‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 141 sur 170 · CENT-TREIZIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT-TREIZIEME OBSERVATION

Arachnitis chronique de la convexité du cerveau.

Un forgeron, d’une constitution robuste, avait éprouvé tous les symptômes d'une inflammation des méninges. Au bout d'un tems assez long ii n’était pas encore rétabli parfaitement. Les facultés intellectuelles, sans être régulières, étaient un peu affaiblies; cependant il retourne à ses occupations antérieures. Un jour après avoir déchargé de toutes ses forces un coup d’un iourd marteau sur l’enclume, comme il se disposait à réitérer, sa vue s’obscurcit, la voix lui manque,

le marteau échappe de ses mains, les jambes ploient sous lui et il tombe sans connaissance. ne tarde pas à recouvrer l’usage de ses sens, mais depuis cette époque , le même accident se renouvelle au moindre mouvement un peu fori, et se communique à la tête. Enfin, ce forgeron finit par succomber dans un de ces accès, six mois environ après les symptômes de la phrénésie. 7

Ouverture du cadavre. — Une large concrétion membraniforme recouvrait et comprimait toute la partie supérieure et même latérale des deux hémisphères du cerveau. Cette fausse mem branc, épaissie de deux à trois lignes, n’était adhérente qu’à un point très-borné de la dure- : mère. — La dure-mère était épaissie, et l’on y voyait des traces manifestes de l’ancienne adhérence qui s'était rompue dans la première com motion causée par le coup de marteau, et qui avait permis à la concrétion de comprimer le cerveau, et d'amener la mort de cette manitre.

(Docteur Neppe, dissertation sur les fausses membranes. )

ARTICLE V

Arathnitis cérébrale, guérison.

566. Les nombreuses histoires d’arachnitis que nous avons rapportées, et qui toutes se sont terminées d’une manière funeste, pourraient jeter dans le découragement et faire penser que cette maladie est constamment mortelle, ou au-dessus des ressources de l’art ; mais nous nous estimons heureux de prouver le contraire, en citant quelques faits, assez nombreux cependant pour démontrer jusqu’à l'évidence, la possibilité de cette guérison; nous nous bornerons à un simple exposé, sans joindre de réflexions qui deviendraient ici superflues.

CENT-QUATORZIEME OBSERYATION.

Arachnitis de la convexité. — Succès des saignées.

Un homme âgé de quarante-cinq ans, d’un tempérament sanguin, d’une excellente consutution, ayant servi dix-huit ans dans la cavalerie , est pris de froid après un travail forcé qui l’avait mis tout en sueur : dès-lors frissons ; céphalalgie ; fièvre ; malaise général ; gène dans la respiration; on ne fait aucun traitement. Les accidens loin de diminuer etne faisant qu'augmenter, le malade entre à

C3 l'Hôtel-Dieu, dix jours après l'invasion, étant dans l’état suivant :

Face colorée ; conjonctives injectées; pupilles mobiles; céphalalgic; délire depuis quelques heures seulement; cependant lorsqu'on l’interroge il répond juste aux questions qu’on lui fait ;. pouls fréquent et large; peau chaude et sèche ; abdomen douloureux ; gêne dans la respiration ; crachats rouillés. — Saignée de quatre palettes ; sangsues à la base du crâne, sur le ventre et à l'anus. — Les symptômes de pneumonie et d’eniérite disparaissent, mais le délire et la turges— cence de la face prennent plus d'intensité. — On réitère la saignée et l’application des sang sues. — Quelques jours se passent à peu près. dans le même état ; on applique des vésicatoires. aux cuisses ; ils ab cesser complétement les accidens pendant quatre à cinq jours, au bout HN Va la fièvre etle délire reviennent, sans s’accompagner d'aucun autre symptôme fâcheux; on a encore recours aux sangsues appliquées au col et aux vésicatoires aux mn , qui font disparaître de nouveau et la fièvre etles symptômes cérébraux.

Quinze jours se passent dans un état assez sa tisfaisant ; mais ni les forces ni l’appéut ne reviennent à leur état primitif; le malade est encore pris de devoiement, de toux et de fièvre,

( 518 ) contre lesquels on met vaineïnent en usage Îa décoction blanche , la thériaque, les sangsues à l'anus et les béchiques. De jour en jour, les forces diminuèrent; on n’oserve ni céphalalgie, ni altération des facultés intellectuelles, n1 trouble des systèmes digestif et locomoteur. Enfin la poitrine paraît se compromettre, ce quon reconnaît, non à la lésion de la respiration qui n’est point altérée , mais à un son mat que présente le thorax à gauche, et à l'imperméabilité de cette partie du poumon, ce qu'on peut reconnaître facilement à l’aide du sthétoscope. On met inutilement en usage les vésicatoires ; le dévoiement continue, et la mort arrive, six semaines environ après l'invasion des premiers accidens.

Ouverture du cadavre. — L’arachnoïde qui recouvre la convexité des deux hémisphères du cerveau, était épaissie et opaque; cet épaississement s’étendait à droite et à gauche, de manière à former sur le cerveau une espèce de calotte. — L'arachnoïde de la base était libre. — Très-peu de sérosité se trouvait dans les fosses occipitales et dans les ventricules latéraux"; le üssu cellulaire qui réunit la pie-mère à l’arachnoïde en contenait également un peu dans les lames de son tissu. — Le poumon droit était sain, ainsi que les bronches. — Le gauche était farci de tuber-

cules qui dans la partie postérieure du lobe supérieur se trouvaient tellement rapprochés , qu'on ne pouvait qu'avec peine distinguer le tissu du poumon lequel paraissait une véritable masse homogène, d'un blanc jaunâtre, ayant la consistance et l’aspect de marrons bouillis. — L’estomac était légèrement injecté. — Les intestins grêles étaient dans l’état naturel. — La muqueuse des gros intestins présentaient dans plusieurs points de la rougeur, du boursoufflement et même des ulcérauons.

267. Nous croyons pouvoir donner ce fait, comme un exemple frappant de guérison d’'arachnitis vérifiée par l’autopsie. La céphalalgie, le délire , l’altération des pupilles, la congestion cérébrale et les autres symptômes concomittans sont plus que suffisans pour la faire reconnaitre ; un traitement actif et parfaitement approprié les dissipe avec facilité ; quinze jours se passent dans un état assez sausfaisant; mais la santé s’altère et la mort est la suite d’une affection chronique des poumons. À l'ouverture du cadavre, outre les aliérations organiques, cause de la mort, on trouve une lésion assez considérable de l’arachnoïde, résultat certain de l’inflammation dontcette membrane avait été primiuvement le siège.

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