QUATRIEME OBSERVATION
Arachnitis de la base , dans laquelle une partie des symptômes de la troisième période ont lieu dans la
deuxième.
Première période. Un enfant d’une constitution frèle et délicate, livré 4 la masturbation, fut apporté à l'hôpital des enfans, le 5 septembre 1816. Six jours auparavant, après avoir couru - et joué toute la journée, il rentra chez ses parens extrêmement fatigué, se plaignant d'une douleur de tête très-vive, d’une grande faiblesse et d’un mal-aise général. Les parens nous dirent qu'il avait eu presque tous les jours du délire et des coliques assez fortes. |
Deuxième periode. Le soir du jour de son arrivée, stupeur ; face pâle et plombée, paupières closes , globes des yeux un peu enfoncés dans les orbites, dirigés en haut; conjoncüves ternes et pâles, pupilles dilatées, ne se contractant pas même à la plus vive lumière; narines recouvertes d’un enduit pulvérulent ; lèvres sèches et gercées : abdomen rétracté vers la colonne vertébrale; constipation, délire taciturne ; cris et agitation alternant avec l’asscupissement, quoiqu'il réponde quand on l’agite et lorsqu'on lui parle d’un ton élevé ; les facultés
(34) intellectuelles paraissent très-obtuses ; contraction légère des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure ; peau sèche et peu chaude ; pouls peut, faible, un peu vif ; respiration naturelle. — Limonade tartarisée.
Septième jour, nul changement. — Même boisson ; lavement purgatif ; vésicatoire à la nuque ; sinapismes aux pieds ; glace sur la tête.
Huitième jour : même état que la veille. — Douches sur la tête ; frictions sur le ventre avec Ja teinture de valériane et l'alcooi camphré. — La douche, ou plutôt l’affusion, apporte une amélioration sensible dans tous les symptômes : le petit malade recouvre la liberté de la parole et la justesse des idées pendant une partie de la journée; mais le soir, 1l retombe dans l’assoupissement, d’où l’on peut cependant le faire sorur avec assez de facilité.
Troisième Période. — Le neuvième jour, stupeur et assoupissement plus profond que les jours précédens ; on l’en retire cependant, mais avec peine ; 1l prononce alors quelques mots incohérens, et retombe bientôtaprès dans une stupeur plus grande. Veux à demi-fermés ; pupilles largement dilatées ; insensibilité et unmobilité des membres inférieurs : même prescription que la veille.
Il reste insensible à l’action de la douche, et
(35) tombe immédiatement dans un coma dont rien ne peut le faire sortir; le soir, mouvemens convulsifs violens ; râle très-fort; sueurs abondantes ; face livide et décomposée ; mort dans le nuit.
Ouverture du cadavre. — Inflammation de l’arachnoïde avec épaississement et infiltration albumineuse dans toute l'étendue occupée par la protubérance annulaire, le commencement de la moëlle alongée , l’entrecroisement des nerfs optiques et une parte de la scissure de Sylvius : infiltration séreuse, mais peu étendue, à la partie moyenne et supérieure de lhémisphère gauche : circonvolutions cérébrales très-aplaties ; sérosité légèrement trouble épanchée dans les ventricules du cerveau, pouvant être évaluée à cinq onces : déchirure à la partie postérieure de la cloison et ramollissement, à cet endroit, de la substance médullaire.
Tubercules dans les poumons. Inflammation de l'estomac et du cœcum. (Mitivié, Dissertation sur l'Hydrocéphale aiguë.)