Chaque portion de l’arachnoïde enflammée
manifeste son existence par des signes particuliers. Jusqu'à ce jour, l’on n'avait point encore déterminé ces diverses régions; lon n'avait point exposé les caractères propres à chacune d'elles ct les moyens de les reconnaître sur Le vivant. C’est ici que nous allons essayer de faire disparaître cette lacune , et que nous allons traiter avec toute l'extension que nécessite l'intérêt du sujet , une question que nous n’avons pu couler à fond dans notre histoire générale.
175.Nousavons déjà prouvé que l’arachnitis affecte des siéges différens, selon l’âge de l'individu qui en est atteint; que l’inflammation de la convexité appartient spécialement aux adultes et aux jeunes gens, tandis que celle de la base est presque la séule à laquelle l’enfance soit exposée (1). Nous avons démontré dans le même article, que l’épanchement séreux est d'autant plus fréquent et abondant, que l’inflammation se rapproche davantage de la base, d’où lon conçoit facilement l’existence constante de l’hydropisie des ventricules dans l’arachnitis des enfans. Nous avons également reconnu que chez les adultes, la phlegmasie de l’arachnoïde ne se bornait pas comme chez les enfans à la seule région qu’elle affectait de préférence, mais qu'elle s’étendait
(x) Voyez le septième tableau.
souvent à celle de la base, d’où la combinaison des divers symptômes qui caractérisent chacune de ces régions, et la plus grande difficulté du diagnostic dans ces cas. Ce ne sera point par des faits choisis ad hoc , que nous allons prouver ces diverses propositions, mais bien par des faits que chacun peut avoir observés comme nous. Que chaque praticien veuille bien se reporter, pour un moment, surce qu'il a pu voir, il s’assurera de la vérité de ce que nous avançons. Mais ilest un point que nous nous sommes envain efforcés d’éclaircir ; nous voulons parler de la cause en vertu de laquelle l’arachnoïde de la base s’enflamme de préférence à toute autre région, dans l'enfance, tandis que l’arachnituis de la convexité se montre davantage dans un âge plus avancé.
Donnons d'abord une idée de ce que nous entendons par convexité et par base, car ces expréssions ne sont pas restreintes pour nou°, à la seule acception du mot, les nommant ainsi par abbréviation.
176. Sous le nom d’arachnoïde de la convexite, nous comprenons toute da portion de cette membrane qui recouvre la périphérie du cerveau, n'exceptant que la partie de cet organe qui se trouve logée dans la fosse moyenne de la base du crâne. Ainsi lorsque nous disons arachnitis de la convexite, nous n’entendons pas la seule phleg-
masie de la face supérieure des hémisphères, mais bien celle de cette région, ou celle des parties latérales, ou celle de la base du lobe antérieur ou postérieur , ou celle enfin qui tapisse les faces postérieure et supérieure du cervelet : toutes ces différentes régions sont comprises sous le nom de convexite, qu’elles soient enflammées simultanément, qu’elles le soient séparément.
177. Par arachnoïde de la base, nous entendons la portion de cette membrane , qui revêt la partie centrale du lobe moyen du cerveau, laquelle se trouve située dans le centre de Ja fosse moyenne de la base du crâne ; celle en un mot, qui tapisse l'entrecroisement des nerfs optiques, la protubérance annulaire et ses prolongemens postérieurs.
(. I. Arachnitis de la convexité.
178. Lorsque l’inflammation a son siége sur les faces supérieure, latérales, antérieure ou postérieure du cerveau ou du cervelet, un trouble plus ou moins sensible mais toujours évident , se fait apercevoir du côté des facultés intellectueilles. Ce trouble , ou autrement dit ce délire , est en rapport avec le degré d’exaltation ou de réaction du malade, de sorte qu'il peut être exprimé par des cris, des vociférations, de même qu'il peut ne consister qu'en une loqua-
cité, une légère incohérence des idées, un changement dans le caractère, une difficulté, un embarras d'exprimer sa pensée, etc. (48) Le délire diminue d'intensité , à mesure que le cerveau lui-même diminue d'énergie, à mesure qu'il perd le pouvoir de réagir, jusqu'au point où cet organe tombant dans une inactivité plus ou moins absolue, de même que cela s’observe dans la deuxième et la troisième période de l’arachnitis de la base ,tout acte intellectuel devient alors impossible, et le délire cesse naturellement.
179. Dans cette espèce d’arachnitis, l'agitation générale ou seulement locale est ordinairement en rapport avec l'intensité du trouble intellectuel; le coma n’a lieu qu'à la troisième période, et ne compte que trois ou quatre jours au plus de durée; il est immédiatement suivi de la mort. Le coma est d’un pronostic d'autant plus fâcheux, qu’il annonce le plus souvent l’'épanchement consécutif, séreux ou purulent , en même tems qu'il indique l’état de collapsus du cerveau, collapsus qui est, d'autant plus marqué, que la période du délire, de réaction a été elle-même plus fortement prononcce. Lorsque Île sujet succombe dans cetie dernière période, dans la seconde, ce qui n'est pas rare, l'on ne trouve à l’autopsie qu’une simple rougeur de larachnoïde et très - peu de sérosité dans les ventricules , ce que l’on
n'observe jamais dans l’arachnitis de la base où l’épanchement séreux est constant. Enfin cette arachnitis excessivement rare dans le premier septénaire de la vie et même dans le second, est l'apanage exclusif des âges subséquens.
els sont les principaux phénomènes qui distinguent l’inflammation de l’arachnoïde de la convexité et auxquels on peut la reconnaître ; mais nous le répétons, c’est le délire qui en forme le caractère, c’est sur lui que doit particulièrement se fonder le diagnostic. Il nous suffira de citer quelques observations pour démontrer cette vérité qui sera rendue bien plus frappante, si l’on jette les yeux sur tous les autres faits d’arachnitis de la convexité placés dans cet ouvrage, et sur- tout si on les rapproche de ceux qui se wrouvent à l’arucle base.