fait a beaucoup de rapport avec le précédent, il présente mème encore plus de difficulté , sous le point de vue du véritable änstant où l'arachnitis a débuté. Nous voyons, un état apoplectique survenir à la suite de la disparition d'un érysipèle facial, et la mort avoir lieu le troisième jour. Le 14 juillet, jour de l'invasion de l'érysipèle, le malade but et mangea comme à l'ordinaire, d'où l'on doit conclure quil ne devait point être sous l’influence d’une arachnitis; à moins que l'on ne veuille regarder la fausse membrane démontrée par l'autopsie, comme le
résultat d'une ancienne phlegmasie , tandis que l'on auribuerait les derniers accidens à la rougeur de la partie postérieure des hémisphères , que l'on considérerait alors comme la suite dé la sup-
pression de l'érysipèle. Mais nous le répétons,
dans V’arachnitis métastatique, la tendance à la suppuration est excessivement prononcée, et:
celle-ci s'établit avec la plus grande rapidité :
d'ailleurs les symptômes offerts ne sont nulle= menten rapport avec une simple rougeur de Ja séreuse céphalique, et l'on est fürcé de leur re-
connaître poureause, k présence des fausses mem-
branes, bien plus conforme a ce que démontre
Vobservation. Du reste abandonnons ce point de: discussion entièrement théorique, et tenons-nous en au fait, qui nous présente un appareil de symptômes cérébraux, éclatant spontanément à Ja suite d'une suppression d'érysipèle, et présentant à l'autopsie, une couche albumineuse sur l’a-
rächnoïde. Quelle que soit l'époque de l'invasion de cette arachnitis , le premier symptôme sensible n’en a pas moins été un état comateux profond.
166, Le renversement de la tête én arrière, n’a poine existé ici avec l'arachnitis de la protubérance ni avec celle de la base : ce ne sera point encore la dernière fois que la cause de ce symptôme nous échuppera.