‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 15 sur 170 · TROISIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIEME OBSERVATION

\ Arachnitis de la convexité et de la base, dans laqueiie

l'assoupissement s'est montré dans toutes les pé-

riodes.

Première periode : Marie-Antoinette , âgée de seize ans, d’une taille grêle et élancée, d’un

caractère indolent et apathique, fut prise, le 22 mars 1817, d'une douleur de tête violente, de malaise, d’envies de vomir, d’étourdissemens, d’un assoupissement léger, mais continuel, avec fièvre, rougeur de la face et injection des conjoncüves. Elle reste dans cet état à-peu-près douze jours.

Deuxième période. — Le treizième et le quatorzième jour, délire, alternatives de cris, de ris, de plaintes, de chants et de gémissemens ; agitation conunuelle, mouvemens convulsifs des membres, renversement de la tête en arrière.

Le quinzième jour, assoupissement presque constant , dont on retire facilement la malade en l'excitant : alors le délire reprend le caractère qu’il avait les deux jours précédens ; les convulsions sont les mêmes; paupières rapprochées, pupilles dilatées, strabisme des deux yeux, renversement de la tête en arrière , trismus ; pouls petit, dur, très-fréquent. Ces symptômes prennent plus d'intensité vers le soir. — Deux larges saignées de pied.

Seizième jour, même état. — Trente sangsues derrière les oreilles; sinapismes aux pieds. Le soir, assoupissement profond.

Troisième période. — Le dix-sepuüème jour, paupières continuellement fermées : en les ou-

(32) vrant, on voit les globes des yeux tantôt affectés de strabisme , tantôt de mouvemens convulsifs,etles pupilles très-dilatées; assoupissement plus profond : on en retire difficilement la malade qui pousse alors des cris. — Douze sangsues derrière chaque oreille ; vésicatoire sur la tête.

Dans la journée, les convulsions cessent ainsi que le délire ; l'assoupissement se convertit en véritable coma ; le pouls devient très petit, filiforme ; la respiration bruyante, embarrassée ; Le corps se couvre d’une sueur froide, et la mort arrive vers le soir.

Ouverture du cadavre. — Teinte rosée de la dure-mère , plus prononcée dans le lieu qui répondait au vésicatoire. Sur la face supérieure du cerveau, l’arachnoïde est légèrement rouge et injectée ; mais à la base, elle est opaque et trèsépaisse ; cette épaisseur est de plus d’une ligne sous les tubercules quadrijumeaux, les pédoncules et l’éminence vermiculaire supérieure du cervelet ; elle crie en cette endroit sous le tranchant du scalpel et est infiltrée de pus dans toutes les parties environnantes.— Léger ramollissement et tete rosée de la couche optique droite ; trèspeu de sérosité dans les ventricules.

Tous les viscères du thorax sont sains. — Plaques rouges à la petite courbure de l'estomac.

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