VINGT-UNIÈME OBSERVATION
ÆArachnitis de la convexité des hénusphères. — Métastase d’érysipèle facial?
Un jeune homme de vingt ans, fut pris spontanément d’un érysipèle à la face: après avoir éprouvé tous les symptômes qui dépendent de cette phlegmasie , il s'expose imprudemment au froid, et l’érysipèle disparaît.
Fout-à-coup il est pris de céphalalgie à laquelle vient bientôt se joindre du délire, une agitation considérable et des mouvemens convulsifs dans les membres.
Troisième Période. Le deuxième jour : coma profond ; convulsions ; insensibilité et immobilité complète; mouvemens désordonnes des lèvres “et des yeux. Cet état persiste le troisième jour. Le quatrième jour : un état de flaccidité des membres succède aux convulsions ; 1l s’y joint une gène extrème dans la respiration qui devient stertoreuse , et le malade succombe dans la journée.
Ouverture du cadavre. — 1°. La poruon d’a- rachnoïde qui recouvre la face supérieure des hémisphères cérébraux, était couverte d’une fausse membrane jaune et opaque, très-épaisse vers le sinciput et vers les parties latérales et in-
( 186 ) férieures du cerveau. L'arachnoïde de Ja face supérieure du cervelet, présentait également des traces de fausses membranes.
20. Une infiltration séreuse recouvrait toute l’arachnoïde , mais spécialement l'hémisphère gauche. — L'arachnoïde de la base était saine.
3°. La pie - mère était fortement mjectée et rouge.
— La muqueuse de l’intestin grêle était d'une teinte rosée.
163. Cette observation est un exemple fsappant de la rapidné avec laquelle la période de suppuration peut survemir. Cette tendance appartent aux phlegmasies métastatiques ; nous l’avons souvent observée dans celles de la séreuse céphalique, comme dans celles des diverses autrés membranes du même ordre. Il nous semblerait ici plus qu'hypothétique de vouloir admettre l'existence de cette arachnitis, dans une époque antérieure à la disparition de l'érysipèle : dans ce ças, il faudrait supposer un état latent de cêtte inflammation , puisque ce ne fut qu'après la cessation de l’érysipèle que survinrent la céphalalgie ;, le délire et les convulsions, symptômes éminemment cérébraux et trop graves pour qu'on puisse penser qu'ils n’avaient point été observés avant ce tems. L’invasion a été bien brusque , il est vrai, mais la manière dont les
( 187 } symptômes se sont succédes , nous porte à considérer cette arachnitis, comme métasiatique de l'érysipèle facial, et à la citer comme une preuve de la possibilité des métastases.
164. Nous ferons remarquer l'agitation des yeux, qui ne s’accompagna point ici de l'inflammation de la base.