CENT-DIX-SEPTIEME OBSERVATION
ÆArachnitis de la convexité et de la base.— Traitemen£
stimulant. — Épistaxis critique.
Un jeune homme de seize ans, était depuis um: mois triste, rêveur; il avait perdu l'appéüt, éprouvait du malaise et d’autres indispositions , lorsqu'il fut pris, tout-à-coup, de céphalalgie accompagnée de frissons, puis de chaleur, avec soif intense, nausées et amertume de la bouche. Pendant huit jours, ces symptômes allèrent en augmentant graduellement ; il survint des soubresauts dans les tendons. — Vomitif.
Neuvième jour : céphalalgie très-vive; face rouge et animée ; yeux brillans; conjonctives injectées ; pupilles dilatées ; chaleur du front pluÿ considérable que celle du reste du COTPS ; balancement de la tête de droite à gauche ; agitation très-vive ; point de délire, mais très-srande jrascibilité lorsqu'on lui parle ou lorsqu'on Île touche ; il n’est calme que dans le repos et l'obscurité.
Dixième jour : même état. — Traitement tonique des plus acüfs , sous l'influence duquel la langue se sèche , devient rouge et fuhigineuse.
Onzième jour ; aux symptômes précédens qui sont plus intenses, se joint une sensibilité exces-
sive de la vue, qui force le malade de fermer continuellement les paupières, un délire tranquille, des propos vagues et incohérens , une agitation extrême avec un accroissement singulier de la force musculaire, une tension considérable du ventre qui devient douloureux , et un grand dévoiement. — Vésicatoires aux jambes,
Douzième et treizième jour : continuation des mêmes symptômes.
Quatorzième jour : cessation du délire ; dilatation moindre des pupilles ; la Jangue commence à s’humecter.
Quinzième et seizième jour : les idées s’éclaircissent , lessensations deviennent moins confuses; quoique le dévoiement continue, le ventre cesse d’être douloureux.
Dix-sept et dix-huitième jour : faiblesse trèsgrande; regard stupide ; état d’hébétude trèsprononcé.
Vingt-unième jour : épistaxis très-abondant , et depuis ce moment, retour de la connoissance et de l'intégrité des facultés intellectuelles : le calme et le sommeil reviennent , et en peu de jours la convalescence se consolide.— Le traitement, pendant toute la maladie, consista en vcsicatoires appliqués aux jambes, en lavemens faits avec la camomille et le camphre, en frictions sur le ventre avec Palcool camphré ; intérieure-
("526 ment on donna le vin rouge, l’infusion de camomille avec la liqueur d’'Hoffman, et une potion avec l’extrait de quinquina.
268. Nous voyons ici un exemple frappant de ce que peuvent les efforts conservateurs de la nature qui est assez puissante, non-seulement pour guérir la maladie, mais encore pour surmonter l'influence fâcheuse d’un traitement éntièrement contraire à celui que tout.semblait indiquer ; ces efforts conservateurs, si communs dans les phlegmasies des autres organes, paraissent être beaucoup plus rares dans l’arachnitis. L’épistaxis abondant qui confirme en un instant la convalescence, indique ici ce qu’aurait dû être le traitement, s’il eût été dirigé d'une manière rauonnelle.