‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 39 sur 170 · Cependant, après un frisson, un trem · texte numérisé non relu

Cependant, après un frisson, un trem

blement plus ou moins fort, plus ou moins long, mais qui ne se prolonge guère au-delà d'une demi-heure, la réaction commence à s'établir ; la peau se colore, se réchauffe graduellement du centre à.la circonférence , une chaleur douce se répand uniformément sur tout le corps, l’agitation diminue ou cesse complétement, le pouls se relève, sans prendre d’abord une fréquence marquée, il devient souple, la soif diminue, les facultés intellectuelles recouvrent successivement leur énergie, les fonctions des organes sécréteurs se rétablissent, une tendance à des crises favorables se développe, la respiration devient haute et profonde. C’est durant cette époque que le calme est le plus prononcé et que les malades éprouvent le plus grand bénéfice possible de l’affusion : c’est ici que l’action sédative du frais est la plus marquée. Cet ébranlement général , opéré sur le système nerveux, conjointement avec le dégorgement sanguin des méninges qui résulte de l'application direete du froid sur la tête, peuvent amener et amènent quelquefois, en effet, une révolution favorable à laquelle beaucoup de malades ont dü leur salut. | |

Cet état de bien-être qui donne [a mesure du bienfait de l’affusion, dure ordinairement plusieurs heures, au bout desquelles les divers

phénomènes cérébraux et fébriles qui caractérisent la maladie, reprennent le dessus ; tous les symptômes de la réaction augmentent d’intensité, le pouls prend de la fréquence, la peau se dessèche de nouveau, les sécrétions s’arrêtent, les fonctions du cerveau s’embarrassent, quelquefois même il survient du déhire, ou il devient plus intense s’il en existait déjà, ce qui dépend alors de la sur excitation produite sur le cerveau, par l'effet d’une vive réaction. D'autre sfois, il arrive que cette période suit immédiatement laffusion , qu’il n'existe aucun refroidissement, aucun frisson, et que la chaleur continue sans avoir été ralentie; dans ces cas, l’affusion ne réussit pas et est en général contre indiquée.

Toute cette période de réaction, qui, douce d’abord, tend à rétablir l'équilibre dans toutes les fonctions de l’économie, en développant un effet sédatif général sur tout l’ensemble du corps et sur le cerveau en particulier, puis qui, forte, active, énergique, provoque et finit par favoriser le retour des divers symptômes qui constuent l’affection cérébrale, peut être comparée avec raison au deuxième stade d’un accès d’intermittente.

121. Îci commence le troisième stade, qui, tantôt représenté par l'établissement de la sueur, d’urines, d’hémorrhagies critiques, ce qui est

en général rare, mais le plus souvent par une modification avantageuse du système nerveux, constitue une véritable période de détente ; ou bien qui, tantôt, se trouvant le résultat d’une réaction trop forte, trop intense, laquelle n’a fait alors qu’user les forces du malade, s’accompagne d’un état d’affaissemeut général et cérébral en particulier. Cette troisième période est ordinairement la moins bien dessinée, c’est le troisième stade de l’accès fébrile.

122. Ainsi donc, nous voyons, tant comme effets directs que comme effets consécutifs de l’affusion, 1°. un état de concentration du vos lume du sang, avec refoulement de ce liquide vers lecentre de la circulation, période qu’accompagne l'amélioration des facultés intellectuelles ; 2°. un retour général du système circulatoire, avec harmonie dans la répartition du sang dans les diverses parties du corps, d’ou résulte d’abord un mieux-être sensible , et par la suite des phénomènes fébriles et même cérébraux, si la réaction est trop forte ; 3°. enfin, une détente favorable avec tendance au retour à l’ordre, ou bien un collapsus du plus fâcheux pronostic.

Tels sont les effets généraux des affusions administrées chez les sujets atteints d’affecuons cé-

rébrales. C’est après s'être bien pénétré de leur

manière d'agir, que l’on en pourra faire d’heureuses applications au traitement de l’arachnitis.

Nous allons poser différens principes qui pourront guider le praticien dans l'emploi de ce moyen.

123. Toutes choses égales d’ailleurs, la réaction est d'autant plus longue à s'établir, que la température de l’eau est plus abaissée, que le sujet jouit d’une moins grande énergie vitale, que la fièvre est moins forte et l’affusion plus prolongée.

124. La réaction est d'autant plus forte, que la température de l’eau est plus abaissée, que le sujet jouit d’une plus grande énergie vitale, que la fièvre est plus intense, et l’affusion plus prolongée et plus largement administrée. Vice Versd.

125. La réaction est en rapport avec le degré d'énergie vitale, de même que la sédation est en rapport avec l’abaissement de température.

126. Poussée à l'extrême, la sédation stupéfie et jette dans le collapsus ; elle peut aller jusqu’à anéanüUr la vie. Il en est de même de la réaction qui , trop fortement développée, use la vie par excès de stimulation. |

127. Ainsi, la température, la durée, la masse d’eau, devront toujours être calculées d’a-

près l’énergie du sujet, et d’après la somme de réacüon que l’on peut en attendre. Toutes ces données sont susceptibles d’une foule de modifications, dépendantes de la susceptibilité individuelle et des différentes circonstances dans lesquelles se trouvent les sujets : cependant, comme il est des règles, des principes démontrés par l'expérience , touchant la température la plus avantageuse à donner à l’eau, et le tems que doit durer chaque affusion, nous en traiterons plus tard dans un article spécial.

(. Il. Période de la maladie où l'emploi des affusions froides est indiqué.

128. Le passage de la première à la deuxième période de l’arachnitus, et les premiers tems de cette deuxième période, sont, sans contredit, les époques les plus favorables pour l'emploi des affusions. Pendant tout ce laps de tems, le malade présente assez de force pour fournir une réaction suffisante. Mais lorsqu’arrive la troisième période, et principalement sa deuxième partie, Von conçoit facilement que tout espoir de salut est éteint, que les désordres organiques sont portés trop loin, pour qu'il soit permis de pouvoir les surmonter ; aussi, lorsqu'on a recours aux affusions , à cette époque, les voit-on constamment échouer. Cependant, si l’on veut adopter pour

principe l’aphorisme, meliès anceps quäm nulluum, c'est alors que l’on: pourra dans certains cas , obtenir de ces guérisons inespérées, bien rares , il est vrai, mais que dans la pratique médicale l’on ne doit point négliger, le pouvoir des forces de la nature nous étant souvent mconnu. C’est dans ces circonstances, que l’on voit l’affusion ranimer la vie prête à s’éteindre, faire gagner du tems, objet si précieux, et mettre le médecin à même de lutter avec avantage contre les désordres pathologiques qui, sans ce moyen, eussent sans contredit entrainé la mort du sujet.

Il en est encore à peu près de même de ces cas, où les lésions de l’arachnoïde n'étant pas en rapport avec le degré de faiblesse du malade, l’affusion, en remontant son énergie, met la nature à même de vaincre une affection , que les seules ressources ordinaires n’auraient pu surmonter.

129. L'époque la plus favorable pour l’administrer est celle où l’économie peut lutter avec le plus d'avantage contre l’action du froid. Ce moment 'est celui de la plus forte chaleur, celui où la réaction fébrile est établie : l'effet sédatif du frais est alors le plus prononcé possible (1) ;

(1) En efiet, les différens mouvyemens organiques étant à

dans toute autre période, la vie serait trop faible ; dans celle du frisson, par exemple, ou dans tout autre état remplaçant ce stade du froid, l’affusion, dont le premier effet est de produire un refoulement du sang vers le centre circulatoire, serait suivi d’un état de concentrauon telle de ce fluide, que la répartition égale dans toutes les parties du corps, d’où naît la réaction et le bienfait qui l'accompagne, ne pourrait nullement s'effectuer, ou du moins ne le ferait qu'avec beaucoup de difficulté : ce serait le même cas qu’une affusion donnée à une température trop basse ; les accidens seraient les mêmes, un {roid violent et permanent, un tétanos et même des lipothymies quelquefois mortels.

130. Dans le stade du froid fébrile, l’affusion est donc contre indiquée , par cetle- raison que l’énergie vitale n’a pas encore eu le tems de se développer, tandis que dans le stade de la sueur où l'expérience l’a également démontrée désa-

leur maximum , prêtent davantage aux moyens de traitement

que l’on veut employer : il en est ici comme des autres affec-

tions: ne voit-on pas , en effet, que les évacuations sanguines le # CET CARRE i F 3

dans les diverses phlegmasies , sont suivies de plus d’avan-

tage , lorsqu'on les pratique dans le moment de la plus forte

exacerbation.

vantageuse, nuisible, elle devient pernicieuse, par cela que l’ensemble des forces ayant été usé par l'effet de la réaction, il lui devient impossible d'en développer assez pour lutter contre l’action du froid.

131. En général, ce n’est qu'après des évacuations sanguines préliminaires que l'on doit avoir recours à l’affusion ; c’est lorsque la marche de la maladie a été enrayée par la saignée ou les sangsues, lorsque l’on à peu à redouter l’excès de réaction ; alors mieux que tout autre moyen, l'affusion tend à rétablir les fonctions intellectuelles dans leur état naturel ; cependant, il est des cas où l’on pourrait y avoir recours plus tôt; par exemple, si lon ne retirait aucun efiet sensible des soustractions sanguines, ou si mème, sous leur influence, comme nous avons eu occasion de l’observer , les accidens cérébraux augmentaient ; Îes affusions alors peuvent devenir du plus grand avantage.

(. III. Mode d'administration.

132. La température qui, dans la plupart des cas, où il convient d’administrer les affusions, est la plus avantageuse, est celle de quatorze à seize degrés : l’action sédative du froid se trouve unie à une réaction doùce et modérée. Mais lorsque la susceptibilité du malade est vive, et que

( 1589 l'on pourrait craindre l'impression trop prompte, trop instantanée, d’un certain abaissement de température, ilconvient alors de donner les premières à vingt degrés, et de descendre successivement qu'à seize ou quatorze.

Dans les pays méridionaux et dans les saisons

chaudes, l’on peut les donner à seize degrés de

prime à bord, et les descendre ensuite jusqu'a quatorze, douze, et même dix.

133. Deux à cinq minutes suffisent, en général, pour produire la sédauon que l’on cherche a obtenir, et pour éviter l’affaissement qui suit quelquefois l’affusion : ce tems suffit également pour provoquer la réaction.

L'on conçoit ensuite, que la durée de l’affusion, sa largeur, sa température, peuvent et doivent être modifiées à l'infini, selon le degré de susceptibilité, selon les circonstances, selon les indications que l’on désire remplir, et selon les effets que l’on en a obtenus.

Cependant, nous le répétons , la première affusion doit toujours être de peu de durée, elle doit mettre à même d'explorer le sujet, touchant cet ordre de moyen ; c’est d’après l'effet de la première affusion que l'on se réglera pour la manière d’admimistrer les suivantes, et c’est alors seulement que l’on pourra les prolonger de cinq à dix minutes, si l'on y voit un avan-

iage réel: chez certains sujets, on les fait durer quinze, vingt minutes.

134. Pour administrer l’affusion, il convient de placer le malade dans une baignoire, au fond de laquelle on met de l’eau uède, afin de pouvoir le préparer à la sensation qu'il doit éprouver ; ou bien, lorsque la connaissance est entièrement perdue, et que le malade est difficile à remuer, on le porte dans un drap au-dessus de la baignoire, on l’abaisse un peu dedans, et le médecin l’affuse tandis que des personnes le maintiennent.

135. Les vases contenant l’eau , aux diverses températures, ou bien à une seule, selon qu'on a jugé convenable, étant préparés, l’on procède à l’affusion : pour cet effet, on commence par jeter une petite quantité d’eau à la figure, puis sur le front; ce n’est qu'après quelques affusions sur ces régions, qu'on la dirige largement sur le sommet de la tête, en ne mettant entre chacune d'elle qu'un intervalle de quelques secondes. Administrée d’une manière continue, l’affusion fatiguerait , épuiserait le sujet; trop éloignée au contraire, 1l la supporterait trop péniblement.

136. En général, l’affusion doit être donnée a nu, à moins de circonstances particulières, et dont nous traiterons en parlant des précautions

qu'il faut prendre. L’affusion étant terminée, l’on enveloppe le malade dans un drap bien sec, chauffé dans l'hiver, et on le reporte ainsi dans son lit. On a la précaution de lui essuyer la tête et même de l’envelopper d’une serviette, surtout chez les femmes, à cause de leur longue chevelure.

I1 est des sujets qui n’exigent que quatre à cinq affusions, pour que le retour à l’ordre se rétablisse ; chez d’autres, au contraire, l’on est obligé de les réitérer jusqu’à dix, quinze, vingt, vingt-cinq fois, pour surmonter la tendance vicieuse de la maladie. Cependant, nous remarquerons que dans la plupart des cas où nous avons vu prolonger ainsi l'usage des affusions, l’en n’avait alors pour but que d’atténuer, de faire cesser divers accidens, dont la ténacité pouvait retarder la marche favorable de la maladie ou même compromettre les jours du malade. Dès que l’on juge que l'affection qui a nécessité l'usage des affusions peut se terminer sans qu’on soit obligé de Les continuer, il faut les interrompre, car alors on courrait risque de compromettre gratuitement les organes thoraciques.

Voici quelques règles qui pourront faciliter l'emploi de ce moyen.

137. Lorsque l’affusion est immédiatement suivie de la réaction fébrile, que la chaleur n’a

( 156 ) pas été modérée, que la sédation n’a point été sensible, on doit en cesser l’usage, si toutefois ces différens effets ne résultent pas du manque de certaines précautions ; alors elle est désavantageuse et nuisible.

138. Si la réaction tarde trop à s'établir, plus de vingt minutes, par exemple, c’est un signe que l’affusion n’est pas en rapport avec l’activité vitale du malade, qui est trop faible pour fournir une réaction suffisante, alors il faut que l’affusion soit moins prolongée, et que la température soit un peu abaissée.

139. C’est dans ces cas, ainsi que dns ceux où l’affusion est suivie d’un état d’affaissement, élat qui en contre indique entièrement l'usage, que l’on doit favoriser la réaction ou ranimer l'énergie vitale, au moyen de frictions sèches et même d’un tonique diffusible administré à l’intérieur, tel par exemple que le sirop d’éther, etc. La répétition des affusions dans ces cas, ne ferait qu’user les forces du sujet.

140. Lorsque la réaction est très-forte, l’affusion n’en est pas pour cela contre indiquée; il faut seulement rapprocher les intervalles et l’administrer dès que la réaction fébrile est établie, sans attendre la période d’affaissement : on ne la discontinucrait que si l’on voyait bien évidemment, au bout de trois ou quatre, que le

(73 même effet désavantageux continuât, ou bien qu’elle fût suivie d’un état de collapsus.

(. IV. Précautions qu'exige l'emploi des affjusions

froides.

141. Pour retirer l’effet désiré des affusions, il faut avoir le soin de s'attacher à deux points : 1°. À leverles obstacles qui pourraient s'opposer à leur action, ou retarder leurs heureux effets : 2°. à éviter les dangers qui peuvent être la suite de leur emploi.

142. Au premier cas, se rapportent certaines modifications dans la manière de les administrer, modifications qui sont entièrement relatives à chaque malade. Elles peuvent être aussi nombreuses que la susceptibilité individuelle ; aussi, nous ne pouvons nous permettre que d'en indiquer quelques-unes : par exemple, chez certains sujets, l’affusion n’est réellement utile que lorsqu'ils ont les pieds plongés dans l’eau chaude ; chez ceux-ci, c’est lorsqu'ils seront placés dans un bain tiède; chez ceux-là, 1l ne faudra la diriger que sur le front, sur le sinciput, ou sur la face seulement. Chez d’autres, il faut avoir la précaution de leur couvrir la poitrine avec une étoffe de laine , si l’on ne veut provoquer, par le passage de l’eau sur cette partie, une douleur atroce, comme nous l'avons observée nous-

mêmes chez plusieurs individus. Enfin, chez quelques personnes, il faut faire suivre l'emploi des affusions de celui des bains frais ou tièdes, afin d'entretenir la sédation du système nerveux, tandis que chez quelques autres, il faut se défendre de la réaction cérébrale par des sangsues derrière les oreilles, autour du cou, aux tempes, et quelquefois même par la saignée.

143. Pour ce qui a rapport aux inconvéniens qui peuvent être la suite des affusions, on ne peut trop s’en occuper; car souvent c’est en négligeant certaines précautions, qu’on éloigne de la thérapeutique des moyens qui peuvent devenir du plus haut intérêt pour les malades; aussi avons-nous vu mainte et mainte fois des praticiens , d’ailleurs fort distingués, rejeter les affusions avec une sorte de mépris, de mécréance, par cela seul qu'ils n'étaient point instruits suffisamment sur la manière d’éviter les accidens qui peuvent résulter de leur usage. Le plus à craindre, sans contredit, de ces accidens, est l’inflammation des organes contenus dans la cavité thoracique ; aussi c’est de ce côté que doitse porter toute la sollicitude du médecin. Il est peu de praticiens qui aient eu recours aux affusions, etqui n'aient eu l’occasion de vérifier ce que nous disons ici: pour notre part, nous l'avons observé différentes fois.

144. Le plus ordinairement, ce sont Îes poumons et la plèvre qui sont les plus susceptibles de s’enflammer : en effet, si d’une part l’action sédative du froid appliqué à la périphérie du corps se répète sur les organes internes, ceux qui sont contenus dans le thorax se trouvent plus que tous les autres exposés à des congestions qu’il faut prévenir ou arrêter, ce qui n'offre que peu de difficulté. Nous remarquerons cependant que les affusions produisent beaucoup moins d’inflammations que ne pourrait le faire l’application partielle et permanente du froid. Nous avons plusieurs fois été à même de les employer dans des cas, où une affection nerveuse compliquait une phlegmasie de poitrine , et nous n'avons que très-rarement vu augmenter les symptômes péripneumoniques.

145. Après avoir recouché le malade, après avoir favorisé ou attendu la reaction selon que celle-ci sera plus ou moins facile, l’on explorera la poitrine avec le plus grand soin, et cela à l'aide du sthétoscope de M. Laënnec; et pour peu que le phénomène de l'inspiration soit altéré, ou que l’on reconnaisse tout autre caractère de lésion des organes respiratoires, on cessera tout usage des affusions. Ainsi, en examinant Île thorax avant de Îles commencer, l’examinant après et avant chacune d'elle, l’on aura üne con-

naïssance intime de l'état des poumons et même de la plèvre, et l’on ne risquera nullement de compromettre ces organes. Quant au cœur et surtout au péricarde, le diagnostic de leur inflammation étant encore plus difficile, l’on devra se montrer beaucoup plus circonspect, et dès le moindre soupçon de maladie de ces organes, l’on suspendra aussitôt l'emploi des affusions : mais nous ne sachons pas qu’on ait observé la péricardite à leur suite. En général, l’on ne se fiera nullement à la percussion, qui souvent est trompeuse comme chacun a pu s’en assurer.

146. Les phiegmasies abdominales sont trèsrares après l'emploi des affusions; nous n’en connaissons même aucun exemple.

Les rhumatismes, tant musculaires que synoviaux, s’observent quelquefois : dans le courant de 1820, nous avons été témoins d’un fait, où ce mode d'application de l’eau détermina un rhumatisme articulaire que l’autopsie démontra malheureusement : la mort survint par une autre cause , une inflammation interne très-étendue.

147. Lorsqu’après l’admimistration de l’affusion le frisson persiste, lorsque le pouls reste concentré, que le malade se réchauffe avec difficulté , il faut pratiquer quelques frictions sèches le long des membres, sur la région précordiale, et entourer les pieds avec des flanelles chaudes.

(rés

Mais si malgré ces moyens, le froid continuait, si les membres devenaient roides, le pouls insensible, si le sujet tombait dans un état lipothymique ou tétanique, alors il faudrait recourir à la hâte à tous les stimulans possibles. On appliquerait des sinapismes aux pieds, aux genoux, aux cuisses; On fricuonnerait les membres , la région de la colonne vertébrale et celle du cœur, avec des teintures aromatiques ; l’on ferait respirer l’ammoniaque, l’éther, l’acide hydrochlorique, etc.

Telles sont les données que nous avons cru devoir fournir au sujet des affusions froides ; nous en avons dit suffisamment pour mettre tout praticien à même d’y avoir recours, et pour favoriser l’emploi d’un moyen qui, dans des mains prudentes, peut devenir d'un grand avantage, tandis qu’employé légèrement ou d’une manière trop inconsidérée, il ne tend qu’à discréditer la science, tout en nuisant ou même en étant funeste au malade.

Nous ne terminerons pas cet article, sans rendre à M. Récamier le tribut qui lui appartient, pour les savans conseils qu’il a bien voulu nous donner sur l'usage des affusions, et sans le re-, mercier de la manière obligeante et aimable avec laquelle il s’est prêté à nous communiquer tout les renseignemens dont nous pouvions avoir besoin à cet égard. A |

(6b 10 CONVALESCENCE.

148. Quoique l’arachnitis soitune maladie des plus graves, et qu'elle emporte la plupart de ceux qu'elle attaque, elle n’est pas cependant toujours mortelle, et au-dessus des ressources de l’art, comme nous le démontrerons plus tard par plusieurs faits de guérison.

Mais ce serait en vain qu'on aurait éloigné le danger et rétabli le calme, si après la disparition des grands accidens, on ne s’occupait pas des moyens de confirmer la convalescence, et de prévenir le retour de la maladie ; il est probable qu’une rechute serait alors au-dessus de toutes ressources.

Comme l’inflammation de l’arachnoïde est une maladie absolument locale, comme elle siége dans le voisinage d’un organe des plus importans, sur les fonctions duquel nous avons vu qu'elle influait d’une manière si notable, c’est sur les fonctions mêmes de cet organe, qu'il faut principalement diriger son attention dans la convalescence.

Les peines, le chagrin, et en général toutes les affections morales tristes, n'étant pas sans influence dans la production de l’arachnitis, comme nous l’avons démontré entraitantde ses causes, il est de la dernière importance dans la convales-

cence, d'éviter tout ce qui pourrait les renouveler ou en amener de semblables.

Les impressions opposées, c’est-à-dire, les sensations trop vives de joie et de plaisir, les heureuses nouvelles annoncées trop brusquement, doivent être par la même raison aussi pernicieuses ; aussi faut-il les éviter avec le plus grand soin.

Quant aux fonctions intellectuelles, on doit en interdire sévèrement l'exercice pendant longtems, à tous Ceux qui ont eu, ou qu'on suppose avoir eu quelqu’inflammation de Parachnoïde ; ce sont surtout les travaux de cabinet, ceux qui exigent de la réflexion et une forte tension d'esprit, qu’il faut bannir avec le plus de rigueur.

Les impressions contraires, c’est-à-dire celles que caractérisent la paix, le calme, la gaieté, les douces émotions de l’amitié, doivent être mulupliées et variées à l'infini par tous ceux qui portent au convalescent, l'intérêt qu’il commande en cette circonstance. Les malades apprécient d'autant plus la valeur de ces sortes de jouissances, qu'elles leur sont prodiguées par ceux qui les touchent de plus près.

Nous ne parlons pas de toutes les précautions qu'il faut prendre pour l'air, la nourriture, les vêtemens, l'exercice, des soins qu’il faut appor-

ter pour préserver le corps et surtout la tête de l'impression trop vive du froid et de la chaleur ; les règles qu'il faut observer à cet égard qu’étant connues et absolument les mêmes, que dans la convalescence des autres maladies, nousne fe— rions que rappeler ce que tout le monde sait, en cherchant à les détailler. Cependant, nous appuierons davantage sur l'emploi des liqueurs alcooliques qui, par leur influence sur le cerveau, pourraient renouveler les accidens, ce dont nous avons été plusieurs fois témoins; nous noterons encore les foyers trop ardens dont les malades doivent s'éloigner , ainsi que l’usage des poêles qui, jetant une trop forte chaleur, tendent à rappeler de nouvelles congestions cérébrales.

Il est encore un point d’une extrême importance pour le succès de la convalescence de l’arachnitis, et sur lequel nous ne saurions trop insister : nous voulons parler des plaisirs de l’amour. Si l'expérience journalière nous fait voir le danger de ces sortes de jouissances dans la convalescence de toutes les maladies, elle nous montre encore, qu’elles sont infiniment'plus dangereuses à la suite de l’arachnitis; c’est un fait constaté par les bons observateurs de tous les tems, et que les srands chirurgiens, tant anciens que modernes qui se sont occupés des plaies de tête, n’ont point manqué de consigner dans leurs

écrits. On ne peut préciser d’une manière exacte l’époque à laquelle on peut sans inconvénient s’y livrer ; elle doit être nécessairement plus prolongée que pour toutes les autres affections ; il faut en général que la santé et la vigueur primitives soient affermies d’une mamière stable, de- “puis un tems assez long.

La céphalalgie est un symptôme de lParachnitis, que l’on voit quelquefois se prolonger assez avant dans la convalescence, elle paraît purement nerveuse, et se dissipe facilement par de simples bains de pieds, quelques lotions froides sur la tête, ou par des frictions sur cette partie, avec un peu d’éther qui agit alors de la même manière, ou enfin par l’usage des bains frais à vingt ou vingt-deux degrés.

Il peut être aussi quelquefois nécessaire d’avoir recours à une application de quelques sangsues soit aux tempes, soit au cou, à l'anus, ou aux pieds, si quelques symptômes de pléthore persistent, ce qui arrive quelquefois chez les jeunes enfans. Nous avons encore vu employer dans ce cas et avec succès les affusions froides, données une ou deux fois par jour et d'une manière pour ainsi dire instantanée. Enfin, la fréquence du pouls qui se prolonge souvent après la maladie, cède facilement à l'exercice en pleine air et à quelques bains uèdes.

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