‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 38 sur 170 · AFFUSIONS FROIDES · texte numérisé non relu

AFFUSIONS FROIDES

117. Comme ce mode de traitement n’est pas généralement mis en usage, et comme il peut exister des médecins qui aient quelques préventions contre lui, soit parce qu'ils n’ont pas d'idées assez fixes sur son action, soit parce qu'ils ignorent la manière de s’en servir, nous avons cru, en raison de l'importance et de l’uulité de ce moyen, devoir entrer dans des détails plus circonstanciés à son égard.

Les affusions froides ont été employées dans un grand nombre d’arachnitis, parvenues même à des périodes très-avancées, et cela avec un succès qu'il est impossible de révoquer en doute. Aussi pensons-nous qu'elles doivent compléter le plan de traitement que nous avons donné pour la cure de la phlegmasie de l’arachnoïde :, en effet, il est peu de moyens qui possèdent à un aussi haut degré une action sédative sur l’encéphale. Nous n'avons pas l'intention de tout dire sur les affusions, car il faudrait y consacrer un volume tout entier, mais nous nous proposons d'établir ce qu’il est nécessaire d’en savoir pour les utiliser. |

Les ouvrages de Hahn, de Samoëlowitz, de Currie, de Wright, de Giannini, la dissertation

du docteur Pavet, contiennent les faits les plus

curieux. En France , le docteur Récamier est le premier qui en ait préconisé l'usage ; il a déterminé. avec beaucoup plus de précision et d’exactitude, que ne l’avaient fait ses devanciers, ce mode d'application de l’eau et les diverses circonstances qui pouvaient en assurer le succès. Nous étant souvent trouvés à même de les lui voir administrer, en ayant nous-mêmes trèsfréquemment fait usage, nous allons exposer ici les résultats des différentes recherches que nous avons faites sur ce sujeL.

Nous examinerons d’abord le mode d’action des affusions froides sur l'économie, et nous passerons ensuite successivement en revue, les périodes de la maladie où elles sont indiquées, la manière de les administrer, enfin les précautions qu'elles exigent.

(. I. Mode d'action des affusions froides.

118. L’affusion dirigée par nappes d’eaw, de la tête au reste de la périphérie du corps, au moyen d’un vase d’une certaine capacité, tel qu’un petit sceau, une grande casserole, par exemple, présente deux effets différens : 1° Une action scdative directe sur la peau; 2° une action sédative sympathique sur le cerveau. Chacune de ces actions présente trois ordres de phénomènes que l'on peut comparer, avec beaucoup de vé-

(144) rité, aux différens stades dont se compose un accès de fièvre intermittente.

119. Le premier effet, stade du froid, détermine spontanément à la surface de la peau un resserrement des capillaires, une sorte d’astriction, accompagnés de torpeur générale, d’horripilation, de frissons, d’un abaissement de température et d’une décoloration de la peau, avec refoulement des liquides vers le centre, ralentissement et concentration du pouls, suppression momentanée des sécrétions, enfin, une gêne plus ou moins grande de la respiration. L'encéphale en particulier et le système nerveux tout entier, en éprouvent un effet sédatif indirect et sympatique, en vertu duquel les yeux se réveillent, la bouche s’humecte, la face s’avive, les facultés intellectuelles recouvrent une partie de leurs fonctions, et le malade se met en rapport avec les personnes et les objets qui l’entourent, ce qu'il lui eût été impossible de faire auparavant. Ces derniers effets sont généralement constans, et il nous serait difficile de citer un cas où le malade, n’ayant pas été sur la fin d’une troisième période, dans un coma mortel, n'ait éprouvé des affusions, une amélioration des plus sensibles, mais quelquefois à la vérité de bien courte durée.

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