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des sujets.
24. Periodes : Avant de commencer la description générale de l’arachnitis, disons deux mots sur ce que nous entendons par périodes.
Ces périodes ne sont pas des divisions arbitraires et artificielles ; ce sont des phases diffé-
* Dans ce tableau , résultat de 118 observations, il en es plusieurs qui ne font pas partie de celles qui nous ont servi pour les deux précédens.
rentes que présente ordinairement l’arachnitis
dans le cours de sa durée, lesquelles se caractévisent, chacune par un ordre de symptômes particuliers. |
Nous reconnaissons à la phlegmasie de l’arachnoïde, trois périodes distinctes qui correspondent à ce que l’on reconnaît dans toutes les maladies, sous le nom d’accroissement , d'état et de déclin.
25. La première période se manifeste ordipairement par une exaltation de la sensibilité , d'où naït la céphalalgie, un de ses caractères les plus constans. Quelquefois aussi elle s’accompagne d’une tendance à l’assoupissement, ce qui a plus particulièrement lieu pour l’arachnitis de la base, ou bien, d’un état sympathique de l’estomac, qui alors donne lieu à des vomissemens ou à de simples nausées. Ordinairement aussi il s'établit en même tems un mouvement fébrile.
Cet état de stimulation du cerveau est excessivement variable pour les formes qu’il prend chez chaque sujet; ces variations sont généralement en rapport avec l’âge , la région de l’arachnoïde enflammée , avec la constitution, avec le degré de sensibilité du malade, ce qui fait que chez
es enfans rien n'est plus varié que cette période.
Jamais elle ne présente l’ensemble des symptômes qui caractérisent la troisième période, et
s'il arrive qu'il existe dans le début un assoupissement comateux , ce qui est très-rare, ce Caracière dénote une troisième période d'emblée, comme cela pourrait avoir lieu, dans une métastase par exemple, et conséquemment annonce une mort prochaine.
Sa durée estordinairement de quelques heures à un, deux, trois ou quatre jours ; quelquefois elle se prolonge jusqu’à deux septénaires ; mais ces cas sont fort rares et alors les symptômes sont vagues , incertains , peu développés ; les malades sont dans un état mixte de santé et de maladie ; à peine apercoit-on de tems à autre, quelque signe qui puisse faire soupçonner la véritable nature de l'affection, qui se dessine enfin, en passant rapidement à la seconde période. C’est ordinairement chez les sujets frèles, cacochymes, épuisés, etchez les enfans surtout, que se remarque cette longue durée de la première période.
26. La seconde période qui est un véritable état de réaction, s’accompagne d’un trouble parüuculier du système locomoteur, trouble qui correspond à celui du cerveau, lequel est alors exalté au dernier point ; c’est ici que se trouvent les convulsions, le délire, l'agitation, les contractions, les oscillations ou le commencement de la dilatation des pupilles, en un mot, tous les symptômes cérébraux portés au plus haut degré et vrai-
( 24) ment caractéristiques de l’arachnitis. Danscette période, la céphalalgie est moins constante que dans la première, le cerveau percevant alors plus difficilement les sensations tant internes qu’externes.
Cette période est généralement celle dont la duree est la plus longue: elle varie de deux, trois, quatre jours, à un et même deux septénaires. Elle offre quelques différences selon les siéges de l’arachnitis. Dans celle de la base et dans celle des ventricules , la forme comateuse s'y trouve presque essentielle et se combine avec les convulsions, l’agitation, les lésions du globe de l'œil, elc., tandis que dans celle de la convexité, c’est le délire qui la caractérise et qui, par son début, la consutue réellement.
27. La troisième periode est celle dont la durée est la plus courte ; elle varie en général de quelques heures à trois ou quatre jours ; rarement elle se prolonge au-delà. C’est la période de collapsus. L’abolition des sens , la perte du mouvement, d'où naît la paralysie locale et générale, le coma, sont les principaux symptômes qui la caractérisent. Les signes les plus fâcheux s'y trouvent réunis, aussi 1l n’est plus possible, dans cette période où tous les symptômes des diverses affections cérébrales se trouvent confondus , de reconnaitre avec certitude l’existence de l’arachnitis. En effet, toutes les maladies de l’encéphale
arrivées à ce degré se présentent sous une même forme , ainsi qu’on l’observe également , pour un très-grand nombre de phlegmasies aiguës, thoraciques et abdominales. Nous avons rencontré beaucoup de malades qui, ayant succombé à ces dernières affections, après avoir présenté le coma et les autres symptômes cérébraux, n’ont offert, à l’ouverture de leur cadavre, aucune lésion , soit des méninges , soit du cerveau.
Le collapsus caractéristique de la troisième période, et l’exaltation qui distingue la seconde, ont cela de particulier , que telle partie du corps peut présenter des signes de la troisième période, tandis que telle autre n’en offrira que de la seconde. C’est ce qui se voit même assez fréquemment dans plusieurs régions, comme à la face par exemple, où l’on trouve souvent les paupières paralysées alors que les muscles de la bouche sont encore en convulsion : c’est principalement dans l’arachnitis de la base, vers l’entrecroisement des nerfs optiques , que se remarque ce mélange de symptômes des deux dernières périodes.
28. Nous ne parlerons pas du retour à la santé comme apportant quelque changement dans ces divers stades, parce qu’alors , la maladie diminuant d'intensité , les symptômes qui les caractérisent, disparaissent, soit à la première période.
(26) soit à la seconde dans la plupart des cas, et rarement dans la troisième. ;
Il faut avouer cependant, qu'il est souvent difficile de déterminer le passage de l’une à l’autre, parce que chacune d'elles ne s'accompagne pas toujours de tous les symptômes qui devraient lui appartenir, et qu'un seul symptôme ne peut suffire pour caractériser une période. C’est ainsi que la céphalalgie qui appartient essentiellement à la première période , se remarque encore dans la seconde et même dans la troisième, ce qui est beaucoup plus rare, parce que les malades recouvrant quelquefois momentanément leur raison, peuvent alors accuser la douleur et même l'indiquer par gestes , lorsqu'ils ne peuvent s’exprimer par la parole. L’arachnitis de la base apportant beaucoup moins de trouble dans l’intelligence et s’accompagnant de rémissions plus tranchées, nous offre aussi plus fréquemment la céphalalsie dans la seconde période. Il peut même arriver quelquefois que cette douleur vienne à manquer dans la première, comme nous en avons quelques exemples.
Souvent les symptômes de la seconde et de la troisième période se confondent entr'eux, particulièrement dans l’arachnits de la base , comme nous l’avons déjà dit plus haut; rarement ceux de la troisième avec ceux de la première ; mais
assez souvent ceux de la première avec ceux de la seconde. Cependant il est une époque, celle de l'invasion , où ce mélange se remarque rarement ; aussi insisterons-nous d’une manière particulière sur ce mode d’invasion, qui, sous tant de rapports, mérite de fixer l'attention du praticien.
Quelques observations particulières où chacune de ces périodes se trouvera bien dessinée, feront mieux concevoir le caractère de chacune d'elles, que tout ce que nous pourrions en dire.