‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 145 sur 170 · CENT-DIX-HUITIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT-DIX-HUITIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité. — Arachnitis spinale. — — Affection de la pulpe? — Succès des saignées locales et des dérivaufs.

Ruilot, âgé de trente-six ans, d’un caractère vif, menant une conduite réglée, se couche bien portant, mais le lendemain matin on le trouve dans l’état suivant : idiotisme complet; délire ; efforts pour déchirer ses vêtemens ; tendance à l'assoupissement ; difficulté de se tenir sur les

jambes ; bâillemens fréquens ; pupilles très-dilatées ; pouls serré , il veut quelquefois parler mais il ne peut prononcer que le mot mus. — On lui fait une affusion d’eau à quinze degrés pendant sept à huit minutes. — Elle ne change pas son état. — On applique le soir des sinapismes aux pieds qui restent sans effet. — I] survient des vomissemens.

Deuxième jour : même état; il paraît néanmoins entendre ce qu'on lui dit ; impossibilité de prononcer le moindre mot. — On applique quatre sangsues derrière chaque oreille ; on prescrit des bains de pieds ; on continue les affusions. — Les sangsues apportent un peu de soulagement ; une syncope empêche de continuer les affusions.

Troisième jour : même état; rigidité des membres des deux côtés. — Quatre sangsues derrière chaque oreille; sinapismes aux pieds.

Quatrième jour : le malade paraît se mettre mieux en rapport avec les objets extérieurs , il répond quelquefois d'une manière assez juste. — Vésicatoire à la nuque ; pédiluves sinapisés.

Cinquième jour : cessation de la paralysie du côté droit ; retour complet de l'intelligence et de la parole qui s'exécute cependant encore avec beaucoup de peine; le malade rend compte alors de la manière dont a débuté la maladie : il dit

qüé dans la nuit, il se réveilla avec une\douleur excessivement vive, fixée au front, à l’occiput, au col, le long de la colonne vertébrale et à tout le côté droit du corps, accompagnée d’étour-. dissemens violens et d’un très-grand embarras dans la langue ; ce fut à ce qu'il paraît, peu de iems après l'invasion que le délire survint; car suivant lui, les premières douleurs ne durèrent . pas long-tems, etil ne se souvient pas de ce qu'on Jui a fait le premier jour ; mais ilse rappelle le plaisir qu'il éprouva le troisième jour, en sentant diminuer la douleur atroce de la tête et du col ; il se rappelle encore que les membres exécutaient des mouvemens tout à fait contraires à ceux que leur dictait la volonté. — Huit sangsues derrière les oreilles. — A dater de ce jour, les symptômes fâächeux disparaissent graduellement ; mais avec beaucoup de lenteur, car au quatorzième jour, la parole était encore embarrassée et les pupilles dilatées ; mais au dix-huitième la santé pouvait être regardée comme parfaite.

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