CRE
terons pas ce que nous avons déjà dit sur ce sujet dans plusieurs endroits de ce travail » Notamment à l’article du traitement et des complications.
Une de nos observations d’arachnitis cérébrospinale, nous fournit un nouvel exemple de cette maladie à caractère intermittent et à type tierce , nous y renvoyons nos lecteurs; cette observation est belle et mérite d’être consultée.
(Por. Observ. 134.) CENT-HUITIÈME OBSERVATION.
Arachnitis de la convexité et de la base du cerveau PAT type quarte.
Chateau, âgé de dix ans , est pris d’une violente douleur au côté gauche, qui est traitée par un émétique, l'application d’un vésicatoire et d'un emplâtre de poix de Bourgogne sur le côté. Il avait été vacciné une année auparavant, et avait depuis éprouvé une maladie très - grave dont on ignore la nature. Le 17 Janvier 1816, jour de son entrée à l'hôpital , quinzième jour depuis l'invasion de la maladie > 1l était, lorsqu’on l’observa , dans l’état suivant:
Faiblesse très-grande ; pâleur de la face ; dilatation des pupilles ; bouche pâteuse ; inappétance; soif vive ; lèvres sèches ainsi que la langue; pouls lentetfaible, relativement aux mouvemens du cœur qui sont forts et fréquens ; respiration
libre ; toux forte et fréquente, surtout la nuit ; haleine fétide ; son de la poitrine plus obscur à gauche qu’à droite ; intégrité des facultés intellectuelles le matin, mais délire le soir, qui prend peu à peu beaucoup d'intensité et persiste toute la nuit, en s’accompagnant d'une agitation extrème.
18 janvier : renversement de la tête en arrière; elle est continuellement agitée de mouvemens de rotation à droite et à gauche; roideur des membres; continuation de tous les autres symptomes. — Arnica avec esprit de mindérérus ; potion camphrée; séton à la nuque. —Les mêmes symptômes persistent toute la journée.
19 janvier : amélioration générale de tous les symptômes ; pupilles moins dilatées ; sensations moins obtuses ; il entend et répond quoiqu avec lenteur. — Glace sur la tête ; sinapismes aux pieds. — Ces moyens opèrent un effet heureux ; la connoissance revient complétement ; le malade dort d’un sommeil calme, pendant plusieurs heures.
20 : Le mieux se soutient pendant toute la journée ; on serait tenté de regarder le malade comme convalescent ; cependant le pouls reste fréquent et intermittent.
21 : Etat satisfaisant pendant toute la journée ; le soir stupeut plus grande ; dans la nuit, délire
violent pendant deux heures, auquel succède un assoupissement profond.
__22,: Stupeur extrême ; trismus; convulsions des membres supérieurs et inférieurs surtout à droite ; sirabisme ; agitation des yeux; contracüon des pupilles ; le soir , augmentation de tous ces symptômes. — Un vésicatoire et des sinapismes. (
23 : tous les symptômes de la veille sont portés au plus haut degré d'intensité ; dilatation extrême de la pupille droite , contraction très-grande de la gauche ; mort à sept heures du soir.
Ouverture du cadavre. — Roideur générale ; dure-mère légèrement rosée. Infiltration albumineuse dans l’étendue d’un pouce, au bord Supé— rieur, interne et moyen du lobe droit; épaississement et opacité de l’arachnoïde vers le carré des nerfs optiques où il se trouve un peu de pus couenneux ; cinq onces de sérosité dans les ventricules latéraux ; une petite quantité se trouve infittrée entre l’arachnoïde et la pie-mère. Injection de la substance cérébrale. Adhérences du poumon gauche à la plèvre costale , au moyen de brides très= fortes ; parenchyme du poumon gorgé de sang,
hépatisé postérieurement. É = 262 Quoique nous mettions cette observation parmi les arachnitis intermitientes, elle n’en est pas cependant le plus bel exempie ; i aurait fallu
pour Ja bien caractériser , plus d’un accès, et älors on aurait pu la considérer comme un beau. modèle d’arachnitis intermittente à type quarte, puisque tous les accidens ont disparu complétement pendant deux jours pleins ; cependant le calme dont a joui le malade , a été trop complet et trop long, pour que nous puissions n'y voir qu'une simple rémission. Rien en effet ne paraït devoir s'opposer à ce que nous admettons , car, puisque nous avons vu plusieurs fois l’arachnitis avec le type quoudien, offrir à chaque fois une série plus ou moins nombreuse d'accès bien caractérisés , pourquoi ne supposerait-on pas qu’elle a été ici assez intense, pour enlever le malade avant qu'une seconde rémission ou, pour mieux dire, un second accès ait pu s'effectuer.
Nous donnons ces réflexions pour ce qu’elles valent, sans y attacher beaucoup d'importance ; toutefois cette observation servira à prouver qu'un désordre assez grand peut’ exister dans l’arachnoïde sans troubler d'une manière notable , pendant quelque tems, les fonctions du cerveau ; car les accidens qui ont précédé la rémission SOnt trop nombreux eL trop bien caractérisés , ils appartiennent trop à l’arachnitis, pour que nous puissions Îles attribuer à tout autre cause qu'a cette phlegmasie.
Nous aurions pu rapporier un plus grand
(Sor ) nombre de faits d’arachnitis intermittentes , mais nous pensons que ceux que nous avons CItÉS Sont plus que suffisans pour prouver leur existence, n’ayant donné que les histoires les plus belles et les plus complètes.
GER orme latente:
263. Nous avons déjà fait senur en traitant des complications non cérébrales, qu'il pouvait arriver que l’inflammation de l’arachnoïde ne manifestât son existence par aucun ou par presqu'aucun des signes qui ont coutume de la caractériser. Cest à cette manière d'être de la phlegmasie de la séreuse céphalique, que nous donnons le nom d’arachnitis latente : chacun sait que diverses inflammations revêtent souvent cette forme qui surtout est remarquable pour la péricardite, la pleurésie, etc. ; et comme les sé reuses paraissent jouir plus particulièrement de cette fâcheuse prérogative , l’arachnoïde s’y trouve également exposée, mais bien. moins fréquemment que les autres membranes du même ordre.
Si d’une part l’analogie de structure et de composition organique entraine presque tou— jours des rapports, des similitudes, entre les maladies des mêmes üssus: d’une autre, l'importance des fonctions de l'organe affecté ap-
porie aussi des modifications dans la manière d’être de ces mêmes maladies. Nul doute que Vinflammation de l’arachnoïde se montrerait moins rarement à l’état latent, si cette membrane enveloppait un organe moins intéressant que celui qu’elle est chargée de protéger, de même que cela s’observe pour le péritoine et la plèvre; et pour la péricardite, c’est plutôt à Fignorance où nous sommes des vrais caractères de cette phlegmasie qu'à leur état réellement latent, qu’il faut attribuer les méprises qui ont lieu à son égard; mais il est facile de voir, pour les deux premières membranes que nous venons de citer, que si elles subissent dans certains cas des phlegmasies longues et intenses, sans en avoir donné de signes du vivant du malade, cela tient évidemment à l’importance secondaire des viscères qu'elles tapissent, la position de ces organes et la nature de leurs fonctions permettant encore l'exercice de la vie, malgré le désordre notable des parties environnantes. Il n’en est pas de même du cérveau dont le jeu ne peut être troublé d’une manière brusque , et chez lequel une maladie aiguë ne peut se développer sans que toute l’économie ne soit à l'instant compromise ; aussi, regardons-nous Varachnitis latente comme très-rare. L’expériencé vient en effet appuyer cette opinion ; car
( 503 ) à peine avons-nous rencontré quelques faits où elle füt bien évidente. C’est particulièrement dans les complications de pleurésie, de péripneumonie, qu’elle s’est offerte à nos recherches.
264. Ce que nous disons de l’arachnitis latente s'applique entièrement à l’arachnitis chronique que nous avons hésité quelque tems à reconnaitre, n’en ayant point vu deux exemples sur la quantité assez considérable d'observations que nous possédons. Nous rappelerons à ce sujet, qu'il ne faut pas confondre avec l’inflammation chronique comme avec la latente, les traces d’anciennes arachnitis guéries, dont nous avons déjà parlé en traitant de la complication de cette phlegmasie avec l’apoplexie sanguine. Nous nous garderons bien cependant d'avancer la non-existence de l’arachnitis chronique ; nous savons le peu de cas que l’on doit faire d’une théorie quelque spécieuse qu’elle paraisse ; nous n'avons pas la prétention d’avoir tout vu ; d’autres, sans doute plus favorisés que nous, pourront un jour compléter cette partie de l’histoire de l’inflammation qui nous occupe. Nous croyons cependant pouvoir affirmer que dans les circonstances ordinaires, ce mode de terminaison est excessivement rare. L’arachnitis passée à l’état chronique devient la cause de
diverses aliénations mentales, qu’il n’est pas de notre sujet d'examiner ; nous dirons seule men que les faits capables d’éclaircir cette question ont été recueillis avec soin, et qu’on se propose de les publier un jour : ils rempliront la lacune qui existe dans notre travail, laquelle dépend entièrement de la nature des établissemens où nous avons observé ; en effet, nous tenons de plusieurs de nos confrères qui se sont livrés à l'étude de l’anatomie pathologique dans les hôpitaux d’aliénés, qu’on rencontre souvent chez ces malheureux, un épaississement considérable de l’arachnoïde, des fausses membranes et des altérations diverses qui paraissent selon toutes les apparences, se lier avec la maladie de ces sujets. Il serait curieux de savoir jusqu’à quel point ces désordres peuvent influer sur la forme des accidens et sur celle de l’aliénation mentale.
265. Quoique nous n’ayons observé que trèspeu de faits d’arachnitus latente, nous sommes persuadés qu'ils deviendront de plus en plus rares, à mesure que l’on apportera plus de soin dans l’examen de cette maladie; en effet, le petit nombre d’histoires que nous allons citer a été recueills il y a plusieurs années, et peut-être en est-1l même auxquelles on refusera ce nom; mais à ce sujet nous ferons remarquer, que ce
n’est quelquefois que la première période qui est latente, tandis que dans d’autres circonstances c’est la seconde, ainsi que cela a lieu assez souvent chez les enfans. Nous terminerons, en rappelant qu'il ne faut point considérer comme latente l’arachnitis de la base chez les adultes, la forme passive étant la manière d’être, l’expression sensible de l’inflammation de cette région, à cette période de la vie.