CENT-VINGT-QUATRIEME OBSERVATION
Arachnitis de la convexité. — Succès des sangsues.
Thérèse Lepage, âgée de vingt-neuf ans, cuisinière, d’une forte constitution, d’un tempérament sanguin , fut prise le 20 juin 1816, d'un violent frisson accompagné de douleurs contusives dans les membres, d’inappétance, d’épigastralgie, de soif et de dévoiement. Cet état continue pendant douze jours avec des exacerbations le soir. A cette époque, 2 juillet, après des contrariétés , les règles avancent de quinze jours; la fatigue générale augmente.
Le six juillet: elle est dans l’état suivant: figure assez animée ; yeux brillans ; céphalalgie légère; un peu de délire ; engou:d:ssement dans lesmembres, surtout dans les bras ; léger tremblement des doigts ; bouche pâteuse ; langue jaune et visqueuse à son centre; anorexie ; épigastre trèsdouloureux à la pression ; constipation ; pouls fébrile ; mal-aise général. — Ipécacuanha ; limonade gommée. — Vomissemens assez abondans de mucosités amères ; le soir, cessation de la céphalalaie et du déhre; nuit tranquille.
Le sept juillet: délire violent ; chute sur la tête avec bosse et ecchymose au front; face pâle ; bouche amère ; langue très - sèche. — Quatre sangsues derrière chaque oreille; douze sangsues
(5589 sur la partie contuse ; huile de ricin ; julep avec acétate d’ammoniaque ; sinapismes aux pieds ; limonade gommée.—Le soir, rémission manifeste ; délire moindre ; nuit tranquille.
Le huit juillet : délire très-violent ; agitation considérable ; cris, plaintes continuelles ; pouls sans fréquence ; les règles continuent de couler. — Sangsues à la tête; sinapismes; huile de ricin; dix-huit grains de musc en six pilules. — Le soir, nul changement. — Glace sur la tête. — Nuit tranquille.
Le 9 juillet : yeux ternes ; pupilles immobiles; abattement considérable ; tendance à l’assoupissement ; pouls un peu fréquent et développé. — Dix sangsues au front ; huit derrière les oreilles; glace sur la tête ; sinapismes aux pieds ; limonade gommée ; eau de veau. — Le soir , l’assoupissement avait cessé ; réponses assez justes ; délire gai toute la nuit.
Le 10 juillet: délire tranquille. — Huit sangsues au front ; huit derrière les orcilles ; glace sur la tête. — Le soir : mème état ; nuit tranquille.
Le r1 juillet: face abattue ; très-léger délire.— Traitement id. hors les sangsues. — Le soir, légère céphalalgie; imtellect presque libre; nuit tranquille.
Le 12 juillet: léger délire ; sécheresse de la langue ; sensibilité plus grande de l’épigastre ; coliques. -- Limonade gommeuse ; affusions ;
( 559 ) glace sur la tête ; huile de ricin. — Nuit tranquille ; sommeil profond.
Le 13 juillet : encore un peu de délire ; petites coliques.— Traitement idem, hors l’huile de ricin. — Le soir, coliques violentes ; selles abondantes.
Le 14 juillet : cessation du délire, mais un peu d'inquiétude ; colique sans tension de l’abdomen, ni douleur à la pression. — Limonade gommeuse.
Le 15 juillet : de légères coliques qui subsistent encore , se dissipent dans la journée ; l’appétit revient, et uné convalescence courte et franche termine la maladie.