PRÉFACE
Guns dès nos premiers pas dans l'étude des sciences médicales, par des maïtres sages et habiles que leurs travaux etleur savoir ont placés à la tête des médecins les plus célèbres de nos jours, nous nous livrämes de bonne heure à l'observation , dans les hôpitaux de la capitale , qui fournissent pour l'étude, des ressources et des facilités que l'on chercherait inutilement ailleurs.
En suivant cette marche dont les bons esprits de tous les tems ont reconnn l’excellence, et qui seule à fait passer jusqu'à nous et rendu classique le petit nombre des ouvrages fondés sur ces principes, il nous fut facile de vérifier ce que les anciens avaient dit sur la marche et les signes extérieurs des maladies , sur la valeur de chaque symptôme relativement au pronostic, et de nous mettre au niveau des connaissances nouvellement acquises
sur les altérations organiques des différens viscères, sur les diverses phlegmasies des sembranes et des parenchymes, et sur ces mêmes phlegmasies passées à l’état chronique , déterminant alors des accidens d'une forme particulière, dont la véritable cause a été si long-tems méconnue.
Si cette méthode nous fut utile pour apprécier les travaux de ceux de nos contemporains, qui marchant sur les traces des Baïllou , des Sydenham et des Morgagni, ont par leurs écrits immortels , si puissamment contribué à reculer les bornes de la science et commencé pour elle une époque remarquable, elle nous servit aussi à reconnaitre qu'elle n’était pas également avancée sous plusieurs rapports, et que plus d’un sujet important avait encore besoin d’être éclairci.
En eflet, malgré les recherches des anatoanistes modernes , malgré les ouvrages estimables que nous possédons sur quelques maladies de l'appareil cérébral, et en parüculier sur l’apoplexie que l’on peut regarder comme parfaitement connue, nous devons convenir
| xxvif que ces affections ont été un peu négligées jusqu'à ce jour, et que beaucoup d'obscurité règne encore sur la plupart d'entrelles.
Un sujet si intéressant par lui-même et surtout par Les conséquences qui doivent nécessairement en résulter pour la médecine pratique , était bien capable de piquer notre attention ; aussi en avons nous fait l’objet spécial de nos recherches, comme étant le seul moyen d'acquérir sur ce point des connaissances, que, de l’aveu même de nos maïtres, nous ne
pouvions puiser qu'imparfaitement dans les livres.
Ce travail suivi sans interruption pendant plusieurs années, au milieu des circonstances les plus favorables pour l'étude de ce genre d'affections qui se trouvent, pour ainsi dire, accumulées à l'Hôtel-Dieu, hôpital que nous avons plus volontiers fréquenté, nous laisse en possession d’une masse considérable de faits observés chez des: sujets de tous les âges, de tous les sexes , de toutes les professions , et soumis aux causes les plus variées,
Riches de ces matériaux dont la plupart
Xxvi] ont été recueillis par nous-mêmes, et dont quelques-uns nous ont été communiqués par nos confrères, nous nous occupons depuis long-tems, d’en faire l’analyse, de les rapprocher , et d'en tirer des conclusions générales.
Dans l'examen et le résumé de ces observations dont nous pouvons garantir l'exactitude, ayant eu le soin d'écarter toutes celles qui nous ont paru tant soit peu défectueuses, nous nous sommes scrupuleusement attachés à bannir tout système et toute hypothèse, afin de ne donner que le résultat des faits. Ainsi, dans les objets que nous traitons , nous exposons avec franchise ce qu'il y a d’inconnu, ce qu'il y a de faux, ce qu'il y a de douteux, ce qu'il y a de certain. Si cette marche est monotone et peu attrayante , elle a du moins l'avantage «être conforme à celle qui est adoptée dans toutes les sciences physiques, et puisqu'il est reconnu que ces sciences lui doivent les progrès immenses qu'elles ont faits depuis quelques années, pourquoi ne l’adopterait-on pas en médecine, cette belle partie de l’histoire naturelle qui doit marcher de pair, maintenant,
Xx1# avec les sciences exactes? Si tous ceux qui cultivent la médecine suivaient cette marche , leur art ne resterait point stationnaire , les travaux de l’un seraient une pierre d'attente pour recevoir ceux d'un autre, et lorsque l'édifice fondé d’une manière solide serait arrivé à la perfection , chacun aurait sa part dans la gloire du travail.
Nous allons exposer l’ordre dans lequel doivent être distribuées, suivant nous, les maladies cérébrales, en y comprenant celles du rachis qui n’est qu'une dépendance du cerveau.
Nous distinguons les maladies de l'appareil cérébral en deux classes, 1°. les maladies des enveloppes cérébrales ; 2°. les maladies de la pulpe cérébrale.
Dans les maladies des enveloppes, tant du cerveau que du rachis, nous reconnaissons.
celles :
De la dure-mère.
De l’arachnoïde.
De la pie-mère.
Nous croyons pouvoir renfermer dans les cinq divisions suivantes , les maladies qui qui sont suscepübles d’affecter chacune de ces membranes :