‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 132 sur 170 · CENT-CINQUIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT-CINQUIEME OBSERVATION

Arachnitis cérébrale générale, intermittence des ac-

cidens qui reviennent deux fois dans la journée.

Maujy , âgé de dix-neuf ans, d’une constitution frèle et délicate, adonné aux boissons spiritueusés, est pris un jour, sans Cause connue, de frissons et d’une forte douleur de tête ; ik reste pendant plusieurs jours dans un état incertain de santé et de maladie ; des mouvemens convulsifs épileptiformes étantsurvenusinopinément, il entre à l’hôpital. Il était tès-maigre ; il avait

la face pâle, les yeux comme égarés; il se plaignait, peu de la céphalalgie ; il n’avait pas de fièvre, mais deux fois par jour il perdait connaissance, et alors : céphalalgie plus intense avant et après l'attaque ; légers mouvemens convulsifs des muscles-de la face ; convulsions générales de tous les membres; roideur tétanique des muscles du col; salive épaisse, rougeâire, remplissant la bouche. Le musc et les autres antispasmodiques n’apportent aucun soulagement à ces accidens qui persistent au même degré pendant huit à dix jours, et toujours aux mêmes heures ; ils augmentent ensuite d'intensité, se prolongent tellement qu'ils ne laissent plus enti’eux d'intervalle ; les mouvemens convulsifs sont continuels jusqu'a l’instant de la mort qui arrive vingt-cinq jours après l'invasion de la maladie, et dix jours après que les symptômes eurent cessé de présenter des intermittences complètes.

Ouverture du cadavre. — Rougeur très-intense ce toute l’étendue de l’arachnoïde ; quantité médiocre de sérosité dans les ventricules latéraux ; rougeur très-vive de la muqueuse deious les rxitestins qui sont invaginés en plusieurs points ; engorgement des glandes mésentériques.;. état sain de tous les autres viscères.

260. Il faut convenir qu’au premier abord, ensemble des symptômes rapportés dans cette

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observation, constituerait plutôt une épilepsie qu'une véritable arachnitis ; cependant en consi-

dérant l'invasion subite des accès de l’épilepsie ,

leur courte durée, l’aspect particulier qu’ils présentent , nous ne pouvons pas les reconnaitre. dans la maladie qui nous occupe maintenant ;

de plus, il est inoui que l’épilepsie ait fait mourir dans l’espace de vingt jours, à dater de l’invasion des premiers accidens ; on n’a jamais vu,

non. plus, un accès qui n’est ordinairement que de quelques minutes et rarement d’une heure , se prolonger pendant dix jours, sans laisser, pendant tout ce tems , la moindre rémission ;

nous ne voyons pas non plus que l’écume à la bouche doive nous faire changer. notre manière de voir, puisqu'elle se rencontre à la fin de beaucoup de maladies aiguës, et que nous l’avons observée plusieurs fois dans l’arachnitis. Rien ne s’oppose donc à ce que nous rangions ce fait parmi les arachnitis intermittentes doublées. L’ouverture du cadavre lève tous les doutes qu’on

pourrait avoir à ce sujet.

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