‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde cérébrale et spinale, ou, Histoire théorique et pratique de l'arachnitis (volume 2)Chapitre 8 sur 66 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Anatomie pathologique .

68. Les diverses lésions organiques que l'on trouve à l'ouverture des cadavres de ceux qui ontsuccombé à l'arachnitis, peuvent se réduire :

MSA une simple rougeur de l’arachnoïde.

n 29. À l'épaississement, à l'augmentation de densité et à la perte complète de transparence de éétte membrane.

3. À une exsudation purulente, séro-purulenté , séro-gélaineuse à sa surface.

#. Ke Ja formation de fausses membranes.

5°. À un épanchement séreux dans les ventri-

, entre les feuillets de l’arachnoïde où dans

le issu Cellulaire qui l'upit à la pie-mère, avec

ou plusieurs des lésions énoncées ci-dessus.

- La rougeur de l'arachnoïde, qui caracté-

Fee<on nlumation, offre quelques variétés re-

‘latixement à son étendue et à son intensité. Le ,

plus ordinairement elle est bornée à quelques points de la convexité où de labase ducerveau ; quelquefois elle occupe toute l’étendue d'un hémisphère où même toute l'arachnoïde ; et pénètre jusque dans l’intérieur des ventricules; mais cette dernière particularité est extrêmement rare. Cette rougeur de l'arachnoïde varie depuis une teinte légèrement rosée jusqu’au rouge le plus foncé ; dans ce dernier cas’, lorsque l'inflammation n'est pas générale, la rougeur se fond toujours insensiblement avec le reste de ki membrane,

11 faut bien se garder de confondre avec lin= flammation de l’arachnoïde, la simple congesion sanguine de cette membrane , et l'injection des vaisseaux de la pie-mère qu’elle tapisse. Dans la simple congestion, ou dans le cas d'injection, la teinte rouge ne paraît pas combinée avec le tissu de la séreuse : en la layant , en la compri= amant entre les doigts, en la raclant légèrement avec le scalpel, on lui rend la totalité ou seule ment une partie de sa transparence ; sa densité n'est pas augmentée. Tous ces moyens sont sans effet dans la véritable inflammation. L’injection apparente de l’arachnoïde étant le plus souvent

. due à celle de la pie-mère , il faut avoir le plus grand soin de les détacher Pune de l’autre, dans les endroits où cette séparation est possible: nous les avons indiqués au chapitre de son anatomie.

70. Souvent à la place de cette rongeur on trouve l'arachnoïde épaissie d'une manière notable, ce qui lai donne un aspect blanchâtre , laiteux ? on dirait alors que l'influrmmation a dés organisé son tissu; et qu’elle a fait sur l’arachnoïde ce qu'elle opère sur la cornée transparente , à la suite de violentes ophtalmies. Lorsque cet épaississement est fort considérable , il Ôtela la membrane toute satransparence ; et augmente de beaucoup sa densité ; où peut alors exercer sur elle üne traction à laquelle elle n'aurait pas résisté dans l'état sain. Ce défaut de transparence n’est pas toujours accompagné d’épaississement bien sensible; la membrane con- Servequelquefois tonte sa ténuité et sa souplesse, ev n'offre qu'im aspect laiteux.

B'épaïssissement n’est pas ordinairement généril: nous l'avons presque toujours vu distribué parplaques plus où moins étendues. C'est awéénire de ces plaques qu'il est le plus consi dérable; il diminué insensiblement à mesure s'en éloigne; il n’est pas dû à la présence me fausse membrane ; il se fait dans le tissu méme dé l’arachnoïde : il paraît dépendre d’une dugmentation de nutrition et d'une altération dans son organisation. Il n’est pas rare de voir mue teinte rosée, reste d’inflanmation, circon— <eriré entièrement la portion blanchâtre:

qi La suppuration est une terminaison qui se rencontre fréquetnmént, et qui se présente sous différens aspects. Dans la plupart des cas, lle pus est étendu à la surface de l'arachnoïde, let y forme ne couche estrémement mince, peu adhérente à son feuillet externe, et suscepüble d'é> tre enlevée avec facilité lorsqu'on râcle l'arach= noïde à l'aide d’un instrument. Alors on tronve la membrane rouge où épuissie, et Et © légèrement villeuse.

Rarement le pus se t'ouve réuni én foyer con= sidérable!, mais où le voit plutôt disséminé cet li à la nie de la membrane ; quelquefois il est ramassé en goutrelettes. Il varie beaucoup pour sa couleur, sa nature et saconsistance ; dans

l'autres cas, il fait corps avec la séreuse elle même, et est intimement uni aux, mailles qui la composent. Quélquefois on ne trouve à sa place qu'un liquide séreux, plus où moins abondant, infiltré dans les cellules même de l'atachnoïde, ce qui représente assez bien l'œdème de la glotte” Nous avons aussi rencontré le pus répandu sur Loute Ja surfice de la meinbrane; minis cés . cas sont éxtrérmement rares ; le plus ordinaire= ment il ést borné à la convexité des deux hémis= phères ow d'un, seul ; où même à quelques points de la base, et spécialement alors vers l’entrecroisement des nerfs optiques et la protubérance annulaire.

Ca)

72: Nousnssimilons la suppurationun produit particulier, que nous avons trouvé assez fréquemment à la suite des arachnitis il consiste dans la formation d'une couche gélatineuse, absolament semblable à celle qu'on rencontre dans quelques tumeurs enkistées des ovaires.

‘ Cetteconcrétion est formée parun tissu cellulaire dans les mailles duquel] se trouve renfermée de la sérosité et une espèce. de gélatine tremblante. En pressant celte masse, on. en exprime tout le liquide, et il reste entré les doigts une sorte de membrane très-inégale et d'une certaine consistance. Cest principalement dans les inflammations de la convexité et de la hase, surtout dans celles du voisinage du carré des nerfs optiques, que l'on: observe cette infiltration particulière, qui m'est jamais très- étendue, et peut. avoir jusqu'a deux er trois lignes d'épaisseur : il n'est pas rare d'y trouver du pus mélangé.

73: D'autres fois, l’arachnoïde est recouverte dewéritables fausses membranes assez semblables à celles qu'on retrouve à la surface des autres Iséreuses; leur organisation nous a paru souvent ‘assez parfaite, pour qu'il ft possible d'y reconmaitre des vaissenux sanguins tellement, déve- Hoppés ; qu'on peut même les injecter faci- Jement avec le mercure, Nous avons observé ces fausses membranes sur la convexité du cerveau et du cervelet, plus souvent qu'à la base et

(72) dans Jes ventricules. Elles présentaient à Jeur centre jusqu'à près d'une ligue d'épaisseur, «et allaient en s'amificissant vers la circonférence ; quelques-unes avaient jusqu'à trois pouces de diamètre,

74- Chez presque tôus les sujets qui succom= bent à l'arachnitis, on rencontre ‘un :épanchement séreux qui, le plus ordinairement, ne va pas au delà d'une once, et qui, dans ce as, ne mérite que peu d'attention. Mais souvent anssi ‘cet épanchement est plus considéfable et s'élève au delà de trois, quatre et même six 6nces.

Communément le liquide est contenu dans lu cavité d'un seul ou des deux ventricules, €b quel= quefois simultanément dans le oisième ét le quatrième. Souvent aussi il est disséminé sur toute Ja surface de l'arachnoïde qui en est: en quelque sorte baïgnée; toute cette sérosité se ramasse à la base du crâne, lorsqu'on retire le cerveau de sa cavité; elle est presque toujours limpide, quelquefois lactescente et même: floconneuse.: dans quelques cas, nous l'avons trouvée légèrement rosée ou rougeêtre. Toutes les fois. qu'il existe un épanchement d’une certaine abondance dans lesventricules, on peut lercconnaître avant que ceux-ci soient ouverts ; car alors les circontvolutions cérébrales se trouvent singalièrement splaties et effacées. L'épanchement séreux s'ob-, serve spécialement dans l’arachnitis de la base et

(73) dans celle des ventricules : aussi le remarque-ton-plus souvent chez les enfans (1).

-75. Nous avons déjà parlé des adhérences qu'on rencontre sur les diverses parties de l'arachnoïde,. et qui indiquent, lorsqu'elles devienment (celluleuses, une ancienne inflammation ; ces adhérences dégénèrent quelquefois en véritable tissu.osseux. ( Bichat.)

- Nous ne dirons également qu'un mot de ces léares granulations que nous a présentées l’arachmoïde desventricules dans quelques hydropisies de,ces cavités ; nous ignorons entièrement leur nature etleur mode de développement ; nousne pouvons en donner nne meilleure idée qu'en les comparant aux granulations qu'offrent la plevre

er le péritoine, après certaines inflammations “chroniques. Lorsqu'elles sont sensibles, elles donnent & cette membrane un-aspeét poudreux : - pour les observer, il faut regarder l'arachnoïde vau grand'jour et horisontalement, “Ges recherches sur lesalérations qu'on remar-

2) Int istnguer cet épanchement séreux dépendant de

, de celui qui s'observe che les vieillurds , et qui

ivent n'être qu'une hydropisie essentielle : nous

cite ocexsion pour avertir que nous n'entendons

fire, dans cet ouvrage , histoire de l'hydrapisie

» lorsqu'elle nc dépend pas de T'inflamimation de l'rachnoïde,

que à la suite de l'arachnitis, ayant été faîtes dans desintentions purementpratiques, doiventnécessairement laisser beaucoup ü désirersouslerapport des détails d'anatomie pathologique. Nousayons crû ne pas devoir nous y appesantir davantage, afin de ne pas perdre de vue le principal objet de ce travail, qui est de faciliter le diagnostic des maladies cérébrales. Nous ne pourrions d'ailleurs rien ajouter à ce qu'ont dit sur ce sujet quelques-uns de nos maîtres et plusieurs de nôs anciens condisciples ; dans des ouvrages et des dissertations qui sont entre les mains de tout le monde.

76. Le tableau que nous allons mettre sous les yeux, indiquera, mieux qu'une longut description, quelles sont les parties de l'arach= noïde le plus souvent enflammées : on y verra que, par l'ordre de fréquence , c'est l'inflammation de la convexité du cerveau qui prédomine de beaucoup sur toutes les autres; que celle de la base vient ensuite; que celle de la convexité d’un seul hémisphère ne vient qu'en. troisième ligne ; qu'enfin celle de la convexité du cervelet, celle de sa base, celle de l'intérieur des ventricules latéraux, de la protubérance annulaire et de la face interne des hémisphères sont beaucoup moins ordinaires, On y verra aussi dans quelle proportion l’arachnitis coïncide avec

(rm) les épanchemens séreux et avec les affections de Ja pulpe: 1 - : SIXIÈME TABLEAU.

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